Le gouvernement malien souhaite faire du numérique un levier de croissance pour l'économie nationale. Pour y parvenir, il met l'accent sur les services publics, qui constituent un pilier central de la stratégie de numérisation.

Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga (photo, au centre), a présidé, mardi 18 mars, le lancement de deux plateformes destinées à améliorer les services publics pour les citoyens. Il s’agit de « Trésor Pay » et du Système d’informations foncières / Guichet unique du foncier (SIF/GUF).

La plateforme « Trésor Pay », qui collabore avec l’ensemble des opérateurs de mobile money au Mali, a pour objectif de simplifier et sécuriser les paiements pour des services tels que les frais d’émission de cartes d’identité nationale, de passeports, ainsi que le règlement des infractions routières et amendes forfaitaires. Déjà déployée à la direction générale des transports et à la mairie de la commune IV, cette plateforme a été développée par la Cellule d’appui à l’informatisation des services fiscaux et financiers (CAISFF), en partenariat avec la direction nationale du Trésor et de la comptabilité publique.

Le SIF/GUF, quant à lui, vise à moderniser les formalités domaniales et foncières en permettant aux usagers d’effectuer toutes les opérations liées à la gestion foncière en un même lieu. Ce système sera opérationnel courant l'année dans les sept arrondissements du district de Bamako, conformément aux objectifs du Programme d’actions gouvernemental (PAG).

Le lancement de ces plateformes s’inscrit dans la volonté du gouvernement malien de renforcer la numérisation des services administratifs, facilitant ainsi l’accès des citoyens aux démarches publiques. Il intervient quelques jours seulement après la mise en ligne d’une plateforme numérique dédiée à faciliter l’accès aux documents administratifs, d’identité et de voyage pour la diaspora malienne.

Bien que le Mali ait progressé de 13 places dans le classement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) publié en 2024, se positionnant désormais à la 141e place sur 193 pays, des défis demeurent pour améliorer davantage l’accessibilité et l’efficacité des services numériques. Les efforts récents du gouvernement devraient permettre de gagner davantage de places dans ce classement, tout en contribuant à l’optimisation des recettes publiques et à une gouvernance plus efficace dans les années à venir.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 20 mars 2025 08:18 Written by

Avec la croissance rapide du numérique en Afrique, la souveraineté des données devient une priorité pour les entreprises. Des initiatives innovantes émergent à travers le continent, offrant des solutions locales pour garantir la conformité aux réglementations et protéger les données sensibles.

L’Afrique de l’Ouest s'apprête à accueillir Door, un cloud souverain 100% africain, conçu pour répondre aux besoins des entreprises locales. Développée par Cloudoor, une entreprise spécialisée dans les solutions de stockage et de gestion des données, en collaboration avec le Groupement Orange Services (GOS), cette plateforme offre une alternative locale aux infrastructures cloud étrangères. Elle ambitionne de garantir une sécurité renforcée et une conformité stricte aux réglementations nationales et régionales concernant la gestion des données sensibles.

« Cette initiative marque une étape décisive vers une souveraineté numérique renforcée pour les entreprises africaines. Grâce à cette offre cloud souveraine, nous donnons aux acteurs économiques locaux les outils nécessaires pour innover, se développer et rivaliser à l’échelle mondiale tout en conservant un contrôle total sur leurs données », a déclaré Aliou Ba (photo), CEO de Cloudoor.

Cette innovation s'inscrit dans un contexte où la protection des données constitue une priorité stratégique pour les entreprises et les gouvernements africains. Le rapport « Africa Cloud Business Survey 2023 – Unlocking the transformational power of cloud in Africa », de PricewaterhouseCoopers (PwC), met en lumière plusieurs obstacles à l’adoption du cloud en Afrique, tels que les contraintes budgétaires et le manque de fournisseurs locaux proposant des services cloud de qualité. Néanmoins, conscients de son importance, plus de 50 % des entreprises africaines l’ont déjà adopté, selon la même étude.

Pour répondre à ces défis, Cloudoor et GOS ont conçu Door afin de rendre le stockage des données plus abordable et accessible. Ce nouveau cloud repose sur l’infrastructure du datacenter Tiers III du GOS, une composante essentielle du réseau de data centers d'Orange en Afrique. Ce datacenter, construit en 2016 à Grand Bassam, en Côte d’Ivoire, s'étend sur une superficie de 16 600 m². Dans cette dynamique, Door sera officiellement lancé à Abidjan le 24 avril et à Dakar le 29 avril, marquant une étape clé dans le renforcement de la souveraineté numérique en Afrique.

En plus de l’hébergement sécurisé des données, Door propose des services spécifiques visant à accélérer l’innovation et moderniser les systèmes d’information des entreprises africaines. La plateforme inclut une offre DevOps managée, conçue pour optimiser les processus de développement et réduire le time-to-market, permettant ainsi aux entreprises de mieux répondre aux défis technologiques actuels. Par ailleurs, Door Deploy, une solution complémentaire, simplifie le déploiement des applications, bases de données ou modèles d’intelligence artificielle (IA) sur des serveurs GPU (processeur graphique).

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 19 mars 2025 11:10 Written by

La transformation numérique est l’une des priorités des autorités ghanéennes, qui misent sur la coopération internationale pour atteindre leurs objectifs.

Le gouvernement ghanéen souhaite approfondir sa collaboration avec l’Allemagne dans le secteur du numérique. La question était au cœur des discussions lors d’une rencontre entre Samuel Nartey George (photo, au centre), ministre de la Communication, des Technologies numériques et de l'Innovation, et une délégation allemande, le lundi 17 mars.

Les discussions ont porté sur la promotion de la recherche et du développement dans les technologies numériques, le soutien aux startups et aux entrepreneurs du secteur des TIC au Ghana, ainsi que l’accélération de l’adoption des solutions numériques.

Ce partenariat s’inscrit dans les efforts de transformation numérique du gouvernement ghanéen. Fin novembre 2024, l’exécutif lançait une politique économique numérique visant à exploiter ces technologies pour la croissance, l’amélioration des services publics et un accès équitable. En octobre, un fonds de 5 millions $ avait déjà été annoncé pour soutenir l’innovation technologique.

En 2024, le Ghana a obtenu un score de 0,6316 sur l’indice de développement de l’e-gouvernement, se classant à la 108e place sur 193. Le pays dépasse les moyennes d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique, mais reste sous la moyenne mondiale. Des efforts supplémentaires sont nécessaires dans le développement du capital humain et des services en ligne, où le Ghana affiche respectivement des scores de 0,5586 et 0,6084.

Concernant la cybersécurité, le Ghana est un exemple mondial selon l’Union internationale des télécommunications (UIT) dans son « Global Cybersecurity Index 2024 ». Cependant, des progrès restent à faire sur le plan des capacités.

L’Allemagne, champion mondial de la transformation numérique (classée 12e), affiche un score de 0,9382, bien au-dessus de la moyenne mondiale (0,6382). Sur l’indice de développement des TIC, elle atteint 87,8 sur 100.

Une étude conjointe de la Société financière internationale (IFC) et de Google prévoit que l’économie numérique africaine vaudra 712 milliards $ d’ici 2050, soit 8,5 % du PIB continental. En 2022, le secteur TIC a contribué pour 21 milliards de cedis (1,36 milliard $) au PIB ghanéen, représentant environ 4 % de l’économie, contre 4,4 milliards en 2016. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 19 mars 2025 10:43 Written by

Depuis quatre ans, le Cameroun, le Gabon, le Tchad, la République centrafricaine, le Congo et la Guinée équatoriale travaillent sur un projet pour permettre à leurs citoyens de communiquer en voyage sans changer de carte SIM. Il s'agit de favoriser une meilleure inclusion sous-régionale.

Les populations d’Afrique centrale pourraient prochainement bénéficier de l’itinérance gratuite (free roaming), leur permettant de communiquer librement entre les pays de la sous-région sans frais supplémentaires. Un délai de trois mois a été accordé aux différentes parties prenantes pour finaliser la mise en œuvre du projet d’itinérance communautaire.

Cette décision émane de la réunion des ministres des Télécommunications de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (CEMAC), tenue la semaine dernière à Bangui, en République centrafricaine. Lors de cette rencontre, les participants ont examiné les obstacles entravant la mise en œuvre de cette initiative, qui vise à « mettre fin aux disparités rencontrées dans les coûts d’itinérance, qui se traduisent par la cherté des communications et freinent le développement du secteur des télécommunications ».

En novembre 2021, les pays de la CEMAC ont signé des protocoles d’accord bilatéraux en vue de la mise en œuvre effective du Free Roaming. Toutefois, le projet accuse un retard considérable. En avril 2024, l'Assemblée des régulateurs des télécommunications de l'Afrique centrale (ARTAC) a révélé que seules deux connexions avaient été établies sur les 213 prévues. Ces liaisons concernent MTN Cameroon et MTN Congo d'une part, ainsi qu’Airtel Gabon et Orange Cameroun d'autre part.

Si les obstacles entravant la mise en œuvre du Free Roaming n’ont pas été explicités, les objectifs fixés par l’ARTAC pour un séminaire de 2024 dédié à l’accélération du processus permettent d’en identifier quelques-uns. Parmi eux figurent la lenteur dans la finalisation des procès-verbaux, y compris les accords tarifaires entre régulateurs, la signature retardée des contrats d’interconnexion et de roaming, d’éventuelles difficultés techniques et juridiques pour les parties impliquées, la question de la séparation entre les trafics roaming et international classique sur les liaisons d’interconnexion directe, ainsi que le choix de la technologie à adopter pour ces liaisons.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 19 mars 2025 07:28 Written by

La pénurie de main-d'œuvre dans le secteur du numérique en Afrique représente un risque majeur pour le développement du continent. Combler ce vide au cours des cinq prochaines années constitue un double enjeu : réduire le chômage d’une population majoritairement jeune et contribuer à la croissance économique.

Alors que l'Afrique connaît une transformation numérique sans précédent, portée par une jeunesse connectée et des innovations locales, certains métiers tech émergent comme incontournables pour les prochaines années. En effet, si la contribution potentielle projetée de l'économie Internet en Afrique pourrait atteindre 712 milliards de dollars d'ici 2050, Google et la Société financière internationale (SFI) indiquent toutefois qu’elle ne pourra se concrétiser qu’avec une main-d’œuvre locale dotée des compétences de haute qualité et de classe mondiale. Mais l’Afrique en manque encore. D'ici 2030, des compétences professionnelles seront fortement recherchées dans divers domaines numériques pour matérialiser cette croissance.

Développement de logiciels et d'applications

Avec l'explosion des start-up et des plateformes numériques, ainsi que l’adoption progressive du numérique par les entreprises en Afrique, la demande en développeurs augmente. Que ce soit pour créer des applications mobiles, des logiciels de gestion ou des solutions sur mesure dans divers secteurs (santé, commerce, finances, transport, etc.), leur expertise est cruciale. Dans son étude « Africa Developer Ecosystem 2021 » publiée en février 2022, la société américaine Google indiquait une hausse du nombre de développeurs professionnels à 716 000 en 2021 contre 690 000 l'année précédente. Soit une progression de 3,8 % représentant 0,4 % de la main-d'œuvre non agricole du continent. La crise de la Covid-19, qui a accéléré la transformation numérique de l’Afrique et accentué le besoin de développeurs, a suscité des opportunités dans ce secteur.

Cybersécurité

Sans sécurité dans les systèmes électroniques qui servent à communiquer, payer, travailler, pas de confiance dans l’économie numérique. Dans son rapport « Interpol african cyberthreat assessment report 2024 Outlook by the african cybercrime operations desk », l’organisation intergouvernementale de police estime que le nombre d'attaques cybercriminelles continue d'augmenter sur le continent africain. En 2023, le nombre moyen de cyberattaques hebdomadaires par organisation en Afrique a augmenté de 23 % d'une année sur l'autre. Cette moyenne était la plus élevée au monde. Pour Kaspersky, société de cybersécurité, qui dit menace croissante accentuée avec l’usage de l’intelligence artificielle, dit opportunités d’emploi pour des millions de jeunes Africains dans diverses spécialisations.

Intelligence artificielle (IA)

L'IA révolutionne progressivement des secteurs clés comme l'agriculture, la santé et la finance. Les professionnels capables de concevoir des algorithmes et des systèmes intelligents sont de plus en plus demandés. C’est la raison pour laquelle plusieurs pays d’Afrique se dotent depuis 2023 d’une stratégie d’IA. D’autres, plus ambitieux, comme le Rwanda ou encore le Kenya songent déjà à introduire l’IA dans divers services publics. Les initiatives de formations voient également le jour un peu partout. Un ensemble d’actions qui laissent transparaître l’importance que l’IA aura sur la croissance socio-économique. Un avis que partage la Banque africaine de développement (BAD). Au-delà des ingénieurs et des spécialités propres au domaine, l’IA aura aussi une influence sur la création de nombreux métiers dans d’autres domaines comme la création graphique.

Data Sciences et Data Analysis

A l’ère du numérique, les données sont les nouvelles ressources précieuses. Avec un nombre croissant de jeunes Africains qui adoptent Internet, les réseaux, les services numériques, c’est un volume important d’informations diverses qui est produit chaque jour en ligne. Des données qui intéressent aussi bien les entreprises que les Etats. Le cabinet-conseil BearingPoint estime qu’à l'horizon 2030, les revenus générés directement par le Big Data en Afrique atteindront 10 milliards de dollars soit plus de dix fois le niveau enregistré en 2019. Mais pour cela, il faut des spécialistes qui sachent analyser et interpréter ces informations pour les transformer en valeur au travers de prises de décisions éclairées aussi bien dans le marketing, le commerce, l’économie ou encore la défense.  Ce sont aussi de nouvelles spécialités professionnelles en perspectives, notamment des juristes spécialisés dans la protection des données.

Expérience et interface utilisateurs (UX/UI)

L'expérience utilisateur est au cœur des applications et des plateformes numériques. Les concepteurs UX/UI, qui créent des interfaces intuitives et attractives, sont de plus en plus essentiels pour répondre aux attentes de satisfaction des utilisateurs. Le cabinet d’intelligence économique Mordor Intelligence indique que la taille du marché mondial de l’UI/UX est estimée à 2,20 milliards $ en 2025 et devrait atteindre 9,28 milliards $ d'ici 2030. Bien que l’Afrique soit une zone où la demande restera moins importante, comparativement aux autres régions du monde, en raison de sa faible vitesse de transformation numérique, il n’en demeure pas moins que le continent sera un marché en croissance pour ce secteur professionnel.

E-commerce

Le commerce en ligne explose en Afrique, avec une concurrence qui se renforce au fil des années. Au-delà des acteurs exclusivement locaux, des acteurs internationaux comme Jumia, Takealot, Temu ou encore Alibaba investissent pour développer leur présence et leur activité.  Au-delà de l’activité d’e-commerçant, des profils en gestion de plateformes, logistique et marketing digital sont des spécialités connexes que l’activité va développer. C’est tout un écosystème que plusieurs acteurs comme MasterCard, l’Organisation mondiale du Commerce ou encore la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) cherchent à organiser et développer. La taille du marché africain du commerce électronique devrait passer de 55 à 112,73 milliards de dollars entre 2024 en 2029, enregistrant ainsi une croissance de 105% sur une période de cinq ans, estime le cabinet de conseil en économie numérique TechCabal Insights.

Blockchain et fintech

La blockchain et les technologies financières transforment les services bancaires et sécurisent les transactions. Depuis la Covid-19, la plupart des grandes banques africaines ont entamé la numérisation de leurs services financiers pour plus de sécurité et de commodité, mais également pour faire face à la concurrence des fintech qui se multiplient sur le continent. Ces dix dernières années, la Fintech est demeurée le secteur qui enregistre le plus de start-up et qui attire le plus de financement en Afrique. Avec 1,034 milliard USD levés en 2024, les start-up opérant dans la technologie financière ont capté 47% des capitaux investis dans l’écosystème tech du continent, contre 42% en 2023. C’est un secteur en croissance où le besoin en main-d’œuvre s’annonce croissant au regard des initiatives d’inclusion financières qui se multiplient.

Cloud computing

Selon le cabinet-conseil McKinsey, l’adoption du Cloud computing progresse rapidement en Afrique. Les entreprises, dans plusieurs secteurs comme la Banque, les télécommunications, le pétrole font ce choix pour optimiser leurs coûts informatiques et réduire les charges opérationnelles. Cette tendance séduit et suscite depuis quelques années des investissements conséquents dans le cloud. Des acteurs internationaux comme Amazon, Google, Equinix, Huawei, Oracle se déploient aux côtés de plusieurs acteurs locaux comme Africa Data Centre, Raxio Group ou encore Wingu.  Le cabinet d’audit et de conseil PricewaterhouseCoopers (PwC) révèle que 12% des entreprises africaines ont opéré une migration totale vers le Cloud alors que 38% ont adopté la technologie dans la plupart de leurs opérations. 32% des entreprises actives en Afrique ont également commencé à déplacer certaines de leurs opérations vers le cloud, et 19% sont en train de l’explorer. Mais PwC voit dans la pénurie de compétences un obstacle à l’accélération de cette migration. Le secteur du Cloud computing abrite une diversité de profils qu’il faudra développer pour concrétiser les prévisions de croissance qui estiment que le marché devrait voir ses revenus passer d’environ 20 milliards $ en 2025 à près de 45 milliards $ d’ici 2031, selon le cabinet 6W Research. 

Marketing digital

Avec plus de 400 millions d'utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux en Afrique (Digital Report 2025), les spécialistes du marketing digital sont une ressource dont la demande est amenée à croître au cours des prochaines années. Professionnels clés pour les campagnes en ligne, ils sont devenus des outils incontournables pour atteindre les consommateurs. Pour les marques et les agences de communications, ce sont des atouts précieux qui font aujourd’hui des réseaux sociaux des espaces commerciaux de choix. Raison pour laquelle certains pays, conscients que c’est une niche d’emploi et de richesse, réfléchissent à un moyen de les taxer. Au Kenya, les autorités ont annoncé au dernier trimestre 2023 l'institution d'une taxe de 15% pour les créateurs de contenus et les influenceurs.

Energie numérique et solutions vertes

La transition vers les énergies renouvelables et les solutions numériques pour la gestion de l'énergie sont aujourd’hui au cœur des préoccupations de nombreux acteurs du développement, notamment l’Agence française de développement (AFD). Les hackatons qu’ils multiplient sur ces questions témoignent de l’importance de profils adaptés à ces préoccupations pour les prochaines années et du besoin de les identifier déjà. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) souligne l'importance de ces technologies pour moderniser le secteur énergétique mondial, notamment africain.

Ces domaines numériques et les différents nouveaux métiers technologiques qu’ils englobent représentent une opportunité majeure pour la jeunesse africaine, qui représente 60 % de la population du continent. Dans son rapport 2025 « Future of Jobs », le World Economic Forum (WEF) explique que les compétences technologiques devraient gagner en importance plus rapidement que tout autre type de compétences. Parmi celles-ci, l'IA et le Big Data figurent en tête des compétences affichant la croissance la plus rapide. En complément de ces compétences technologiques, la pensée créative et deux attitudes socio-émotionnelles - la résilience, la flexibilité et l'agilité, ainsi que la curiosité et l'apprentissage tout au long de la vie – gagneront aussi en importance. Cependant, pour saisir ces opportunités, il est essentiel d'investir dès maintenant dans l'éducation et la formation. Les gouvernements, les entreprises et les institutions éducatives doivent travailler ensemble pour préparer la main-d'œuvre de demain.

Muriel EDJO

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Posted On mercredi, 19 mars 2025 07:13 Written by

L’intelligence artificielle (IA) redéfinit les économies et les sociétés, transformant les services publics, l’industrie, l’innovation, entre autres. En investissant dans cette technologie, le Maroc ambitionne de renforcer sa compétitivité et sa souveraineté numérique.

Le Maroc et les États-Unis intensifient leur coopération dans le domaine du numérique et de l’intelligence artificielle (IA). Ces enjeux ont été au centre des discussions entre Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, et Steve Lang, ambassadeur itinérant des États-Unis pour le cyberespace et la politique numérique, lors de sa visite officielle à Washington le lundi 17 mars.

La ministre a également échangé avec Leila Elmergawi, directrice de la Stratégie et de la Politique mondiale en matière d’IA au Département d'État américain. Les discussions ont porté sur la feuille de route ambitieuse du Maroc pour l’IA et le Plan Maroc Numérique 2030, réaffirmant l’engagement des deux nations à promouvoir l’innovation et la transformation numérique.

« Nous avons réaffirmé le solide partenariat maroco-américain, faisant progresser la coopération en matière de transformation numérique et d’intelligence artificielle afin de favoriser l'innovation et une prospérité partagée », a déclaré Youssef Amrani, ambassadeur du Maroc aux États-Unis.

Cette collaboration s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale « Digital Maroc 2030 », qui ambitionne de faire du pays un hub technologique en Afrique. L’IA y joue un rôle clé, notamment dans la modernisation des services publics. Le Maroc prévoit d’intégrer des solutions basées sur l’IA pour automatiser les procédures administratives, analyser les données et améliorer la qualité des services, avec l’objectif de passer de la 90e à la 50e place dans l’Indice des services en ligne des Nations unies d’ici 2030.

Selon le classement du Stanford Institute for Human-Centered AI (HAI), l’AI Index, les États-Unis, leaders mondiaux de l’IA, excellent dans la recherche, le développement et l’économie de cette technologie. Le pays surpasse largement la Chine en investissement privé (67,2 milliards de dollars contre 7,8 milliards de dollars) et en nombre de modèles d’apprentissage automatique créés (61 contre 15).

En s’appuyant sur l’expertise et les meilleures pratiques américaines, le Maroc entend accélérer sa transformation numérique et renforcer sa compétitivité sur la scène internationale. La coopération avec les États-Unis pourrait notamment permettre au pays d’accéder à des technologies de pointe, de développer des infrastructures numériques avancées et d’attirer davantage d’investissements dans le secteur de l’IA. Grâce au partage d’expériences et aux transferts de savoir-faire, le Maroc pourrait également renforcer ses capacités en recherche et en innovation, tout en stimulant l’émergence d’un écosystème local d’IA dynamique et compétitif.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 18 mars 2025 11:20 Written by

En Afrique, investir dans les infrastructures et la connectivité est devenu un impératif pour réduire la fracture numérique. L’essor du numérique représente aussi une opportunité pour renforcer l’inclusion économique dans les régions les plus reculées.

Le secteur numérique en République démocratique du Congo est marqué par des défis structurels, notamment une couverture réseau inégale, un accès limité à Internet, ainsi qu’un manque d’infrastructures adaptées. Ces contraintes freinent le développement économique et l’inclusion numérique du pays. Selon les chiffres officiels, la RDC compte 59,7 millions d’abonnés à la téléphonie mobile et 30,7 millions d’abonnés à l’Internet mobile sur une population estimée à 95,2 millions au 30 juin 2024.

L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) estime que 40 millions de Congolais ne sont pas connectés à l’Internet mobile. De plus, l’Union internationale des télécommunications (UIT) évalue la couverture de la population en 3G à 55 %, contre 45 % pour la 2G.

Pour répondre à ces enjeux, un projet cofinancé par l’Agence française de développement (AFD) et la Banque mondiale, à hauteur de 500 millions de dollars, prévoit d’améliorer l’accès à Internet pour 30 millions de Congolais. L’accord officialisant cette initiative a été signé le vendredi 14 mars entre le ministre des Finances de la RDC, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi (photo, à droite), et l’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux (photo, à gauche).

Le projet prévoit d’étendre la connectivité à l’échelle nationale et de rendre Internet plus accessible en réduisant les coûts et en améliorant la couverture réseau notamment dans les zones les moins desservies. En parallèle, une partie du financement sera dédiée à la modernisation de la ville de Boma, où la crise économique liée au ralentissement des activités portuaires a fortement affecté la population.

La signature de cet accord s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation du secteur numérique et de démocratisation de l’accès aux technologies. En renforçant l’infrastructure numérique du pays, cette initiative devrait permettre de répondre aux défis immédiats d’accessibilité et de connectivité, tout en ouvrant la voie à de nouvelles opportunités économiques et sociales.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 18 mars 2025 10:40 Written by

En Afrique, la transformation numérique accélère l’émergence de start-up innovantes qui utilisent la technologie pour répondre aux besoins des populations. Cependant, ces jeunes entreprises font face à plusieurs défis.

En Angola, l'Institut national de soutien aux petites et moyennes entreprises (INAPEM) et l'Institut national pour la promotion de la société de l'information (INFOSI) ont signé un protocole d’accord le vendredi 14 mars. Cet accord a pour objectif de jeter les bases d’une collaboration destinée à soutenir le développement des start-up.

Plus spécifiquement, la collaboration vise à accompagner le programme d’incubation DIGITAL.AO, une initiative supervisée par l’INFOSI. Les parties s’engagent à mener des actions conjointes pour soutenir les start-up et les entrepreneurs du numérique en Angola, favorisant ainsi la croissance de l’écosystème de l’innovation. L’INAPEM aura notamment pour mission d’apporter un appui institutionnel et technique à DIGITAL.AO.

« Parmi les objectifs du partenariat figurent l’identification et la sélection des start-up et entrepreneurs participant au programme, la mise à disposition d’espaces physiques pour l’incubation, l’organisation de formations et d’ateliers de renforcement des capacités, l’offre de services de mentorat et de conseil spécialisé, ainsi que la facilitation de l’accès aux réseaux d’investisseurs et de partenaires potentiels », a déclaré l’INAPEM dans un communiqué.

Une « Évaluation de l’écosystème angolais des start-up » de la Société financière internationale (IFC) publiée en novembre 2023 montre que l'écosystème en est encore à ses tout premiers stades de développement. Ce stade est caractérisé, apprend-on, par un faible nombre de start-up (environ 125) et des contraintes en termes de ressources. L’institution de Bretton Woods indique que l'Angola n'a pas encore connu de start-up ayant réalisé un événement de sortie.

L’IFC estime d’ailleurs qu’en soutenant les start-up et en favorisant l'innovation ainsi que l'entrepreneuriat, l'Angola peut davantage diversifier son économie dépendante du pétrole et créer plus d'emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

Toutefois, l’IFC recommande aux autorités angolaises de prioriser et de mettre en œuvre une loi sur les start-up afin d'améliorer l’environnement politique des jeunes entreprises dans plusieurs domaines. Cela comprend notamment le renforcement du financement des phases précoces, en impliquant directement le gouvernement dans la création, l’investissement et le maintien de mécanismes de financement pour les start-up en phase de démarrage. Par ailleurs, l’institution financière insiste sur l'intégration de l'entrepreneuriat, du numérique et du codage dans l’éducation nationale, ainsi que sur la création de davantage d’écoles de formation professionnelle pour renforcer le vivier de talents.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 18 mars 2025 08:36 Written by

Les autorités malgaches veulent accélérer la transformation numérique du pays afin d’en faire un pilier de l’économie. Cela concerne tous les secteurs, y compris celui de la santé.

Le gouvernement malgache a officiellement lancé le projet de digitalisation des hôpitaux. Le ministère de la Santé publique et le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications (MDNPT) ont signé une convention de partenariat le vendredi 14 mars pour ce projet qui vise à établir la bonne gouvernance et la transparence au sein des hôpitaux publics et à rapprocher les services de santé de la population.

« Plusieurs étapes sont prévues dans ce projet, mais l'optimisation du parcours patient ainsi que la prise en charge des patients ont été définies comme priorités car ayant des impacts directs au quotidien de la population Malagasy », a déclaré le MDNPT dans un communiqué sur sa page Facebook. Zely Arivelony Randriamanantany (photo, à droite), ministre de la Santé publique, a ajouté qu’une fois les outils et systèmes numériques déployés, l'encadrement des patients et les mouvements financiers pourront être suivis de façon adéquate.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des ambitions du gouvernement malgache de mettre le numérique au service du développement national, conformément au Plan stratégique quinquennal du numérique 2023-2028 qui vise à faire du pays un acteur majeur de l’économie numérique en Afrique. Dans le domaine de la santé, l’exécutif veut investir dans le capital humain et la bonne gouvernance, améliorer l’accès aux soins et renforcer la confiance dans le système de santé national.

Le programme peut contribuer à améliorer les services de santé et optimiser les décisions grâce à la collecte, le stockage et l’analyse en temps réel des données, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans son rapport « Health Data Digitalization in Africa Unlocking the potential », publié en 2024, l’organisation déclare : « Cette approche axée sur les données aide les professionnels de santé à choisir les traitements appropriés et soutient les décideurs politiques dans l’élaboration de politiques de santé impactantes ».

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 18 mars 2025 08:17 Written by

L’Algérie souhaite que l’IA contribue à hauteur de 7 % à son PIB d’ici 2027. Pour atteindre cet objectif, le pays investit dans des infrastructures de pointe.

Le dimanche 16 mars, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a procédé à Oran à la pose de la première pierre du premier centre de calcul haute performance dédié à l’IA en Algérie. Cette infrastructure, considérée comme une avancée stratégique vers la souveraineté numérique, vise à doter le pays d’une capacité de calcul intensif essentielle au développement des technologies d’IA.

Lors de son intervention, le ministre a souligné que ce centre s’inscrit dans la vision du président de la République Abdelmadjid Tebboune visant à positionner l’Algérie comme un acteur majeur de l’innovation et du numérique en Afrique. Il a mis en avant les opportunités qu’offrira cette infrastructure aux chercheurs, start-up et institutions académiques, en leur donnant accès à des ressources technologiques avancées. Grâce à ses processeurs graphiques (GPU) de dernière génération, elle fournira la puissance nécessaire à la conception d’applications stratégiques dans des domaines tels que la santé, l’industrie, la cybersécurité et les smart cities.

Ce projet s’insère dans la stratégie nationale d’IA récemment dévoilée, qui repose sur plusieurs axes parmi lesquels le renforcement des infrastructures de calcul avec des centres de données et des solutions cloud optimisées, le développement de la formation et de la recherche en collaboration avec les universités et les centres spécialisés, ainsi que la valorisation industrielle pour accompagner les start-up et entreprises dans la conception de solutions basées sur l’IA.

Avec ce centre, l’Algérie franchit une nouvelle étape vers l’autonomie technologique. Le calcul haute performance joue un rôle clé dans l’optimisation des modèles d’IA et la simulation de systèmes complexes dans des secteurs critiques comme l’agriculture de précision, la gestion des ressources énergétiques et la modélisation climatique. En offrant un accès direct à ces capacités de calcul avancées, le pays réduit sa dépendance aux infrastructures étrangères et diminue les coûts liés à l’externalisation. Ce projet contribue à renforcer l’indépendance technologique de l’Algérie tout en encourageant l’innovation dans des secteurs stratégiques.

Une fois terminé, ce centre devrait permettre à l’Algérie de renforcer ses capacités en matière de calcul haute performance et d’accélérer le développement des applications d’IA dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture de précision, la gestion des ressources énergétiques et la modélisation climatique. Il offrira aux chercheurs et entreprises locales l’opportunité d’accéder à des ressources technologiques avancées, réduisant ainsi la dépendance aux infrastructures étrangères. Cette initiative pourrait jouer un rôle clé dans l’émergence d’un écosystème IA dynamique et compétitif en Afrique du Nord.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 17 mars 2025 08:40 Written by
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