Durant l’année 2024 qui s’achève, la Côte d’Ivoire a réussi à concrétiser plusieurs projets destinés à améliorer l’inclusion numérique des populations. Cependant, des défis demeurent.
Le ministère de la Transition numérique et de la Digitalisation a annoncé, le lundi 25 novembre, l'approbation de son budget par la Commission des affaires économiques et financières de l’Assemblée nationale. D’un montant de 60,78 milliards FCFA (environ 96,8 millions $), il permettra, entre autres, d’améliorer la connectivité, d’offrir un accès équitable aux technologies, de promouvoir les compétences numériques et de soutenir les jeunes et les femmes dans le numérique.
Pour l’année 2025, le ministère alloue 8,1 milliards FCFA aux investissements et 5,7 milliards FCFA aux dépenses du personnel. Le budget est réparti en quatre programmes dont 1,9 milliards FCFA pour l’administration générale, 19,9 milliards FCFA pour l’économie numérique et la poste, 35,5 milliards FCFA pour la taxe pour le développement des nouvelles technologies dans les zones rurales et 4,6 milliards FCFA pour soutenir l’activité du secteur des communications électroniques.
Pour mener à bien ces programmes, le ministère les a répartis en plusieurs activités pour atteindre les résultats escomptés. La poursuite de mise en œuvre du Projet d'appui au renforcement de l'administration électronique (PARAE), la formation de 265 spécialistes dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, l’organisation du forum Ivoiretech ou encore le renforcement des capacités des agents de l'Etat à l'utilisation des outils informatiques sont, entre autres, des activités à mener pour le compte de l’année 2025.
La promotion d’un écosystème numérique innovant, la réduction de la fracture numérique grâce à des investissements dans les zones rurales et le renforcement de la régulation des TIC pour un développement sécurisé sont des objectifs à atteindre pour le ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, Kalil Konaté (photo). Pour rappel, la Côte d’Ivoire affiche en 2024 un indice de développement des TIC de 65,3 sur 100, selon l’Union internationale des télécommunications. Quant à l’indice de développement de l’administration en ligne, le score de la nation éburnéenne s’est établi à 0,5587 sur 1 en 2024, mieux qu’en 2022 où il était 0,5467.
Adoni Conrad Quenum
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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A partir de 2016, les autorités guinéennes ont accéléré les efforts pour prendre le contrôle du nom de domaine national. Cette ressource était alors gérée par le registre PSGNet basé aux Etats-Unis.
Le gouvernement guinéen a finalisé le rapatriement de la gestion du domaine national de premier niveau .GN « après plus de 20 ans d’efforts et de détermination ». Le ministère des Postes, Télécommunications et de l'Economie numérique a annoncé le mercredi 27 novembre que le lancement officiel est prévu pour le 4 décembre.
Le gouvernement guinéen a engagé en 2016 les discussions sur le rapatriement de la gestion du nom de domaine alors géré par le registre PSGNet basé aux Etats-Unis. C’est en 2017 qu’un décret signé par l’ex-président de la République, Alpha Condé, a finalement fixé les règles de gestion technique et administrative du domaine Internet national. En janvier 2022, Aminata Kaba, alors ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, s’est vu confier la mission de reprendre la gestion du domaine national de premier niveau.
La reprise du contrôle du nom de domaine national représente des enjeux pour la souveraineté numérique de la Guinée qui a fait du numérique un des piliers de son développement socioéconomique. Cela peut également contribuer à renforcer la sécurité du cyberespace national dans ce contexte de transformation numérique accéléré. Dans son « Global Cybersecurity Index 2024 », l’Union internationale des télécommunications (UIT) a classé la Guinée dans la catégorie Tier 3 regroupant des pays « ayant obtenu un score global d'au moins 55/100 en démontrant un engagement de base en matière de cybersécurité ».
« Le monde dans lequel nous évoluons est profondément transformé par la technologie, et l'avenir de notre indépendance repose en grande partie sur notre capacité à maîtriser nos infrastructures numériques. La Guinée se doit, plus que jamais, de tracer sa propre voie en matière de développement technologique, en assurant la sécurité de ses données, en favorisant l'innovation locale, et en offrant à chaque citoyen un accès équitable à l'information et aux services numériques », a déclaré Rose Pola Pricemou, ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, dans le Bulletin numérique du ministère pour le mois d’octobre.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Sans sécurité garantie, la transformation numérique en Afrique est vouée à l’échec. Au Congo, où les TIC sont en plein essor grâce à d’importants investissements, l’accent est mis entre autres sur la protection des systèmes numériques et des utilisateurs en ligne.
Léon Juste Ibombo (photo), ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, a prononcé, lundi 25 novembre, le discours inaugural de la deuxième édition du Forum Brazza Cybersecurity. Il a mis en avant l’importance de la sécurité numérique face à la montée exponentielle des menaces cybernétiques dans tous les secteurs de la vie, et a soutenu qu’elle est au cœur du développement stratégique du Congo.
« La cybersécurité n'est plus un choix, mais une nécessité impérieuse dans un monde de plus en plus connecté », ajoute Léon Juste Ibombo.
Depuis quelques mois, le pays multiplie les partenariats stratégiques dans le cadre de la stratégie nationale de transformation numérique « Congo Digital 2025 ». Bien que la cybersécurité figure parmi les objectifs prioritaires de cette initiative, le pays accuse un certain retard dans ce domaine. D’après le rapport « Global Cybersecurity Index 2024 » publié par l’Union internationale des télécommunications (UIT), le Congo est classé dans la catégorie Tier 4, avec un score de 27,61 sur 100 à l’indice mondial de cybersécurité. Ce classement révèle des lacunes significatives en matière de protection numérique et souligne la nécessité pour le pays d’accélérer ses efforts sur ce segment.
« Les pays en évolution sont ceux qui ont obtenu une note globale d'au moins 20/100 en faisant preuve d'un engagement fondamental en matière de cybersécurité dans le cadre d'actions menées par les pouvoirs publics, qui englobent l'évaluation, l'établissement ou la mise en œuvre de certaines mesures de cybersécurité généralement acceptées dans au moins un pilier, ou plusieurs indicateurs et/ou sous-indicateurs », explique l’UIT dans son rapport.
Il convient de signifier que le Congo est à la traîne dans quatre des cinq piliers qui composent cet indice. Outre les mesures juridiques où il a affiché un score de 14,12 sur 20, le pays a obtenu les scores de 0 sur 20 pour les mesures techniques, de 0,72 sur 20 pour le renforcement des capacités, de 3,9 pour les mesures organisationnelles et de 8,87 pour la coopération avec les autres pays de la sous-région, du continent et du monde.
Pour atteindre leur objectif de hub technologique, les autorités congolaises devront, entre autres, mettre en place des infrastructures techniques comme les centres de réponse aux incidents de sécurité informatique (CERT/CSIRT) et des mesures de protection contre les cybermenaces, investir dans la formation, la sensibilisation et la recherche pour développer les compétences en cybersécurité, se tourner vers les partenariats internationaux et régionaux pour lutter contre les cybermenaces, incluant la participation à des accords et initiatives de collaboration, etc.
Adoni Conrad Quenum
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L’Intelligence Artificielle se répand dans presque tous les secteurs d'activité. Elle offre de nombreux avantages pour l’Afrique, mais l’intégration limitée des langues du continent freine son adoption complète.
Orange s’engage à améliorer la représentation des langues africaines dans les systèmes d’Intelligence Artificielle (IA). Le groupe télécoms français a annoncé, mercredi 27 novembre, la signature d’un partenariat à cet effet avec OpenAI et Meta. Le lancement du projet, prévu pour le premier semestre 2025, vise à développer des intelligences artificielles capables de reconnaître et d’interagir avec les langues africaines.
Les langues d’Afrique de l’Ouest, telles que le wolof et le pulaar, seront les premières à être intégrées dans le projet. Elles seront incorporées dans les technologies Whisper d’OpenAI et Llama de Meta, deux modèles d’IA spécialisés dans la reconnaissance et la traduction linguistique.
Les modèles d’IA actuels sont majoritairement formés avec des données en anglais, ce qui limite la prise en charge des langues africaines. En raison de la rareté des données disponibles, ces langues sont sous-représentées dans les bases de données utilisées pour entraîner les IA. Pour y remédier, Orange fournira les données de ses applications locales, notamment dans les services clients, afin d’améliorer le traitement des langues africaines par les IA.
L’un des objectifs est de permettre aux utilisateurs d’Orange d’interagir avec le service client dans leur langue maternelle, rendant ainsi l’expérience utilisateur plus fluide et accessible. Les progrès réalisés durant la collaboration ne bénéficieront pas seulement aux services d’Orange, puisque les modèles développés seront également mis à disposition pour des projets non commerciaux, notamment dans les secteurs de la santé publique et de l’éducation.
En parallèle, Orange a signé un accord avec OpenAI pour accéder directement aux derniers modèles d’intelligence artificielle du groupe, disposant d'un traitement et d'un hébergement des données en Europe.
Servan Ahougnon
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans le but de soutenir sa transformation numérique, l’Ethiopie noue des partenariats stratégiques. Elle se rapproche d'un pays d’Asie en ce qui concerne la cybersécurité.
Tigist Hamid (photo, à droite), directrice générale de l'administration de la sécurité des réseaux d'information (INSA), a rencontré Chen Hai (photo, à gauche), l'ambassadeur de Chine en Ethiopie. L’information a été dévoilée le lundi 25 novembre par l’Agence des nouvelles éthiopienne.
Les discussions entre les deux personnalités ont porté sur la cybersécurité. Selon l’Agence des nouvelles éthiopienne, Tigist Hamid a présenté à l’officiel chinois « des produits et services de cybersécurité fournis par l'administration ainsi que des efforts en cours pour améliorer l'infrastructure de cybersécurité du pays ». Elle a également évoqué la nécessité d'un soutien et d'une collaboration continus entre les gouvernements éthiopien et chinois sur le segment de la cybersécurité.
Selon l’Union internationale des télécommunications, l’Ethiopie a été classé dans la catégorie Tier 3 avec un score de 76,34 sur 100 à l’indice mondial de cybersécurité. Pour l’UIT, les pays appartenant à cette catégorie ont fait preuve d'un engagement de base en matière de cybersécurité à l'égard d'actions menées par les pouvoirs publics, qui englobent l'évaluation, l'établissement ou la mise en œuvre de certaines mesures de cybersécurité généralement acceptées et portant sur un nombre modéré de piliers ou d'indicateurs.
Quant à la Chine, son score à l’indice mondial de cybersécurité s’est établi à 91,64 sur 100 en 2024, la positionnant dans la catégorie Tier 2. Bien qu’elle ne fasse pas partie des modèles à suivre sur ce segment, la Chine pourra apporter son expertise à l’Ethiopie, elle qui dispose d’importantes entreprises opérant dans le secteur de la technologie telles que Huawei, ZTE, Tencent ou encore Xiaomi.
Adoni Conrad Quenum
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Les autorités guinéennes et sierra-léonaises se sont rencontrées à plusieurs reprises depuis juillet dans le cadre de négociations visant à concrétiser un projet d'interconnexion numérique. Les échanges ont permis de poser les bases de la collaboration.
Rose Pola Pricemou, la ministre guinéenne des Postes, des Télécommunications et de l'Economie numérique, et Salima Monorma Bah, la ministre sierra-léonaise de la Communication, de la Technologie et de l’Innovation, ont signé le vendredi 22 novembre à Freetown un accord-cadre visant à renforcer l'interconnexion numérique entre leurs 2 pays.
𝗠𝗣𝗧𝗘𝗡 / 𝗦𝗶𝗴𝗻𝗮𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗱’𝘂𝗻 𝗮𝗰𝗰𝗼𝗿𝗱 𝗰𝗮𝗱𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗲𝗻𝗮𝗿𝗶𝗮𝘁𝗻𝘂𝗺𝗲́𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 - 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗰𝗼𝗻𝗻𝗲𝘅𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗯𝗮𝗰𝗸𝗯𝗼𝗻𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗦𝗶𝗲𝗿𝗿𝗮-𝗟𝗲𝗼𝗻𝗲 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗚𝘂𝗶𝗻𝗲́𝗲
— Rose Pola Pricemou (@rppola) November 22, 2024
Freetown, le 22 novembre 2024 — Dans le cadre du… pic.twitter.com/GIhiVpLPIv
La convention, qui inclut l’interconnexion des dorsales Internet des 2 territoires, vise notamment à améliorer leur connectivité et à favoriser les échanges numériques. Il s'inscrit dans la continuité des discussions initiées au Sommet Chine-Afrique sur le numérique en juillet dernier. En août, une délégation sierra-léonaise conduite par la ministre Monorma Bah s'était rendue à en Guinée pour approfondir ces échanges et finaliser un accord-cadre précisant les modalités techniques du partenariat.
Pour Rose Pola Pricemou, cette initiative devrait permettre d’unifier les politiques postales pour améliorer les services essentiels aux populations, notamment celles des régions rurales, de rendre le réseau plus robuste et fiable pour réduire les coûts et améliorer la qualité des services digitaux, et de développer un écosystème numérique dynamique dans le but d’encourager des initiatives collaboratives dans des domaines comme le big data et la cybersécurité.
Pour rappel, la Guinée comptait 4,87 millions d'utilisateurs d'Internet début 2024, avec un taux de pénétration de l'Internet de 33,9% selon DataReportal. La Sierra Leone recensait quant à elle 2,70 millions d'utilisateurs pour un taux de pénétration de l'Internet de 30,4%.
En ce qui concerne le coût, il fallait débourser en 2023 8,1% du revenu national brut par habitant en Guinée pour souscrire à un forfait d’au moins 5 Go de données mensuelles à haut débit (256 Kbits/s ou plus) chez l'opérateur détenant la plus grande part de marché, selon l’Union Internationale des Télécommunications. Ce pourcentage était de 38,2% en 2017 pour la Sierra Leone.
Adoni Conrad Quenum
La transformation numérique se poursuit sur le continent. Certaines administrations se tournent vers les entreprises privées pour la mise en place de leur projet de numérisation.
Fatima Camara (photo, à gauche), ministre guinéenne de la Pêche et de l’Economie maritime, a reçu la semaine dernière les responsables de Karity & Co Holding, une entreprise basée au Royaume-Uni et spécialisée dans la structuration financière et la numérisation des services. Le but de cette entrevue est la numérisation des services du ministère qui devrait débuter en janvier 2025 pour une durée d’un an.
« Avec l’aide de Karity & Co Holding nous allons améliorer la gestion des ressources halieutiques et assurer une meilleure traçabilité des produits de la pêche. Cela nous permettra de garantir une plus grande transparence et une gestion plus durable de notre patrimoine maritime », a expliqué la ministre.
Cette rencontre fait suite à celle d’octobre où l’entreprise britannique avait présenté la maquette de la plateforme de numérisation du ministère. Elle s’inscrit dans le cadre de la stratégie du gouvernement guinéen qui vise, entre autres, à moderniser les services publics dans le but de renforcer l'efficacité et la transparence dans le pays. Selon les données du ministère, la Guinée disposait en 2023 de 95 navires de pêche industrielle, de 8168 pirogues et le secteur représentait 395 000 emplois directs et indirects. Les données de 2022 de la Banque mondiale indiquent une production halieutique annuelle de 336 050 tonnes.
Pour Fatima Camara, ce nouveau système devrait permettre de sécuriser les documents administratifs, de suivre le processus de gestion des licences (de la demande à l'émission des documents) ou encore d’améliorer la mobilisation et la sécurisation des recettes du ministère. Il permettra également de lutter contre la prévarication qui est l’un des chantiers importants du gouvernement. Par ailleurs, elle a tenu à mettre l’accent sur la formation du personnel du ministère et des acteurs du secteur de la pêche dans le but de faciliter le processus de transition numérique.
Adoni Conrad Quenum
L’Afrique est le continent où l’Internet mobile est le plus cher au monde, selon l’UIT. Les populations africaines dépensent en moyenne 4,9% du RNB mensuel par habitant pour accéder à un forfait mensuel décent. La moyenne mondiale est de 1,3%.
En 2023, le coût d'accès à l'Internet mobile en Afrique de l'Ouest s'est avéré plus abordable au Nigeria, au Ghana et en Côte d’Ivoire, selon des données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’agence spécialisée des Nations unies pour les technologies de l'information et de la communication.
Au Nigeria, il faudra débourser 1,61% du revenu national brut (RNB) mensuel par habitant pour accéder au forfait mobile à large bande le moins cher fournissant au moins 2 Go de données mensuelles en utilisant au moins la technologie 3G. Au Ghana et en Côte d’Ivoire, le coût est respectivement de 1,94% et de 2% du RNB mensuel par habitant pour avoir accès au même type de forfait.
Selon les recommandations de l’UIT, Internet est considéré comme abordable quand son coût est égal à 2% ou moins du RNB mensuel par habitant. En Afrique de l’Ouest, seuls le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire sont dans les clous. En Afrique, la moyenne s’est établie en 2023 autour de 4,9% du RNB mensuel par habitant. Le Sénégal (2,47%) et la Mauritanie (3,01%) sont en deçà de ce chiffre.
Quant à la Guinée-Bissau, au Burkina Faso et à la Gambie, ce sont les pays où l’Internet mobile est le plus cher dans la sous-région ouest-africaine. Pour les populations de ces pays, il faudra respectivement dépenser 9,79%, 9,81% et 11% du RNB mensuel par habitant pour accéder au forfait susmentionné.
Source : UIT
Diverses raisons expliquent la cherté d’Internet dans ces pays. Selon le rapport « The State of Broadband 2024: Leveraging AI for Universal Connectivity » publié en juin 2024, la Broadband Commission estime que « le manque d'accessibilité financière reste un obstacle majeur à l'accès à l’Internet, en particulier dans les économies à faible revenu ». Et d’ajouter : « par rapport aux prix pratiqués dans les économies à revenu élevé, le panier de services mobiles à large bande est 5,5 fois moins abordable dans les économies à revenu moyen inférieur et plus de 20 fois moins abordable dans les économies à faible revenu ».
Le rapport « State of Mobile Internet Connectivity 2024 » de l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie, de son côté, indique que l'Afrique subsaharienne est la région où l'écart de couverture est le plus élevé, avec 13 %. Cela est principalement attribuable au manque d'infrastructures de télécommunications, obligeant certains marchés à compenser leur rareté en appliquant des tarifs élevés pour rentabiliser les ressources disponibles. « Les réseaux à large bande fixe sont très coûteux à déployer, à entretenir et à mettre à niveau, en fonction de la géographie et de l'extension du territoire à couvrir », a affirmé l’UIT.
Adoni Conrad Quenum
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La transformation numérique fait partie des priorités du gouvernement béninois. Par exemple, l’exécutif prévoit de consacrer un budget de 16,4 milliards FCFA aux projets numériques en 2025.
Le gouvernement béninois prévoit de connecter 18 communes supplémentaires à la fibre optique d’ici mi-2025 dans le cadre de son ambition de généraliser l’accès au haut débit dans toutes les 77 communes du pays (photo). C’est ce qu’a révélé Aurelie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, le jeudi 21 novembre au cours de l’émission « PAG 2021-2026 : reddition de comptes » sur la télévision nationale.
Selon la ministre, le déploiement de la fibre optique dans les nouvelles communes permettra de renforcer la dorsale nationale qui relie déjà 50 communes sur environ 2550 km. A terme, le gouvernement cible une couverture totale de 3300 km de fibre optique. De plus, neuf autres communes seront connectées grâce à des technologies alternatives.
Ces plans du gouvernement font partie du projet de déploiement de l’Internet haut et très haut débit sur l’ensemble du territoire national qui vise à « apporter le haut et le très haut débit au plus près des populations et des entreprises béninoises par le biais des investissements publics et privés ». D’un coût estimé à environ 207 milliards de francs CFA (330,63 millions $), l’initiative elle-même s'inscrit dans le cadre du Programme d’action du gouvernement 2021-2026. L’exécutif cherche à « transformer le Bénin en la plateforme de services numériques de l’Afrique de l’Ouest pour l’accélération de la croissance et l’inclusion sociale ».
Amélioration de la couverture et de l’usage
Le projet du gouvernement pourrait contribuer à améliorer la couverture de la population en services de télécommunications, en particulier l’Internet. Le gouvernement revendique un taux de couverture de la 4G de l’ordre de 90 %. Ces données sont confirmées par la plateforme ICT DataHub de l’Union internationale des télécommunications (UIT). L’organisation ajoute que la 2G et la 3G couvrent respectivement 98 % et 90 % de la population. La 5G quant à elle est en début de commercialisation.
En ce qui concerne l’usage, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP) a recensé 11,06 millions d’abonnés à l’Internet mobile et 20 000 utilisateurs d’Internet fixe en juin 2024 sur une population estimée à environ 13,7 millions par la Banque mondiale (2023). Le nombre d’abonnements à la téléphonie mobile s’élève à 17,8 millions, contre 1363 pour la téléphonie fixe. Cependant, l’UIT estime que les taux de pénétration de l’Internet et de la téléphonie mobile sont respectivement de 33,8 % et 53,9 % à fin 2023.
Isaac K. Kassouwi
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Les Etats du Nigeria multiplient les initiatives pour accélérer leur transformation numérique dans le cadre de l’objectif du gouvernement fédéral. L’initiative touche tous les secteurs de l’économie, dont l’éducation.
Au Nigeria, le Territoire de la capitale fédérale (FCT) envisage de déployer plus de 1000 ordinateurs portables dans ses écoles secondaires. D’un coût estimé à environ 990 millions de nairas (environ 589 000 $), l’acquisition de ces appareils a été approuvée par le Conseil exécutif du FCT lors de sa réunion du lundi 25 novembre.
Selon Danlami Hayyo, secrétaire à l’éducation du FCT, les ordinateurs portables seront préchargés avec des contenus éducatifs et des matériaux d’apprentissage axés sur les compétences professionnelles.
« Les écoles du FCT vont maintenant se transformer en système d'éducation numérique, nous allons passer d'une salle de classe normale d'enseignement et d'apprentissage à un système d'apprentissage basé sur l'éducation aux médias », a déclaré Chidi Amadi, chef de cabinet du ministre du FCT.
L’acquisition des ordinateurs portables fait partie d’une stratégie plus large visant à numériser le système éducatif afin d’améliorer la qualité de l’enseignement dans le FCT. Le Conseil exécutif a récemment approuvé un contrat pour l’acquisition de matériels d’examen. En septembre dernier, le FCT a lancé un programme de formation de 3000 enseignants du primaire aux méthodes d'enseignement numérique.
L’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) estime que la technologie numérique offre deux grands types de possibilités. « Premièrement, elle peut améliorer l'enseignement en comblant les lacunes en matière de qualité, en multipliant les occasions de s'exercer, en augmentant le temps disponible et en personnalisant l'enseignement. Deuxièmement, elle peut engager les apprenants en variant la façon dont le contenu est représenté, en stimulant l'interaction et en incitant à la collaboration », peut-on lire dans le Global Education Monitoring Report 2023.
Isaac K. Kassouwi
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Face aux défis de modernisation administrative, la Guinée explore des solutions numériques pour optimiser ses processus. Cette démarche marque un tournant dans la gestion des ressources publiques, avec un accent sur l'innovation et la collaboration internationale.
La Guinée s’inspire du modèle rwandais pour mettre en place son tout premier système numérique de passation des marchés publics. Un nouvel accord stratégique a été signé à cet effet entre le gouvernement guinéen et la Rwanda Cooperation Initiative (RCI) le mercredi 20 novembre, lors d’une réunion présidée par le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah.
Le Rwanda et la Guinée signent un accord stratégique pour moderniser et digitaliser le système des marchés publics en Guinée pic.twitter.com/fk25ryZo5F
— RwandainGuinea (@RwandainGuinea) November 24, 2024
« Nous avons une expertise avérée dans la digitalisation des marchés publics, notamment dans la gestion des finances publiques, et c’est cette expérience que nous souhaitons partager avec la Guinée. Nous avons signé ce contrat pour formaliser notre engagement et accompagner le pays dans la mise en place de ce système numérique », a déclaré Patricie Uwase, directrice générale de la Rwanda Cooperation Initiative.
La signature de ce contrat s’inscrit dans la continuité d’une collaboration amorcée en 2023 entre la RCI et la Guinée, visant à tirer parti de l’expertise rwandaise dans le cadre du projet E-Procurement. Porté par le président de la transition, Mamady Doumbouya, ce projet a pour objectif d’améliorer la transparence, de renforcer l’efficacité des procédures administratives et d’optimiser la gestion des ressources publiques. Il représente également une arme essentielle dans la lutte contre la corruption, qui reste un problème majeur dans la gestion des marchés publics en Guinée, souvent critiquée pour son opacité et ses pratiques douteuses.
Grâce à ce système numérique, le processus d’approvisionnement sera non seulement simplifié, mais aussi mieux contrôlé, garantissant ainsi une traçabilité des transactions. En outre, la numérisation des marchés publics permettra de réduire les délais et les coûts associés, tout en favorisant la confiance des investisseurs étrangers, attirés par des pratiques administratives transparentes et modernes.
En s’appuyant sur l’expérience reconnue du Rwanda, la Guinée espère poser les bases d’une gouvernance efficace et transparente. Si cette initiative est menée à bien, elle pourrait redéfinir les standards de gestion des marchés publics en Afrique de l’Ouest et faire de la Guinée un exemple à suivre en matière d’innovation numérique et de lutte contre la corruption. Le gouvernement vise une mise en œuvre rapide, avec pour objectif que, dès le 1er janvier prochain, tous les plans de passation des marchés publics soient entièrement numérisés.
Samira Njoya
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Les Etats du Nigeria multiplient les initiatives à leur niveau pour accélérer leur transformation numérique dans le cadre de l’objectif du gouvernement fédéral. L’Etat d’Anambra a validé, plus tôt ce mois, un projet de déploiement d'une plateforme de gestion des données.
Le gouvernement de l’Etat de Bauchi au Nigeria s’est associé à la société publique Galaxy Backbone (GBB), spécialisée dans la fourniture de solutions et produits TIC, pour renforcer l’infrastructure numérique et généraliser l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) à travers l’Etat. Les deux parties ont signé un protocole d’accord à cet effet la semaine dernière.
Ce partenariat vise à améliorer la connectivité, développer les compétences locales en TIC, fournir des services de conseil spécialisés et proposer des solutions TIC hébergées. Ces initiatives visent à moderniser la gouvernance et à optimiser la prestation des services publics dans l’Etat de Bauchi. Pour atteindre ces objectifs, GBB s’appuiera notamment sur ses centres de données situés à Abuja et Kano.
La signature de ce protocole d’accord s’inscrit dans la vision du gouverneur Bala Abdulkadir Mohammed de transformer l’Etat en « un pôle d'innovation numérique, garantissant une gouvernance efficace et une meilleure prestation de services pour nos citoyens ». Par exemple, l’Etat travaille à la transformation numérique de son système éducatif avec la mise en place d’un système d'information sur la gestion des enseignants (TMIS) et d’un système d'information sur la gestion de l'éducation.
« Il est attendu que cette collaboration permette de renforcer les infrastructures TIC de l'Etat, grâce aux ressources et à l'expertise de GBB, d'approfondir les services de formation et de conseil, tout en favorisant la croissance économique, attirant des investissements, créant des emplois, et stimulant les opportunités économiques par une connectivité numérique et une prestation de services améliorées au sein de l'Etat », a déclaré GBB dans un communiqué.
Cette initiative pourrait également contribuer à la transformation numérique générale du Nigeria alors que l’économie numérique en Afrique devrait valoir au moins 712 milliards $ en 2050, soit 8,5 % du PIB continental, selon une étude conjointe de la Société financière internationale (SFI) et de Google. Dans ce pays, le secteur des TIC a contribué à hauteur de 19,78% au PIB réel au deuxième trimestre 2024 selon les données de la National Bureau of Statistics (NBS).
Isaac K. Kassouwi
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La révolution numérique transforme profondément les économies africaines, plaçant les infrastructures technologiques au cœur de cette mutation. Dans ce contexte, les datacenters émergent comme des leviers essentiels pour garantir l'accès à des services numériques performants et souverains.
Le fournisseur de services cloud camerounais ST DIGITAL a entamé, le vendredi 22 novembre, la construction de son datacenter Tier 3 au sein du parc technologique du VITIB à Grand-Bassam. Ce projet stratégique vise à renforcer la souveraineté numérique de la Côte d’Ivoire et à répondre à la demande croissante en services numériques de pointe.
« Notre datacenter, qui s’étendra sur une superficie de 4000 m², sera une infrastructure de haute sécurité, à la fois à la pointe de la technologie et écoresponsable, avec une empreinte de carbone réduite. Nous avons même envisagé des projets innovants comme la création de lacs artificiels et de potagers en utilisant tout ce qui sort des climatisations », a déclaré Steve Tchouaga, directeur général de ST DIGITAL.
Ce projet intervient dans un contexte où la transformation numérique s’intensifie en Afrique, et où les solutions cloud connaissent une adoption croissante. Le rapport « Africa Cloud Business Survey 2023 » de PwC, publié en février 2024, révèle que 50 % des entreprises africaines ont déjà intégré le cloud dans leurs opérations, et que 61 % prévoient de migrer entièrement vers cette technologie d’ici 2026.
Le futur datacenter, qui devrait être opérationnel d’ici la fin du premier trimestre 2025, proposera des services innovants, tels que des espaces de colocation modulaires, une station d'atterrissage pour câbles sous-marins, et une infrastructure dédiée à l’intelligence artificielle. Pour la Côte d’Ivoire, le datacenter représente un levier stratégique pour accélérer la transformation numérique, développer l’économie locale et positionner Grand-Bassam comme un hub technologique de référence en Afrique de l’Ouest, stimulant ainsi l’innovation et attirant de nouveaux investissements.
Samira Njoya
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Dans un monde de plus en plus tourné vers le numérique, les pays cherchent à renforcer leurs capacités technologiques. Les solutions locales, notamment les logiciels libres et open source, jouent un rôle essentiel dans cette dynamique.
Le ministre algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé, mardi 19 novembre, à l’Université Dr Moulay Tahar de Saïda, le lancement officiel du premier système d’exploitation algérien basé sur Linux. Ce système, développé à partir de logiciels libres et open source, marque une étape clé dans la modernisation numérique du pays et dans le renforcement de ses capacités technologiques.
« Ce système 100 % algérien est le fruit des efforts conjoints d’étudiants et de chercheurs spécialisés dans le domaine du logiciel, issus de plusieurs institutions universitaires. Cette distribution Linux, qui allie facilité d’utilisation et sécurité, contribuera à améliorer les performances des systèmes d’exploitation de nos ordinateurs et à sécuriser nos systèmes d’information. Elle ouvre également la voie à une économie technologique ouverte, en offrant une base solide pour la création de nombreuses start-up dans le domaine des logiciels », a déclaré Kamel Baddari lors de la cérémonie.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie nationale visant à moderniser les universités algériennes et à les positionner comme des hubs d’innovation technologique. L’Université Dr Moulay Tahar de Saïda, qui porte ce projet pionnier, a organisé un concours national mobilisant 10 équipes universitaires pour concevoir ce système d’exploitation. Cette initiative fait écho à d’autres projets technologiques récents, comme le lancement en avril 2023 de la fabrication de la première voiture électrique algérienne, conçue par le Centre de recherche en technologies industrielles (CRTI).
Le lancement du système d’exploitation algérien arrive à un moment où le marché des logiciels open source connaît une forte croissance mondiale. Selon un rapport de la société d'études GitNux de 2024, le marché global de l’open source était évalué à 21,7 milliards de dollars en 2021 et devrait atteindre les 66,84 milliards de dollars 2026. En outre, l’utilisation de logiciels open source permettrait aux entreprises d’économiser environ 60 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale.
Ces données renforcent l’importance de ce projet pour l’Algérie, qui pourrait ainsi se positionner favorablement sur le marché mondial de l'open source, tout en stimulant l’innovation locale. Le système d’exploitation algérien, conçu pour répondre aux besoins de sécurité informatique et d’efficacité, pourrait jouer un rôle central dans la transition numérique du pays, tout en valorisant les talents des jeunes chercheurs et entrepreneurs.
Samira Njoya
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