La transformation numérique des systèmes de santé devient essentielle pour améliorer la qualité et l’efficacité des soins. Les technologies innovantes permettent de moderniser la gestion des données et d’optimiser les services aux patients.

La multinationale canadienne spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) YULCOM Technologies a été sélectionnée pour mettre en place un système d’information et de suivi des dossiers patients dans cinq hôpitaux au Togo. Ce projet, mené en collaboration avec le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, vise à numériser les processus hospitaliers pour renforcer l’efficacité et la transparence des soins médicaux.

« La numérisation des hôpitaux est essentielle pour améliorer la couverture sanitaire de tous les pays. Ce projet nous permettra de contribuer à digitaliser le parcours du patient et à établir le dossier de santé numérique au Togo », a déclaré Youmani Jérôme Lankoandé, PDG de YULCOM Technologies.

Le système d’information hospitalier (SIH) développé par YULCOM comportera des fonctionnalités clés, telles que la gestion des admissions, des diagnostics, des traitements et des prescriptions, ainsi que le suivi des patients après leur sortie. Il inclura également des outils avancés, comme des algorithmes décisionnels, des tableaux de bord interactifs, et une intégration avec la plateforme DHIS2 (un système open source de gestion de l’information de santé) pour un meilleur suivi des données sanitaires.

Ce projet s’inscrit dans une dynamique continentale de transformation numérique des infrastructures de santé en Afrique, en réponse à une demande croissante de modernisation et d’efficacité dans la gestion des données médicales. Le Togo, qui a récemment lancé la construction d’un Centre national de santé digitale, place cette initiative au cœur de sa stratégie nationale de santé publique.

Le potentiel de croissance du marché mondial de la santé numérique est également un indicateur de l’importance de tels projets. Selon Fortune Business Insights, ce marché, estimé à 234,5 milliards de dollars en 2023, devrait atteindre 559,52 milliards de dollars d’ici 2027, confirmant ainsi l’intérêt croissant pour la numérisation des soins de santé à l’échelle mondiale.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Posted On jeudi, 05 décembre 2024 08:27 Written by

De nombreux pays s'efforcent aujourd'hui de moderniser leurs systèmes administratifs pour mieux répondre aux défis de la gestion des données et de l'identité. Ces efforts reposent sur l’adoption des technologies numériques pour renforcer l’efficacité et l’inclusion.

Le Cameroun s'engage dans une transformation majeure de son système d'état civil, avec un projet de loi récemment débattu à l'Assemblée nationale. Cette réforme ambitieuse vise à moderniser une législation de 2011 devenue inadaptée et à aligner le pays sur les normes numériques internationales. L’objectif est de créer un système plus efficace, inclusif et sécurisé pour gérer les données essentielles des citoyens.

Selon le quotidien public Cameroon Tribune, ce texte propose l’adoption des technologies numériques pour l’enregistrement des faits d’état civil, y compris les actes de naissance, de mariage et de décès. Une innovation clé est l’introduction d’un numéro d’identification personnel unique, attribué dès la naissance. Ce code à chiffres permettra aux citoyens d’accéder plus facilement à divers services administratifs liés à des domaines tels que le travail, la santé et l’éducation. Par ailleurs, la réforme prévoit l’allongement du délai de déclaration des naissances à 12 mois, une mesure destinée à inclure davantage de personnes dans le registre national.

Cette initiative s'inscrit dans un contexte où la modernisation des services publics est une priorité pour le gouvernement camerounais. Malgré des efforts récents, le pays reste à la traîne en matière de gouvernance numérique. Selon le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES), le Cameroun se classe 155e sur 193 pays dans l'Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024, avec un score de 0,4294 sur 1. Cette situation reflète des défis importants liés à l’infrastructure numérique et à la connectivité, que ce projet ambitionne de surmonter.

Au-delà de la simplification administrative, la numérisation de l'état civil devrait avoir des répercussions positives sur le développement socio-économique du Cameroun. La centralisation des données dans un fichier national informatisé et sécurisé renforcera la transparence et la protection des données personnelles, tout en réduisant les risques de falsification ou de perte d'informations.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 04 décembre 2024 14:51 Written by

La transformation numérique est devenue un enjeu clé pour moderniser les systèmes de santé à travers le monde, offrant des opportunités inédites pour améliorer les soins. Les collaborations internationales accélèrent cette transition, proposant des solutions innovantes adaptées aux besoins locaux.

Le vice-Premier ministre libyen et ministre de la Santé, Ramadan Abou Janah (photo, à droite), et son homologue russe, Mikhaïl Mourachko (photo, au centre), ont officialisé, lundi 2 décembre, un accord de coopération visant à renforcer les relations bilatérales dans le secteur de la santé. Cette initiative repose sur l’intégration des technologies numériques pour moderniser le système de santé libyen.

Selon un communiqué de l’ambassade de Russie en Libye, l’accord prévoit une coopération accrue entre les deux pays dans l’organisation et la gestion des systèmes de santé, la formation professionnelle de courte durée, ainsi que la mise en œuvre des technologies numériques pour le système de santé. Le texte ajoute que cette collaboration inclut des activités conjointes telles que l’échange d’expertise, de données statistiques et analytiques, l’organisation de conférences médicales, et l’établissement de partenariats entre les organisations médicales, éducatives et scientifiques des deux nations.

Selon les données de la plateforme Statista, la Russie est actuellement le plus grand marché de l'industrie de la santé numérique dans le segment des traitements et soins numériques. Ce secteur connaît une forte dynamique, et les projections estiment que d'ici 2029, le volume du marché devrait atteindre 3706 millions d'euros. Cette expertise place la Russie dans une position idéale pour accompagner la Libye dans sa transformation numérique.

Pour la Libye, l’accord répond à la volonté du gouvernement de relancer son système de santé, gravement affecté par les conflits des dernières années. Grâce aux TIC, le pays espère améliorer l’accès et la qualité des soins. La Russie, pionnière dans l’utilisation de la télémédecine, propose des solutions innovantes qui pourraient être implémentées en Libye afin de fournir des soins à distance de manière efficace. En intégrant les technologies numériques dans son système de santé, la Libye vise à rationaliser la gestion des soins, améliorer la formation du personnel médical et moderniser les infrastructures sanitaires.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 04 décembre 2024 08:29 Written by

Le secteur de la fintech connaît une croissance fulgurante à travers l’Afrique, ouvrant de nouvelles opportunités économiques et technologiques. Le Rwanda entend capitaliser sur cette dynamique pour positionner son économie comme un centre névralgique de l’innovation financière sur le continent.

Le Rwanda a dévoilé, le jeudi 28 novembre, une stratégie nationale de fintech pour une période de cinq ans. Cette feuille de route vise à développer un écosystème propice à l’innovation financière et à positionner le pays comme un centre financier régional.

« Cette stratégie ne représente pas seulement un document politique, mais aussi l’engagement de notre pays à positionner le Rwanda comme un centre de technologie financière de premier plan en Afrique. En 2014, nous n’avions que 3 entreprises fintech enregistrées ; aujourd’hui, nous comptons plus de 75 acteurs fintech actifs, au service de plus de 3 millions d’utilisateurs à travers le pays », a déclaré Paula Ingabire (photo), ministre des TIC et de l’Innovation.

En effet, depuis plusieurs années, le Rwanda investit massivement dans les TIC pour moderniser son économie et renforcer l’accès aux services financiers. Cette nouvelle stratégie s’inscrit donc dans la continuité de ces efforts, avec des résultats probants. Selon les sources officielles, le taux d’inclusion financière est passé de 93 % en 2020 à 96 % en 2023. Ces avancées témoignent d’une volonté affirmée de transformer le pays en un modèle d’économie numérique sur le continent.

Avec l’objectif d’accueillir 300 acteurs fintech d’ici 2029, de créer 7500 emplois directs et d’attirer 200 millions de dollars d’investissements, cette stratégie pourrait redéfinir l’économie rwandaise. Le gouvernement ambitionne ainsi d’atteindre un taux d’adoption de 80 % des services fintech, de se hisser parmi les 30 premiers pays de l’indice mondial de fintech et de devenir le principal hub technologique et financier en Afrique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 03 décembre 2024 15:28 Written by

Le Nigeria cible un taux de pénétration du haut débit de l’ordre de 70 % d’ici 2025. Au 31 octobre, ce taux était de 42,27 %, d’après le régulateur télécoms. 

Galaxy Backbone (GBB), société publique nigériane spécialisée dans la fourniture de solutions et produits TIC, a annoncé le lundi 2 décembre la signature d’un accord de partenariat avec le fournisseur d’infrastructures numériques panafricain WIOCC. Les deux parties entendent combiner leurs atouts en matière d’infrastructures pour étendre l’accès au haut débit au Nigeria, où le taux de pénétration est de 42,27 %, selon les données officielles.

Des statistiques de la Nigerian Communications Commission (NCC) datant de fin octobre 2024 montrent que le pays compte 91,57 millions d’utilisateurs du haut débit. De plus, le nombre d’abonnés aux services Internet s’élève à 134,78 millions sur une population estimée à 216 millions. L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) estime dans son « The State of Mobile Internet Connectivity Report 2024 » que 120 millions de Nigérians n’utilisent pas du tout l’Internet.

« Ce partenariat améliorera la capacité d'adaptation, l'efficacité et la qualité des services pour les entreprises et les institutions gouvernementales. Il vise également à réduire la fracture numérique en étendant l'accès au haut débit dans les régions mal desservies et en favorisant des partenariats avec les opérateurs de réseaux mobiles (MNO) pour stimuler l'économie numérique du Nigeria », a déclaré GBB dans un communiqué.

Le partenariat entre Galaxy Backbone et WIOCC devrait contribuer à étendre la couverture du réseau haut débit au Nigeria. La plateforme « DataHub » de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indique que les réseaux 3G, 4G et 5G couvrent respectivement 89,4 %, 84,2 % et 11,8 % de la population nigériane.

Cependant, il est important de rappeler que l'extension du réseau ne signifie pas automatiquement une adoption accrue des services. Plusieurs obstacles peuvent freiner les populations, d’après la GSMA. Il s'agit notamment du manque de sensibilisation à l’Internet mobile, du coût élevé des appareils et des données, du faible niveau d’alphabétisation et de compétences numériques, de la pertinence perçue des services, des préoccupations liées à la sécurité, des normes sociales ainsi que de l’expérience utilisateur offerte par la connectivité.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 03 décembre 2024 14:17 Written by

Le gouvernement ghanéen a fait de la transformation numérique un des piliers du développement socioéconomique du pays. L’exécutif multiplie donc les initiatives pour introduire les TIC dans tous les secteurs d'activité, dont l’éducation.

Le ministère de l’Éducation du Ghana a entamé une révision de sa politique des TIC dans l’éducation afin de l’actualiser et de répondre de manière adéquate aux nouveaux défis du secteur. L’initiative est soutenue par des partenaires stratégiques tels que le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et l’ONG World Vision International.

Plus spécifiquement, la politique actualisée vise à améliorer les infrastructures TIC dans les écoles, renforcer les compétences numériques des enseignants et exploiter les TIC pour améliorer la gestion de l'éducation.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des réformes stratégiques lancées par le ministère de l'Éducation pour transformer l'enseignement et l'apprentissage, et améliorer les résultats scolaires, conformément au plan stratégique pour l'éducation (ESP 2018-2030). En ce qui concerne les TIC, l’exécutif cherche à encourager chez les enfants l'intérêt et les compétences nécessaires pour utiliser ces technologies. Accra veut également doter les apprenants du niveau préuniversitaire de compétences numériques, intégrer les TIC dans la gestion du système éducatif et transformer la formation des enseignants ainsi que l’enseignement supérieur à travers des dispositifs de formation technologique.

« Notre objectif est d'améliorer l'intégration des TIC dans le programme scolaire, l'enseignement et l'évaluation, afin de former des apprenants du 21e siècle dotés de compétences numériques dans notre système éducatif », a déclaré Peter Tettey, responsable de la politique des TIC dans l’éducation.

Le gouvernement ghanéen s’attend à ce que la mise en œuvre de la politique actualisée améliore significativement la prestation et la gestion de l'éducation au Ghana. Pour ce dernier volet, l’UNESCO estime que l’introduction des TIC « permet d’élargir l’éventail des données collectées sur les écoles et les élèves, et de les relier afin de produire des analyses précises des trajectoires d’apprentissage et des facteurs qui les influencent ». L’organisation ajoute que ces données peuvent être utilisées pour personnaliser l’apprentissage, suivre les enfants marginalisés et prévenir le désengagement ainsi que l’abandon scolaire précoce.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le Ghana lance une feuille de route pour accélérer sa transformation numérique

Posted On mardi, 03 décembre 2024 11:18 Written by

L’intégration des technologies numériques transforme progressivement la gestion du trafic routier, offrant des solutions innovantes pour fluidifier la circulation et renforcer la sécurité. En Afrique, ces initiatives prennent de l’ampleur, illustrant la volonté des pays de moderniser leurs infrastructures de transport.

Le ministre sénégalais des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Malick Ndiaye (photo, à droite), a reçu, le vendredi 29 novembre, Terry HE (photo, à gauche), le président de Huawei Northern Africa (Afrique du Nord, de l’Ouest et Centrale). Les discussions ont porté sur la mise en œuvre d'un projet de numérisation du trafic routier, conçu pour fluidifier la circulation et renforcer la sécurité sur les routes du pays.

Lors de la rencontre, plusieurs ajustements ont été validés pour maximiser l’impact du projet. Un maillage intégral de la région de Dakar a été décidé, avec une répartition optimisée des dispositifs numériques pour une couverture efficace. Par ailleurs, le nombre de radars sera doublé, en ciblant particulièrement les zones interurbaines identifiées comme étant à haut risque d’accidents. Le projet inclut également la formation et l’immersion de 10 ingénieurs sénégalais, qui auront pour mission d'assurer la gestion autonome des plateformes et infrastructures numériques mises en place dans le cadre du projet.

Cette visite intervient un mois après la présentation, par Huawei, aux membres du gouvernement sénégalais, du système de transport intelligent et connecté conçu pour la ville de Dakar. Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie de transformation numérique en cours au Sénégal, visant à moderniser les infrastructures tout en intégrant des solutions technologiques innovantes pour relever les défis liés à la mobilité urbaine et nationale.

Le projet, dont la mise en œuvre est prévue dès l’année prochaine, ambitionne d’améliorer significativement la fluidité de la circulation, de réduire les accidents de manière notable et d’optimiser le contrôle des infractions routières. Par ailleurs, la formation d’ingénieurs sénégalais contribuera au renforcement des capacités technologiques nationales, garantissant la durabilité du projet tout en favorisant le développement de compétences locales dans des secteurs numériques stratégiques.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 02 décembre 2024 17:03 Written by

Il est un leader inspirant, animé par la volonté de promouvoir l’innovation technologique et de stimuler le développement entrepreneurial. Entrepreneur et créateur d’écosystèmes de start-up, il s’investit dans l’utilisation de la technologie comme moteur du développement durable en Afrique.

Ayuk Etta (photo) est un entrepreneur en série camerounais, reconnu pour son expertise dans les domaines de la technologie et du développement durable. Il est cofondateur et président-directeur général de Mountain Hub, un centre d’innovation et de technologie.

Mountain Hub accompagne les entrepreneurs sous-financés en Afrique francophone subsaharienne, en leur proposant des services de création d’entreprise, d’incubation et d’accélération. Sa mission est de favoriser la réussite des start-up grâce à un éventail de programmes et d’événements conçus pour les soutenir dans leur lancement, leur croissance et leur expansion.

En collaborant avec les entrepreneurs, Mountain Hub agit comme un cofondateur, transformant des idées novatrices, des technologies et des modèles d’affaires en entreprises à forte croissance. Le centre offre également un appui dans des domaines clés tels que la levée de fonds, la comptabilité, les aspects juridiques et les ressources humaines.

Ayuk Etta est le président de Mountain Angel Network, une société d’investissement dédiée au soutien de projets technologiques. Il dirige aussi Iknite, une start-up studio. Il est le fondateur du Cameroon International Tech Summit (CITSCM). Ce sommet annuel vise à transformer l’écosystème technologique et d’innovation du Cameroun en réunissant des innovateurs, entrepreneurs, entreprises, universités, gouvernements, organisations de développement et ambassades.

En 2015, Ayuk Etta a fondé Skylabase, une start-up spécialisée dans le développement de logiciels pour la microfinance et la santé, où il a occupé le poste de président-directeur général jusqu’en 2019.

Le Camerounais est diplômé de l’université de Buea où il a obtenu en 2014 un bachelor en génie logiciel informatique. Sa carrière a débuté en 2010 à Diligent Bilingual Foundation, où il a dirigé la mise en place de laboratoires informatiques. En 2013, il est devenu ingénieur logiciel chez ActivSpaces, un centre d’innovation technologique camerounais. Par la suite, en 2017, il a rejoint Kuelap, une fintech, d’abord en tant que partenaire, avant de devenir directeur général pour l’Afrique en 2019.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 02 décembre 2024 14:43 Written by

Fondée en 2013, l’Alliance Smart Africa est une organisation panafricaine visant à faire de l’Afrique un marché numérique unique d’ici 2030. Alors que le numérique s’impose comme un levier clé pour le développement du continent, cette mission prend une importance particulière face aux nombreux défis à relever. Lors des Assises de la Transformation Digitale (ATDA) 2024 à Abidjan, son directeur général, Lacina Koné, a partagé avec l’agence Ecofin les actions menées par l’organisation et sa vision pour l’avenir du numérique en Afrique.

Agence Ecofin : Quels sont les principaux projets de Smart Africa ?
Lacina Koné :
Nous menons actuellement 34 initiatives, réparties selon quatre grands piliers : la connectivité, l'innovation, la transformation et l'accélération. Chaque pays membre de l’alliance choisit un projet phare correspondant à ses priorités en technologies émergentes. Nous élaborons ensuite une note conceptuelle, un schéma directeur, et mettons en place un projet pilote. Si ce dernier est concluant, il est confié à des partenaires privés pour un déploiement national ou continental.

Un exemple est le projet One Africa Network, avec le slogan « Roam like at home ». Il vise à supprimer les frais de roaming pour les Africains se déplaçant entre pays, comme cela existe déjà en Europe. Des pilotes ont été lancés en Afrique de l’Est (Rwanda, Kenya, Ouganda, Tanzanie, etc.), puis étendus à l’Afrique de l’Ouest, notamment avec des accords récents entre la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin.

Un autre projet essentiel concerne l’identité numérique. La transformation numérique ne peut se faire sans une identification fiable des citoyens, car les données appartiennent toujours à quelqu’un.

AE : Quels sont les principaux défis freinant l’essor du numérique en Afrique et la réduction de la fracture digitale ?
LK :
Le principal défi est le cadre réglementaire. Il s’agit non seulement de concevoir des règles, mais aussi de les harmoniser à l’échelle continentale. L’Afrique, avec ses 1,4 milliard d’habitants, ne peut être vue à travers le prisme d’un seul pays. L’harmonisation des politiques est essentielle pour attirer des financements. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le problème n’est pas l’accès aux fonds, mais plutôt l’environnement réglementaire nécessaire pour les sécuriser.

Par ailleurs, les États africains ont souvent été formatés pour réguler sans nécessairement promouvoir l’innovation. Or, dans la plupart des pays du monde, le secteur privé mène l’innovation, et l’État suit pour s’adapter, à l’exception de quelques cas comme l’Estonie.

AE : Smart Africa investit-elle dans le renforcement des compétences des jeunes Africains ?
LK :
Absolument. La transformation commence par l’information. Nous avons remarqué que même les décideurs manquent parfois de compréhension sur certains sujets. Pour y remédier, nous avons lancé l’Académie numérique de Smart Africa (SADA) il y a quatre ans. Aujourd’hui, elle fonctionne de manière autonome grâce à un financement de 20 millions de dollars sur cinq ans.

SADA cible plusieurs groupes : les décideurs politiques, les fonctionnaires avancés en technologies, les entrepreneurs technologiques, ainsi que le grand public. Elle met l'accent sur les STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), avec une approche d’apprentissage par la pratique plutôt que par la mémorisation.

Cependant, ces efforts doivent être accompagnés par des réformes éducatives nationales. La réalité est que les grandes entreprises technologiques mondiales ne recrutent plus sur la base des diplômes, mais sur les talents. Nous devons préparer notre jeunesse en tenant compte de ce changement.

AE : Smart Africa joue-t-elle un rôle de conseil auprès des États pour des politiques numériques adaptées ?
LK : Oui, c’est une de nos missions clés. Nous travaillons avec des partenaires comme l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) et la Commission économique pour l’Afrique (CEA) sur des questions comme la taxation des technologies émergentes. Chaque pays africain a ses propres défis financiers et de souveraineté.

Cependant, il est important de comprendre que l’économie numérique est un levier clé pour le développement, bien plus que l’agriculture, souvent perçue comme centrale. Par exemple, le numérique permet de fournir des services bancaires sans banque, de la télémédecine sans hôpital, et de l’éducation en ligne sans université. C’est un secteur crucial pour accélérer le développement socio-économique. Et nous travaillons pour que les décideurs politiques prennent conscience de ce fait et changent de mindset. C’est vrai que les pressions de trésorerie obligent parfois les gouvernants à taxer le numérique, mais nous travaillons à ce qu’ils voient les possibilités qui existent au-delà de cela - notamment en ce qui concerne la formalisation du secteur informel qui représente jusqu’à 70% de l’économie du continent- grâce au numérique.

AE : Quel rôle le numérique peut-il jouer dans la ZLECAf, notamment pour l’interopérabilité des paiements transfrontaliers ?
LK : L’Afrique compte plus de 30 banques centrales. Les pays avec des banques centrales autonomes collaborent souvent plus facilement sur les paiements transfrontaliers que ceux regroupés dans des zones monétaires comme l’UEMOA ou la CEMAC.

Nous avons réalisé des pilotes en 2023, notamment entre le Ghana (cédi) et le Togo (CFA), ainsi qu’entre le Rwanda et la RDC. Ces initiatives visent à réduire les coûts des transferts grâce à des mécanismes comme le mobile money. Cependant, lorsque les devises doivent passer par l’euro ou le dollar, les coûts augmentent. L’interopérabilité est un enjeu majeur qui nécessite des décisions politiques concertées. Et nous pensons que l’innovation sera l’une des clés pour régler ce problème.

AE : Pouvez-vous expliquer le projet Smart Africa Trust Alliance (SATA) ?
LK : SATA vise à interconnecter les systèmes d’identification numérique des pays africains tout en respectant leur souveraineté. Par exemple, une personne venant du Bénin avec une carte d’identité pourrait obtenir des services en Côte d’Ivoire, comme une carte SIM, sans que l’authenticité de son document soit remise en question.

Ce projet, déjà adopté par 15 pays, renforce la transparence et la confiance entre les États, facilitant ainsi la libre circulation des personnes et des services.

AE : Le secteur numérique a-t-il de beaux jours devant lui en Afrique ?
LK : Oui, et je dirais même que l’avenir de l’Afrique dépend du numérique. L’information, lorsqu’elle est partagée, se multiplie, contrairement aux ressources matérielles qui se divisent.

Le numérique permet à un entrepreneur ivoirien de viser 1,4 milliard de consommateurs africains, avec des habitudes similaires, alors que d’autres secteurs comme l’agriculture restent limités à des marchés locaux. L’Afrique a un potentiel immense, et ce potentiel repose sur le numérique.

Propos recueillis par Moutiou Adjibi Nourou

Posted On lundi, 02 décembre 2024 13:34 Written by

Le gouvernement ghanéen a fait du numérique un des leviers du développement socioéconomique du pays. Par exemple, l’exécutif prévoit de lancer un fonds de 5 millions $ pour soutenir l’innovation technologique dans le pays.

Ursula Owusu-Ekuful (photo, au centre), ministre des Communications et de la Numérisation du Ghana, a officiellement lancé la semaine dernière la politique et la stratégie de l’économie numérique. Il s’agit d’une feuille de route visant à exploiter les technologies numériques pour favoriser la croissance économique, améliorer les services publics et garantir un accès équitable aux ressources numériques.

Selon la ministre, la feuille de route est basée sur cinq principaux domaines d’intervention : l’entrepreneuriat, les compétences numériques, le gouvernement numérique, l’accès universel et les technologies émergentes.

La politique viendra renforcer et accélérer les efforts du Ghana en matière de transformation numérique. Selon l'indice de développement de l'e-gouvernement (EGDI) 2024 du Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES), le pays se classe au 108e rang mondial avec un score de 0,6316 sur 1.

Bien que le Ghana surpasse la moyenne de l'Afrique de l'Ouest (0,3957) et celle du continent africain (0,4247), il demeure légèrement en deçà de la moyenne mondiale, qui est de 0,6382. En ce qui concerne le développement des TIC, le pays obtient un score de 66,2 sur 100, selon l'Union internationale des télécommunications (UIT). Cependant, cette dernière considère le Ghana comme un modèle mondial en matière de cybersécurité.

« En alignant les efforts numériques avec la création d'emplois et la croissance du PIB, la politique cherche à faire en sorte que la technologie devienne un moteur puissant pour un développement inclusif, réduisant la pauvreté et renforçant la prospérité pour tous les Ghanéens », a déclaré le ministère des Communications et de la Numérisation dans un communiqué.

Pour rappel, une étude conjointe de la Société financière internationale (SFI) et de Google prévoit que l'économie numérique en Afrique atteindra une valeur d'au moins 712 milliards de dollars d'ici 2050, soit environ 8,5 % du PIB continental. D'après les données du Ghana Statistical Service (GSS), le secteur des TIC a contribué à hauteur de 21 milliards de cedis ghanéens (1,36 milliard $) au PIB national en 2022, représentant ainsi environ 4 % de l'économie. À titre de comparaison, cette contribution s'élevait à seulement 4,4 milliards de cédis en 2016.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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