Avec l’accélération de la transformation numérique en Afrique, les entreprises privées et publiques et l’administration publique sont en quête de compétences numériques. Cette start-up propose une approche de solution avec une plateforme edtech.
Stutern est une plateforme edtech développée par une jeune pousse nigériane. Elle permet aux utilisateurs d’accéder à des cours en ligne, en l’occurrence dans le secteur de l’informatique. Basée à Lagos, la start-up a été fondée en 2015 par Kehinde Ayanleye (photo, à droite) et Taiwo Ayanleye (photo, à gauche).
La solution ne dispose pas d’une application mobile. L’utilisateur, par le biais de son navigateur, se rendra sur le site web de la start-up et créera son compte. Il a le choix entre plusieurs formations telles que la conception UI/UX, le développement web en front-end et en back-end, la science des données ou encore le développement mobile.
L’utilisateur n’est pas systématiquement admis au programme après son inscription. Il faut remplir un formulaire de candidature où il faudra faire part de l’intérêt et de la motivation pour le programme choisi et répondre à des questions sur ses compétences générales par écrit et sous forme vidéo. Il répondra ensuite à des questions spécifiques et techniques se rapportant au programme choisi et sur la base des réponses, il sera évalué et son statut d’admission lui sera communiqué.
La formation dure entre 16 et 24 semaines à raison deux séances par semaine. Il faut souligner que les cours se déroulent en ligne en direct, et les apprenants peuvent poser des questions pour une meilleure compréhension. L’edtech permet aux apprenants de payer les frais suivant trois modalités. On peut citer le paiement intégral, le paiement échelonné et l’accord de partage des revenus. Cette dernière modalité signifie que l’apprenant paie une partie de la scolarité pendant sa formation puis rembourse le reste après qu’il a trouvé un travail, selon un accord de partage des revenus.
Adoni Conrad Quenum
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L’agritech kényane se veut moderne et en avance sur ses concurrents. Elle utilise des mégadonnées pour améliorer sa production.
Fondée en 2015 par Joseph Rehmann et Steve Moran, Victory Farms est une agritech kényane spécialisée dans la pisciculture et dans la commercialisation de poissons, en l’occurrence les tilapias. Elle dispose d’une plateforme depuis laquelle les utilisateurs peuvent se procurer ces poissons, en vrac ou emballés. Depuis son lancement, elle a déjà levé plus de 43 millions $ pour entre autres améliorer sa technologie, développer ses activités et accélérer sa croissance au Kenya et sur le continent.
« Nous vendons aux Africains du marché de masse par le biais d'une chaîne du froid RTM très innovante qui utilise des données prédictives pour pousser le poisson vers des milliers de dames de marché chaque jour dans tout le Kenya avec moins de 1% de détérioration. [...] Cela nous permet d'innover et de créer des solutions plus rentables grâce à nos systèmes et à la puissance des données, afin de fournir un produit meilleur et plus frais à un plus grand nombre de consommateurs », explique Joseph Rehmann.
La solution ne dispose pas d’une application. Il faudra passer par la plateforme web pour effectuer les achats et pour cela, la création d’un compte est indispensable. Après cela, l’utilisateur peut passer sa commande et payer par le portefeuille électronique M-Pesa ou par carte bancaire avant ou lors de la livraison. Toutefois, la start-up a introduit un code USSD pour localiser ses nombreux points de vente. Elle en revendique plus de 54 où plus de 15 000 femmes du marché se ravitaillent.
Par ailleurs, la jeune pousse veut améliorer sa technologie et s’étendre à d’autres marchés. « Nous avons plusieurs initiatives en cours et planifiées pour construire la première plateforme de poisson à bilan carbone négatif au monde. Je pense que c'est très excitant car nous avons intégré de nombreuses dimensions tangibles et mesurables dans l'entreprise pour y parvenir », explique Joseph Rehmann.
Adoni Conrad Quenum
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Bien qu’elle ait été créée en 2014, c’est en 2021 que cette insurtech s’est retrouvée pour la première fois sur le devant de la scène, quand elle a annoncé avoir réalisé un chiffre d’affaires d’environ 4,8 millions $ à la fin de l’exercice précédent.
Fondée en 2014 par Arun Iyer (photo), Alpha Direct est une start-up botswanaise opérant dans les technologies de l’assurance. Elle a développé une solution insurtech éponyme pour permettre aux utilisateurs d’acheter diverses polices d’assurance depuis leur smartphone. La start-up a son siège social dans la ville de Gaborone, la capitale du Botswana. En 2021, elle a réussi un tour de table d’un montant de 600 000 $ pour accélérer sa croissance.
La solution dispose d’une application mobile uniquement accessible sur Android. L’utilisateur devra le télécharger depuis le Play Store et y créer un compte. Après cette étape, il a accès aux services de la start-up et pourra opter pour une police d’assurance plutôt qu’une autre. Alpha Direct propose des assurances pour les voitures, les voyages, les smartphones, les entreprises ou les travailleurs.
Après l’obtention du devis, l’utilisateur peut suivre le processus puis souscrire à la police d’assurance choisie si le montant et les conditions sont à son avantage. Outre l’obtention des devis, il est également possible de réclamer ou obtenir des réparations après un dégât. Il faudra remplir un formulaire sur la plateforme en renseignant toutes les informations pertinentes pour la prise en charge rapide du dossier.
Depuis son lancement, l’application mobile a été téléchargée plus d’un millier de fois. La start-up a des ambitions d’expansion, en l’occurrence vers la Zambie et l’Afrique du Sud. Par ailleurs, elle veut également s’étendre à d’autres régions du Botswana.
Adoni Conrad Quenum
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Malgré sa démocratisation, l'Internet n’est toujours pas aisément accessible dans certains pays du continent. Pourtant, des tech entrepreneurs font le nécessaire pour proposer aux populations connectées des services locaux sur mesure.
Warani Shop est une application de commerce en ligne développée par une start-up centrafricaine. Elle permet aux utilisateurs d’effectuer des achats en ligne et de se faire livrer à l’adresse indiquée lors de la commande. La start-up, basée à Bangui, a été fondée en 2023 par Vianney Kanda.
« Après plusieurs réflexions sur certains problèmes que rencontrent les Centrafricains, notamment pour avoir accès aux produits de bonne qualité, ou pour se faire livrer des produits, j’ai décidé de créer cette start-up Warani qui représente un pont entre le client et le vendeur. [...] L’objectif principal de Warani est de créer des accessibilités à des services, et à des produits pour le compte des Centrafricains », indique Vianney Kanda.
L’application mobile est accessible sur iOS et sur Android. L’utilisateur, après téléchargement, devra se créer un compte pour accéder aux divers services disponibles sur la plateforme. Que ce soit les produits cosmétiques et de beauté, des articles de cuisine, de la quincaillerie, des pagnes ou encore des vêtements, Warani Shop est une boutique en ligne plutôt complète. Elle intègre plusieurs moyens de paiement tels que la carte Visa, le mobile money avec le réseau de téléphonie mobile Orange ; ou le paiement en espèces après la livraison.
Dans un pays où le taux de pénétration de l’Internet était de 10,58 % en 2021, d’après les données de l’Union internationale des télécommunications, la start-up a mis en place un numéro pour recevoir des commandes par téléphone. Depuis son lancement le samedi 9 septembre, la version Android de l’application mobile a déjà été téléchargée plus d’une centaine de fois, d’après les données de Play Store.
Adoni Conrad Quenum
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Après plusieurs années de croissance en Egypte, la super application a décidé d’investir plusieurs marchés du Moyen-Orient cette année. Pour cela, elle a signé divers partenariats pour améliorer ses services.
Yalla est une super application développée par une jeune pousse égyptienne. Elle permet aux utilisateurs d’envoyer et de recevoir des fonds, de payer des commerçants et de commander de la nourriture dans les restaurants partenaires. La start-up, basée au Caire, a été fondée en 2021 par Waleed Sadek.
La solution dispose d’une application accessible sur iOS et sur Android. L’utilisateur, après téléchargement, devra créer un compte pour accéder aux diverses fonctionnalités. Outre les principaux services cités plus haut, il intègre également le transport à la demande, une boutique en ligne, le paiement des données et du temps d’antenne, la souscription à des assurances, etc. Yalla propose également des cartes virtuelles pour faciliter les transactions commerciales en ligne.
« La carte Yalla (physique et virtuelle dans Yalla Super App) est le seul compte financier dont vous aurez besoin pour gérer votre argent. Il vous aidera à envoyer, recevoir, payer, retirer, économiser, investir et suivre votre argent », peut-on lire sur la plateforme. Il est également possible d’effectuer des retraits dans des distributeurs automatiques de billets, de verrouiller et de déverrouiller la carte en un clic depuis l’application mobile ou encore de fixer des limites de dépenses.
La super application revendique plus de 1,6 million d’utilisateurs et plus de 6 milliards de livres égyptiennes (environ 194 millions $) de transactions depuis son lancement. Outre l’Egypte, elle est également présente aux Emirats arabes unis, au Pakistan et en Arabie saoudite. A propos de l’expansion en Arabie saoudite, qui a été annoncée la semaine dernière, Waleed Sadek explique que sa start-up a pour objectif « d’attirer environ un million d'utilisateurs saoudiens au cours de la première année d'exploitation, en offrant les meilleurs services possibles qui répondent aux désirs et aux besoins de nos clients ».
Adoni Conrad Quenum
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Fondée en 2021, elle s’est rapidement retrouvée sous le feu des projecteurs avec sa participation à la cohorte d’été d’un programme d’accélération d’envergure. Depuis lors, la jeune pousse est en pleine croissance.
FoodCourt est une solution numérique développée par une jeune pousse nigériane. Elle permet aux utilisateurs de commander de la nourriture en ligne dans plusieurs restaurants et de se faire livrer à domicile ou au bureau. La start-up, basée à Lagos, a été fondée en 2021 par Henry Nneji et Paul Adokiye Iruene.
« Le comportement des consommateurs évolue en Afrique et, malgré l'essor d'applications de livraison de nourriture comme Jumia Foods et Glovo, l'inefficacité dans le domaine de la livraison de nourriture est encore très importante. Nous avons réalisé que tout ce que les clients voulaient vraiment, c'était de la bonne nourriture et une expérience de commande transparente », explique Henry Nneji.
L’application mobile est accessible sur iOS et sur Android, et l’utilisateur doit disposer d’un compte pour passer ses commandes. Plusieurs restaurants proposant diverses variétés de nourritures sont accessibles sur la plateforme mobile de la start-up. Il est également possible de faire des commandes groupées. FoodCourt est cashless, elle ne reçoit donc aucun paiement en espèces. Toutes les transactions sont payées via des moyens de paiement digitaux tels que le portefeuille numérique, les cartes bancaires ou encore les virements bancaires.
« Les frais de livraison sont déterminés par la distance entre vous et le restaurant. Nos frais de livraison sont actuellement compris entre 390 et 850 nairas [environ 0,5 $ et 1,08 $] et peuvent augmenter jusqu'à 1,5 fois en cas de forte hausse. Les surcharges sont causées par des facteurs irréguliers tels qu'un trafic intense, de fortes pluies, une pénurie de carburant, un volume élevé de commandes au restaurant, etc. », indique la plateforme.
D’après les données de Play Store, la version Android de son application mobile a déjà été téléchargée plus de 50 000 fois. En 2022, FoodCourt a été sélectionnée pour participer à cohorte d’été de l’accélérateur californien Y Combinator. La start-up a des rêves d’expansion et veut conquérir le Nigeria, l’Afrique et d’autres continents.
Adoni Conrad Quenum
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Les plateformes de commerce en ligne se multiplient en Egypte et la concurrence pour gratter des parts de marché est féroce. Bien que basée au Caire, cette start-up a décidé de partir à la conquête des autres villes du pays des pyramides.
Kenzz est une plateforme de commerce en ligne développée par une jeune pousse égyptienne. Elle permet aux utilisateurs de faire leurs achats en ligne à des prix concurrentiels sans passer par des intermédiaires ou des revendeurs. La start-up, basée au Caire, a été fondée en février 2022 par Ahmed Atef, Mahmoud Al Silk et Moataz Sami. Dès octobre, elle a levé environ 3,5 millions $ pour accélérer sa croissance sur le marché domestique.
« Nous visons un segment complètement différent de celui d'Amazon et des autres grandes plateformes, qui sont centralisées dans les grandes villes et s'adressent aux personnes qui sont à l'aise avec les achats en ligne. [...] Ce que nous faisons, c'est rapprocher cette expérience des masses et construire une plateforme de commerce électronique fiable et digne de confiance qui s'adresse spécifiquement au marché de masse, en résolvant les obstacles à l'achat, qu'il s'agisse de confiance, d'abordabilité et de pertinence, tout en capitalisant sur l'engagement social et les aspects d'interaction sociale du commerce électronique », explique Ahmed Atef.
La jeune pousse propose une application mobile accessible sur iOS et sur Android. L’utilisateur y crée son compte avec son numéro de téléphone après téléchargement et peut ainsi accéder aux divers magasins en ligne de la plateforme. Que ce soit pour des produits d’épicerie, les vêtements, les articles de maison et de sport, de l’électroménager ou encore des livres, Kenzz dispose de magasins, accessibles depuis sa plateforme, spécialisés dans la commercialisation de ces différents articles.
Il est possible d’effectuer des achats collectifs avec des amis ou les membres de sa famille et de partager les frais de la commande dans le but de bénéficier de réductions allant jusqu’à 65 %. Du fait d’avoir fait le choix de se développer dans les villes secondaires du pays, la plateforme est en pleine croissance et la version Android de son application mobile a déjà été téléchargée plus de 100 000 fois, d’après les statistiques de Play Store.
Adoni Conrad Quenum
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Après avoir créé la start-up sous le nom de SmartWage, les fondateurs ont décidé d’élargir leurs offres et pour cela une mise à jour du nom a été nécessaire. Elle offre aujourd’hui plusieurs autres services.
Jem est une solution numérique développée par une jeune pousse sud-africaine. Elle permet aux employeurs de partager des documents et des informations avec leurs employés qui ne travaillent pas dans un bureau. La start-up, basée dans la ville du Cap, a été fondée en 2019 sous le nom de SmartWage par Alex Platt, Caroline van der Merwe, Nick Platt et Simon Ellis. Elle a levé environ 2,5 millions $ pour entre autres soutenir sa croissance et développer sa technologie.
« Les fiches de paie et les congés sont encore imprimés manuellement, tandis que la communication avec les employés se fait par le biais de tableaux d'affichage ou d'applications, dont l'utilisation diminue considérablement. Les procédures d'intégration et les procédures disciplinaires sont toujours basées sur le papier, ce qui coûte aux entreprises du temps, de l'argent et des ressources précieuses », indique Simon Ellis.
La solution est accessible via l’application de messagerie instantanée WhatsApp, donc les utilisateurs n’auront pas à télécharger une quelconque application sur le Play Store ou l'App Store. Jem permet de recevoir des communications à l'échelle de l'entreprise, d'accéder aux fiches de paie, de demander des congés ou encore d'accéder à des produits de bien-être financier, et tout ceci via la messagerie WhatsApp.
« Si nous pouvons faire gagner du temps et de l'argent aux employeurs grâce à la numérisation, nous pouvons combler le fossé entre les entreprises sud-africaines et leurs employés de première ligne, en aidant les entreprises à se connecter clairement et dynamiquement avec leurs employés, tout en offrant des outils de bien-être financier », explique Simon Ellis.
Pour partager les fiches de paie via la solution, chaque employé paie 4,90 rands (environ 0,26 $) par mois et pour recevoir toutes les communications, le tarif passe à 8,9 rands. Par ailleurs, la start-up permet d’accéder à des avances sur salaire. Celles-ci doivent être remboursées quand l’employé perçoit son salaire du mois.
Adoni Conrad Quenum
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Dans le but d’aider les populations à acquérir une discipline financière, un tech entrepreneur a mis en place une solution sur mesure. Elle se mue en gendarme de vos finances.
Alvin App est une solution fintech développée par une start-up kényane. Elle permet aux utilisateurs de gérer leur argent dans le but d’économiser et de s’offrir une certaine aisance financière. La start-up, basée à Nairobi, a été fondée par Winston Reid. En 2022, elle a levé un montant de 740 000 $ pour accélérer sa croissance.
« Alvin est conçu pour être votre compagnon de poche quotidien qui vous donne l'impression de maîtriser votre situation financière et de vous engager chaque jour sur la voie de l'achat d'un terrain ou d'une maison. [...] Les seules applications de finances personnelles que nous avons pu trouver au Kenya n'étaient pas optimisées pour le contexte local, n'offraient pas de conseils pour nous aider à acquérir les actifs pour lesquels nous voulions épargner, et offraient seulement la possibilité d'épargner mais sans soutien quotidien pour nous aider à épargner pour des objectifs qui nécessitent de la constance sur de longues périodes de temps », explique Winston Reid.
L’application mobile est accessible uniquement sur Android. L’utilisateur, après téléchargement, devra se créer un compte puis définir ses objectifs de dépenses et d’épargne pour permettre à l’application de suivre son budget. Alvin définit des seuils journaliers, hebdomadaires ou encore mensuels de dépenses dans le but de vous permettre de suivre l’évolution de votre épargne.
Outre la mise en place du budget, Alvin assiste l’utilisateur au quotidien en envoyant des alertes budgétaires sans que vous ayez besoin d’accéder à l’application. Elle effectue également des analyses comparant les dépenses actuelles à celles des mois précédents. L’objectif est de mettre en place une routine de dépenses et de s’y tenir pour atteindre plus aisément les objectifs préalablement définis.
« Pour qu'une personne puisse acquérir des habitudes d'épargne durables, il faut qu'elle ait des habitudes de consommation durables. Et pour ce faire, il faut offrir aux gens plus de soutien que des rappels pour effectuer des dépôts », indique Winston Reid.
Adoni Conrad Quenum
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Dans divers secteurs, l’IA ne cesse de repousser les limites de la connaissance. En Afrique et ailleurs, les tech entrepreneurs y ont recours pour proposer des solutions sur mesure, les unes aussi innovantes que les autres.
Baby Cry Insights est une application mobile développée par la start-up nigériane Ubenwa. Elle permet aux utilisateurs, en l’occurrence les parents de nouveau-nés, de décoder le langage de leur bébé en traduisant leurs pleurs. La start-up, basée à Lagos et à Montréal, a été fondée en 2017 par Charles Onu, Innocent Udeogu et Samantha Latremouille. Elle a déjà levé environ 2,3 millions $ pour entre autres développer sa technologie et soutenir sa croissance.
« Ubenwa construit un outil de diagnostic qui comprend quand les pleurs d'un bébé sont en fait un appel à l'attention médicale. [...] A terme, notre objectif est d'être un traducteur des pleurs de bébé, offrant un moyen non invasif de surveiller les conditions médicales partout où se trouve un bébé : salles d'accouchement, unités de soins intensifs néonatals et pédiatriques, pouponnières, et à la maison », explique Charles Onu.
L’application mobile est accessible sur Android et iOS. L’utilisateur va créer un profil et enregistrer les pleurs de son bébé. Grâce à l’intelligence artificielle intégrée dans l’application, les pleurs du bébé seront analysés et leurs déclencheurs potentiels seront identifiés au bout d’un moment. Que ce soit la peur, la douleur, l’inconfort ou encore la faim, l’utilisateur connaîtra le profil de son bébé et agira selon les situations.
Baby Cry Insights envoie « un rapport pour mieux comprendre les marqueurs acoustiques tels que la fréquence et l'intensité de la tonalité, et savoir quelle technique d'apaisement a le mieux fonctionné pour votre petit ».
Il est possible de partager le profil de votre bébé avec son second parent ou sa nounou pour faciliter son babysitting. En outre, l’application embarque des fonctionnalités telles que le suivi de routine et d’informations sur la santé. On peut ainsi suivre la routine quotidienne du bébé comme son sommeil, son alimentation, l'allaitement et d’éventuelles perturbations de son état de santé. L’utilisateur pourra donc anticiper une aide médicale et mieux gérer l’état de santé de son bébé.
Depuis son lancement, la version Android de l'application mobile a été téléchargée plus d'un millier de fois.
Adoni Conrad Quenum
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Après ses études supérieures en Inde, elle est revenue dans son pays natal pour mettre en place « The Uber for Nannies » avec des associés. C’est ainsi que Samrawit Tarekegn qualifie sa start-up, qui met en relation parents et nounous.
Mogzit In-Home Care est une solution technologique développée par une jeune pousse éthiopienne. Elle permet aux parents de se mettre en relation avec des nounous pour la garde de leurs enfants en bas âge. La start-up, basée à Addis-Abeba, a été fondée en 2021 par Samrawit Tarekegn, Tigist Alene, Rahel Tarekegn et Biniam Asnake. Les nounous de la start-up sont formées pour entre autres préparer les repas, aider pour les devoirs, ranger les zones réservées aux enfants ou encore administrer des médicaments avec le consentement des parents.
« En tant que plus jeune enfant de ma famille, j'ai vu mes sœurs aînées, qui sont mariées et passionnées par leur carrière, se battre pour trouver une garde d'enfants fiable et cohérente lorsqu'elles reprenaient le travail après avoir accouché. [...] L'une de mes sœurs était obligée de confier son enfant à des voisins lorsqu'elle partait travailler », explique Samrawit Tarekegn.
La solution ne dispose pas encore d’une application mobile. L’utilisateur doit donc passer par un navigateur pour accéder au site Internet. Il peut surfer sur la plateforme sans disposer d’un compte et visiter le profil des nounous. Mogzit In-Home Care répertorie plus de 350 nounous sur sa plateforme. Pour en réserver, il suffit d’appuyer sur le bouton « Book a Nanny » et de cliquer sur le profil d’une des nombreuses nounous de la page. Il faut ensuite cliquer sur le bouton « See details » pour voir toutes les informations sur la nounou choisie. Entre autres, on y retrouve nom, prénom, âge, langues parlées, quartier, tarifs, etc.
Si l’utilisateur valide le profil, il peut passer à l’action en réservant la nounou. Il devra à son tour fournir toutes ses informations sur la plateforme et renseigner le nombre d’enfants à garder ou encore le lieu de résidence. « Suite à la réservation, notre équipe organise un entretien en personne ou virtuel en notre présence pour passer en revue les besoins du parent ainsi que les services à fournir par la nounou. Si un accord est trouvé, un contrat légal est signé entre les deux parties », indique Samrawit Tarekegn.
Outre le service de nounou à la demande, la start-up a intégré la réservation de cuisiniers, de tuteurs ou encore d’agents d’entretien à la demande. Elle veut introduire d’autres profils pour fournir des services encore plus complets.
« Actuellement, Mogzit inscrit activement sur sa plateforme des diplômés de l'enseignement supérieur en soins infirmiers cliniques, en travail social et en psychologie, ce qui lui permet d'accroître sa main-d'œuvre. Ces diplômés peuvent embarquer sur Mogzit et nous rejoindre s'ils répondent aux critères », a déclaré Samrawit Tarekegn.
Adoni Conrad Quenum
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Après plusieurs années dans le secteur financier mondial, trois tech entrepreneurs ont décidé de mettre en place une solution fintech pour faciliter les investissements sur les marchés internationaux aux Africains sans distinction de leur niveau social.
Ndovu est une solution fintech développée par une start-up kényane. Elle permet aux utilisateurs de faire des économies et d’investir sur les marchés financiers du monde entier en passant par une application mobile. La start-up, basée à Nairobi, a été fondée en 2020 par Radhika Bhachu, Ro Nyangeri et Gianpaolo De Biase. L’objectif de la fintech est de fournir aux Africains les outils nécessaires pour accroître leur patrimoine.
L’application est accessible sur iOS et sur Android. L’utilisateur doit la télécharger dans un premier temps puis créer un compte. Lors de l’inscription, il sera amené à répondre à un certain nombre de questions puis Ndovu l'aidera à définir des objectifs financiers et à mettre en place des portefeuilles d’investissement personnalisés. Après cette étape, il pourra accéder aux divers services de la fintech, en l’occurrence, aux marchés financiers sur lesquels il peut investir.
Pour faciliter ces actions aux utilisateurs qui ne s’y connaissent pas dans la finance, la start-up a mis en place une académie en ligne. On y retrouve des astuces et des conseils sur l’investissement et l’épargne. Par ailleurs, il faut signaler que la plateforme fonctionne comme un « robot-conseiller ». Elle fait donc les premiers tris et propose des investissements plutôt intéressants pour ses utilisateurs.
« Si vous épargnez 100 dollars par mois pendant 10 ans sur un compte bancaire rémunéré à 2 % par an, vous gagnerez 13 200 dollars. En revanche, si vous investissez 100 dollars par mois pendant 10 ans en utilisant Ndovu, dans le fonds S&P 500, vous pourriez gagner environ 23 500 dollars », explique Ro Nyangeri.
L’investissement minimum sur Ndovu est de 5 050 shillings kényans (environ 35 $). La version Android de l’application mobile a déjà été téléchargée plus de 50 000 fois. Depuis son lancement, la fintech a reçu plusieurs distinctions. Entre autres, elle a remporté le concours She Loves Tech en 2021 et a été sélectionnée la même année pour le Google for Startups Accelerator en 2021.
Adoni Conrad Quenum
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Entre les mastodontes Uber, Bolt ou encore InDriver, les solutions locales d’e-mobilité réussissent tant bien que mal à se frayer un chemin dans le secteur pour concurrencer ces start-up étrangères.
Yookoo Ride est une solution numérique développée par une jeune pousse sud-africaine. Elle permet aux utilisateurs de faire appel à des taxis depuis son application mobile pour effectuer les courses en ville. La start-up, basée à Johannesburg, a été fondée en 2014 par Temesgen Tesfay.
L’application mobile est accessible sur Android et sur iOS. L’utilisateur, après téléchargement, crée un compte en renseignant ses informations. Après cette étape, il peut accéder au service de transport. Comme la plupart des applications de transport à la demande, lorsque l’utilisateur veut effectuer une course, Yookoo Ride utilise sa position géographique pour proposer des chauffeurs. Il faut noter qu’hormis la distance, le type de voiture est également fonction du tarif de la course.
En ce qui concerne les tarifs, Yookoo Ride a intégré une fonction pour les passagers étudiants. En effet, ceux-ci bénéficient de réductions à cause de leur statut. La start-up accorde également une grande importance à la sécurité. Elle intègre un bouton d’urgence qui envoie une notification dans leurs locaux en cas de menace. De plus, les chauffeurs et les passagers sont soumis à la reconnaissance facile avant chaque course. C’est un moyen de garantir leur sécurité.
L’application intègre un portefeuille numérique « The Ybank » pour le paiement des courses. Il facilite les paiements à plusieurs si vous devez vous partager les frais de la course. Néanmoins, il est possible de payer en espèces après la course ou par carte bancaire. Depuis son lancement, la version Android de l’application mobile a été téléchargée plus de 10 000 fois.
Adoni Conrad Quenum
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DigiCow Africa Ltd a mis en place plusieurs solutions numériques pour aider les agriculteurs. Entre autres, l’application DigiCow, fer de lance des technologies de la start-up, a déjà reçu plusieurs distinctions.
Digicow est une application mobile développée par la start-up kényane DigiCow Africa Ltd, anciennement FarmingTech Solutions. Elle permet aux agriculteurs d’accéder à des astuces, d'établir et tenir les dossiers numériques de leurs vaches. La start-up, basée à Kikuyu Town, a été fondée en 2018 par Peninah Wanja. La jeune femme a été motivée par la situation compliquée des agriculteurs de son pays puisqu’elle-même a grandi dans ces conditions.
« C’est une lacune que j’ai constatée : lorsque vous examinez les statistiques et la nature du terrain, notre gouvernement fournit un seul responsable de la vulgarisation à 4 000 agriculteurs environ. Ce service crucial est donc vraiment nécessaire », explique Peninah Wanja.
L’application est uniquement accessible sur Android et l’agriculteur doit la télécharger sur son smartphone et s’y inscrire. Il devra fournir toutes les informations nécessaires sur son bétail telles que les données relatives aux vaches, à la production de lait, aux ventes de lait, à leur santé ou encore à leur alimentation. Avec ces informations, DigiCow peut devenir un assistant permanent puisqu’avec son système d’analyse intégré, elle peut fournir des rapports en temps réel et envoyer des notifications concernant les dates importantes dans l'élevage des vaches.
« L'agriculteur a la possibilité d'accéder aux états financiers analysés et de recevoir des alertes importantes telles que la baisse de la production laitière, le moment où il faut observer les signes de chaleur indiquant un échec de la conception et le moment où il faut s'attendre à ce que la vache vêle, entre autres conseils », indique la start-up.
La plateforme intègre également une salle de formation virtuelle, accessible 24 heures sur 24, dans laquelle les agriculteurs peuvent écouter des contenus audios et vidéos et accéder à des contenus écrits à la demande. Un salon de discussion en temps réel où les agriculteurs peuvent interagir, échanger des idées et où les experts du groupe peuvent les aider est aussi disponible.
Grâce à cette application, l’agritech a mis en place un écosystème pour les agriculteurs pour entre autres augmenter le rendement de lait de leurs vaches, assurer une meilleure santé aux troupeaux et une meilleure organisation des fermes. En outre, DigiCow propose un mécanisme de prêt numérique destiné à offrir un crédit aux agriculteurs pour leurs dépenses personnelles et agricoles.
En 2019, DigiCow a été nommée l’agritech la plus innovante du Kenya lors d'un défi de la Banque mondiale. Elle revendique travailler avec plus de 200 000 agriculteurs.
Adoni Conrad Quenum
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