En Afrique, l’accès aux services financiers n’est pas une sinécure. Pour diverses raisons, ils ne sont pas aussi démocratisés qu’ailleurs, et les fintech comblent le vide depuis quelques années avec des solutions adaptées au marché africain.
Il y a deux semaines, Syca SAS s'est illustré sur la scène tech ivoirienne en rejoignant le programme d'incubation et d'accélération de Scaleway, un fournisseur de services d'infrastructure cloud. C’est grâce à son premier module SycaPay, lancée en 2016, que la start-up fondée entre autres par Abdillahi Osman en 2015 a été sélectionnée pour ce programme.
« Cette collaboration nous offre une excellente opportunité d'accélérer notre développement et de renforcer notre position sur le marché. Nous sommes impatients de travailler en étroite collaboration avec l'équipe de Scaleway et de bénéficier de leur expertise et de leurs ressources pour continuer à fournir des solutions innovantes à nos clients », a affirmé Mouhamadou Diop, directeur général de SycaPay.
SycaPay est en effet une solution fintech développée par la start-up qui permet aux entreprises de recevoir des paiements de leurs clients via le mobile money, le code QR et les cartes bancaires Visa et MasterCard. Elle dispose d’une application mobile accessible sur iOS et sur Android. Il faudra, dans un premier temps, créer un compte en fournissant toutes les informations nécessaires. Après, vous pouvez aisément recevoir les paiements et suivre l’évolution des encaissements et des décaissements depuis votre tableau de bord.
Si vous opérez dans le commerce électronique, il est possible d’intégrer l’interface de programmation de SicaPay à votre plateforme. « Intégrée à un site e-commerce, SycaPay permet d’accepter le paiement via mobile money sans disposer de compte chez chaque opérateur pour le marchand », peut-on lire sur la plateforme.
La version Android de l’application mobile a déjà été téléchargée plus de 1 000 fois. Uniquement présente en Côte d’Ivoire et au Sénégal, la fintech a néanmoins des vues sur tous les marchés de la zone UEMOA et de la CEMAC.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
Au Nigeria, Fast Credit octroie des prêts aux particuliers et aux entreprises en quelques clics
Après une carrière professionnelle au Royaume-Uni, Amr Fawzi, un diplômé en génie mécanique, s’est associé avec trois amis pour embrasser le secteur entrepreneurial. Avec leur solution, ils ont révolutionné le secteur de la livraison au pays des pyramides.
GoodsMart est une solution numérique développée par une jeune pousse égyptienne qui permet aux ménages de commander, depuis une application mobile, des courses la veille et de recevoir le lendemain au réveil. La start-up, basée au Caire, a été fondée en 2013 par Ahmed Fawzi, Ahmed Sudan, Amr Fawzi et Rami Nassar. Depuis son lancement, elle a réussi à lever environ 4,4 millions $ pour soutenir sa croissance en Egypte.
« GoodsMart offre à ses clients la possibilité de commander une grande variété de produits couvrant la plupart des catégories nécessaires à tout ménage grâce à son application. […] L'objectif principal de GoodsMart est de répondre à l'évolution des besoins des ménages grâce à une solution sans tracas qui leur permet d'économiser du temps et des efforts, et d'améliorer ainsi leur bien-être », a déclaré Amr Fawzi.
Contrairement à ses concurrents, la jeune pousse a mis en place un système particulier. Il faut, dans un premier temps, télécharger l’application mobile qui est accessible sur iOS et sur Android. L’utilisateur devra ensuite créer son compte puis l’équipe de GoodsMart va le contacter pour l’activer puis fixer une date pour l’installation de la GoodsMart Box, une boîte dans laquelle les livreurs de la start-up mettent tous les produits commandés.
« Une fois votre compte activé et votre GoodsMart box installée chez vous, vous pouvez commencer à commander tout ce dont vous avez besoin via l'appli toute la journée jusqu'à 22h pour le recevoir le lendemain matin dans votre GoodsMart box sécurisé sans que l'on frappe à votre porte », peut-on lire sur la plateforme.
La start-up propose deux formules d’abonnement : la mensuelle facturée à 150 livres égyptiennes (environ 4,85 $) et l’annuelle à 1 420 livres égyptiennes. Il est important de signaler qu’avec l’abonnement, l’utilisateur ne paie plus les frais de livraison. Selon les données de Play Store, la version Android de l’application a déjà été installée plus de 50 000 fois.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
L'Internet a révolutionné la façon de faire du commerce. Les plateformes commerciales en ligne connaissent un franc succès et les Africains adoptent petit à petit cette façon de faire des affaires depuis leur smartphone ou leur ordinateur.
Cava.tn est une solution numérique développée par la firme tunisienne Cava Groupe. Elle permet aux utilisateurs de publier de petites annonces dans le but de vendre un article ou de proposer un service sur la toile. La solution a été lancée en 2019 par Mohamed Ben Youssef.
Disposant d’une application mobile accessible sur iOS, sur Android et dans l’AppGallery de Huawei, l’utilisateur devra se créer un compte après téléchargement. Il peut le faire via son compte Facebook ou Google ou s’y coller manuellement en fournissant les informations requises lors du processus. Après cette étape, il peut accéder aux diverses annonces publiées sur l’application et passer à l’action si éventuellement il est intéressé par une en particulier. Il a la possibilité de discuter avec l’annonceur pour faire une bonne affaire.
Les annonces sont catégorisées et si vous êtes à la recherche d’un article ou d’un service en particulier, il est possible d’utiliser la barre de recherche pour filtrer les résultats. Entre autres, vous indiquerez la catégorie, la sous-catégorie ou encore l’aire géographique de la Tunisie où il est préférable pour vous de faire affaire. Idem si vous voulez publier une annonce. Il faudra cliquer sur le bouton « publier une annonce » et suivre la procédure.
La firme tunisienne a intégré une fonction « Cava Shops ». Elle permet de créer votre boutique en ligne sur la plateforme et de bénéficier d’un certain nombre d’avantages. Vous pouvez avoir un lien spécifique qui permettra d’accéder directement à votre espace commercial virtuel, publier des stories (courtes vidéos visibles pendant 24 heures pour mettre en avant un article ou un service en particulier), avoir des abonnés comme sur une plateforme de réseau social, envoyer des notifications à vos abonnés, etc.
D’après les données de Play Store, la version Android de l’application mobile a déjà été téléchargée plus de 500 000 fois.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
Tunisie : Branper permet d'évaluer et de contrôler en ligne son image de marque
Depuis quelques années, les healthtech révolutionnent la façon d’accéder aux soins des populations africaines. Elles démocratisent l’accès aux soins en offrant des services sur mesure ce qui facilite leur adoption sur le continent.
HealthTag est une solution healthtech développée par la start-up égyptienne Bypa-ss. Elle permet aux patients d’accéder à leur dossier médical numérisé grâce à une application mobile et à une carte munie d’un code QR. La start-up a été fondée en 2019 par Andrew Saad. Depuis son lancement, elle a levé 1,15 million $ pour entre autres développer sa technologie et soutenir sa croissance dans le pays.
« Nous agrégeons et donnons aux patients la propriété de leurs dossiers de santé tout en donnant aux médecins et aux prestataires de soins de santé une visibilité sur l'historique complet du patient, permettant l'échange d'informations de santé numériques centrées sur les personnes comme le premier du genre en Egypte et en Afrique du Nord », indique la jeune pousse dans une déclaration.
L’application mobile est accessible sur iOS et sur Android. L’utilisateur, après téléchargement, va créer son compte. Il aura besoin de fournir diverses informations sur sa santé pour qu’éventuellement, en cas de maladie, les médecins accèdent à son dossier médical. Grâce à HealthTag, les patients peuvent aussi payer leurs services médicaux en ligne, recevoir des ordonnances et des analyses de laboratoire ou encore bénéficier d’une réduction de 70 % auprès des prestataires de soins de santé en Egypte lorsqu'ils paient de leur poche.
Pour profiter de ces divers services, il faut souscrire à un abonnement. Alors que le forfait gratuit permet à l’utilisateur de conserver ses antécédents médicaux et son dossier de santé, les forfaits individuels de 100 livres égyptiennes (environ 3,24 $) et de 150 livres égyptiennes donnent plusieurs avantages. La jeune pousse propose également des forfaits pour les familles facturés à 250 livres égyptiennes et 350 livres égyptiennes pour 5 personnes.
HealthTag dispose de plus 3 000 laboratoires, pharmacies et centres de numérisation dans son réseau médical. Elle revendique plus de 250 000 abonnés et la version Android de son application mobile a déjà été téléchargée plus de 50 000 fois, d’après les statistiques de Play Store.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
Cameroun : Mbombo Home Care propose des services de soins à domicile pour les personnes âgées
La sous-bancarisation des pays africains a favorisé le développement du secteur de la fintech en Afrique. Les populations se tournent de plus en plus vers cette alternative puisque la plupart ne peuvent recourir au système traditionnel.
Fast Credit est une solution fintech qui offre des prêts aux particuliers et aux petites et moyennes entreprises. Elle propose entre autres les prêts personnels, les prêts médicaux, l'achat immédiat, le paiement différé, l'escompte de factures ou encore le financement d’actifs. Basée à Ikedja dans l’Etat de Lagos, la start-up, fondée en 2014, est dirigée par Emeka Iloelunachi. Le vendredi 23 juin, elle a annoncé la réussite d’un cycle de financement d’un montant de 3,6 milliards de nairas (4,6 millions de dollars) grâce à l’émission de papiers commerciaux.
« Le capital supplémentaire verra certainement Fast Credit approfondir son empreinte sur le marché, grâce au lancement de produits et services innovants pour le plus grand plaisir de nos clients et investisseurs », a déclaré Emeka Iloelunachi.
La solution dispose d’une application mobile accessible sur Android et sur iOS. L’utilisateur, après téléchargement, doit créer un compte pour accéder aux diverses fonctionnalités. Le lancement d’un processus de prêt requiert la fourniture d’un certain nombre de documents administratifs et si le dossier est approprié, le décaissement peut se faire dans les six heures. Fast Credit propose des montants allant jusqu’à 5 millions de nairas (environ 6 542 $) et des délais de remboursement pouvant atteindre 15 mois.
Outre les prêts, la fintech offre des services de paiement et d’investissement. L’utilisateur peut entre autres accéder à des produits d’investissement pour mieux épargner, créer des comptes d’investissement pour les enfants, effectuer des virements interbancaires, recharger du temps d’antenne et des données Internet sur son téléphone ou encore régler des factures.
En 2022, la fintech a remporté le prix du prêteur sur salaire de l’année lors des Banks & Financial Institutions Awards. En avril 2023, son président-directeur général Emeka Iloelunachi remporte l’étape Afrique de l’Ouest du prix d’excellence en stratégie et croissance décerné par The Peak Performer Awards.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
La fintech Cadorim s'est spécialisée dans le transfert de fonds de l’Europe vers la Mauritanie
Le numérique impacte positivement dans de nombreux secteurs d’activité. Dans le but de faciliter la tâche aux départements des ressources humaines des entreprises, une tech entrepreneure a mis en place cette solution.
BueloJobs est une solution numérique développée par une jeune pousse Bissau-guinéenne. Elle permet aux utilisateurs, en l’occurrence les personnes à la recherche d’un emploi, de trouver des opportunités de travail en Guinée-Bissau. La start-up a été fondée en 2021 par Janna Barbosa.
« La plateforme numérique qui regroupe la plupart des offres d'emploi disponibles en Guinée-Bissau en un seul endroit. Nous permettons aux professionnels d'avoir accès et de pouvoir postuler à un plus grand nombre d'opportunités d’emploi », indique la plateforme.
La solution dispose d’une application mobile accessible sur iOS et sur Android. L’utilisateur, après son téléchargement sur l’Appstore ou sur le Play Store, va créer un compte tout en renseignant un certain nombre d’informations personnelles. Il pourra après accéder aux nombreuses offres d’emploi dans divers secteurs d’activité qui sont publiées sur la plateforme. La jeune pousse donne toutes les informations nécessaires pour postuler aux offres. L’utilisateur peut également s’abonner à la newsletter de la plateforme et recevoir directement les offres.
BueloJobs dispose d’un blog sur lequel plusieurs sujets sont abordés. Entre autres, on y partage diverses opportunités de bourses d’étude, des concours et des astuces et conseils pour améliorer son profil de chercheur d’emploi. Par ailleurs, un utilisateur peut aussi publier des offres d’emploi sur la plateforme. En fonction de ses besoins, il clique sur le bouton dédié et il suit le processus de publication.
Depuis son lancement, la version Android de l’application mobile a déjà été téléchargée plus d’un millier de fois. La start-up n’a jamais communiqué sur un plan d’expansion en dehors de la Guinée-Bissau.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
Au Rwanda, BAG Innovation prépare les étudiants au monde du travail
Dans le but de faciliter le suivi du cursus de leurs enfants, un tech entrepreneur congolais a mis en place une solution sur mesure. Elle permet aux écoles de numériser leurs données par la même occasion.
Shule System est une solution numérique développée par la firme congolaise Find Solution Technolgy. Elle permet aux utilisateurs, en l’occurrence les parents d’élèves, d’accéder aux dossiers scolaires des enfants et de suivre les informations relatives à l’école en temps réel. La start-up, basée à Goma, a été fondée en 2018 par Mannick Syllas Bryant (photo, à droite).
« Nous faisons accompagner notre système par un package offrant aux écoles une connexion à un réseau électrique, une connexion Internet, mais aussi des ordinateurs parce qu’on s’est rendu compte que dans plusieurs écoles il y avait encore un problème d’infrastructures basiques », explique Mannick Syllas Bryant.
Les écoles entrent ainsi les données relatives aux élèves dans le logiciel de Shule System grâce aux infrastructures mises à leur disposition. Les parents d’élèves, quant à eux, utilisent l’application mobile accessible sur iOS et sur Android pour accéder aux diverses informations. Ils peuvent ainsi avoir accès aux divers frais scolaires et savoir s'ils ont été soldés, aux notes, à la liste de présence et peuvent discuter par chat avec l’école pour éclairer des points d’ombre s’il y en a ou avoir des informations supplémentaires sur un sujet donné.
L’accès aux informations par les parents est facturé à 5 $ par élève par année. La jeune pousse revendique environ 24 écoles inscrites, 6 232 élèves et 2 250 parents. Elle est déjà présente au Rwanda voisin et prévoit de s’étendre au Burundi et au Sénégal. « Nous avons un très grand marché en RDC avec plus de 90 000 écoles et 25 millions d’élèves […] L’objectif d’ici deux ans est de couvrir 1 000 écoles en RDC », ajoute Mannick Syllas Bryant.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
RDC : Wiikko, une place de marché qui fournit aussi des services de livraison au dernier kilomètre
Après des études au Cameroun, en France et au Canada, il a décidé de se lancer dans le monde de l'entrepreneuriat numérique tout en gardant un poste de data scientist dans une entreprise canadienne.
Quidely Eat est une solution numérique développée par une jeune pousse camerounaise. Elle permet aux utilisateurs de passer des commandes dans des restaurants près de leur situation géographique et de se faire livrer dans des délais raisonnables. Basée à Yaoundé, la start-up a été fondée par Medric Sonwa.
L’utilisateur devra se créer un compte après téléchargement de l’application mobile accessible uniquement sur Android. En quelques clics, il peut accéder aux restaurants partenaires de Quidely Eat. L’activation de sa position géographique est primordiale pour permettre à l’application de lui donner la distance qui le sépare d’un restaurant et ainsi avoir une idée du délai de livraison. Quoiqu’en général, la livraison est assurée en une trentaine de minutes, d’après la start-up.
Les recherches peuvent être effectuées en fonction de divers critères mais Quidely Eat met en avant les restaurants les plus populaires et ceux plus proches de votre position. Si vous êtes à la recherche d’un restaurant ou d’un mets spécifique, une recherche dans la barre dédiée vous permet d’avoir gain de cause. Après la commande, l’utilisateur peut suivre en temps réel sa livraison et si pour une raison ou une autre, la commande n’est pas livrée, il peut se faire rembourser.
En ce qui concerne les restaurants et les coursiers, Quidely a développé des applications spécifiques, Quidely Eat Restaurant et Quidely Coursier, qui facilitent la gestion de leurs affaires. Par ailleurs, les promoteurs de restaurants peuvent inscrire directement via Quidely Eat leur établissement pour figurer dans le catalogue des restaurants de l’application client. La jeune pousse revendique plus de 2 300 restaurants et plus de 1 790 utilisateurs. D’après les données de Play Store, l’application mobile a été téléchargée plus d’une centaine de fois.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
Cameroun : Jangolo rapproche consommateurs et producteurs agricoles via ses plateformes numériques
Des géants de la mobilité à la demande ont reconnu avoir reçu de nombreuses plaintes d’agressions émanant de leurs chauffeurs à l’égard des femmes. Ces situations ont motivé trois tech entrepreneures à mettre en place une solution.
HerRyde est une solution de transport à la demande développée par une start-up nigériane. Elle permet aux femmes de se faire conduire par des femmes sans avoir à subir les propos déplacés des chauffeurs de sexe masculins. La start-up, basée à Abuja, a été lancée en 2022 par Monsurah Alli-Oluwafuyi, Muhammad Muazu et Kamaldeen Ibrahim.
La solution dispose d’une application mobile accessible sur Android et sur iOS. L’utilisatrice devra se créer un compte pour accéder à la flotte de HerRyde. Elle pourra ensuite, si elle veut faire une course, renseigner sa destination. En fonction de la disponibilité d’une conductrice et de sa situation géographique, une voiture viendra la chercher pour la course.
L’application permet aussi de planifier les déplacements. Si pour une raison ou une autre, une utilisatrice a besoin de recourir aux services de HerRyde pour se rendre au boulot, à une conférence ou à un rendez-vous, elle peut planifier cela la veille. Dans ce cas, sa conductrice l’attendra à l’heure préalablement fixée pour qu’elle ne soit pas en retard.
En général, le tarif est affiché avant que le choix ne soit entériné. Il est fonction de la distance mais aussi du type de voiture pour lequel vous optez. Au mois d’aout 2022, HerRyde comptait seulement dix chauffeurs à son lancement. La taille de la flotte a été multipliée par cinq depuis, mais la jeune pousse n’arrive toujours pas à faire face à la demande. Les clients affluent mais les conductrices sont de plus en plus rares et outre les raisons culturelles, il y a aussi le fait que beaucoup de femmes intéressées par le travail ne disposent pas de voiture.
« Si vous regardez les statistiques du monde entier, il y a très peu de femmes qui conduisent sur ces applications de covoiturage. […] Cela signifie que vous pouvez identifier et mettre en évidence les quelques obstacles qui empêchent les femmes d'entrer dans l'industrie de la mobilité. Nous voulons donc créer des opportunités inclusives pour les femmes », déclare Monsurah Alli-Oluwafuyi.
Malgré ces difficultés, la start-up nourrit de grandes ambitions. La version Android de son application mobile a déjà été téléchargée plus d'un millier de fois. Elle veut s’étendre aux deux plus grandes villes du Nigeria, Lagos et Kano, avant d’accélérer sa croissance dans le reste du pays.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
Kenya : An Nisa Taxi, un service de VTC pour les femmes et par les femmes
L’organisation mondiale de la santé estime à 2,5 milliards les personnes qui seront atteintes de déficience auditive, d'ici 2050. Au Kenya, un tech entrepreneur a mis en place une solution pour faciliter le quotidien de ces personnes.
AssistALL est une solution numérique développée par la firme kényane Signs Media. Elle permet aux utilisateurs, en l’occurrence les personnes atteintes de déficience auditive, de se connecter à un interprète en langue des signes via son application mobile. La solution a été lancée en 2022 par Luke Muleka.
« Pendant la pandémie de Covid-19, l'obligation de porter un masque qui dissimule la moitié du visage a complètement isolé les personnes sourdes et malentendantes. Du jour au lendemain, elles se sont retrouvées incapables de communiquer avec leurs interprètes. C'est à ce moment-là qu'est née l'idée de développer l'application assistALL », indique Luke Muleka.
AssistALL dispose d’une application mobile accessible sur Android (la version iOS est en développement). L’utilisateur s’inscrit et configure son compte en ajoutant une photo de profil avant de pouvoir accéder aux interprètes de la plateforme. Il est possible que des entreprises ou des entités commerciales, pour favoriser l’insertion de leur personnel atteint de surdité, aient recours à l’application. Dans ce cas, il s'agit d' utilisateurs corporatifs.
« Notre application a été conçue pour favoriser l'insertion socioprofessionnelle des personnes en situation de handicap. Son utilisation est à la portée de tous », affirme Luke Muleka.
La start-up kényane facture la minute à 30 shillings kényans (environ 0,21 $), donc il faut au préalable recharger son portefeuille avant de recourir aux services d’un interprète de la plateforme. Il suffit de cliquer sur l'onglet « Transactions » et de suivre les instructions pour recharger le compte via M-Pesa, PayPal ou encore par carte Visa.
En mars 2023, la jeune pousse revendiquait plus de 7 000 utilisateurs. Son application a déjà été téléchargée plus de 5 000 fois, d’après les données de Play Store. Elle rêve d’investir les marchés égyptien, sud-africain et nigérian. « Pour pénétrer l'immense marché nigérian, nous recherchons 1 million de dollars. Ces fonds nous permettront notamment de développer notre intelligence artificielle (IA) pour toucher un maximum de personnes », affirme Luke Muleka.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
Signifiant « apporte-moi » en langue haoussa, la plateforme a été lancée dans le but de favoriser l’inclusion financière et sociale des populations. Elle fait son bout de chemin et attire de plus en plus de marchands et de clients.
Kaomini est une place de marché virtuelle développée par Niger Poste, l’opérateur public de service postal nigérien. Elle permet aux commerçants de vendre en dehors des canaux traditionnels et aux populations de se procurer divers produits sans se déplacer. Kaomini a été créé en 2017.
« Les fournisseurs qui n’ont pas les moyens de se déplacer pour exposer leurs produits à l’international, Kaomini s’est porté garant pour répondre à leurs besoins […] Le fonctionnement de Kaomini se fait par commande en ligne via les appareils téléphoniques, et pour commander un produit il faut d’abord avoir un compte […] ça fait partie de la sécurisation des produits du marchand et de notre site e-commerce », indique Nasser Salifou Seyni, responsable des opérations chez Kaomini.
La solution dispose d’une application mobile accessible sur Android. Le client peut donc se connecter, après inscription, et directement accéder à divers produits disponibles sur la place de marché tels que les produits d’épicerie, les compléments alimentaires, le bétail, etc. Il est également possible de commander des repas dans des restaurants ou d’envoyer son linge sale au pressing.
En ce qui concerne la logistique, Niger Poste a mis en place un service de livraison et dispose d’une centaine de points relais sur tout le territoire pour faciliter les diverses transactions commerciales. Les paiements peuvent se faire à la livraison ou par les moyens de paiement intégrés au site. Entre autres, les acheteurs peuvent opter pour les solutions de mobile money ou les cartes bancaires.
La plateforme revendique environ 70 à 80 commandes par mois. Niger Poste veut, à moyen terme, couvrir environ 50 % du territoire national. Par ailleurs, la plupart des produits commercialisés sur la plateforme sont « Made in Niger » ce qui facilite l’accès aux spécialités des localités éloignées des grandes villes du pays.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
Au Tchad, Mossosouk aspire à démocratiser le commerce électronique
Face à la difficulté de la diaspora mauritanienne d’envoyer des fonds au pays, un tech entrepreneur a décidé de lancer une fintech pour résoudre ce problème.
Cadorim est une solution fintech développée par une jeune pousse mauritanienne. Elle permet aux utilisateurs, en l’occurrence ceux de la diaspora mauritanienne en Europe, de transférer des fonds vers la Mauritanie via sa plateforme web. La start-up, basée à Nouakchott et à Bruxelles, a été fondée en 2018 par Mohamed Elmoctar Neine.
Il est possible de surfer sur la plateforme de la solution sans disposer d’un compte mais pour effectuer un transfert de fonds, la création d’un compte s’avère indispensable. Après cette étape, il faudra ainsi se connecter avec ses identifiants puis fournir les informations nécessaires pour la réalisation de l’opération. L’utilisateur aura à renseigner le montant en euro ou en livre sterling, le nom et le prénom du receveur, son numéro de téléphone, la ville de réception et si la personne recevra l'argent en espèces dans une des agences de la fintech ou dans son portefeuille électronique MauriPay.
« La technologie utilisée par Cadorim est basée sur la blockchain qui garantit une sécurité maximale. Elle protège votre argent aussi bien à l’envoi qu’au retrait », indique la plateforme.
Après la validation de la transaction, l’étape suivante est le téléchargement d’un document d’identité en cours de validité pour finaliser la procédure. Une carte d’identité, une carte de séjour ou un passeport est requis. Il faut souligner que ces documents doivent être d’un pays européen.
Par ailleurs, Cadorim permet également d’envoyer de l’argent au Sénégal et au Cameroun. C’est grâce à son partenaire MauriPay qu’elle effectue ces transactions. Les bénéficiaires reçoivent directement les fonds dans leur portefeuille électronique. Contrairement à Cadorim, MauriPay dispose d’une application mobile. En 2019, la jeune pousse a remporté la première édition de la Fintech Challenge organisée par la Banque centrale de Mauritanie.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi :
Alors que les plateformes de commande de nourriture se multiplient en Egypte, trois tech entrepreneurs essaient de se démarquer sur ce marché.
Ordera est une application mobile développée par une jeune pousse égyptienne. Elle permet aux utilisateurs de commander à l’avance de la nourriture, de payer et de bénéficier du service au volant. Ils peuvent donc récupérer leur repas sans avoir à descendre de sa voiture, et donc sans passer par une file d’attente.
Basée au Caire, la start-up a été lancée en 2019 par Karim Abdel Kader, Noha Bassiouny et Abeer Mostafa. Elle a réussi à capter 150 000 USD d'investissements pour soutenir sa croissance. Le service dispose d’une application mobile accessible sur iOS et sur Android, via laquelle ont peut commander dans plus de 150 restaurants, cafés et fast-food partenaires d'Ordera.
L’évolution de la commande peut être suivie, et outre le service au volant, Ordera propose un service de livraison classique. L’utilisateur a juste à renseigner sa position pour être livré. Enfin, Ordera donne des points de fidélité à ses clients. En les accumulant, il est possible de les échanger contre des cadeaux dans les enseignes partenaires.
La start-up gagne de l'argent en facturant à ces derniers une commission sur chaque commande. La version Android de l’application a déjà été téléchargée plus de 50 000 fois. Après le Caire, elle s’est étendue à Alexandrie, le premier pas avant de s'implanter dans tous les gouvernorats d’Egypte.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi:
Gambie : Chopser stimule la vente en ligne et la livraison de nourriture avec son application mobile
En Egypte, Breadfast simplifie l’achat des produits alimentaires
Dans le but d’aider les promoteurs de PME dans la gestion de leur businesses, une jeune pousse nigériane a mis en place une application mobile spécialisée dans la comptabilité d’entreprise.
Kippa est une fintech développée par une start-up nigériane, et qui permet aux entrepreneurs, en l’occurrence ceux de petit et moyen calibre, de créer instantanément un compte bancaire d'entreprise, d’accéder à une comptabilité simple et d’envoyer des factures et reçus.
La start-up basée à Lekki dans l’Etat de Lagos a été fondée en 2021 par Kennedy Ekezie, Duke Ekezie et Jephtah Chidozie-Uche. Elle a déjà levé 11,6 millions USD pour entre autres développer sa technologie et soutenir sa croissance. « Nous construisons une solution de gestion financière complète pour les petites entreprises, qui couvre toutes les couches critiques de l'espace de numérisation des PME », a indiqué Kennedy Ekezie.
La solution dispose d’une application mobile accessible sur iOS et sur Android. L’utilisateur doit créer un compte au nom de son entreprise pour accéder à toutes les fonctionnalités, dont la tenue d’un livre de compte et la création d’un site de e-commerce. L’utilisateur peut même enregistrer plusieurs entreprises et suivre tous les flux depuis son tableau de bord.
Kippa permet entre autres de gérer les stocks, de séparer finances d'entreprise et personnelles, d’accéder à KippaPay pour collecter des paiements par carte hors-ligne, de gérer diverses commandes depuis WhatsApp, etc. La fintech affirme que plus de 400 000 entreprises ont déjà eu recours à ses services.
La version Android de son application mobile a déjà été téléchargée plus de 500 000 fois. Par ailleurs, il faut souligner que son utilisation est gratuite et que la start-up ne facture aucun frais aux utilisateurs.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi: