La transformation numérique des systèmes de santé devient essentielle pour améliorer la qualité et l’efficacité des soins. Les technologies innovantes permettent de moderniser la gestion des données et d’optimiser les services aux patients.
La multinationale canadienne spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) YULCOM Technologies a été sélectionnée pour mettre en place un système d’information et de suivi des dossiers patients dans cinq hôpitaux au Togo. Ce projet, mené en collaboration avec le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, vise à numériser les processus hospitaliers pour renforcer l’efficacité et la transparence des soins médicaux.
« La numérisation des hôpitaux est essentielle pour améliorer la couverture sanitaire de tous les pays. Ce projet nous permettra de contribuer à digitaliser le parcours du patient et à établir le dossier de santé numérique au Togo », a déclaré Youmani Jérôme Lankoandé, PDG de YULCOM Technologies.
Le système d’information hospitalier (SIH) développé par YULCOM comportera des fonctionnalités clés, telles que la gestion des admissions, des diagnostics, des traitements et des prescriptions, ainsi que le suivi des patients après leur sortie. Il inclura également des outils avancés, comme des algorithmes décisionnels, des tableaux de bord interactifs, et une intégration avec la plateforme DHIS2 (un système open source de gestion de l’information de santé) pour un meilleur suivi des données sanitaires.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique continentale de transformation numérique des infrastructures de santé en Afrique, en réponse à une demande croissante de modernisation et d’efficacité dans la gestion des données médicales. Le Togo, qui a récemment lancé la construction d’un Centre national de santé digitale, place cette initiative au cœur de sa stratégie nationale de santé publique.
Le potentiel de croissance du marché mondial de la santé numérique est également un indicateur de l’importance de tels projets. Selon Fortune Business Insights, ce marché, estimé à 234,5 milliards de dollars en 2023, devrait atteindre 559,52 milliards de dollars d’ici 2027, confirmant ainsi l’intérêt croissant pour la numérisation des soins de santé à l’échelle mondiale.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Le secteur de la fintech connaît une croissance fulgurante à travers l’Afrique, ouvrant de nouvelles opportunités économiques et technologiques. Le Rwanda entend capitaliser sur cette dynamique pour positionner son économie comme un centre névralgique de l’innovation financière sur le continent.
Le Rwanda a dévoilé, le jeudi 28 novembre, une stratégie nationale de fintech pour une période de cinq ans. Cette feuille de route vise à développer un écosystème propice à l’innovation financière et à positionner le pays comme un centre financier régional.
« Cette stratégie ne représente pas seulement un document politique, mais aussi l’engagement de notre pays à positionner le Rwanda comme un centre de technologie financière de premier plan en Afrique. En 2014, nous n’avions que 3 entreprises fintech enregistrées ; aujourd’hui, nous comptons plus de 75 acteurs fintech actifs, au service de plus de 3 millions d’utilisateurs à travers le pays », a déclaré Paula Ingabire (photo), ministre des TIC et de l’Innovation.
En effet, depuis plusieurs années, le Rwanda investit massivement dans les TIC pour moderniser son économie et renforcer l’accès aux services financiers. Cette nouvelle stratégie s’inscrit donc dans la continuité de ces efforts, avec des résultats probants. Selon les sources officielles, le taux d’inclusion financière est passé de 93 % en 2020 à 96 % en 2023. Ces avancées témoignent d’une volonté affirmée de transformer le pays en un modèle d’économie numérique sur le continent.
Avec l’objectif d’accueillir 300 acteurs fintech d’ici 2029, de créer 7500 emplois directs et d’attirer 200 millions de dollars d’investissements, cette stratégie pourrait redéfinir l’économie rwandaise. Le gouvernement ambitionne ainsi d’atteindre un taux d’adoption de 80 % des services fintech, de se hisser parmi les 30 premiers pays de l’indice mondial de fintech et de devenir le principal hub technologique et financier en Afrique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
La Guinée mise sur le numérique pour réformer ses marchés publics avec l’aide du Rwanda
Le Nigeria cible un taux de pénétration du haut débit de l’ordre de 70 % d’ici 2025. Au 31 octobre, ce taux était de 42,27 %, d’après le régulateur télécoms.
Galaxy Backbone (GBB), société publique nigériane spécialisée dans la fourniture de solutions et produits TIC, a annoncé le lundi 2 décembre la signature d’un accord de partenariat avec le fournisseur d’infrastructures numériques panafricain WIOCC. Les deux parties entendent combiner leurs atouts en matière d’infrastructures pour étendre l’accès au haut débit au Nigeria, où le taux de pénétration est de 42,27 %, selon les données officielles.
Press Release: GBB & WIOCC sign MOU to Boost Internet Connectivity Across Nigeria.#connectingorganisations #connectingpeople #fibreconnectivity #Digitalinfrastructure @WIOCC_ @FMCIDENigeria @Galaxybackbone @IbrahimAdeyanju pic.twitter.com/lw4r4ZrPxi
— Galaxy Backbone (@Galaxybackbone) December 2, 2024
Des statistiques de la Nigerian Communications Commission (NCC) datant de fin octobre 2024 montrent que le pays compte 91,57 millions d’utilisateurs du haut débit. De plus, le nombre d’abonnés aux services Internet s’élève à 134,78 millions sur une population estimée à 216 millions. L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) estime dans son « The State of Mobile Internet Connectivity Report 2024 » que 120 millions de Nigérians n’utilisent pas du tout l’Internet.
« Ce partenariat améliorera la capacité d'adaptation, l'efficacité et la qualité des services pour les entreprises et les institutions gouvernementales. Il vise également à réduire la fracture numérique en étendant l'accès au haut débit dans les régions mal desservies et en favorisant des partenariats avec les opérateurs de réseaux mobiles (MNO) pour stimuler l'économie numérique du Nigeria », a déclaré GBB dans un communiqué.
Le partenariat entre Galaxy Backbone et WIOCC devrait contribuer à étendre la couverture du réseau haut débit au Nigeria. La plateforme « DataHub » de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indique que les réseaux 3G, 4G et 5G couvrent respectivement 89,4 %, 84,2 % et 11,8 % de la population nigériane.
Cependant, il est important de rappeler que l'extension du réseau ne signifie pas automatiquement une adoption accrue des services. Plusieurs obstacles peuvent freiner les populations, d’après la GSMA. Il s'agit notamment du manque de sensibilisation à l’Internet mobile, du coût élevé des appareils et des données, du faible niveau d’alphabétisation et de compétences numériques, de la pertinence perçue des services, des préoccupations liées à la sécurité, des normes sociales ainsi que de l’expérience utilisateur offerte par la connectivité.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Internet mobile : le Nigeria a le tarif le plus abordable d'Afrique de l'Ouest
Nigeria : vers la numérisation des écoles du Territoire de la capitale fédérale
L’intégration des technologies numériques transforme progressivement la gestion du trafic routier, offrant des solutions innovantes pour fluidifier la circulation et renforcer la sécurité. En Afrique, ces initiatives prennent de l’ampleur, illustrant la volonté des pays de moderniser leurs infrastructures de transport.
Le ministre sénégalais des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Malick Ndiaye (photo, à droite), a reçu, le vendredi 29 novembre, Terry HE (photo, à gauche), le président de Huawei Northern Africa (Afrique du Nord, de l’Ouest et Centrale). Les discussions ont porté sur la mise en œuvre d'un projet de numérisation du trafic routier, conçu pour fluidifier la circulation et renforcer la sécurité sur les routes du pays.
Le Ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Monsieur Malick Ndiaye, a reçu, ce vendredi 29 novembre, deux importantes délégations : le Président de Huawei Afrique, Monsieur Hetao He, et le Directeur régional Afrique de l’Ouest de la Banque africaine de pic.twitter.com/nzVpE7Tn4C
— Ministère des Infrastructures et des Transports (@MITTA_SN) November 29, 2024
Lors de la rencontre, plusieurs ajustements ont été validés pour maximiser l’impact du projet. Un maillage intégral de la région de Dakar a été décidé, avec une répartition optimisée des dispositifs numériques pour une couverture efficace. Par ailleurs, le nombre de radars sera doublé, en ciblant particulièrement les zones interurbaines identifiées comme étant à haut risque d’accidents. Le projet inclut également la formation et l’immersion de 10 ingénieurs sénégalais, qui auront pour mission d'assurer la gestion autonome des plateformes et infrastructures numériques mises en place dans le cadre du projet.
Cette visite intervient un mois après la présentation, par Huawei, aux membres du gouvernement sénégalais, du système de transport intelligent et connecté conçu pour la ville de Dakar. Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie de transformation numérique en cours au Sénégal, visant à moderniser les infrastructures tout en intégrant des solutions technologiques innovantes pour relever les défis liés à la mobilité urbaine et nationale.
Le projet, dont la mise en œuvre est prévue dès l’année prochaine, ambitionne d’améliorer significativement la fluidité de la circulation, de réduire les accidents de manière notable et d’optimiser le contrôle des infractions routières. Par ailleurs, la formation d’ingénieurs sénégalais contribuera au renforcement des capacités technologiques nationales, garantissant la durabilité du projet tout en favorisant le développement de compétences locales dans des secteurs numériques stratégiques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Le Sénégal s'oriente vers un transport intelligent pour une mobilité sécurisée
Il est un leader inspirant, animé par la volonté de promouvoir l’innovation technologique et de stimuler le développement entrepreneurial. Entrepreneur et créateur d’écosystèmes de start-up, il s’investit dans l’utilisation de la technologie comme moteur du développement durable en Afrique.
Ayuk Etta (photo) est un entrepreneur en série camerounais, reconnu pour son expertise dans les domaines de la technologie et du développement durable. Il est cofondateur et président-directeur général de Mountain Hub, un centre d’innovation et de technologie.
Mountain Hub accompagne les entrepreneurs sous-financés en Afrique francophone subsaharienne, en leur proposant des services de création d’entreprise, d’incubation et d’accélération. Sa mission est de favoriser la réussite des start-up grâce à un éventail de programmes et d’événements conçus pour les soutenir dans leur lancement, leur croissance et leur expansion.
En collaborant avec les entrepreneurs, Mountain Hub agit comme un cofondateur, transformant des idées novatrices, des technologies et des modèles d’affaires en entreprises à forte croissance. Le centre offre également un appui dans des domaines clés tels que la levée de fonds, la comptabilité, les aspects juridiques et les ressources humaines.
Ayuk Etta est le président de Mountain Angel Network, une société d’investissement dédiée au soutien de projets technologiques. Il dirige aussi Iknite, une start-up studio. Il est le fondateur du Cameroon International Tech Summit (CITSCM). Ce sommet annuel vise à transformer l’écosystème technologique et d’innovation du Cameroun en réunissant des innovateurs, entrepreneurs, entreprises, universités, gouvernements, organisations de développement et ambassades.
En 2015, Ayuk Etta a fondé Skylabase, une start-up spécialisée dans le développement de logiciels pour la microfinance et la santé, où il a occupé le poste de président-directeur général jusqu’en 2019.
Le Camerounais est diplômé de l’université de Buea où il a obtenu en 2014 un bachelor en génie logiciel informatique. Sa carrière a débuté en 2010 à Diligent Bilingual Foundation, où il a dirigé la mise en place de laboratoires informatiques. En 2013, il est devenu ingénieur logiciel chez ActivSpaces, un centre d’innovation technologique camerounais. Par la suite, en 2017, il a rejoint Kuelap, une fintech, d’abord en tant que partenaire, avant de devenir directeur général pour l’Afrique en 2019.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Au Cameroun, Grace Jerolgan Nganakala vulgarise les paiements numériques
La transformation numérique dans le secteur de la microfinance en Afrique est devenue un enjeu majeur pour améliorer l’inclusion financière. Elle permet d’offrir un meilleur accès aux services financiers, en particulier pour les populations éloignées des agences traditionnelles.
L’organisation internationale d’aide au développement des zones défavorisées en Afrique, CIDR-Pamiga, poursuit son engagement pour la numérisation des institutions de microfinance (IMF) sur le continent. Dans le cadre de la deuxième phase de son projet de finance digitale, initié en 2015, l’organisation a décidé de soutenir six IMF réparties entre le Bénin (RENACA et ACFB), l’Éthiopie (WASASA), Madagascar (Vola Mahasoa et CECAM) et le Sénégal (CAURIE-MF).
« Le projet prévoit de développer des services digitaux adaptés aux besoins des populations rurales, de renforcer la capacité des IMF à gérer leurs risques liés au digital afin d’assurer leur pérennité et leur croissance, et d’accompagner les IMF dans le développement de leur mission sociale en mettant en place de nouveaux produits et services financiers et non financiers à fort impact », explique l’Agence française de développement (AFD) dans un communiqué publié le lundi 2 décembre.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la numérisation joue un rôle de plus en plus crucial dans l’inclusion financière en Afrique subsaharienne. Les zones rurales, souvent peu ou mal desservies par les infrastructures bancaires classiques, profitent particulièrement des innovations comme le mobile banking et les réseaux d’agents tiers, qui facilitent l’accès aux services financiers essentiels. En soutenant la transformation numérique des IMF et en développant des produits à fort impact, CIDR-Pamiga souhaite contribuer activement à réduire le fossé numérique tout en favorisant un développement durable et inclusif.
Pour les bénéficiaires, cette seconde phase promet des avancées majeures telles qu’un accès élargi à des services numériques, une meilleure gestion des transactions, et des produits adaptés à leurs besoins. Parmi les objectifs visés : 30 % des transactions effectuées via mobile banking ou des agents tiers, une couverture numérique pour 50 % des clients des IMF, avec une attention particulière portée aux femmes et aux populations rurales, et le développement de nouveaux produits à fort impact.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Timothy Musoke numérise les processus de prêt des institutions financières
Sans sécurité garantie, la transformation numérique en Afrique est vouée à l’échec. Au Congo, où les TIC sont en plein essor grâce à d’importants investissements, l’accent est mis entre autres sur la protection des systèmes numériques et des utilisateurs en ligne.
Léon Juste Ibombo (photo), ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, a prononcé, lundi 25 novembre, le discours inaugural de la deuxième édition du Forum Brazza Cybersecurity. Il a mis en avant l’importance de la sécurité numérique face à la montée exponentielle des menaces cybernétiques dans tous les secteurs de la vie, et a soutenu qu’elle est au cœur du développement stratégique du Congo.
« La cybersécurité n'est plus un choix, mais une nécessité impérieuse dans un monde de plus en plus connecté », ajoute Léon Juste Ibombo.
Depuis quelques mois, le pays multiplie les partenariats stratégiques dans le cadre de la stratégie nationale de transformation numérique « Congo Digital 2025 ». Bien que la cybersécurité figure parmi les objectifs prioritaires de cette initiative, le pays accuse un certain retard dans ce domaine. D’après le rapport « Global Cybersecurity Index 2024 » publié par l’Union internationale des télécommunications (UIT), le Congo est classé dans la catégorie Tier 4, avec un score de 27,61 sur 100 à l’indice mondial de cybersécurité. Ce classement révèle des lacunes significatives en matière de protection numérique et souligne la nécessité pour le pays d’accélérer ses efforts sur ce segment.
« Les pays en évolution sont ceux qui ont obtenu une note globale d'au moins 20/100 en faisant preuve d'un engagement fondamental en matière de cybersécurité dans le cadre d'actions menées par les pouvoirs publics, qui englobent l'évaluation, l'établissement ou la mise en œuvre de certaines mesures de cybersécurité généralement acceptées dans au moins un pilier, ou plusieurs indicateurs et/ou sous-indicateurs », explique l’UIT dans son rapport.
Il convient de signifier que le Congo est à la traîne dans quatre des cinq piliers qui composent cet indice. Outre les mesures juridiques où il a affiché un score de 14,12 sur 20, le pays a obtenu les scores de 0 sur 20 pour les mesures techniques, de 0,72 sur 20 pour le renforcement des capacités, de 3,9 pour les mesures organisationnelles et de 8,87 pour la coopération avec les autres pays de la sous-région, du continent et du monde.
Pour atteindre leur objectif de hub technologique, les autorités congolaises devront, entre autres, mettre en place des infrastructures techniques comme les centres de réponse aux incidents de sécurité informatique (CERT/CSIRT) et des mesures de protection contre les cybermenaces, investir dans la formation, la sensibilisation et la recherche pour développer les compétences en cybersécurité, se tourner vers les partenariats internationaux et régionaux pour lutter contre les cybermenaces, incluant la participation à des accords et initiatives de collaboration, etc.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi:
Namibie : Lefa connecte chauffeurs et passagers via son application mobile
La révolution numérique transforme profondément les économies africaines, plaçant les infrastructures technologiques au cœur de cette mutation. Dans ce contexte, les datacenters émergent comme des leviers essentiels pour garantir l'accès à des services numériques performants et souverains.
Le fournisseur de services cloud camerounais ST DIGITAL a entamé, le vendredi 22 novembre, la construction de son datacenter Tier 3 au sein du parc technologique du VITIB à Grand-Bassam. Ce projet stratégique vise à renforcer la souveraineté numérique de la Côte d’Ivoire et à répondre à la demande croissante en services numériques de pointe.
« Notre datacenter, qui s’étendra sur une superficie de 4000 m², sera une infrastructure de haute sécurité, à la fois à la pointe de la technologie et écoresponsable, avec une empreinte de carbone réduite. Nous avons même envisagé des projets innovants comme la création de lacs artificiels et de potagers en utilisant tout ce qui sort des climatisations », a déclaré Steve Tchouaga, directeur général de ST DIGITAL.
Ce projet intervient dans un contexte où la transformation numérique s’intensifie en Afrique, et où les solutions cloud connaissent une adoption croissante. Le rapport « Africa Cloud Business Survey 2023 » de PwC, publié en février 2024, révèle que 50 % des entreprises africaines ont déjà intégré le cloud dans leurs opérations, et que 61 % prévoient de migrer entièrement vers cette technologie d’ici 2026.
Le futur datacenter, qui devrait être opérationnel d’ici la fin du premier trimestre 2025, proposera des services innovants, tels que des espaces de colocation modulaires, une station d'atterrissage pour câbles sous-marins, et une infrastructure dédiée à l’intelligence artificielle. Pour la Côte d’Ivoire, le datacenter représente un levier stratégique pour accélérer la transformation numérique, développer l’économie locale et positionner Grand-Bassam comme un hub technologique de référence en Afrique de l’Ouest, stimulant ainsi l’innovation et attirant de nouveaux investissements.
Samira Njoya
Lire aussi:
Sécurité : la RDC envisage une surveillance des réseaux sociaux
Dans un monde de plus en plus tourné vers le numérique, les pays cherchent à renforcer leurs capacités technologiques. Les solutions locales, notamment les logiciels libres et open source, jouent un rôle essentiel dans cette dynamique.
Le ministre algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé, mardi 19 novembre, à l’Université Dr Moulay Tahar de Saïda, le lancement officiel du premier système d’exploitation algérien basé sur Linux. Ce système, développé à partir de logiciels libres et open source, marque une étape clé dans la modernisation numérique du pays et dans le renforcement de ses capacités technologiques.
« Ce système 100 % algérien est le fruit des efforts conjoints d’étudiants et de chercheurs spécialisés dans le domaine du logiciel, issus de plusieurs institutions universitaires. Cette distribution Linux, qui allie facilité d’utilisation et sécurité, contribuera à améliorer les performances des systèmes d’exploitation de nos ordinateurs et à sécuriser nos systèmes d’information. Elle ouvre également la voie à une économie technologique ouverte, en offrant une base solide pour la création de nombreuses start-up dans le domaine des logiciels », a déclaré Kamel Baddari lors de la cérémonie.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie nationale visant à moderniser les universités algériennes et à les positionner comme des hubs d’innovation technologique. L’Université Dr Moulay Tahar de Saïda, qui porte ce projet pionnier, a organisé un concours national mobilisant 10 équipes universitaires pour concevoir ce système d’exploitation. Cette initiative fait écho à d’autres projets technologiques récents, comme le lancement en avril 2023 de la fabrication de la première voiture électrique algérienne, conçue par le Centre de recherche en technologies industrielles (CRTI).
Le lancement du système d’exploitation algérien arrive à un moment où le marché des logiciels open source connaît une forte croissance mondiale. Selon un rapport de la société d'études GitNux de 2024, le marché global de l’open source était évalué à 21,7 milliards de dollars en 2021 et devrait atteindre les 66,84 milliards de dollars 2026. En outre, l’utilisation de logiciels open source permettrait aux entreprises d’économiser environ 60 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale.
Ces données renforcent l’importance de ce projet pour l’Algérie, qui pourrait ainsi se positionner favorablement sur le marché mondial de l'open source, tout en stimulant l’innovation locale. Le système d’exploitation algérien, conçu pour répondre aux besoins de sécurité informatique et d’efficacité, pourrait jouer un rôle central dans la transition numérique du pays, tout en valorisant les talents des jeunes chercheurs et entrepreneurs.
Samira Njoya
Lire aussi:
L’Algérie a achevé l’élaboration de sa stratégie de transformation numérique
La transformation numérique s’impose aujourd’hui comme un levier essentiel pour le développement économique et social à l’échelle mondiale. Les gouvernements et leurs partenaires multiplient les initiatives pour exploiter le potentiel du numérique et réduire les inégalités technologiques.
Le gouvernement ivoirien a procédé, le lundi 18 novembre, au lancement de l’évaluation de l’état de préparation au numérique (DRA) et du projet de référence pour le numérique en Afrique de l’Ouest (Digital Flagship for West Africa). Ces initiatives, menées par le ministère de la Transformation numérique et de la Digitalisation, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’ambassade d’Italie, visent à renforcer l’écosystème numérique et à propulser la Côte d’Ivoire vers une société connectée et inclusive.
#Économie | Transformation numérique : deux initiatives lancées pour accélérer la digitalisation en Côte d'Ivoire
— Gouvernement de Côte d'Ivoire (@Gouvci) November 19, 2024
Abidjan, le 18 novembre 2024 – L'évaluation de l'état de préparation au numérique (DRA) et le projet de référence pour le numérique en Afrique de l'Ouest (Digital… pic.twitter.com/gWw3sxxtV7
« Bien qu’une simple étape, nous concrétisons ici une vision, celle d’une Côte d’Ivoire résolument engagée sur la voie de la transformation digitale comme préconisé par le président de la République, Alassane Ouattara », a affirmé Ibrahim Kalil Konaté, ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation.
L’évaluation de l’état de préparation au numérique, développée par le PNUD, constitue un outil stratégique pour définir des priorités numériques fondées sur des données probantes. Elle permet également de repérer des opportunités technologiques susceptibles d’accélérer les objectifs de développement durable et d’améliorer l’état de préparation numérique du pays.
Financé par le gouvernement italien, le projet de référence pour le numérique en Afrique de l’Ouest se concentre sur l’amélioration de la connectivité dans les zones rurales et isolées, le renforcement des infrastructures numériques et la création de systèmes numériques publics efficaces.
Ces deux projets s’inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale de développement numérique à l’horizon 2025, qui vise notamment à connecter l’ensemble du territoire, à développer les compétences numériques des fonctionnaires et des jeunes, et à soutenir l’entrepreneuriat numérique. Grâce aux efforts déjà déployés, la Côte d’Ivoire affiche des progrès remarquables avec plus de 30 240 km de fibre optique installés, couvrant 94,86 % des localités du pays au 31 mars 2024 selon le régulateur télécoms.
Ces nouvelles initiatives devraient permettre de dresser un diagnostic précis des infrastructures existantes, des lacunes à combler et des priorités stratégiques à adopter pour un développement harmonieux du secteur. D’autre part, elles ambitionnent de réduire la fracture numérique en connectant les zones encore dépourvues d’un accès Internet de qualité, renforçant ainsi l’intégration numérique et l’équité territoriale.
Samira Njoya
Lire aussi:
La Côte d'Ivoire entreprend la numérisation de son système éducatif
Une absence d’information sur les quantités de marchandises disponibles sur le marché peut être source d’inflation. La manipulation de la pénurie par des commerçants indélicats en est parfois la cause. Veiller à ce que de telles pratiques ne se produisent pas est un enjeu d’équité économique et sociale.
L’application « TALO », développée par de jeunes talents congolais, marque une avancée dans le contrôle économique de la République démocratique du Congo. Présentée en Conseil des ministres le vendredi 8 novembre par le vice-Premier ministre, ministre de l’Economie nationale, Daniel Mukoko Samba, cette innovation permettra une surveillance en temps réel des pratiques commerciales et des flux de stocks, renforçant ainsi la transparence et la régulation des prix.
L’application « TALO » intègre deux modules clés : un module mobile conçu pour les enquêteurs de terrain, qui leur permettra de collecter et de centraliser les données de prix de façon hebdomadaire, et une plateforme dédiée aux opérateurs économiques. Ce second module offre aux entreprises la possibilité de soumettre directement des informations sur leurs stocks, les prix pratiqués et les structures tarifaires, en respect des réglementations en vigueur. Ce dispositif vise à améliorer la transparence des pratiques commerciales et à renforcer la régulation économique au profit des consommateurs.
L’adoption de l’application TALO reflète la volonté du gouvernement congolais de renforcer la transparence et de restaurer la confiance des opérateurs économiques ainsi que de la population vis-à-vis du contrôle économique. Daniel Mukoko Samba a souligné que cette initiative vise à transformer les missions de contrôle en véritables outils de régulation, loin des abus, afin de garantir un environnement commercial plus fiable et équitable.
L’application TALO s’inscrit dans une démarche globale visant à renforcer la régulation économique en République démocratique du Congo. En complément d’une série de mesures de supervision et de régulation, l’application permet une gestion plus transparente et efficace des contrôles économiques. Elle permet notamment de renforcer la conformité aux normes établies, d’évaluer les missions de contrôle, et d’assurer le respect du droit au contradictoire pour les opérateurs économiques. Par ailleurs, elle facilite la collecte des plaintes et la détection d’éventuels abus.
Grâce à ce dispositif, le gouvernement espère créer un cadre économique plus juste, favorisant une meilleure transparence et la confiance des acteurs économiques. La sensibilisation des opérateurs à travers la diffusion d’un guide sur le contrôle économique est également un élément clé pour garantir un environnement d’affaires plus régulé et propice aux investissements en RDC.
Lire aussi:
RDC : avec la tech, Medi Kebantima lutte contre les faux médicaments
La transformation numérique et l’intelligence artificielle jouent un rôle clé dans la modernisation et la compétitivité des pays. En renforçant ces domaines, les pays aspirent à moderniser leurs infrastructures, améliorer leurs services publics et renforcer leur économie numérique.
La Tunisie s'apprête à mettre en place une stratégie de transformation numérique et une stratégie en intelligence artificielle (IA). Le ministre des Technologies de la Communication, Sofiene Hemissi (photo), a annoncé ces initiatives en marge du 10e Forum international des directeurs des systèmes d’information (DSI), qui s’est tenu du jeudi 7 au samedi 9 novembre à Hammamet. Ces stratégies visent respectivement à renforcer l’utilisation du numérique et à valoriser les atouts de la Tunisie dans le domaine de l’IA.
Concernant la stratégie nationale de transformation numérique, Sofiene Hemissi a précisé qu’elle repose sur plusieurs piliers essentiels, dont la numérisation des services administratifs et publics, le développement de l’économie numérique, le soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat dans les domaines numériques, l’amélioration de l’infrastructure des réseaux de communication et le renforcement du cadre législatif et réglementaire pour sécuriser le cyberespace.
Quant à la stratégie en IA, prévue pour 2025, elle vise l’intégration de l'IA dans des secteurs clés tels que la santé, l'éducation, l'environnement et les transports, tout en renforçant la numérisation et en favorisant l'utilisation des données ouvertes. Elle se concentre aussi sur la création d’incubateurs d’entreprises et de programmes d’accompagnement pour les projets technologiques prometteurs au niveau local.
La stratégie numérique en préparation remplacera celle de 2022-2025, qui a permis de positionner la Tunisie parmi les leaders africains en matière d'indicateurs numériques. Selon le dernier rapport de l’Union internationale des télécommunications (UIT) publié en décembre 2023, la Tunisie se classe au 8e rang avec un indice de 77,2 sur 100 pour le développement des TIC. En matière d’administration électronique, la Tunisie occupe la première place en Afrique du Nord et la troisième au niveau continental, d'après le rapport « E-Government Survey 2024: Accelerating Digital Transformation for Sustainable Development » des Nations unies (UN DESA), avec un indice de 0,6935 sur 1, supérieur à la moyenne africaine de 0,4247.
Samira Njoya
Lire aussi:
E-gov:AfriqueduSud,Maurice,Tunisie,Ghana et Gabon restent leaders
Des entrepreneurs africains et moyen-orientaux, porteurs de projets novateurs, sont à l'honneur pour des solutions qui allient impact social et transformation numérique. En mettant en avant ces start-up, le Prix Orange de l'entrepreneur social célèbre l'ingéniosité au service des défis régionaux.
Les grands lauréats internationaux du Prix Orange de l’entrepreneur social en Afrique et au Moyen-Orient (POESAM) sont connus. Il s'agit de la start-up marocaine SAVEY, de la tunisienne WeFix, et de l'ivoirienne Cocoa Shield. Elles ont été officiellement dévoilées au public, le mardi 12 novembre, lors d’une cérémonie internationale organisée à Casablanca au Maroc.
Selon le communiqué d'Orange, ces lauréats se sont distingués parmi 1600 candidats issus de 17 pays. Les projets primés dans cette 14e édition du POESAM couvrent divers domaines, notamment l'éducation, la santé, l'e-commerce, l'agriculture et l'environnement.
🥇La startup 🇲🇦#Savey remporte le Grand Prix International du #POESAM2024 en présence de @younessekkouri Ministre de l’Inclusion Economique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences, de @Cheydema et @jerome_henique d'@orange
— Orange Africa & Middle East (@orangeafrica) November 12, 2024
Plus d'infos : https://t.co/Mmw1iwUwT9 pic.twitter.com/x9C2McbAjO
Pour le Grand Prix international, la première place a été attribuée à la start-up marocaine SAVEY, qui propose une solution numérique et logistique pour réduire le gaspillage alimentaire, en proposant des produits alimentaires invendus ou proches de la date limite de consommation. Elle remporte un financement de 25 000 €.
La deuxième place est obtenue par la start-up tunisienne WeFix, qui met en avant une solution numérique visant à accompagner les particuliers et entreprises dans la gestion durable de leurs appareils électroniques et électroménagers. Cette start-up reçoit un financement de 15 000 €.
A la troisième place se trouve la start-up ivoirienne Cocoa Shield, une solution combinant IA et IoT pour surveiller et suivre les cultures de cacao et lutter contre les maladies qui les affectent. La start-up remporte un prix de 10 000 €.
Le Prix féminin international, récompensant une start-up dirigée par une femme avec un fort impact, a été attribué à MyTindy (Maroc). Il s'agit d'une plateforme en ligne reliant des artisans à des clients internationaux, permettant ainsi la vente directe et autonome de leurs produits. Elle reçoit un financement de 20 000 €.
Enfin, le prix coup de cœur a été décerné à Intella, une start-up égyptienne développant une solution de réduction du fossé entre les avancées de l'intelligence artificielle et le monde arabophone, via un moteur de transcription multi-dialecte arabe de la parole au texte, parmi les plus précis au monde.
En plus de ces distinctions, les gagnants nationaux du POESAM 2024, présents dans les 17 marchés d’Orange Middle East and Africa, bénéficieront d'un accompagnement au sein des Orange Digital Centers, leur offrant ainsi la possibilité de développer leurs activités au-delà de leurs frontières nationales, à travers ce réseau présent en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe.
Samira Njoya
Lire aussi:
Orange lance la 14e édition du Prix Orange de l’entrepreneur social en Afrique et au Moyen-Orient
Dans un monde de plus en plus numérisé, l’accès aux technologies devient un pilier essentiel du développement. Les initiatives visant à renforcer les compétences locales et à démocratiser l'accès aux outils numériques sont cruciales pour construire un avenir plus inclusif et prospère.
Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a inauguré le dimanche 10 novembre à Mamou la première unité d’assemblage d’ordinateurs portables fabriqués en Guinée. Elle est située au sein de l’Institut Supérieur de Technologie (IST). Ce projet, réalisé en collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur, l’entreprise chinoise Green View et le partenaire local Guinea Technologie Innovation (GTI), marque un tournant dans l’ambition des autorités, visant à positionner la Guinée comme un acteur technologique majeur en Afrique de l’Ouest.
« La Guinée a besoin d’être un acteur de la technologie. Nous ne devons pas seulement consommer des téléphones et des ordinateurs portables, mais les fabriquer nous-mêmes. Nous avons des ressources, une vision, et il nous incombe de former les compétences qui concrétiseront cette vision », a déclaré le Premier ministre.
Ce projet s’inscrit dans la vision « Simandou 2040 », portée par le président de la transition, Mamadi Doumbouya, qui a pour objectif de moderniser et diversifier l’économie guinéenne. En parallèle, le gouvernement ambitionne de transformer Mamou en un pôle technologique régional, baptisé « Mamou Valley », où institutions académiques et entreprises collaboreront pour promouvoir l’innovation. Plusieurs initiatives sont déjà en cours, comme la construction d’universités régionales, la création de la Cité des sciences et de l’innovation, et la refonte des programmes de formation technologique.
Avec 4,87 millions d’internautes en janvier 2024, selon DataReportal, et un taux de pénétration d’Internet que le gouvernement guinéen estimait à 52 % en mai, le pays peut améliorer davantage l'inclusion numérique de la population. Mais le coût d'accès aux ordinateurs et smartphones demeure un défi. Ce projet d'assemblages d'ordinateurs portables devrait contribuer à franchir cet obstacle en rendant les technologies plus accessibles. En parallèle, il est attendu que cette initiative stimule le marché de l'emploi numérique tout en soutenant la transformation économique nationale.
Samira Njoya
Lire aussi: