La transformation numérique mondiale révolutionne divers secteurs, y compris l’automobile, avec l’intégration des TIC dans les véhicules. En réponse à cette évolution, la Tunisie se positionne pour tirer parti des nouvelles technologies, notamment les véhicules électriques et intelligents.
Le marché des véhicules intelligents, alimenté par des technologies avancées telles que l’intelligence artificielle, la connectivité et la conduite autonome, connaît une expansion rapide. Selon une étude du cabinet Modor Intelligence, le marché de l’intelligence artificielle automobile, évalué à 2,3 milliards de dollars en 2024, devrait atteindre 16,2 milliards de dollars d’ici 2026, soutenu par la forte demande des consommateurs et les initiatives gouvernementales visant à réduire les émissions de carbone.
La Tunisie, consciente de ces dynamiques mondiales, ambitionne de devenir un acteur clé de cette révolution technologique. C’est ce qui ressort de la deuxième réunion du comité de pilotage du projet « Automotive Smart City », tenue le mardi 4 mars. Cette initiative vise à créer une ville intelligente dédiée à l’industrie des véhicules électriques et intelligents, faisant du pays un centre névralgique et renforçant sa compétitivité sur la scène internationale.
Selon la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub (photo, au centre), le projet s’inscrit pleinement dans les grandes orientations de la stratégie nationale pour l’industrie et l’innovation, ainsi que dans le cadre du Pacte pour la compétitivité du secteur de la fabrication des équipements et composants automobiles à l’horizon 2027. Il prévoit, à terme, de porter la valeur des exportations à 13,5 milliards de dinars (4,4 milliards USD) d’ici 2027, tout en générant 150 000 nouveaux emplois dans les années à venir.
Ce projet s'inscrit également dans une dynamique de renforcement du secteur automobile tunisien, qui affiche déjà des performances notables. Les exportations tunisiennes de composants automobiles ont permis au pays d’occuper le deuxième rang à l’échelle africaine, témoignant du potentiel du secteur et de son rôle croissant dans l'économie nationale.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La montée des faux diplômes, facilitée par les outils technologiques, représente une menace croissante pour l'intégrité des systèmes éducatifs mondiaux. Cependant, les nouvelles technologies, telles que la blockchain, offrent des solutions innovantes pour lutter contre ce phénomène.
Une enquête de l’association tunisienne de lutte contre la corruption, rendue publique en 2023, a révélé que 120 000 à 200 000 fonctionnaires auraient été recrutés entre 2011 et 2021 sur la base de faux diplômes. Face à cette prolifération de documents falsifiés, le gouvernement tunisien a lancé, le vendredi 28 février, une initiative majeure : l’adoption du système arabe unifié de vérification de l’authenticité des diplômes basé sur la blockchain dans tous les établissements d’enseignement supérieur.
Ce système repose sur la technologie blockchain, qui permet de stocker chaque diplôme sous la forme d’un bloc unique, sécurisé et inaltérable. Cette caractéristique garantit que les dossiers académiques sont protégés contre la falsification, la fraude et les modifications non autorisées. Les établissements, les employeurs et les différentes parties prenantes pourront ainsi vérifier l’authenticité des diplômes instantanément, sans dépendre de processus administratifs longs et parfois inefficaces.
Un marché en pleine expansion
L’utilisation de la blockchain dans l’enseignement supérieur n’est pas une première mondiale. Dès 2017, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a mis en place un programme de diplômes numériques sécurisés sur blockchain. En Afrique, des initiatives similaires émergent. Par exemple, au Nigeria, certaines universités expérimentent l’enregistrement des diplômes sur blockchain afin de garantir leur authenticité et de simplifier leur vérification.
Selon une étude de Market Research Future, le marché de la blockchain appliquée à l’éducation pourrait atteindre 1,3 milliard de dollars d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel estimé à 33,7 %. Cette progression témoigne de l’adoption croissante de cette technologie par les institutions éducatives, qui y voient une solution efficace pour sécuriser et simplifier la gestion des diplômes.
Un projet stratégique pour la Tunisie
En Tunisie, le projet s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Il vise non seulement à garantir l’intégrité des diplômes, mais aussi à développer les compétences numériques, et à moderniser le secteur éducatif. L’initiative découle d’un accord de coopération signé en novembre 2024 entre la Tunisie et l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO). Un projet pilote mené dans trois établissements tunisiens a déjà prouvé l’efficacité de cette solution, ouvrant ainsi la voie à une généralisation à l’échelle nationale.
Au-delà de la lutte contre la fraude, cette innovation devrait faciliter la mobilité académique et professionnelle, en assurant une reconnaissance immédiate et incontestable des diplômes, aussi bien au niveau national qu’international. Elle constitue également une avancée stratégique pour le système éducatif tunisien, renforçant la crédibilité et la compétitivité de ses universités sur la scène mondiale.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Pour réussir la transformation numérique, il est essentiel d’identifier les défis et de mettre en œuvre des solutions adaptées. À Madagascar, l'accès limité aux infrastructures, le coût élevé de la connectivité et la pénurie de compétences numériques constituent des obstacles majeurs à surmonter.
Madagascar souhaite mettre en place une stratégie efficace pour s'intégrer pleinement dans l'économie numérique. Dans cette optique, le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a lancé, le jeudi 27 février à Antsirabe, une évaluation de l'état de préparation numérique ou Digital Readiness Assessment (DRA). Ce dispositif a pour but de dresser un diagnostic complet du secteur et d’identifier les actions prioritaires pour combler les retards.
Des défis liés à la couverture Internet et à la connectivité
Ces dernières années, Madagascar a fait des progrès significatifs, notamment grâce au développement du mobile money et à l’essor des start-up technologiques locales. Cependant, plusieurs défis demeurent. Le pays continue de faire face à des obstacles structurels majeurs tels que l’accès limité aux infrastructures numériques, un coût de la connectivité élevé et une fracture numérique en termes de compétences.
Selon les données de DataReportal, en janvier 2024, le taux de pénétration d'Internet à Madagascar était de 20,6 %, avec 6,31 millions d’utilisateurs pour une population totale de 30,68 millions. Toutefois, cette couverture reste inégale, particulièrement dans les zones rurales. En ce qui concerne le coût de la connectivité, le gouvernement malgache a annoncé en octobre dernier son intention de réduire les tarifs des services de télécommunications afin d’améliorer l’accès de la population à Internet. Malgré ces efforts, le coût de l’accès à Internet mobile représente encore 15,5 % du revenu national brut (RNB) mensuel par habitant, bien au-delà de la recommandation de l'Union internationale des télécommunications (UIT), qui préconise un seuil de 2 % du RNB mensuel par habitant.
La fracture numérique en termes de compétences constitue également un frein majeur. Le Plan stratégique du numérique 2023-2028 souligne qu’il manque environ 40 000 techniciens spécialisés pour permettre une transformation numérique effective du pays. Dans ce contexte, le ministère du Développement numérique a lancé un programme visant à former 6000 personnes aux métiers émergents du numérique sur les trois prochaines années, afin de répondre à ce besoin urgent.
Une feuille de route pour accélérer la transformation numérique
Pour relever ces défis, la DRA représente une première étape fondamentale. Cette évaluation repose sur cinq piliers clés : la connectivité, pour renforcer les infrastructures et réduire la fracture numérique ; la gouvernance, afin d'améliorer la coordination entre les acteurs du secteur ; la réglementation, pour créer un cadre juridique adapté à l’économie numérique ; les entreprises, pour encourager l’innovation et l’entrepreneuriat technologique ; et le capital humain, un investissement dans la formation aux compétences numériques.
La DRA ne se limite pas à une simple évaluation de la situation. Il constitue également la base d’une feuille de route stratégique, alignée sur les priorités de développement durable de Madagascar. Grâce à cette évaluation, le pays espère définir une vision numérique cohérente, qui non seulement accélérera sa transformation, mais contribuera également à réduire les inégalités d’accès aux opportunités offertes par le numérique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
À l’instar de nombreux pays africains, le Niger veut exploiter le numérique pour dynamiser son développement. Le gouvernement a mis en place à cet effet une feuille de route ambitieuse visant à moderniser l’administration, renforcer les infrastructures et élargir l’accès aux services.
Le Niger travaille actuellement à la mise en place d’une politique nationale de développement du secteur numérique. Le ministre de la Communication, des Postes et de l'Économie numérique, Sidi Mohamed Raliou (photo), a annoncé le mercredi 26 février, lors de son intervention sur les antennes de la Radio Télévision du Niger (RTN), que ce document, dont l’adoption est prévue dans le mois à venir, vise à structurer et accélérer la transformation numérique du pays. L’objectif est d’en faire un moteur de croissance et de modernisation.
Selon le ministre, cette politique nationale concernera l’ensemble des secteurs et des administrations du pays. Le but est de numériser l’administration afin d’éliminer progressivement les documents papier et d’optimiser la gestion des services publics. Elle sera accompagnée d’infrastructures de connectivité, notamment la fibre optique qui sera déployée pour interconnecter les différentes régions du pays.
L’initiative annoncée par le ministre fait partie d’un ensemble de projets stratégiques visant à renforcer le secteur numérique nigérien. Parmi ces projets, figure le déploiement de trois satellites, dont les missions couvriront les communications, la télédétection et la surveillance de l’espace aérien, et la construction d’un datacenter national pour sécuriser et centraliser les données numériques du pays.
En parallèle, il est prévu la création d’une Agence nationale de cybersécurité pour encadrer la protection des systèmes informatiques, lutter contre les cybermenaces et sensibiliser les citoyens aux bonnes pratiques en matière de cybersécurité. De plus, le gouvernement prévoit d’améliorer l’accès à Internet sur l’ensemble du territoire, notamment dans les zones rurales.
Cette politique s’inscrit dans une volonté de modernisation des services numériques et d’attraction d’investissements dans le secteur des télécommunications. En 2024, le Niger affichait un score de 0,1578 sur 1 à l’indice des infrastructures télécoms (TII), un niveau bien inférieur à la moyenne africaine qui s’établit à 0,4534, selon les Nations Unies. En matière de gouvernance électronique, le pays se classe 187e sur 193 avec un indice de 0,2116 sur 1. Ces chiffres démontrent l’ampleur des efforts nécessaires pour améliorer la transformation numérique du pays.
Une fois adoptée, la politique nationale du numérique devrait, entre autres, transformer l’écosystème numérique du Niger en renforçant les infrastructures, en élargissant l’accès aux services en ligne et en améliorant la sécurité numérique. Le développement du haut débit et l’extension de la couverture Internet favoriseront une plus grande inclusion numérique, permettant aux citoyens et aux entreprises de bénéficier d’outils modernes.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le gouvernement marocain a placé le numérique au cœur du développement socioéconomique du pays. Outre les investissements dans l’infrastructure, l’exécutif veut doter la population des capacités numériques nécessaires pour atteindre ces objectifs.
Une école spécialisée en programmation et en codage devrait bientôt voir le jour dans la région de Fès-Meknès, au Maroc. À cet effet, une convention d’accord a été signée le vendredi 28 février sous la présidence de Amal El Fallah Seghrouchni (photo, au centre), ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration.
« En vertu de cet accord, l’école "YouCode Fès" proposera un programme de formation de deux ans dans les domaines des technologies de l'information et du numérique. Chaque promotion accueillera 80 apprenants, contribuant ainsi au renforcement de l’offre d’emploi dans le secteur du digital au sein de la région et à l’amélioration de l’employabilité des jeunes dans les métiers des nouvelles technologies », a déclaré le ministère dans un communiqué publié sur Facebook.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’ambition du Maroc de « développer un vivier de talents de qualité dans le domaine du numérique » affichée dans la stratégie « Digital Maroc 2030 ». À terme, le pays « veut monter en gamme et développer le hub outsourcing et digital export ». L’exécutif veut porter à 270 000 le nombre d’emplois dans le secteur en 2030, contre seulement 130 000 en 2022. Rabat cible également des revenus de l’exportation numérique à 40 milliards de dinars algériens (296,13 millions $) en 2030, contre 15,8 milliards de dinars en 2022.
Selon la Banque mondiale, près de 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Si le Maroc ne fait pas partie de cette région, cela montre à quel point la formation des citoyens aux compétences numériques est importante pour la transformation numérique des pays africains.
Le calendrier de mise en œuvre de la nouvelle école n'est pas encore connu. Par ailleurs, des programmes similaires peuvent être étendus à d'autres régions du pays afin de toucher un plus grand nombre de personnes. Pour le moment, YouCode est déjà présente à Safi et Youssoufia (région de Marrakech-Safi) ainsi qu'à Nador (région de l'Oriental).
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Éducation numérique : le Maroc et Samsung intensifient leur collaboration
Le Maroc annonce l’accès en ligne de 600 services publics dès le 14 février
Chaque week-end, la rédaction de We Are Tech Africa vous rappelle les principales informations de la semaine dans le domaine du digital en Afrique, ainsi que leurs implications.
Le Sénégal s’engage pour l’éducation numérique avec Sonatel
Le mardi 11 mars 2025, le ministère de l’Éducation nationale du Sénégal et la Fondation Sonatel ont signé un protocole d'accord pour moderniser les infrastructures scolaires et promouvoir l'éducation numérique. Ce partenariat inclut le programme « Écoles Numériques » pour 120 écoles élémentaires et la formation de 500 femmes au marketing digital dans 7 Maisons digitales, renforçant ainsi l'inclusion numérique et l'égalité des chances.
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La Côte d'Ivoire crée un Comité de labellisation des start-up numériques
La Côte d’Ivoire a mis en place un comité de labellisation des start-up numériques pour favoriser leur structuration et leur croissance. Cette initiative vise à offrir aux jeunes entreprises innovantes un cadre officiel, des avantages fiscaux et un accès facilité aux financements, contribuant ainsi à dynamiser l’écosystème tech du pays.
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Cameroun : l’UE finance des projets numériques à hauteur de 2,1 millions de dollars
L’Union européenne finance des projets numériques au Cameroun à hauteur de 2,1 millions de dollars. Cette initiative vise à soutenir l'innovation technologique et la modernisation des services publics. Les fonds serviront notamment à renforcer l'infrastructure numérique et à améliorer l'accès aux services digitaux, contribuant ainsi à l’inclusion numérique et au développement économique du pays.
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Le Burkina Faso mise sur l'IA pour renforcer son développement technologique
Le Burkina Faso intègre l’intelligence artificielle dans sa stratégie de développement technologique. Le pays prévoit d’exploiter l’IA pour moderniser divers secteurs, notamment l’éducation, la santé et l’agriculture. Cette initiative vise à renforcer l'innovation, améliorer l'efficacité des services publics et stimuler la transformation numérique pour un développement socio-économique durable.
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La Côte d’Ivoire dévoile sa stratégie de l’IA et de la gouvernance des données
La Côte d'Ivoire a présenté sa stratégie nationale sur l'intelligence artificielle et la gouvernance des données. Ce plan vise à encadrer l'usage de l'IA, renforcer la gestion des données et favoriser l’innovation technologique. L’initiative s'inscrit dans la volonté du pays de stimuler son économie numérique et d'améliorer l’efficacité des services publics.
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Avec l'accélération de la transformation numérique en Afrique, les coopérations entre pays deviennent cruciales. Elles permettent de faciliter l'accès aux technologies, d'optimiser les ressources et d'encourager l'innovation.
La Banque du Ghana (BoG) et la Banque nationale du Rwanda (NBR) ont signé, le mardi 25 février, un protocole d’accord lors du Forum des technologies financières inclusives, récemment tenu au Rwanda. Cet accord vise à mettre en place un système de « passeports de licence », permettant aux fintech respectant les régulations de fonctionner librement dans les deux pays, facilitant ainsi leur expansion tout en réduisant les obstacles réglementaires.
Ghana and Rwanda Sign a Memorandum of Understanding (MOU) to Implement a Licence Passporting Framework and Cross-Border Payment Interoperability pic.twitter.com/wrqmW3NMOO
— Bank of Ghana (@thebankofghana) February 27, 2025
« La signature de ce mémorandum d’accord réaffirme notre engagement en faveur de la création d’un marché africain intégré. Il offre la possibilité d'améliorer les conditions de vie de nos citoyens et ouvre de nouvelles perspectives pour un environnement propice à l’innovation et à l’investissement dans les technologies financières, au bénéfice final de nos économies, en particulier des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) », a déclaré Johnson Asiama, ancien gouverneur adjoint de la Banque du Ghana.
Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’écosystème fintech en Afrique et à promouvoir l'intégration économique régionale. Le Rwanda, qui prévoit d'attirer 300 fintech d’ici 2029, de créer 7500 emplois directs et d'attirer 200 millions de dollars d'investissements, a récemment lancé une Stratégie nationale Fintech ainsi qu’un système national de paiement numérique. De son côté, le Ghana, acteur majeur dans le domaine des technologies financières, s’efforce d'optimiser ses infrastructures de paiement et d'encourager les initiatives innovantes.
En facilitant l'intégration des services financiers numériques, cet accord joue un rôle clé dans la concrétisation de la vision de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et dans l'accélération de la transformation numérique du continent. Alors que le secteur fintech connaît une expansion rapide, l'Afrique pourrait émerger en tant que hub mondial de la fintech, à condition de surmonter les défis liés à la numérisation et à l'inclusion financière. En 2024, les fintech africaines ont levé 1,034 milliard de dollars, représentant 47 % du total des fonds récoltés par les start-up du continent, contre 42 % en 2023, selon les données d’Africa: The Big Deal.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La souveraineté numérique est un axe clé de la stratégie de développement du Burkina Faso. Pour la renforcer, le pays mise sur la production locale d’équipements technologiques afin de réduire sa dépendance aux importations.
Le gouvernement burkinabè a annoncé, le mercredi 26 février, la signature d’un accord-cadre avec la société Horizon Industries, spécialisée dans la fabrication de matériels informatiques. D’une durée de quatre ans, cet accord porte sur la fourniture d'équipements tels que des ordinateurs portables, des ordinateurs de bureau standard et all-in-one, des tablettes et des téléphones portables destinés à l’administration publique.
Selon le ministre de l'Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo (photo, à droite), cet accord vise à promouvoir le développement endogène en soutenant les entreprises privées burkinabè. Il concerne exclusivement les ordinateurs assemblés localement et pourrait être révisé en fonction de l’implantation d’autres entreprises spécialisées dans le même domaine.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer l’autonomie technologique du pays tout en soutenant l’industrie locale. Elle fait suite à la décision du Conseil des ministres du 19 février, qui avait déjà officialisé le choix d’Horizon Industries. L’entreprise, installée au Burkina Faso depuis avril 2022, est détenue à hauteur de 35 % par l’État via le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES).
Ce partenariat représente une opportunité stratégique pour le Burkina Faso. Il contribue à la création d’emplois dans le secteur technologique, favorise la montée en compétences des travailleurs burkinabè et participe à l’émergence d’un écosystème numérique national. En développant la production locale d’équipements essentiels, il renforce la souveraineté numérique du pays tout en réduisant sa dépendance aux importations et aux fluctuations du marché international.
Avec cet accord, le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique, en s’appuyant sur une industrie technologique émergente capable d’accompagner le développement du pays et de répondre aux besoins croissants en équipements numériques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
La transformation numérique est une priorité des autorités tanzaniennes pour stimuler le développement socioéconomique. L'atteinte des objectifs dans ce domaine passe par l'élargissement de l'accès des populations aux services numériques.
Le gouvernement veut soutenir le développement de l’industrie locale d’équipements TIC, comme les téléphones, les ordinateurs et les tablettes. C’est ce qu’a déclaré Nkundwe Mwasaga (photo, au centre), directeur général de la Commission des TIC (ICTC), lors de sa visite la semaine dernière à l'usine Tanztech Electronics Limited à Arusha. Cela pourrait faciliter l’accès des populations à ces appareils nécessaires pour accéder aux services numériques.
Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), l’accès aux smartphones représente l’un des principaux freins à l’adoption de l’Internet mobile dans le monde. L’organisation estime qu’en 2023, 40 millions de Tanzaniens n’étaient pas du tout connectés à l’Internet mobile, alors que la population du pays atteignait 67,4 millions, d’après la Banque mondiale. Les statistiques officielles indiquent que la Tanzanie comptait 47,85 millions d'internautes mobiles fin décembre 2024. Toutefois, ce chiffre représente le nombre de cartes SIM utilisées pour accéder au service, sachant qu’une personne peut en posséder plusieurs.
« La présidente [Samia Suluhu, Ndlr] nous a donné pour mission de rechercher des investisseurs prêts à établir des usines de production d’équipements TIC en Tanzanie, afin que nous puissions collaborer pour faire avancer l’agenda de l’économie numérique », a déclaré M. Mwasaga. Il a ajouté que l’ICTC travaillera avec les investisseurs pour garantir que les produits fabriqués localement soient compétitifs et donc abordables pour la population.
Il convient de rappeler que pour atteindre ces objectifs, le gouvernement doit relever les défis auxquels est confrontée l’industrie locale d’équipements TIC. Gurveer Hans, directeur général de Tanztech Electronics Limited, a mis l’accent sur la nécessité de réduire la pression fiscale tout au long de la chaîne de production et de distribution en Tanzanie. « Nous importons des matières premières de nos partenaires en Chine, mais nous sommes accablés par des taxes élevées, ce qui rend nos produits plus chers pour les consommateurs », a-t-il expliqué.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Avec l'augmentation de la connectivité numérique en Afrique et dans le monde, les compétences en TIC sont de plus en plus demandées. Le Maroc, conscient de l'importance de cette évolution, met en place des initiatives stratégiques pour former ses jeunes aux métiers du numérique.
Samsung Electronics Maghreb Arab, filiale marocaine de l’entreprise coréenne de technologie Samsung, et le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports ont signé le mercredi 26 février un avenant à leur convention de partenariat, marquant une avancée significative dans leur collaboration pour l’éducation numérique au Maroc. L’initiative vise à soutenir davantage le développement éducatif et à préparer les jeunes générations à relever les défis technologiques de demain.
« Samsung s’engage à soutenir l’éducation et l’innovation au Maroc, et nous sommes ravis de renforcer notre partenariat avec le ministère de l’Éducation Nationale. En intégrant l’intelligence artificielle au Samsung Innovation Campus et en lançant le Hackathon National, nous souhaitons offrir aux jeunes Marocains des opportunités d’explorer et de développer leurs compétences dans les domaines technologiques d’avenir », a déclaré Hee Young Hong, président de Samsung Electronics Maghreb Arab.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'une collaboration établie l'année dernière, visant à renforcer l'éducation numérique au Maroc à travers le programme Samsung Innovation Campus qui propose une formation aux TIC pour les jeunes qui veulent trouver un emploi dans le monde en constante évolution de la technologie. Le programme a déjà permis de former 780 enseignants et 1273 bénéficiaires ont participé à des sessions de formation en programmation Python, dispensées à l’échelle nationale.
Pour le gouvernement marocain, il s’agit d’un pas de plus dans la réalisation des objectifs de la Stratégie Maroc Digital 2030, lancée en septembre dernier. Cette stratégie ambitionne de former 100 000 jeunes par an dans les métiers du numérique, avec pour objectif de créer 240 000 emplois dans le secteur numérique d’ici 2030, répondant ainsi aux besoins croissants de compétences.
Selon le nouveau rapport de la Brookings Institution, intitulé « Foresight Africa 2025-2030 », à l'horizon 2030, 230 millions d'emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne. Le document anticipe jusqu’à 650 millions d’opportunités de formation aux compétences numériques, représentant un marché potentiel de 130 milliards de dollars. Cette dynamique souligne l'importance des initiatives comme celle de Samsung, qui vise à doter les jeunes Marocains des capacités nécessaires pour devenir les leaders et innovateurs de demain.
Cet avenant dans la collaboration entre Samsung et le ministère de l'Éducation représente une opportunité prometteuse pour l'éducation numérique au Maroc. En renforçant les compétences des enseignants et en fournissant aux étudiants les outils nécessaires pour exceller, cette initiative pourrait contribuer au développement des communautés locales et à l'économie numérique mondiale.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités camerounaises ont choisi de confier les solutions de paiement pour tous les jeux en ligne à un seul opérateur économique. Si cette mesure se justifie par des raisons de sécurité concernant les jeux de hasard et d'argent, elle provoque également des impacts négatifs dans le secteur émergent du jeu vidéo africain.
Jeune entrepreneur camerounais reconnu à l’international parmi les plus brillants, fondateur et dirigeant du premier studio de jeux vidéo professionnel en Afrique centrale (Kiro’o Games), avec pour particularité de promouvoir les valeurs africaines par le divertissement, Olivier Madiba explique à Investir au Cameroun, les conséquences dommageables de cette décision du gouvernement camerounais sur l’activité de son studio.
Investir au Cameroun : Tu as fait un post sur Twitter où tu expliquais que la décision des autorités, notamment de l'administration en charge des questions intérieures et de la sécurité, de confier l'exclusivité des connexions de paiement sur les jeux en ligne à une seule entreprise, celle qui propose le produit InTouch, a directement perturbé tes services. Peux-tu expliquer concrètement comment, en tant qu'acteur de l'économie réelle, tu fournis des services de jeux en ligne (de divertissement, et non de paris ou de hasard) et comment cette décision a impacté tes activités ?
Olivier Madiba : La note du Ministère en charge de l'administration territoriale avait, je pense, pour cible principale les jeux de hasard et la loterie en ligne. Toutefois, comme l'expression légale « Jeux en ligne » a été utilisée, nous, les acteurs du jeu vidéo qui sommes du domaine culturel et du divertissement, sommes impactés injustement.
Il faut bien comprendre que nous rendons un service de divertissement associé à la culture. Nous permettons à des amoureux du jeu vidéo d'avoir une offre compétitive qui leur permet de se distraire avec des repères culturels inspirés d'Afrique. C'est notre contribution à un marché dominé par des modèles occidentaux ou asiatiques, notamment japonais. Par contre, le jeu de hasard ou la loterie est un pari financier qui peut rapporter des gains en argent et oui, cela peut servir d’instrument pour le blanchiment des capitaux.
« Suite à cette décision, nous nous retrouvons contraints de changer de fournisseur en 3 semaines à peine, alors que ça nous a pris des années pour arriver à avoir des paiements stables avec notre fournisseur actuel. »
Suite à cette décision, nous nous retrouvons contraints de changer de fournisseur en 3 semaines à peine, alors que ça nous a pris des années pour arriver à avoir des paiements stables avec notre fournisseur actuel, vu que les agrégateurs de paiement sont certes nombreux mais très peu stables et qu’il nous fallait séparer le bon grain de l’ivraie quasiment au cas par cas, avec ce que ça nous a coûté en termes de frais de R&D (Recherches et Développement). A peine sortis de cette impasse, nous forcer aujourd’hui à n’utiliser qu’un opérateur unique est critique pour notre économie digitale en ce sens que cet opérateur se retrouverait de fait en situation de monopole et par conséquent, libre de nous dicter sa loi là où ça fait le plus mal : les rentrées d’argent.
Pour vous donner une petite illustration, depuis une dizaine de jours nous n'avons plus aucun paiement de nos clients (après le mal de fou que nous nous donnons pour les trouver) non seulement sur le jeu vidéo mais TOUTES nos activités crossmedia (cahier de coloriage, bandes dessinées, Rebuntu, etc.). Ce sont des conséquences que le gouvernement aurait dû anticiper ; La procédure pour aller chez INTOUCH est évidemment longue (malgré la bonne volonté de leurs équipe). Pour une startup comme la nôtre, si nous étions dépendants à 100% du marché camerounais, une telle décision pourrait nous conduire tout droit au dépôt de bilan. Pourtant, comme je le dis souvent, cet emploi je l'ai créé de toutes pièces ainsi que celui de mes équipes.
Investir au Cameroun : Pourquoi est-il essentiel de ne pas créer une situation d'exclusivité sur ce type de services fintech ? Le président lui-même a encouragé le soutien à l'innovation numérique, alors pourquoi est-ce crucial de maintenir une ligne concurrentielle dans ce secteur, en particulier dans l'économie numérique ?
Olivier Madiba : Sachant que le paiement en ligne se fait au moins à 80% par Mobile Money en Afrique francophone si je ne m’abuse, il est essentiel d’éviter cette situation de monopole pour au moins deux raisons :
Premièrement, la plupart des fintech agrégateurs Mobile Money ont pour gros clients justement les opérateurs de jeux de hasard en ligne (loterie, paris sportifs et autres jeux d'argent en ligne). Leurs retirer ce segment de clientèle, c'est leur demander de renoncer à une part importante de leurs sources de revenus, ce qui ne sera certainement pas sans conséquence sur la survie de leur activité ainsi que des emplois qui vont avec.
« La compétition entre ces fintechs est la clé qui garantit un bon service car tout client comme Kiro’o Games a déjà changé d'agrégateur au moins 2 ou 3 fois, ou en utilise plusieurs à la fois pour assurer un service stable. »
Deuxièmement, la compétition entre ces fintechs est la clé qui garantit un bon service car tout client comme Kiro’o Games a déjà changé d'agrégateur au moins 2 ou 3 fois, ou en utilise plusieurs à la fois pour assurer un service stable. Une situation de monopole détruira immédiatement cette garantie, par conséquent la confiance des clients que tout l’écosystème numérique bâti depuis de longues années.
Investir au Cameroun : Est-ce que tu comprends l'argument de sécurisation avancé par le gouvernement pour justifier cette décision ? Il semble que les autorités ne mesurent pas toujours toutes les conséquences que cela peut avoir sur la chaîne de valeur des produits numériques. D'après ton expérience et les échanges que tu as pu avoir avec des experts du secteur, vois-tu des alternatives à cette exclusivité donnée à un seul opérateur ?
Olivier Madiba : Nous comprenons et soutenons la décision de fond du gouvernement pour contrôler et tracer les finances liés aux jeux de hasard en ligne. Toutefois, nous pensons qu'une telle décision doit se prendre en discutant avec des acteurs clés comprenant l’écosystème pour maintenir une certaine harmonie dans la chaîne de valeurs et anticiper sur les conséquences.
De plus, la différence entre nous (acteurs du jeu vidéo) et les jeux de hasard ou la loterie est que, dans notre cas, des joueurs paient en échange d’un service de divertissement sur lequel ils ont le contrôle, tandis que dans l’autre cas, des joueurs paient en échange de l’espérance incertaine d’un gain financier sur lequel ils n’ont quasiment aucun contrôle. C’est d’ailleurs à cause de cette différence fondamentale que dans le cas des jeux de hasard, vous aurez besoin d’une licence pour exercer tandis que dans notre cas, non.
Concrètement, le gouvernement peut donner une liste de conditions auxquelles un agrégateur doit se conformer pour collecter l'argent des jeux de hasard en ligne ou même simplement des jeux en ligne. Parmi ces conditions on a le fait de souscrire à des audits gouvernementaux bien solides ou d’établir des protocoles de surveillance ou de contrôle comme ça se fait déjà avec les banques. Le gouvernement doit aussi préciser « Jeux de hasard en ligne » pour éviter l'amalgame qui plonge les simples jeux de divertissement en ligne et autres activités similaires dans la même régulation.
« Cette décision devait être prise en concertation, avec le ministère en charge des finances et celui des postes et télécommunication qui ont le plus travaillé à mettre ensemble la finance et la tech au Cameroun. »
De plus nous pensons aussi que cette décision devait être prise en concertation, avec le ministère en charge des finances et celui des postes et télécommunication qui ont le plus travaillé à mettre ensemble la finance et la tech au Cameroun et qui auraient apporté le champ d'expérience supplémentaire à celui qui a été mis à contribution pour la prise de cette décision. Ces deux ministères auraient certainement anticipé davantage sur les implications possibles, ainsi que des mesures à prendre en conséquence.
Investir au Cameroun : Dans le milieu des fintechs, comment cette décision est-elle perçue ? Est-ce que cela crée une incertitude sur le cadre réglementaire, qui pourrait rendre les investisseurs plus frileux ? L'Afrique centrale, et notamment le Cameroun, attire déjà moins de financements en capital-risque que des pays comme le Kenya ou le Nigeria, qui sont plus dynamiques sur ce marché. Penses-tu que ce type de décision pourrait encore freiner davantage les investissements dans les fintechs de la région ?
Olivier Madiba : Nous avons suivi les dynamiques de politiques publiques sur ce dossier, et en effet, les décisions prises successivement par les autorités ont introduit une forme d'incertitude. Les Fintech sont un secteur très sensible aux variations dans l'environnement économique.
Nous sommes en effet dans une compétition mondiale et devons pour cela être constitués comme une équipe soudée. Dans de nombreux pays où les services de paiements en ligne prospèrent rapidement, la régulation y est pour beaucoup. Tout comme dans une économie physique, une économie digitalisée a besoin de moyens et canaux de paiement ultra-sophistiqués. Pour les investisseurs, cette demande est une réelle opportunité, car sur chaque transaction, il y a des frais qui sont gagnés.
Regardez juste comme la compétition dans les solutions de transfert d'argent a été favorable aux clients. Les coûts sont plus bas et les volumes de transactions ont augmenté. Regardez comment des entreprises comme la nôtre peuvent se développer aujourd'hui. Il y a dix ans personne n'aurait parié qu'il y avait un modèle économique viable derrière un tel projet. J'ai donc envie de dire que si nous créons des éléments d’incertitude ou de concentration dans notre économie digitale, nous perdrons beaucoup dans un monde qui se digitalise. De ce point de vue, cette décision de monopole, bien sûr peut renforcer la sécurité. Mais humblement je pense qu'on peut atteindre cet objectif important, mais garder un niveau de compétition suffisant pour protéger les consommateurs des dérives de l’acteur quasi-unique.
Investir au Cameroun : Peux-tu expliquer de manière pédagogique comment fonctionne le mécanisme de paiement dans ce type de transactions ? Qui joue quel rôle dans ce système, et en quoi l'intervention du gouvernement a-t-elle réorganisé ces dynamiques ? Quels sont, selon toi, les opportunités et les risques que cela engendre ?
Olivier Madiba : Voici comment un paiement digital avec Mobile Money fonctionne ?
Le client lance le paiement dans un jeu vidéo (ou application) où il veut du contenu digital (pas du hasard)
Ces étapes nous ont pris des années pour être mises en place. Trouver un agrégateur stable qui gère la partie 3 à 6 sans erreurs est très compliqué.
Beaucoup d'agrégateurs ne sont pas stables, en forçant le monopole sur un seul agrégateur on enlève la compétition qui les oblige à améliorer leur technologie et on va vivre des échecs de paiement qui pourraient aller jusqu'à 1 fois sur 2. Imaginez les clients qui paient et vous ne pouvez pas valider leurs paiements alors que leur argent est parti ? C'est le risque qu'il y a derrière cette décision de monopole et cela pourrait porter un coup sévère à la confiance durement acquise auprès des consommateurs, une chaîne de valeurs de paiement mise en difficulté et un moteur de ralentissement à l’ambition présidentielle de numériser ou encore digitaliser notre économie.
Propos recueillis par Idriss Linge
Avec la montée en puissance des TIC, les jeunes redoublent d’ingéniosité pour répondre aux défis de leur époque. L'opérateur télécoms Orange, à travers l’Orange Summer Challenge, met en lumière ces talents et les accompagne dans le développement de leurs solutions innovantes.
Orange Summer Challenge, le concours international d’Orange dédié à l'entrepreneuriat responsable en Afrique et au Moyen-Orient, a révélé les gagnants de la finale internationale de sa 2ᵉ édition le mardi 26 février à Casablanca, au Maroc. Trois start-up innovantes ont été distinguées pour leur impact potentiel. Il s'agit de Plastikoo, MEPS et Leevlong. Elles ont été sélectionnées pour leurs solutions aux défis environnementaux, sanitaires et sociétaux.
Durant trois mois, 282 jeunes innovateurs issus de 14 pays ont bénéficié d’un accompagnement intensif combinant formations, mentorat et coaching dispensés par des experts d’Orange et de ses partenaires, notamment AWS, EY et Nokia. Au total, 57 start-up ont émergé autour de la thématique Tech4Impact, avec des solutions destinées aux secteurs de l’environnement, de la santé, de l’éducation et de l’agriculture.
Plastikoo, une start-up malgache qui a remporté le premier prix, transforme les déchets plastiques en matériaux de construction durables, contribuant ainsi à réduire la pollution et à favoriser le développement durable des communautés locales. MEPS, une start-up tunisienne qui a décroché le deuxième prix, a développé une solution de conversion des déchets organiques en biogaz et fertilisant, participant ainsi à la transition énergétique. Enfin, Leevlong, une start-up camerounaise classée troisième, qui propose un dispositif de télésurveillance médicale permettant un suivi en temps réel des patients, facilitant ainsi leur prise en charge.
Les lauréats recevront un soutien financier, technique et commercial des Orange Digital Centers et de leurs partenaires. Nokia attribuera une dotation de 40 000 € pour financer la préincubation et l'incubation des projets, tandis qu’Orange offrira 20 000 € pour accompagner ces jeunes entrepreneurs.
Pour Orange, cette édition témoigne une fois de plus du dynamisme et de la créativité des jeunes. « Depuis 15 ans, l’Orange Summer Challenge a accompagné des milliers de jeunes talents dans leur aventure entrepreneuriale. Cette nouvelle édition illustre une fois de plus la capacité de la jeunesse africaine et moyen-orientale à innover et à répondre aux enjeux sociétaux de notre continent. Félicitations aux lauréats et à tous les participants pour leur engagement et leur créativité », a déclaré Brelotte Ba, directeur général adjoint d’Orange Afrique et Moyen-Orient.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En Afrique, des fonctionnaires fictifs exploitent encore des systèmes de gestion obsolètes pour percevoir indûment des salaires. Pour remédier à ce fléau, les pays adoptent la biométrie, une solution efficace pour sécuriser la gestion des effectifs et renforcer la transparence administrative.
Le gouvernement camerounais mettra en place un système biométrique visant à contrôler la présence effective des agents publics à leur poste de travail. Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph LE (photo), a annoncé cette initiative lors d'un point de presse diffusé le mardi 25 février sur la télévision publique nationale. Ce projet ambitionne, entre autres, à lutter contre l'absentéisme et à éradiquer les fonctionnaires fantômes.
« En permettant une identification unique et infalsifiable de chaque agent, ce dispositif garantira une gestion plus rigoureuse des effectifs. Il renforcera également la transparence au sein de l’administration et contribuera à combattre avec vigueur l’absentéisme, largement critiqué ces derniers mois par les plus hautes autorités de notre pays », a déclaré Joseph LE.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre des efforts de transformation numérique du Cameroun, en cohérence avec les objectifs de la Stratégie nationale de Développement à l’horizon 2030, connue sous le nom de SND-30. Le système fait partie du programme « Aigle », lancé en janvier, qui vise à moderniser l'administration publique par l'utilisation des nouvelles technologies. L'objectif est d'optimiser la gestion des services publics et de renforcer l'efficacité des politiques publiques.
Le système biométrique fonctionnera par identification physique des agents, grâce à des dispositifs tels que des lecteurs d'empreintes digitales ou de reconnaissance faciale. À leur arrivée au travail, les agents devront s'identifier en utilisant ces technologies, ce qui permettra de vérifier leur présence en temps réel. Cette méthode d'identification unique et infalsifiable garantit non seulement l'authenticité des agents, mais également une gestion plus rigoureuse des effectifs.
Bien que la date d'implémentation n'ait pas encore été précisée, le ministre a indiqué que le projet débutera par une phase pilote dans trois administrations : le ministère de la Fonction publique, le ministère des Finances, ainsi que le Contrôle supérieur de l’État. Cette phase sera suivie d'une généralisation progressive, accompagnée d'une formation spécifique pour les gestionnaires, afin de faciliter l'appropriation et l'optimisation de cet outil stratégique.
L'introduction de la biométrie au sein de la fonction publique devrait permettre de réduire les fraudes administratives, d'éliminer les fonctionnaires fictifs et d'optimiser l'utilisation des ressources de l'État. Cependant, sa mise en œuvre devra surmonter des défis techniques et éthiques, notamment en matière de protection des données personnelles et d'acceptabilité sociale. L'objectif est d'assainir la fonction publique et d'éliminer les fonctionnaires fantômes, qui coûtent des dizaines de milliards de francs CFA aux États africains chaque année.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le gouvernement nigérien fait d’énormes efforts pour offrir des solutions innovantes aux citoyens, afin de faciliter leur quotidien. Ces initiatives visent à moderniser les services publics et à promouvoir l'accès aux technologies numériques, contribuant ainsi au développement économique et social du pays.
La Caisse Autonome des Retraités du Niger (CARENI) a inauguré, le lundi 24 février à Niamey, la plateforme numérique « CARENI COLLECTE », conçue pour optimiser l'enregistrement des pensions. Cette initiative vise à simplifier et sécuriser l'accès aux prestations pour plus de 35 000 retraités nigériens, qui perçoivent un montant mensuel global dépassant 3 milliards de francs CFA (environ 5 millions de dollars).
« L’application CARENI COLLECTE que nous lançons aujourd’hui ne se limite pas à une simple digitalisation, elle marque une transformation profonde de notre mode de gestion, articulée autour de cinq axes majeurs, dont la carte biométrique intégrant une empreinte digitale et toutes les informations nécessaires, en remplacement du livre physique », a déclaré Ali Ousseini Hadiza (photo, au centre), directrice générale de la CARENI.
Complémentaire à l’application, cette carte permettra d’identifier les fonctionnaires et de faciliter l’accès aux services de couverture médicale, réduisant ainsi la nécessité de se déplacer systématiquement à la CARENI pour chaque prise en charge. Elle contribuera également à mettre un terme aux files d’attente interminables et aux déplacements répétés des retraités.
Ce projet s’inscrit dans un cadre plus large de transformation numérique au Niger, où les institutions publiques accélèrent leur transition vers des solutions numériques. À l’instar d’autres pays, le Niger ambitionne de se positionner favorablement en Afrique et dans le monde en matière de gouvernance électronique. Selon le dernier rapport des Nations unies, le pays se classe 187e sur 193, avec un indice de 0,21157 sur 1. Ces chiffres soulignent l’urgence d’accroître les efforts pour moderniser l’administration.
La mise en œuvre de CARENI COLLECTE devrait considérablement améliorer l’accès aux pensions et aux services de couverture médicale, rehaussant ainsi la qualité de vie des retraités. Toutefois, des défis subsistent, notamment la sensibilisation et la formation des usagers aux outils numériques, ainsi que les contraintes de connectivité dans les zones rurales. Un accompagnement soutenu des retraités et une amélioration continue de la plateforme seront essentiels pour assurer le plein succès de cette initiative.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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