Cette initiative est issue des « Mali Digital Awards », une compétition digitale annuelle qui récompense les meilleures solutions digitales dans le pays.
Le gouvernement malien a inauguré, le jeudi 20 mars, le « Mali Digital Accélérateur », un programme visant à soutenir le développement de l’écosystème technologique national. Plus concrètement, il fournira aux start-up un accompagnement adapté, des financements stratégiques et un accès privilégié aux marchés.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’ambition des autorités maliennes de bâtir un Mali numérique fort et résilient, en utilisant le numérique comme levier de croissance économique, de modernisation et de prospérité. À travers ce programme, le gouvernement vise à faire émerger des leaders du digital « Made in Mali ».
Selon le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration, le programme permettra de résoudre les principaux défis auxquels sont confrontés les acteurs du secteur. Il s’agit notamment du manque de financement, de l’absence de mentorat et des difficultés d’accès aux infrastructures.
La Société financière internationale (IFC) partage cet avis, soutenant que les accélérateurs peuvent révéler le potentiel des start-up sur les marchés émergents. « Les accélérateurs recherchent des entrepreneurs à fort potentiel de croissance et leur offrent formation, mentorat et mise en réseau, souvent accompagnés d'un capital d'amorçage. Ils aident les entrepreneurs à se développer plus rapidement ou à reconnaître lorsque leurs idées ne sont pas viables, les incitant ainsi à pivoter ou à quitter le marché. Une participation réussie à des programmes d’accélération reconnus constitue également un gage de qualité pour les investisseurs », a déclaré l’institution de Bretton Woods dans un rapport publié en février 2025.
Cependant, l’IFC souligne que, pour être efficaces dans les pays à faible revenu, les accélérateurs doivent avoir des incitations alignées sur les conditions du marché local. Dans ce cadre, l’institution recommande aux accélérateurs des pays les moins développés, avec des marchés financiers émergents, de s’intégrer dans des réseaux d'investissement régionaux. Elle préconise également le renforcement des connexions avec le secteur privé local, tout en nourrissant les réseaux d'investissement providentiel et les fonds de capital-risque pour les pays à revenu intermédiaire inférieur.
« Les accélérateurs peuvent se concentrer sur la spécialisation et l'échelle dans les marchés émergents plus développés, en créant des programmes spécifiques à chaque secteur, en construisant des réseaux transfrontaliers pour l'expansion des marchés et en connectant les start-up locales aux chaînes de valeur mondiales », ajoute l’IFC.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le Nigeria abrite un écosystème tech parmi les plus dynamiques d'Afrique. Cependant, le ralentissement du financement commence à freiner l’essor des start-up. À travers de nouvelles initiatives, le gouvernement entend stimuler l’innovation et offrir un soutien essentiel aux jeunes pousses.
Le gouvernement nigérian travaille au lancement d'un fonds de 40 millions de dollars pour soutenir les start-up technologiques en phase de démarrage. Cette initiative vise à renforcer l'écosystème entrepreneurial du pays et à réduire la dépendance des jeunes entreprises aux investisseurs privés.
Le fonds sera financé à parts égales par l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et l'Autorité souveraine d'investissement du Nigeria (NSIA), gestionnaire du fonds souverain national. Kashifu Inuwa Abdullahi, directeur de la NITDA, a confirmé que l'accord final serait signé dans le mois à venir.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la loi nigériane sur les start-up, connue sous le nom de « Nigeria Startup Act », adoptée en octobre 2022. Cette loi vise à offrir un environnement favorable aux start-up en leur accordant des incitations fiscales et un soutien financier. Parmi les mesures phares, un fonds annuel de 10 milliards de nairas (environ 8,6 millions de dollars) a été mis en place pour financer les start-up labellisées, sous forme de fonds d’amorçage, de subventions ou de prêts.
Selon le média Disrupt Africa, entre janvier 2015 et août 2022, l'écosystème des start-up nigérianes a connu une croissance impressionnante, attirant plus de 2 milliards de dollars d'investissements, plaçant le pays en tête de l'Afrique. Des entreprises telles que Flutterwave, Andela et Opay ont atteint des valorisations de plusieurs milliards de dollars, témoignant de l'essor du secteur. Cependant, en 2023, les levées de fonds ont chuté à 224 millions de dollars, contre 531 millions de dollars en 2022 et plus d’un milliard en 2021. Cette baisse illustre la nécessité d'une intervention publique pour revitaliser l'écosystème technologique en réponse à la frilosité des investisseurs.
Le nouveau fonds représente une avancée décisive pour le Nigeria, qui cherche à encourager davantage d'innovations locales. Actuellement, environ 12 948 entreprises sont enregistrées comme start-up, bénéficiant notamment d’une exonération fiscale de trois ans. Toutefois, un manque de sensibilisation aux avantages de la loi persiste, et le gouvernement prévoit une vaste campagne d’information à travers le pays.
En facilitant l'accès au financement, ce fonds pourrait non seulement renforcer le soutien aux start-up existantes, mais aussi stimuler la création de nouvelles entreprises technologiques, consolidant ainsi la position du Nigeria en tant que leader africain de l'innovation numérique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le gouvernement sénégalais s’engage dans la transformation numérique pour booster son développement. En collaboration avec ses partenaires, il met en place des initiatives pour renforcer l’inclusion numérique, soutenir l’entrepreneuriat et créer davantage d’opportunités pour les jeunes et les femmes.
Le partenariat stratégique entre le groupe Sonatel et la DER/FJ (Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes), officialisé le lundi 17 mars, marque une étape décisive dans le développement de l'entrepreneuriat numérique au Sénégal. L'initiative a pour ambition de renforcer l’inclusion numérique et de catalyser la création d’un écosystème entrepreneurial numérique et compétitif à travers des initiatives concrètes.
L’entrepreneuriat est un levier essentiel de croissance et d’opportunités pour les jeunes et les femmes au Sénégal. Pour le renforcer, #Sonatel et la Délégation Générale à l'Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (@dersenegal) unissent leurs efforts à travers une… pic.twitter.com/23MfH9AWOh
— Groupe Sonatel (@GroupeSonatel) March 17, 2025
Le projet s’appuie sur l'innovation technologique pour consolider l'inclusion sociale et économique. Il prévoit la synergie des ressources des deux partenaires pour créer de nouveaux champions dans le secteur de l'innovation. Cette collaboration met également l’accent sur la transformation du campus numérique de Bambey en un véritable hub d’innovation, un espace où les jeunes Sénégalais pourront acquérir des compétences numériques de pointe, leur permettant ainsi de se préparer aux emplois de demain.
En parallèle, le partenariat prévoit des programmes de formation adaptés aux besoins spécifiques des jeunes et des femmes, notamment par la création de hubs numériques dans les antennes départementales ciblées et dans les Orange Digital Centers (ODC). Ces centres, qui ont prouvé leur efficacité en tant qu’accélérateurs d’entreprises, serviront de tremplin pour l’émergence d’un écosystème entrepreneurial dynamique et innovant.
Cette collaboration s’inscrit dans les efforts conjoints des deux parties pour bâtir un écosystème propice à l'émergence de talents locaux. Elle constitue également une avancée vers la réalisation de la vision Sénégal 2050 et de la nouvelle stratégie nationale de transformation numérique, le New Deal Technologique, qui vise, d’ici 2034, à labelliser 500 start-up technologiques et à créer 150 000 emplois directs.
Depuis 2019, des initiatives telles que l'Orange start-up center et l'Orange Digital Center ont permis à plus de 39 000 jeunes de bénéficier de formations, avec un taux d’insertion professionnelle de 95 % au Sénégal. En 2024, Sonatel a déclaré avoir investi 800 millions de FCFA (1,3 million $) dans les start-up sénégalaises et a accompagné 1600 femmes grâce à son programme Maisons Digitales.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La première phase de l’expansion du centre de données a été finalisée en 2022. Wingu se renforce en Afrique de l’Est, où il est déjà présent en Éthiopie, à Djibouti et au Somaliland.
L’opérateur de centre de données Wingu Group, présent en Afrique de l’Est, a annoncé le mardi 18 mars le lancement de la deuxième phase de l’expansion de son centre de données à Dar es Salaam. L’entreprise se donne ainsi les moyens de mieux répondre aux besoins évolutifs de ses clients.
Jusque-là, le centre de données de Wingu en Tanzanie est certifié Tier 3 par l’Uptime Institute. Il garantit une maintenance sans interruption grâce à des équipements et circuits redondants. Son alimentation électrique et son système de refroidissement suivent plusieurs chemins redondants, limitant l’indisponibilité à 1,6 heure par an. De plus, il est neutre vis-à-vis des opérateurs, ce qui lui permet d’héberger tous les fournisseurs.
« Parmi les principales améliorations figure le doublement de la puissance par rack afin de soutenir efficacement les applications énergivores. L’installation offre désormais une surface blanche considérablement élargie pour accueillir davantage de baies, de pods et d’enceintes, garantissant ainsi une capacité de croissance adaptée aux besoins croissants des opérations numériques modernes », a déclaré l’entreprise dans un communiqué.
Cette expansion vise à renforcer la position de Wingu sur un marché en pleine croissance, soutenu par la transformation numérique en cours dans le pays. En effet, selon les données de plateformes de statistiques Statista, le marché tanzanien des centres de données devrait générer un revenu de 108,97 millions de dollars en 2025. Ce chiffre devrait enregistrer un taux de croissance annuel moyen de 7,54 % pour atteindre 145,74 millions de dollars en 2029.
Il convient toutefois de notifier que pour profiter des opportunités qu’offre le marché tanzanien des centres de données, Wingu doit faire face à la concurrence. La société Raxio Group est en train de construire un centre de données Tier 3 neutre vis-à-vis des opérateurs à Dar es Salaam. Le fournisseur de services informatiques Oman Data Park a également signé un protocole d’accord pour construire un centre de données à Zanzibar.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le gouvernement malien souhaite faire du numérique un levier de croissance pour l'économie nationale. Pour y parvenir, il met l'accent sur les services publics, qui constituent un pilier central de la stratégie de numérisation.
Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga (photo, au centre), a présidé, mardi 18 mars, le lancement de deux plateformes destinées à améliorer les services publics pour les citoyens. Il s’agit de « Trésor Pay » et du Système d’informations foncières / Guichet unique du foncier (SIF/GUF).
La plateforme « Trésor Pay », qui collabore avec l’ensemble des opérateurs de mobile money au Mali, a pour objectif de simplifier et sécuriser les paiements pour des services tels que les frais d’émission de cartes d’identité nationale, de passeports, ainsi que le règlement des infractions routières et amendes forfaitaires. Déjà déployée à la direction générale des transports et à la mairie de la commune IV, cette plateforme a été développée par la Cellule d’appui à l’informatisation des services fiscaux et financiers (CAISFF), en partenariat avec la direction nationale du Trésor et de la comptabilité publique.
Le SIF/GUF, quant à lui, vise à moderniser les formalités domaniales et foncières en permettant aux usagers d’effectuer toutes les opérations liées à la gestion foncière en un même lieu. Ce système sera opérationnel courant l'année dans les sept arrondissements du district de Bamako, conformément aux objectifs du Programme d’actions gouvernemental (PAG).
Le lancement de ces plateformes s’inscrit dans la volonté du gouvernement malien de renforcer la numérisation des services administratifs, facilitant ainsi l’accès des citoyens aux démarches publiques. Il intervient quelques jours seulement après la mise en ligne d’une plateforme numérique dédiée à faciliter l’accès aux documents administratifs, d’identité et de voyage pour la diaspora malienne.
Bien que le Mali ait progressé de 13 places dans le classement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) publié en 2024, se positionnant désormais à la 141e place sur 193 pays, des défis demeurent pour améliorer davantage l’accessibilité et l’efficacité des services numériques. Les efforts récents du gouvernement devraient permettre de gagner davantage de places dans ce classement, tout en contribuant à l’optimisation des recettes publiques et à une gouvernance plus efficace dans les années à venir.
Samira Njoya
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Avec la croissance rapide du numérique en Afrique, la souveraineté des données devient une priorité pour les entreprises. Des initiatives innovantes émergent à travers le continent, offrant des solutions locales pour garantir la conformité aux réglementations et protéger les données sensibles.
L’Afrique de l’Ouest s'apprête à accueillir Door, un cloud souverain 100% africain, conçu pour répondre aux besoins des entreprises locales. Développée par Cloudoor, une entreprise spécialisée dans les solutions de stockage et de gestion des données, en collaboration avec le Groupement Orange Services (GOS), cette plateforme offre une alternative locale aux infrastructures cloud étrangères. Elle ambitionne de garantir une sécurité renforcée et une conformité stricte aux réglementations nationales et régionales concernant la gestion des données sensibles.
« Cette initiative marque une étape décisive vers une souveraineté numérique renforcée pour les entreprises africaines. Grâce à cette offre cloud souveraine, nous donnons aux acteurs économiques locaux les outils nécessaires pour innover, se développer et rivaliser à l’échelle mondiale tout en conservant un contrôle total sur leurs données », a déclaré Aliou Ba (photo), CEO de Cloudoor.
Cette innovation s'inscrit dans un contexte où la protection des données constitue une priorité stratégique pour les entreprises et les gouvernements africains. Le rapport « Africa Cloud Business Survey 2023 – Unlocking the transformational power of cloud in Africa », de PricewaterhouseCoopers (PwC), met en lumière plusieurs obstacles à l’adoption du cloud en Afrique, tels que les contraintes budgétaires et le manque de fournisseurs locaux proposant des services cloud de qualité. Néanmoins, conscients de son importance, plus de 50 % des entreprises africaines l’ont déjà adopté, selon la même étude.
Pour répondre à ces défis, Cloudoor et GOS ont conçu Door afin de rendre le stockage des données plus abordable et accessible. Ce nouveau cloud repose sur l’infrastructure du datacenter Tiers III du GOS, une composante essentielle du réseau de data centers d'Orange en Afrique. Ce datacenter, construit en 2016 à Grand Bassam, en Côte d’Ivoire, s'étend sur une superficie de 16 600 m². Dans cette dynamique, Door sera officiellement lancé à Abidjan le 24 avril et à Dakar le 29 avril, marquant une étape clé dans le renforcement de la souveraineté numérique en Afrique.
En plus de l’hébergement sécurisé des données, Door propose des services spécifiques visant à accélérer l’innovation et moderniser les systèmes d’information des entreprises africaines. La plateforme inclut une offre DevOps managée, conçue pour optimiser les processus de développement et réduire le time-to-market, permettant ainsi aux entreprises de mieux répondre aux défis technologiques actuels. Par ailleurs, Door Deploy, une solution complémentaire, simplifie le déploiement des applications, bases de données ou modèles d’intelligence artificielle (IA) sur des serveurs GPU (processeur graphique).
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La pénurie de main-d'œuvre dans le secteur du numérique en Afrique représente un risque majeur pour le développement du continent. Combler ce vide au cours des cinq prochaines années constitue un double enjeu : réduire le chômage d’une population majoritairement jeune et contribuer à la croissance économique.
Alors que l'Afrique connaît une transformation numérique sans précédent, portée par une jeunesse connectée et des innovations locales, certains métiers tech émergent comme incontournables pour les prochaines années. En effet, si la contribution potentielle projetée de l'économie Internet en Afrique pourrait atteindre 712 milliards de dollars d'ici 2050, Google et la Société financière internationale (SFI) indiquent toutefois qu’elle ne pourra se concrétiser qu’avec une main-d’œuvre locale dotée des compétences de haute qualité et de classe mondiale. Mais l’Afrique en manque encore. D'ici 2030, des compétences professionnelles seront fortement recherchées dans divers domaines numériques pour matérialiser cette croissance.
Développement de logiciels et d'applications
Avec l'explosion des start-up et des plateformes numériques, ainsi que l’adoption progressive du numérique par les entreprises en Afrique, la demande en développeurs augmente. Que ce soit pour créer des applications mobiles, des logiciels de gestion ou des solutions sur mesure dans divers secteurs (santé, commerce, finances, transport, etc.), leur expertise est cruciale. Dans son étude « Africa Developer Ecosystem 2021 » publiée en février 2022, la société américaine Google indiquait une hausse du nombre de développeurs professionnels à 716 000 en 2021 contre 690 000 l'année précédente. Soit une progression de 3,8 % représentant 0,4 % de la main-d'œuvre non agricole du continent. La crise de la Covid-19, qui a accéléré la transformation numérique de l’Afrique et accentué le besoin de développeurs, a suscité des opportunités dans ce secteur.
Cybersécurité
Sans sécurité dans les systèmes électroniques qui servent à communiquer, payer, travailler, pas de confiance dans l’économie numérique. Dans son rapport « Interpol african cyberthreat assessment report 2024 Outlook by the african cybercrime operations desk », l’organisation intergouvernementale de police estime que le nombre d'attaques cybercriminelles continue d'augmenter sur le continent africain. En 2023, le nombre moyen de cyberattaques hebdomadaires par organisation en Afrique a augmenté de 23 % d'une année sur l'autre. Cette moyenne était la plus élevée au monde. Pour Kaspersky, société de cybersécurité, qui dit menace croissante accentuée avec l’usage de l’intelligence artificielle, dit opportunités d’emploi pour des millions de jeunes Africains dans diverses spécialisations.
Intelligence artificielle (IA)
L'IA révolutionne progressivement des secteurs clés comme l'agriculture, la santé et la finance. Les professionnels capables de concevoir des algorithmes et des systèmes intelligents sont de plus en plus demandés. C’est la raison pour laquelle plusieurs pays d’Afrique se dotent depuis 2023 d’une stratégie d’IA. D’autres, plus ambitieux, comme le Rwanda ou encore le Kenya songent déjà à introduire l’IA dans divers services publics. Les initiatives de formations voient également le jour un peu partout. Un ensemble d’actions qui laissent transparaître l’importance que l’IA aura sur la croissance socio-économique. Un avis que partage la Banque africaine de développement (BAD). Au-delà des ingénieurs et des spécialités propres au domaine, l’IA aura aussi une influence sur la création de nombreux métiers dans d’autres domaines comme la création graphique.
Data Sciences et Data Analysis
A l’ère du numérique, les données sont les nouvelles ressources précieuses. Avec un nombre croissant de jeunes Africains qui adoptent Internet, les réseaux, les services numériques, c’est un volume important d’informations diverses qui est produit chaque jour en ligne. Des données qui intéressent aussi bien les entreprises que les Etats. Le cabinet-conseil BearingPoint estime qu’à l'horizon 2030, les revenus générés directement par le Big Data en Afrique atteindront 10 milliards de dollars soit plus de dix fois le niveau enregistré en 2019. Mais pour cela, il faut des spécialistes qui sachent analyser et interpréter ces informations pour les transformer en valeur au travers de prises de décisions éclairées aussi bien dans le marketing, le commerce, l’économie ou encore la défense. Ce sont aussi de nouvelles spécialités professionnelles en perspectives, notamment des juristes spécialisés dans la protection des données.
Expérience et interface utilisateurs (UX/UI)
L'expérience utilisateur est au cœur des applications et des plateformes numériques. Les concepteurs UX/UI, qui créent des interfaces intuitives et attractives, sont de plus en plus essentiels pour répondre aux attentes de satisfaction des utilisateurs. Le cabinet d’intelligence économique Mordor Intelligence indique que la taille du marché mondial de l’UI/UX est estimée à 2,20 milliards $ en 2025 et devrait atteindre 9,28 milliards $ d'ici 2030. Bien que l’Afrique soit une zone où la demande restera moins importante, comparativement aux autres régions du monde, en raison de sa faible vitesse de transformation numérique, il n’en demeure pas moins que le continent sera un marché en croissance pour ce secteur professionnel.
E-commerce
Le commerce en ligne explose en Afrique, avec une concurrence qui se renforce au fil des années. Au-delà des acteurs exclusivement locaux, des acteurs internationaux comme Jumia, Takealot, Temu ou encore Alibaba investissent pour développer leur présence et leur activité. Au-delà de l’activité d’e-commerçant, des profils en gestion de plateformes, logistique et marketing digital sont des spécialités connexes que l’activité va développer. C’est tout un écosystème que plusieurs acteurs comme MasterCard, l’Organisation mondiale du Commerce ou encore la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) cherchent à organiser et développer. La taille du marché africain du commerce électronique devrait passer de 55 à 112,73 milliards de dollars entre 2024 en 2029, enregistrant ainsi une croissance de 105% sur une période de cinq ans, estime le cabinet de conseil en économie numérique TechCabal Insights.
Blockchain et fintech
La blockchain et les technologies financières transforment les services bancaires et sécurisent les transactions. Depuis la Covid-19, la plupart des grandes banques africaines ont entamé la numérisation de leurs services financiers pour plus de sécurité et de commodité, mais également pour faire face à la concurrence des fintech qui se multiplient sur le continent. Ces dix dernières années, la Fintech est demeurée le secteur qui enregistre le plus de start-up et qui attire le plus de financement en Afrique. Avec 1,034 milliard USD levés en 2024, les start-up opérant dans la technologie financière ont capté 47% des capitaux investis dans l’écosystème tech du continent, contre 42% en 2023. C’est un secteur en croissance où le besoin en main-d’œuvre s’annonce croissant au regard des initiatives d’inclusion financières qui se multiplient.
Cloud computing
Selon le cabinet-conseil McKinsey, l’adoption du Cloud computing progresse rapidement en Afrique. Les entreprises, dans plusieurs secteurs comme la Banque, les télécommunications, le pétrole font ce choix pour optimiser leurs coûts informatiques et réduire les charges opérationnelles. Cette tendance séduit et suscite depuis quelques années des investissements conséquents dans le cloud. Des acteurs internationaux comme Amazon, Google, Equinix, Huawei, Oracle se déploient aux côtés de plusieurs acteurs locaux comme Africa Data Centre, Raxio Group ou encore Wingu. Le cabinet d’audit et de conseil PricewaterhouseCoopers (PwC) révèle que 12% des entreprises africaines ont opéré une migration totale vers le Cloud alors que 38% ont adopté la technologie dans la plupart de leurs opérations. 32% des entreprises actives en Afrique ont également commencé à déplacer certaines de leurs opérations vers le cloud, et 19% sont en train de l’explorer. Mais PwC voit dans la pénurie de compétences un obstacle à l’accélération de cette migration. Le secteur du Cloud computing abrite une diversité de profils qu’il faudra développer pour concrétiser les prévisions de croissance qui estiment que le marché devrait voir ses revenus passer d’environ 20 milliards $ en 2025 à près de 45 milliards $ d’ici 2031, selon le cabinet 6W Research.
Marketing digital
Avec plus de 400 millions d'utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux en Afrique (Digital Report 2025), les spécialistes du marketing digital sont une ressource dont la demande est amenée à croître au cours des prochaines années. Professionnels clés pour les campagnes en ligne, ils sont devenus des outils incontournables pour atteindre les consommateurs. Pour les marques et les agences de communications, ce sont des atouts précieux qui font aujourd’hui des réseaux sociaux des espaces commerciaux de choix. Raison pour laquelle certains pays, conscients que c’est une niche d’emploi et de richesse, réfléchissent à un moyen de les taxer. Au Kenya, les autorités ont annoncé au dernier trimestre 2023 l'institution d'une taxe de 15% pour les créateurs de contenus et les influenceurs.
Energie numérique et solutions vertes
La transition vers les énergies renouvelables et les solutions numériques pour la gestion de l'énergie sont aujourd’hui au cœur des préoccupations de nombreux acteurs du développement, notamment l’Agence française de développement (AFD). Les hackatons qu’ils multiplient sur ces questions témoignent de l’importance de profils adaptés à ces préoccupations pour les prochaines années et du besoin de les identifier déjà. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) souligne l'importance de ces technologies pour moderniser le secteur énergétique mondial, notamment africain.
Ces domaines numériques et les différents nouveaux métiers technologiques qu’ils englobent représentent une opportunité majeure pour la jeunesse africaine, qui représente 60 % de la population du continent. Dans son rapport 2025 « Future of Jobs », le World Economic Forum (WEF) explique que les compétences technologiques devraient gagner en importance plus rapidement que tout autre type de compétences. Parmi celles-ci, l'IA et le Big Data figurent en tête des compétences affichant la croissance la plus rapide. En complément de ces compétences technologiques, la pensée créative et deux attitudes socio-émotionnelles - la résilience, la flexibilité et l'agilité, ainsi que la curiosité et l'apprentissage tout au long de la vie – gagneront aussi en importance. Cependant, pour saisir ces opportunités, il est essentiel d'investir dès maintenant dans l'éducation et la formation. Les gouvernements, les entreprises et les institutions éducatives doivent travailler ensemble pour préparer la main-d'œuvre de demain.
Muriel EDJO
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L’intelligence artificielle (IA) redéfinit les économies et les sociétés, transformant les services publics, l’industrie, l’innovation, entre autres. En investissant dans cette technologie, le Maroc ambitionne de renforcer sa compétitivité et sa souveraineté numérique.
Le Maroc et les États-Unis intensifient leur coopération dans le domaine du numérique et de l’intelligence artificielle (IA). Ces enjeux ont été au centre des discussions entre Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, et Steve Lang, ambassadeur itinérant des États-Unis pour le cyberespace et la politique numérique, lors de sa visite officielle à Washington le lundi 17 mars.
(1)Minister @AmalElfallah held today, at the U.S. Department of State, in Washington, D.C., discussions with Ambassador Steve Lang, Chief of Cyberspace and Digital Policy, in the presence of Mr. Youssef Amrani, Ambassador of the Kingdom of Morocco to the USA. pic.twitter.com/4J725UHY0C
— Ministère Délégué auprès du CG chargé de la TN&RA (@Ministere_TNRA) March 17, 2025
La ministre a également échangé avec Leila Elmergawi, directrice de la Stratégie et de la Politique mondiale en matière d’IA au Département d'État américain. Les discussions ont porté sur la feuille de route ambitieuse du Maroc pour l’IA et le Plan Maroc Numérique 2030, réaffirmant l’engagement des deux nations à promouvoir l’innovation et la transformation numérique.
« Nous avons réaffirmé le solide partenariat maroco-américain, faisant progresser la coopération en matière de transformation numérique et d’intelligence artificielle afin de favoriser l'innovation et une prospérité partagée », a déclaré Youssef Amrani, ambassadeur du Maroc aux États-Unis.
Minister Amal El Fallah also held a productive meeting at the @StateDept with Ms. Leila Elmergawi, Director for Strategy and Global AI Policy. They discussed Morocco’s ambitious AI Roadmap and the Digital Morocco 2030 plan, reaffirming their commitment to advancing AI development… pic.twitter.com/7XJQRj9vK1
— Youssef Amrani (@youamrani) March 17, 2025
Cette collaboration s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale « Digital Maroc 2030 », qui ambitionne de faire du pays un hub technologique en Afrique. L’IA y joue un rôle clé, notamment dans la modernisation des services publics. Le Maroc prévoit d’intégrer des solutions basées sur l’IA pour automatiser les procédures administratives, analyser les données et améliorer la qualité des services, avec l’objectif de passer de la 90e à la 50e place dans l’Indice des services en ligne des Nations unies d’ici 2030.
Selon le classement du Stanford Institute for Human-Centered AI (HAI), l’AI Index, les États-Unis, leaders mondiaux de l’IA, excellent dans la recherche, le développement et l’économie de cette technologie. Le pays surpasse largement la Chine en investissement privé (67,2 milliards de dollars contre 7,8 milliards de dollars) et en nombre de modèles d’apprentissage automatique créés (61 contre 15).
En s’appuyant sur l’expertise et les meilleures pratiques américaines, le Maroc entend accélérer sa transformation numérique et renforcer sa compétitivité sur la scène internationale. La coopération avec les États-Unis pourrait notamment permettre au pays d’accéder à des technologies de pointe, de développer des infrastructures numériques avancées et d’attirer davantage d’investissements dans le secteur de l’IA. Grâce au partage d’expériences et aux transferts de savoir-faire, le Maroc pourrait également renforcer ses capacités en recherche et en innovation, tout en stimulant l’émergence d’un écosystème local d’IA dynamique et compétitif.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En Afrique, investir dans les infrastructures et la connectivité est devenu un impératif pour réduire la fracture numérique. L’essor du numérique représente aussi une opportunité pour renforcer l’inclusion économique dans les régions les plus reculées.
Le secteur numérique en République démocratique du Congo est marqué par des défis structurels, notamment une couverture réseau inégale, un accès limité à Internet, ainsi qu’un manque d’infrastructures adaptées. Ces contraintes freinent le développement économique et l’inclusion numérique du pays. Selon les chiffres officiels, la RDC compte 59,7 millions d’abonnés à la téléphonie mobile et 30,7 millions d’abonnés à l’Internet mobile sur une population estimée à 95,2 millions au 30 juin 2024.
L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) estime que 40 millions de Congolais ne sont pas connectés à l’Internet mobile. De plus, l’Union internationale des télécommunications (UIT) évalue la couverture de la population en 3G à 55 %, contre 45 % pour la 2G.
Pour répondre à ces enjeux, un projet cofinancé par l’Agence française de développement (AFD) et la Banque mondiale, à hauteur de 500 millions de dollars, prévoit d’améliorer l’accès à Internet pour 30 millions de Congolais. L’accord officialisant cette initiative a été signé le vendredi 14 mars entre le ministre des Finances de la RDC, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi (photo, à droite), et l’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux (photo, à gauche).
#RDC : signature de deux conventions de prêt de 500 millions de dollars entre la République démocratique du Congo et l'Agence française de développement (#AFD), pour accompagner la transformation numérique et le programme multisectoriel de développement durable de la ville de… pic.twitter.com/R9zXlo7zcd
— acp.cd (@acprdcongo) March 17, 2025
Le projet prévoit d’étendre la connectivité à l’échelle nationale et de rendre Internet plus accessible en réduisant les coûts et en améliorant la couverture réseau notamment dans les zones les moins desservies. En parallèle, une partie du financement sera dédiée à la modernisation de la ville de Boma, où la crise économique liée au ralentissement des activités portuaires a fortement affecté la population.
La signature de cet accord s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation du secteur numérique et de démocratisation de l’accès aux technologies. En renforçant l’infrastructure numérique du pays, cette initiative devrait permettre de répondre aux défis immédiats d’accessibilité et de connectivité, tout en ouvrant la voie à de nouvelles opportunités économiques et sociales.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En Afrique, la transformation numérique accélère l’émergence de start-up innovantes qui utilisent la technologie pour répondre aux besoins des populations. Cependant, ces jeunes entreprises font face à plusieurs défis.
En Angola, l'Institut national de soutien aux petites et moyennes entreprises (INAPEM) et l'Institut national pour la promotion de la société de l'information (INFOSI) ont signé un protocole d’accord le vendredi 14 mars. Cet accord a pour objectif de jeter les bases d’une collaboration destinée à soutenir le développement des start-up.
Plus spécifiquement, la collaboration vise à accompagner le programme d’incubation DIGITAL.AO, une initiative supervisée par l’INFOSI. Les parties s’engagent à mener des actions conjointes pour soutenir les start-up et les entrepreneurs du numérique en Angola, favorisant ainsi la croissance de l’écosystème de l’innovation. L’INAPEM aura notamment pour mission d’apporter un appui institutionnel et technique à DIGITAL.AO.
« Parmi les objectifs du partenariat figurent l’identification et la sélection des start-up et entrepreneurs participant au programme, la mise à disposition d’espaces physiques pour l’incubation, l’organisation de formations et d’ateliers de renforcement des capacités, l’offre de services de mentorat et de conseil spécialisé, ainsi que la facilitation de l’accès aux réseaux d’investisseurs et de partenaires potentiels », a déclaré l’INAPEM dans un communiqué.
Une « Évaluation de l’écosystème angolais des start-up » de la Société financière internationale (IFC) publiée en novembre 2023 montre que l'écosystème en est encore à ses tout premiers stades de développement. Ce stade est caractérisé, apprend-on, par un faible nombre de start-up (environ 125) et des contraintes en termes de ressources. L’institution de Bretton Woods indique que l'Angola n'a pas encore connu de start-up ayant réalisé un événement de sortie.
L’IFC estime d’ailleurs qu’en soutenant les start-up et en favorisant l'innovation ainsi que l'entrepreneuriat, l'Angola peut davantage diversifier son économie dépendante du pétrole et créer plus d'emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.
Toutefois, l’IFC recommande aux autorités angolaises de prioriser et de mettre en œuvre une loi sur les start-up afin d'améliorer l’environnement politique des jeunes entreprises dans plusieurs domaines. Cela comprend notamment le renforcement du financement des phases précoces, en impliquant directement le gouvernement dans la création, l’investissement et le maintien de mécanismes de financement pour les start-up en phase de démarrage. Par ailleurs, l’institution financière insiste sur l'intégration de l'entrepreneuriat, du numérique et du codage dans l’éducation nationale, ainsi que sur la création de davantage d’écoles de formation professionnelle pour renforcer le vivier de talents.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’Algérie souhaite que l’IA contribue à hauteur de 7 % à son PIB d’ici 2027. Pour atteindre cet objectif, le pays investit dans des infrastructures de pointe.
Le dimanche 16 mars, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a procédé à Oran à la pose de la première pierre du premier centre de calcul haute performance dédié à l’IA en Algérie. Cette infrastructure, considérée comme une avancée stratégique vers la souveraineté numérique, vise à doter le pays d’une capacité de calcul intensif essentielle au développement des technologies d’IA.
Lors de son intervention, le ministre a souligné que ce centre s’inscrit dans la vision du président de la République Abdelmadjid Tebboune visant à positionner l’Algérie comme un acteur majeur de l’innovation et du numérique en Afrique. Il a mis en avant les opportunités qu’offrira cette infrastructure aux chercheurs, start-up et institutions académiques, en leur donnant accès à des ressources technologiques avancées. Grâce à ses processeurs graphiques (GPU) de dernière génération, elle fournira la puissance nécessaire à la conception d’applications stratégiques dans des domaines tels que la santé, l’industrie, la cybersécurité et les smart cities.
Ce projet s’insère dans la stratégie nationale d’IA récemment dévoilée, qui repose sur plusieurs axes parmi lesquels le renforcement des infrastructures de calcul avec des centres de données et des solutions cloud optimisées, le développement de la formation et de la recherche en collaboration avec les universités et les centres spécialisés, ainsi que la valorisation industrielle pour accompagner les start-up et entreprises dans la conception de solutions basées sur l’IA.
Avec ce centre, l’Algérie franchit une nouvelle étape vers l’autonomie technologique. Le calcul haute performance joue un rôle clé dans l’optimisation des modèles d’IA et la simulation de systèmes complexes dans des secteurs critiques comme l’agriculture de précision, la gestion des ressources énergétiques et la modélisation climatique. En offrant un accès direct à ces capacités de calcul avancées, le pays réduit sa dépendance aux infrastructures étrangères et diminue les coûts liés à l’externalisation. Ce projet contribue à renforcer l’indépendance technologique de l’Algérie tout en encourageant l’innovation dans des secteurs stratégiques.
Une fois terminé, ce centre devrait permettre à l’Algérie de renforcer ses capacités en matière de calcul haute performance et d’accélérer le développement des applications d’IA dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture de précision, la gestion des ressources énergétiques et la modélisation climatique. Il offrira aux chercheurs et entreprises locales l’opportunité d’accéder à des ressources technologiques avancées, réduisant ainsi la dépendance aux infrastructures étrangères. Cette initiative pourrait jouer un rôle clé dans l’émergence d’un écosystème IA dynamique et compétitif en Afrique du Nord.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le Burkina Faso mise sur l'IA pour renforcer son développement technologique
À l’instar de nombreux pays africains, le gouvernement burkinabé considère le numérique comme un levier essentiel de développement socioéconomique. Il mise sur la connectivité des administrations publiques pour optimiser les services offerts aux citoyens.
Le gouvernement burkinabé a engagé plus de 18 milliards FCFA (30 millions de dollars) dans le développement des infrastructures numériques. C’est ce qu’a annoncé le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo (photo, à gauche), lors de son discours devant l’Assemblée législative de transition le vendredi 14 mars. Ces investissements ont permis des avancées notables, notamment dans le secteur des télécommunications.
Selon le Premier ministre, plus de 3 milliards FCFA ont été engagés par l’État pour accompagner les opérateurs à rétablir les réseaux dans les zones jadis touchées par l'insécurité. Cela a permis l’extension des réseaux de communication électronique à 44 nouvelles localités en zones blanches, améliorant ainsi l’accès à Internet et aux services télécoms.
Du côté de l’administration, 104 nouveaux bâtiments ont été connectés au Réseau informatique national de l'administration publique (RESINA), portant le nombre total de bâtiments publics interconnectés à 2947. En matière d’hébergement des données, le gouvernement s’est engagé, au nom de la souveraineté numérique et pour renforcer les capacités nationales, dans un processus de construction de deux mini datacenters pour une valeur totale de plus de 15 milliards FCFA.
Sur la période 2023-2024, 169 plateformes de procédures administratives ont été dématérialisées, dont 77 sont déjà opérationnelles et 92 autres en cours de déploiement. Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie plus vaste, visant à positionner le Burkina Faso comme un acteur clé de l'intégration des TIC en Afrique de l’Ouest. Cependant, malgré ces avancées, le pays fait face à des défis majeurs. Selon le rapport « Measuring digital development – ICT Development Index 2024 », publié en juin 2024 par l'Union internationale des télécommunications (UIT), le Burkina Faso occupe le 43e rang sur 47 pays africains en termes de développement des TIC, avec un score de 30,1 sur 100.
Une fois que l’ensemble de ces travaux sera achevé, ces investissements devraient permettre au Burkina Faso d’améliorer significativement son accès aux services numériques et de renforcer son autonomie technologique. Le pays pourrait ainsi poser les bases d’un écosystème numérique plus performant et inclusif, en phase avec ses ambitions de modernisation et de développement socioéconomique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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BurkinaFaso : 55 % des objectifs numériques atteints au premier semestre
Chaque week-end, la rédaction de We Are Tech Africa vous rappelle les principales informations de la semaine dans le domaine du digital en Afrique, ainsi que leurs implications.
Le Sénégal s’engage pour l’éducation numérique avec Sonatel
Le mardi 11 mars 2025, le ministère de l’Éducation nationale du Sénégal et la Fondation Sonatel ont signé un protocole d'accord pour moderniser les infrastructures scolaires et promouvoir l'éducation numérique. Ce partenariat inclut le programme « Écoles Numériques » pour 120 écoles élémentaires et la formation de 500 femmes au marketing digital dans 7 Maisons digitales, renforçant ainsi l'inclusion numérique et l'égalité des chances.
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La Côte d'Ivoire crée un Comité de labellisation des start-up numériques
La Côte d’Ivoire a mis en place un comité de labellisation des start-up numériques pour favoriser leur structuration et leur croissance. Cette initiative vise à offrir aux jeunes entreprises innovantes un cadre officiel, des avantages fiscaux et un accès facilité aux financements, contribuant ainsi à dynamiser l’écosystème tech du pays.
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Cameroun : l’UE finance des projets numériques à hauteur de 2,1 millions de dollars
L’Union européenne finance des projets numériques au Cameroun à hauteur de 2,1 millions de dollars. Cette initiative vise à soutenir l'innovation technologique et la modernisation des services publics. Les fonds serviront notamment à renforcer l'infrastructure numérique et à améliorer l'accès aux services digitaux, contribuant ainsi à l’inclusion numérique et au développement économique du pays.
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Le Burkina Faso mise sur l'IA pour renforcer son développement technologique
Le Burkina Faso intègre l’intelligence artificielle dans sa stratégie de développement technologique. Le pays prévoit d’exploiter l’IA pour moderniser divers secteurs, notamment l’éducation, la santé et l’agriculture. Cette initiative vise à renforcer l'innovation, améliorer l'efficacité des services publics et stimuler la transformation numérique pour un développement socio-économique durable.
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La Côte d’Ivoire dévoile sa stratégie de l’IA et de la gouvernance des données
La Côte d'Ivoire a présenté sa stratégie nationale sur l'intelligence artificielle et la gouvernance des données. Ce plan vise à encadrer l'usage de l'IA, renforcer la gestion des données et favoriser l’innovation technologique. L’initiative s'inscrit dans la volonté du pays de stimuler son économie numérique et d'améliorer l’efficacité des services publics.
La Côte d’Ivoire dévoile sa stratégie de l’IA et de la gouvernance des données
L'IA offre à l'Afrique une opportunité majeure pour surmonter ses défis de développement grâce à des solutions innovantes. Des pays comme la Côte d'Ivoire, parmi les plus avertis, mettent en place des initiatives stratégiques pour tirer parti de cette technologie émergente.
La Côte d'Ivoire a présenté le jeudi 13 mars, sa stratégie nationale pour l'intelligence artificielle (IA) et la gouvernance des données. Après huit mois de préparation, le document a été officiellement remis au Premier ministre Beugré Mambé (photo, au centre), en vue de son adoption par le gouvernement et de son lancement prochain. Cette initiative marque un tournant dans la politique numérique du pays.
« Ce lancement marque un jalon important dans notre démarche dynamique et consciencieuse pour la transformation numérique de notre belle Côte d’Ivoire, à l’ère de la quatrième révolution industrielle marquée par des technologies émergentes dont l’intelligence artificielle », a souligné le Robert Beugré Mambé.
Les piliers fondamentaux et un plan d’action ambitieux sur cinq ans
La Stratégie nationale de l’intelligence artificielle de la Côte d'Ivoire repose sur trois piliers fondamentaux. Le premier axe porte sur l'investissement dans les compétences et les infrastructures, notamment par la construction de datacenters et de systèmes de cloud souverains, afin d’héberger et de sécuriser les données locales. Le deuxième pilier est l'inclusion régionale et sociale, visant à garantir que toutes les villes du pays et toutes les couches sociales bénéficient de la transformation numérique. Enfin, le troisième pilier concerne la gouvernance, avec pour objectif d’instaurer un cadre légal et éthique pour le développement de l'IA, afin de garantir des conditions de développement optimales et responsables.
La mise en œuvre de la Stratégie nationale de l’IA s’étendra sur une période de cinq ans. Parmi les premières actions figurent la création d’un Comité national pour l’IA et la gouvernance des données, qui aura pour mission de superviser les projets concrets visant à évaluer l'impact de l'IA sur des secteurs clés comme l’agriculture, la santé et l’éducation. Un autre projet majeur est la création d’un hub dédié à l’IA, qui comprendra un incubateur pour les start-up et un centre de formation spécialisé dans ce domaine.
Un élément clé de cette stratégie est l'introduction d’un label « Safe IA », destiné à établir un cadre légal et éthique pour le développement des solutions IA en Côte d'Ivoire. De plus, une cartographie des ressources en IA du pays, couvrant aussi bien les infrastructures que les compétences, sera mise en place pour suivre l'évolution du secteur.
La gouvernance des données : un pilier complémentaire
La gouvernance des données constitue un volet complémentaire essentiel de la stratégie, avec un focus sur plusieurs axes clés, à savoir la culture des données, l’éthique, la sécurité et l’interopérabilité des systèmes. La création de datacenters et le renforcement de la connectivité à l’échelle nationale sont au cœur de cette stratégie, visant à assurer une gestion efficace et sécurisée des données. L’objectif est de valoriser les données tout en garantissant un cadre sécurisé pour leur gestion.
À travers cette double stratégie, la Côte d'Ivoire ambitionne de devenir un modèle d'IA inclusive, éthique et responsable, en accélérant sa transformation numérique pour bâtir une nation unie et prospère d’ici 2030. Bien que le montant des investissements nécessaires pour la mise en œuvre de cette stratégie n’ait pas encore été révélé, il est évident que le pays est déterminé à investir dans cette nouvelle technologie pour stimuler son développement.
Une fois mise en œuvre, la Côte d'Ivoire rejoindra le cercle restreint des pays africains ayant lancé une stratégie nationale pour l'intelligence artificielle, parmi lesquels figurent le Bénin, l’Égypte, le Maroc, ainsi que d’autres nations comme le Rwanda, le Sénégal et le Nigéria, qui ont déjà annoncé des préparatifs en vue de l'adoption de l'IA.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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