Le tourisme est en plein essor sur le continent. Deux tech entrepreneurs kényans ont décidé de mettre en place une solution sur mesure pour faciliter le quotidien des agences de voyage et des voyageurs.
Triply est une solution numérique développée par une start-up kényane. Elle permet aux agences de voyage de gérer leurs opérations via une seule plateforme, et aux voyageurs d’organiser leurs voyages d'affaires ou de vacances. Fondée en 2021 par Peter Wachira et Collins Muthinja, la start-up est basée dans la capitale kényane, Nairobi.
« Nous aidons les entreprises de voyage à gérer leurs opérations en ligne, à collecter les paiements et à accéder aux services financiers, tout en augmentant leurs réservations grâce à notre place de marché », explique la start-up.
La solution inclut une application mobile disponible sur iOS et Android. Les utilisateurs peuvent créer un compte et accéder à toutes les fonctionnalités pour développer des entreprises telles que des agences de voyage, des plateformes de location d’hébergement de courte et longue durée, ou des entreprises événementielles.
Pour les entreprises, Triply facilite la collecte des paiements, la gestion de la messagerie, les réservations de vols et d'hôtels, ainsi que la gestion de l'identité des clients et des ressources humaines. Elle intègre également un outil de gestion du marketing, permettant aux clients de prendre des décisions stratégiques en intégrant la plupart des réseaux sociaux comme Facebook, WhatsApp et Instagram. Concernant la collecte des paiements et la gestion comptable, Triply propose des outils spécifiques.
Les voyageurs, quant à eux, peuvent réserver des hébergements de vacances, et accéder à des forfaits de voyage et des hôtels depuis ses plateformes web et mobile. Grâce à ses outils de finances, la jeune pousse reçoit les paiements dans plusieurs devises, ce qui facilite la tâche aux voyageurs. En avril 2024, la start-up a été sélectionnée pour rejoindre la cohorte Hiver 2024 de l'accélérateur californien Y Combinator.
Adoni Conrad Quenum
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Dans le but de protéger les consommateurs africains, trois entrepreneurs tech ont créé une solution pour authentifier les médicaments et les aliments. Rapidement, ils ont collaboré avec l’Agence nationale pour l’administration et le contrôle des aliments et des médicaments de leur pays, le Nigeria.
Chekkit est une solution d’e-santé développée par une start-up nigériane. Elle permet aux utilisateurs de vérifier l’authenticité des médicaments qu’ils consomment. La start-up, basée à Lagos (Nigeria) et à Houston (Etats-Unis), a été fondée en 2018 par Dare Odumade, Tosin Adelowo et Samuel Ukhueleigbe. En 2023, elle a levé un montant non dévoilé pour améliorer sa technologie et soutenir sa croissance.
« Nous développons des produits technologiques uniques qui protègent la vie de millions de personnes et améliorent directement la conduite des affaires pour plusieurs marques, en apprenant à connaître les consommateurs sur les marchés africains largement informels », a affirmé Dare Odumade.
La solution dispose d’une application mobile accessible sur iOS et Android, téléchargée plus de 10 000 fois d’après les données de Play Store. L'utilisateur n’a pas besoin de créer un compte pour utiliser Chekkit. Après avoir téléchargé l’application, il suffit de scanner le QR Code sur l’emballage du médicament. S’il est authentique, toutes les informations sur sa fabrication et sa date d’expiration s’affichent. La vérification permet ainsi d’éviter les médicaments contrefaits et expirés.
Il faut noter que l’application aide à authentifier uniquement les produits portant les étiquettes de la start-up. Par ailleurs, Chekkit a signé des contrats avec diverses entreprises opérant sur le continent pour aider les populations à reconnaître leurs produits authentiques des contrefaçons. Parmi ces entreprises, on peut citer Indomie, Nivea et Flour Mills of Nigeria Plc. Les entreprises ou leurs distributeurs doivent apposer des autocollants avec des codes uniques sur les emballages des produits.
Outre cette fonctionnalité, l’application Chekkit permet d’effectuer des enquêtes d’opinion auprès des consommateurs. L’utilisateur répond à un certain nombre de questions et gagne divers cadeaux en retour. Aussi, il peut formuler des plaintes à l’égard des entreprises ou des laboratoires pharmaceutiques. En septembre 2022, Chekkit Technologies Corp a été sélectionnée parmi trente start-ups pour participer au programme Investir dans l’innovation (i3) de la fondation Bill & Melinda Gates. Ce programme se conclut par l'octroi d'un chèque de 50 000 $.
Adoni Conrad Quenum
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Dans le but de faciliter la gestion des établissements scolaires, un tech entrepreneur a mis en place une solution sur mesure.
Studirium est une plateforme edtech développée par une jeune pousse camerounaise. Elle permet aux écoles de numériser leur écosystème. La start-up, basée à Douala, a été fondée en 2024 par Claude Dimo.
« Notre produit consiste en une application web et ou mobile permettant en toute sécurité d'enregistrer, générer, traiter, gérer, rendre accessible à qui de droit et d'archiver les données scolaires. Ceci dans le but d'accroître la performance du milieu scolaire, d'accentuer le suivi parental et de régulariser les cours particuliers en Afrique », explique la start-up.
La solution ne dispose pas d’une application mobile. Il faut passer par le navigateur pour accéder aux services. L’utilisateur, en l’occurrence le responsable de l’établissement scolaire, remplit un formulaire pour ajouter son école. Entre autres, il aura besoin de fournir des informations telles que le nom de l’établissement, la structure, la devise en français et anglais, la localisation, etc.
Après cette étape, un agent de la start-up prend contact avec l’utilisateur pour vérifier les documents de l’établissement. Si tout est conforme, le compte est activé. Il est possible de gérer, depuis le tableau de bord, une préinscription, un transfert d’élèves d’un établissement à un autre, etc.
Depuis son lancement, Studirium revendique 56 établissements, 403 classes ou encore 12 612 apprenants. En 2024, elle a été retenue parmi les dix start-up qui participent à l’étape camerounaise du Prix Orange de l’entrepreneur social en Afrique et au Moyen-Orient.
Adoni Conrad Quenum
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Le nom de la start-up signifie « sauver » en mooré, une langue véhiculaire du Burkina Faso. Elle a pour but de régler les problèmes de livraison de colis dans les différentes localités du pays.
Faangué est une solution technologique développée par le groupe Kafyka, une entreprise burkinabè. Elle permet aux utilisateurs de se faire livrer du gaz domestique en quelques clics. La start-up, basée à Ouagadougou, a été fondée en 2023 par Brice Clovis Kaboré.
Selon les propos de son fondateur, Faangué « a pour objectif de créer des emplois, valoriser le métier de livreur par l’utilisation des TIC, avoir un prix unique de livraison partout au Burkina Faso, motiver la population à intégrer l’aspect digital dans leur habitude, aider le gouvernement dans l’atteinte de ses objectifs ».
L’application est disponible uniquement sur Android. L’utilisateur, après téléchargement, se crée un compte et accède aux divers services. S’il veut passer la commande d’une bouteille de gaz, il aura simplement à contacter un des nombreux commerçants présents sur la plateforme. Il opte pour la bouteille de gaz de son choix et valide la commande. Avant de confirmer sa commande, l’utilisateur accède à la facture sur laquelle il retrouve en détail les informations relatives au prix du produit, aux frais de livraison et toutes les informations sur le livreur.
Outre ce service, il est possible de recourir aux livreurs de la start-up pour des courses. En fonction de la situation géographique de l’utilisateur, l’application met en avant les livreurs qui sont proches de sa position. Faangué estime, en kilomètres, la distance approximative qui sépare l’utilisateur et les différents livreurs mis en avant. Il pourra opter pour l’un d’eux pour faire faire la course.
La start-up a pour ambition de créer environ 200 emplois permanents et plus de 5 000 emplois à temps partiel de livreurs de produits divers dans toutes les localités du Burkina Faso. Elle est présente dans plusieurs grandes villes comme Ouagadougou, Bobo Dioulasso ou encore Koudougou.
Adoni Conrad Quenum
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Depuis la période de la Covid-19, les formations en ligne sont devenues une alternative intéressante pour acquérir des compétences. Elles sont d’autant plus accessibles notamment à cause de la flexibilité qu’elles offrent aux apprenants.
Blemama est une solution edtech développée par une jeune pousse béninoise. Elle permet aux utilisateurs d’accéder à des formations en ligne dans divers domaines. La start-up, basée à Cotonou, a été fondée en 2019 par Martinien Blévenec.
La solution ne dispose pas d’une application mobile. L’utilisateur devra se rendre directement sur la plateforme web pour accéder aux services. Même s’il est possible de surfer sur ladite plateforme sans disposer de compte, il faudra en créer un pour valider l’achat de formations. Sur Blemama, on retrouve des formations en marketing digital, en codage, en graphisme, en cryptomonnaie ou encore en e-commerce.
Outre ces formations, la jeune pousse dispose d’une « Tech Room ». C’est un programme qui permet de rejoindre une communauté privée de passionnés de technologie et d’accéder à un pack de formations. L’objectif est de permettre à l’utilisateur d’atteindre ses objectifs grâce à des formations conçues sur mesure. Au sein de la communauté, il est possible de demander des formations dans certains domaines clés. Elles se déroulent en ligne et l’utilisateur, indisponible au moment de la formation, peut accéder plus tard à l’enregistrement vidéo. Les frais d’abonnement mensuel s’élèvent à 20 000 FCFA (environ 33 $). L’edtech propose également un abonnement à la « Tech Room » sans accès au pack de formations à 5 000 FCFA.
En ce qui concerne les moyens de paiement, la jeune pousse a intégré les paiements par mobile money, par cartes bancaires et par cryptomonnaies. Par ailleurs, il est possible de devenir formateur sur Blemama. Pour cela, il faut cliquer sur l’onglet « Formateur » et discuter avec Liam, le chatbot basé sur l’IA de la jeune pousse. Elle revendique plus de 25 000 jeunes formés et dispose de plus d’une trentaine de formateurs.
En 2024, Blemama a été sélectionnée, avec cinq autres edtech béninoises, pour rejoindre la première cohorte du programme Mastercard Foundation EdTech Fellowship. C’est un programme d’accélération de huit mois, de mentorat et de conseils d’expert, avec un financement sans prise de participation d’un montant de 75 000 $.
Adoni Conrad Quenum
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Deux tech entrepreneurs togolais ont mis en place une solution pour, entre autres, aider les entrepreneurs. Le nom de la jeune pousse vient de la contraction de « Finance pour tous ».
Fintou est une solution fintech développée par une jeune pousse togolaise. Elle permet aux utilisateurs de créer et de lancer des collectes de fonds. La start-up, basée à Lomé, a été fondée en 2022 par Kokou Nouvor et Fandam Tahalgbanti.
« Fintou est né d’un besoin de financement pour la réalisation d’une idée d’entreprise. Dans la quête de financement nous avons découvert le crowdfunding, un mode de financement alternatif, qui permet de mobiliser des personnes intéressées pour le financement d’un projet. Cela nous a donné l’idée de mettre en place une plateforme similaire et de tester le concept », expliquent les fondateurs à Togo First.
La solution ne dispose pas d’une application mobile. Il faut passer un navigateur pour accéder à la plateforme. L’utilisateur ouvre son compte en cliquant sur le bouton « Démarrer ». Il renseigne ses informations puis la start-up vérifie les informations avant de valider le compte. Après cette étape, il pourra accéder aux divers services tels que le lancement de campagne de financement pour un projet, de cagnotte pour un anniversaire ou un mariage ou encore de donations.
« Selon votre projet, invitez votre entourage proche à participer puis, élargissez à vos connaissances et partagez ce dernier auprès de votre communauté sur les réseaux sociaux et du grand public. Donnez régulièrement des nouvelles de votre collecte de fonds directement sur la page de la collecte pour tenir informé les contributeurs », indique la start-up.
Pour collecter les fonds, Fintou a intégré le mobile money et les cartes de bancaires. La fintech propose un plan d’abonnement gratuit, pro et expert. Lorsque l’utilisateur opte pour le plan gratuit, le montant des collectes est limité à 3 millions FCFA (environ 5 000 $). Par ailleurs, il faut débourser 20 000 FCFA pour l’abonnement pro et pour l’expert, il faudra faire une demande explicite à la start-up.
Adoni Conrad Quenum
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L’application Cleva facilite la réception des paiements internationaux
Dans le but de faciliter les déplacements dans la ville de Dakar et ses environs, deux jeunes entrepreneurs ont mis en place une solution d’e-mobilité.
Kai est une solution d’e-mobilité développée par une start-up sénégalaise. Elle permet aux utilisateurs de faire des courses en ville en commandant des taxis depuis son application mobile. La start-up, basée à Dakar, a été fondée en 2018 par Pape Seyni Ndiaye et Birane Diagne. En 2021, elle a levé un montant non dévoilé pour soutenir sa croissance.
L’application est disponible sur iOS et sur Android où elle a déjà été téléchargée plus de 10 000 fois, d’après les données de Play Store. L’utilisateur se crée un compte en renseignant ses informations personnelles. Il pourra ensuite accéder aux services de la jeune pousse. S’il veut effectuer une course, l’utilisateur choisit sa destination sur la carte et sélectionne une gamme de véhicule. L’application affiche directement le prix de la course.
La jeune pousse permet à l’utilisateur d’en apprendre davantage sur le chauffeur. S’il valide la course, l’utilisateur reçoit une notification à l’arrivée du chauffeur. Il aura à suivre un itinéraire pour effectuer la course. Néanmoins, il est possible d’ajouter des arrêts ou de faire des détours pendant la course. En ce qui concerne les moyens de paiement, Kai offre plusieurs options. Entre autres, l’utilisateur paie avec le portefeuille numérique de l’application (préalablement rechargé), les cartes bancaires, le mobile money ou encore en espèces.
« Les services de Kai incluent des courses dans Dakar, des déplacements depuis et vers l’aéroport de Dakar, ainsi que des mises à disposition dans Dakar et vers toutes les régions », indique la start-up. Pour accélérer sa croissance, la jeune pousse sénégalaise s’est associée à CFAO Motors, un concessionnaire de véhicules. Pour ses débuts en décembre 2021, elle a reçu un lot de 20 voitures dans le cadre du partenariat.
Adoni Conrad Quenum
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Depuis quelques années, les jeunes pousses opérant dans les technologies de la santé proposent une alternative de choix aux populations. En Zambie, un tech entrepreneur a décidé de faciliter l’accès aux informations liées au secteur de la santé en lançant une solution numérique.
MedSearch Zambia est une solution d’e-santé développée par une jeune pousse zambienne. Elle permet aux utilisateurs d’accéder à toutes les informations se rapportant au secteur de la santé dans le pays. La start-up, basée dans la capitale Lusaka, a été fondée en 2018 par Zanga Musakuzi. Avec sa technologie, elle a pour objectif d’améliorer la façon dont les populations zambiennes effectuent les recherches de soins de santé.
« Nous avons développé une application d'annuaire médical, qui fonctionne comme un centre d'information sur la santé et un guide permettant aux utilisateurs à la recherche de services de santé ou de médicaments spécifiques d'en trouver rapidement et facilement un près de chez eux, quelle que soit leur situation géographique », indique la jeune pousse.
L’application mobile est accessible sur iOS et sur Android où elle a déjà été téléchargée plus d’un millier de fois, d’après les données de Play Store. L’utilisateur, après téléchargement, se crée un compte pour accéder aux services de la healthtech. MedSearch Zambia est en partenariat avec de nombreux fournisseurs de soins de santé tels que des pharmacies, des hôpitaux, des cliniques, des fournisseurs de services agrovétérinaires... Le but est de garantir la crédibilité et la fiabilité des informations disponibles sur ses plateformes web et mobile.
Outre la recherche d’informations sur le secteur de la santé, la jeune pousse propose des conseils en recherche médicale, des formations personnalisées pour les organisations et un département « Eau et Assainissement ». Elle dispose également d’un service de tourisme médical qui permet aux populations de se faire soigner en Inde.
Adoni Conrad Quenum
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Après des études dans de prestigieuses universités américaines, deux tech entrepreneurs nigérians se sont décidé à résoudre le problème de la réception des paiements internationaux à l’échelle mondiale. Ils ont choisi de débuter l’aventure par leur pays d’origine, le Nigeria.
Cleva est une solution fintech développée par une jeune pousse nigériane. Elle permet aux utilisateurs, particuliers ou entreprises, de recevoir des paiements internationaux en dollars américains sur un compte basé aux Etats-Unis. La start-up dispose d’un siège social à Lagos au Nigeria.
Fondée en 2023 par Philip Abel et Tolu Alabi, elle a levé un montant de 1,5 million $ en janvier 2024 pour financer la mise en place du projet et l'élaboration des services et de l’offre commerciale. La fintech rejoint dans la foulée la cohorte Hiver 2024 de l’accélérateur californien Y Combinator.
S’exprimant sur les services proposés par Cleva, Tolu Alabi explique : « Le problème que nous essayons de résoudre, à savoir permettre aux gens de recevoir des paiements internationaux, n'est ni un problème nigérian ni un problème africain. C'est un problème mondial ; les gens en Amérique latine, en Asie et même au Canada ont besoin de recevoir des dollars pour leur travail et leurs services ».
Les deux cofondateurs ont ainsi mis en place une application mobile disponible sur iOS et sur Android où elle a déjà été téléchargée plus de 10 000 fois, d’après les données de Play Store. L’utilisateur, après téléchargement, crée un compte avec son adresse e-mail. Il aura ensuite besoin de fournir sa pièce d’identité pour faire valider son compte. Pour l’instant, la solution est destinée aux Nigérians. « Nous commençons par le Nigeria parce que nous connaissons le marché et qu'il s'agit d'un marché important », ajoute Tolu Alabi.
Outre la réception des paiements internationaux, Cleva permet de convertir les dollars américains en monnaie locale et d’effectuer des opérations avec des comptes bancaires locaux. La fintech propose également des cartes bancaires virtuelles en dollars américains pour faciliter les transactions commerciales. « Mais nous pensons qu'en raison de nos antécédents, nous sommes très bien placés pour résoudre ce problème [réception des paiements internationaux] à l'échelle mondiale », conclut Tolu Alabi.
Adoni Conrad Quenum
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Le marché de la mobilité est en pleine croissance sur le continent. En Afrique du Sud, où de nombreux géants du secteur opèrent, une jeune pousse locale tente de se frayer un chemin. Son nom signifie « dépêche-toi » en langue zoulou.
Shesha est une solution d’e-mobilité développée par une jeune pousse sud-africaine. Elle permet aux utilisateurs d’effectuer leurs courses en commandant des taxis en ligne depuis l’application mobile. La start-up, lancée en 2024, est basée dans la province de Gauteng. Elle est soutenue, entre autres, par diverses entités telles que le Gauteng Taxi Industry Trust, le Santaco Gauteng ou encore le Gauteng National Taxi Alliance.
L’application est uniquement disponible sur Android où elle a déjà été téléchargée plus de 10 000 fois, d’après les données de Play Store. L’utilisateur, après téléchargement, se crée un compte avec son numéro d’identité. Vérifié, il peut accéder aux services de la jeune pousse. Quant aux chauffeurs, ils doivent fournir plus de documents en l’occurrence la pièce d’identité, le permis de conduire et le rapport d’inspection du véhicule.
Toutes ces dispositions sont prises pour assurer la sécurité des chauffeurs et des clients. « Shesha vérifie l'identité de tous ceux qui participent à un voyage Shesha, du client au conducteur, en s'assurant qu'ils sont bien ceux qu'ils prétendent être », a indiqué Nomsa Mdhluli, porte-parole de la jeune pousse.
Pour commander un chauffeur, l’utilisateur aura à renseigner le trajet dans l’application, opter pour le type de véhicule et valider la réservation. Il faut souligner qu’il est impossible d’effectuer une réservation sans disposer des fonds nécessaires pour la course dans son portefeuille électronique. La start-up impose les paiements par ce canal qui est sécurisé transparent. Le portefeuille peut être rechargé via les cartes bancaires ou dans un guichet automatique de banque.
« Lorsque nous avons consulté les opérateurs d'e-mobilité, nous avons également constaté que le fait que l'argent liquide soit autorisé les mettait également en danger. Nous utilisons donc un système sans argent liquide [...] », a expliqué Nomsa Mdhluli.
Shesha, qui revendique déjà environ 13 000 chauffeurs sur sa plateforme, opère pour l’instant dans la province du Gauteng. La jeune pousse compte s’étendre à d’autres provinces du pays dans les mois à venir.
Adoni Conrad Quenum
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Les solutions d’e-santé continuent de se développer dans les pays africains. Elles s’imposent comme des alternatives de choix et facilitent l’accès des populations à la santé.
eSiha est une solution d’e-santé développée par une jeune pousse algérienne. Elle permet aux utilisateurs d’accéder à divers soins de santé depuis son application mobile. La start-up, basée à Alger, a été fondée en 2019 par Hachi Bilal.
L’application est accessible sur iOS et sur Android où elle a déjà été téléchargée plus de 50 000 fois, d’après les données de Play Store. L’utilisateur, après téléchargement, se crée un compte avec ses informations personnelles. S’il est un professionnel de santé, il le notifie en cochant une case à la fin du formulaire.
Sur eSiha, il est possible de trouver divers professionnels de santé, allant des médecins et spécialistes aux paramédicaux en passant par les pharmaciens, les radiologues, etc. La plateforme dispose d’une barre de recherche dans laquelle il faut renseigner le type de professionnel de santé recherché et la wilaya où il faut effectuer cette recherche. En quelques clics, l’utilisateur aura une liste de professionnels de santé pour résoudre ses problèmes de santé.
Outre la géolocalisation des professionnels de santé, eSiha facilite la prise de rendez-vous en ligne, la téléconsultation audiovisuelle ou encore la création de dossiers de santé numériques. Ce dernier service facilite le suivi du patient en l’occurrence en cas de maladies chroniques. En ce qui concerne les professionnels de la santé, ils peuvent disposer de leur agenda à leur convenance depuis leur tableau de bord.
Des systèmes d’alerte avec les messages ou encore les e-mails sont mis en place pour rappeler aux patients ou aux professionnels un rendez-vous. La healthtech, depuis son lancement, revendique disposer de 10 850 praticiens, environ de 77 000 utilisateurs et près de 4 000 connexions quotidiennes sur sa plateforme.
Adoni Conrad Quenum
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Après avoir eu des difficultés à se faire livrer un canapé, Redouane El Halaoui s’est trouvé un associé pour lancer une solution. Il y a ajouté une fonctionnalité qui permet aux deux parties d’entrer en négociation.
PeeCoop est une solution de livraison développée par l’entreprise marocaine Red Ant. Elle permet aux utilisateurs de faire livrer des colis et des marchandises dans plusieurs villes du Maroc. La start-up, basée à Casablanca, a été lancée par Redouane El Haloui et Antoine de Mirbeck en 2020.
La solution dispose d’une application mobile disponible sur iOS et sur Android où elle a déjà été téléchargée plus de 10 000 fois. L’utilisateur, après téléchargement, crée son compte en fonction de son statut. La start-up propose des comptes pour les particuliers, des transporteurs indépendants et les plateformes de commerce électronique. Dans l’un ou l’autre des cas, il faudra renseigner son numéro de téléphone et suivre la procédure jusqu’au bout.
Après cette étape, si l’utilisateur a ouvert un compte pour particulier et souhaite se faire livrer un colis, il fait une demande, envoie une photo du colis puis remplit un formulaire. Dans celui-ci, il fournit un descriptif de la marchandise, renseigne ses dimensions, son poids, la date, l’heure et le lieu d’enlèvement, propose un prix puis valide sa demande. Celle-ci est reçue par plusieurs transporteurs et ceux que la course intéresse entrent en contact avec le client. La négociation est ainsi engagée et éventuellement les deux parties peuvent trouver un terrain d’entente.
S’exprimant sur la fonctionnalité qui permet de négocier les prix, Redouane El Haloui a affirmé en 2021 sur le podcast Medi-Up : « on voulait laisser le choix aux chauffeurs de pouvoir proposer un prix. C’est plus simple et puis ils savent que leurs collègues vont proposer aussi un prix donc les choses se font de manière naturelle puisqu’ils vont pouvoir proposer les bons prix pour le client. Et c’est à la charge de celui-ci d’accepter ou de négocier ».
PeeCoop revendique à ce jour plus de 2 000 « peecoopers » sur tout le territoire marocain, plus de 18 000 clients satisfaits. La jeune pousse affirme qu'avec son service les clients économisent jusqu’à 75 % de frais de livraison.
Adoni Conrad Quenum
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Après avoir suivi un programme d’accélération à EtriLabs, la healthtech s’est lancée sur le marché africain et a su se distinguer sur la scène technologique continentale. Elle continue son petit bonhomme de chemin et rêve grand.
Rema est une solution d’e-santé développée par une jeune pousse béninoise. Elle permet aux médecins et aux étudiants en médecine de collaborer à distance et de se faire former en continue. La start-up, basée à Cotonou, est dirigée depuis 2019 par Sedric Degbo. Elle a pour mission d'améliorer la qualité des décisions de santé en Afrique, en fiabilisant et en accélérant le transfert de connaissances et de données médico-scientifiques entre les acteurs individuels et organisationnels du système de santé.
L’application mobile est disponible sur iOS et sur Android où elle a déjà été téléchargée plus de 10 000 fois, selon les données de Play Store. L’utilisateur, après téléchargement, se crée un compte en remplissant le formulaire d’inscription. Il devra ensuite fournir les pièces justificatives de son statut professionnel ou estudiantin, puis soumettre sa demande afin de faire valider l’inscription après une vérification manuelle de la part de la jeune pousse. Ces dispositions sont prises car la création d’un compte sur Rema est uniquement possible pour les médecins et les étudiants en médecine (à partir du deuxième cycle d’étude au moins).
Le compte créé, l’utilisateur pourra accéder aux divers services de la start-up. Entre autres, elle propose Rema Learning qui permet d’assister en direct ou en différé à des conférences médicales interactives animées par des experts internationaux et de découvrir des cas cliniques proposés par les confrères ; Rema Jobs qui sélectionne des offres d’emploi pour les professionnels de santé en Afrique ; Rema Business qui permet de cibler et de toucher une certaine audience parmi les membres de la communauté pour divers buts (enquêtes médicales, notoriété de marque, campagnes d’influence, etc.) ou encore Rema Pharma.
Ce dernier est un service accessible pour les personnes extérieures à la communauté ayant besoin de discuter en toute confidentialité avec un pharmacien pour recevoir des conseils adaptés. Pour cela, il faudra enregistrer le numéro de la jeune pousse et contacter ledit numéro via l’application de messagerie instantanée WhatsApp. La demande de téléconseil pharmaceutique se matérialise souvent par une recommandation de bonnes pratiques en santé préventive, de produits pharmaceutiques sans ordonnance ou encore de consultation en centre de santé.
Rema est aussi une communauté en ligne et fonctionne comme un réseau social. Il est possible de faire des posts pour avoir les avis d’autres médecins. « Il y a deux modes de publications sur REMA, à savoir “Post rapide” ou “Cas clinique”. Si vous choisissez l’option “post rapide”, vous accédez à une interface de publication avec un champ pour ajouter du texte et un bouton d’ajout d’images. Lorsque vous choisissez l’option “cas clinique” vous accédez à une interface de publication avec un 1er champ pour décrire votre cas, un deuxième pour ajouter des images à votre cas et un troisième champ pour sélectionner les tags de spécialités et d’anatomie pour identifier votre cas », explique la plateforme d’e-santé.
Disposant également de bureaux à Nouakchott en Mauritanie, à Dakar au Sénégal, à Lomé au Togo ou encore à Douala au Cameroun, Rema veut s’imposer comme la première communauté de médecins et d’étudiants en médecine du continent. La start-up a déjà reçu plusieurs récompenses telles que le premier prix de la meilleure start-up aux inwiDays 2019 à Casablanca (Maroc), la meilleure start-up numérique au FIDEA 2019, le deuxième prix de la meilleure start-up africaine lors de l’AfricUp Pitch Challenge 2019 à Tunis (Tunisie), le prix récompensant les meilleures solutions de la Francophonie avec le plus d'impact au plus fort de la crise sanitaire en 2020.
Adoni Conrad Quenum
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Le développement des start-up de technologies financières en Afrique a offert des alternatives aux populations exclues des services financiers traditionnels. Grâce à ces solutions, elles peuvent épargner ou investir en fonction de leurs moyens.
Ejara est une solution fintech développée par une jeune pousse camerounaise. Elle permet aux utilisateurs d’accéder aux services financiers grâce à son application mobile. La start-up, basée à Douala, a été fondée en 2020 par Nelly Chatue-Diop, Baptiste Andrieux et Tierno Tall. En 2022, elle a réussi un tour de financement de 8 millions $ pour démocratiser l’accès aux produits numériques d’investissement et d’épargne et soutenir sa croissance sur le continent.
« En Afrique, la plupart des gens n'ont pas le filet de sécurité qu'est le fonds de retraite et certains clients utilisent Ejara pour cela. Il y a des utilisateurs, des mères en particulier, qui utilisent la plateforme pour investir dans l'éducation universitaire de leurs enfants. Ensuite, nous avons une petite partie de la base de clients qui sont des grossistes et qui font beaucoup de volumes ; ils utilisent la crypto pour financer et acheter leurs marchandises à des fournisseurs étrangers via cette méthode », a indiqué Nelly Chatue-Diop.
L’application d’Ejara est disponible sur iOS et sur Android où elle a déjà été téléchargée plus de 100 000 fois. L’utilisateur, après téléchargement, se crée un compte pour accéder aux divers services de la jeune pousse. Entre autres, il est possible d’épargner des fonds et de gagner jusqu’à 5 % d’intérêt annuel ou encore d’acheter et de vendre les cryptomonnaies. Du bitcoin au tether, en passant par l’ethereum ou encore le Binance Coin, la fintech camerounaise offre aux populations africaines l’accès à ces cryptomonnaies.
Le système d’Ejara est basé sur la blockchain, ce qui garantit des transactions sécurisées. Aussi, la fintech a mis en place une passerelle qui permet à ses utilisateurs de recharger leur portefeuille numérique grâce au mobile money. Ainsi, avec 1 000 FCFA (environ 1,63 $), l’utilisateur peut commencer à épargner ou à investir sur la plateforme mobile de la jeune pousse camerounaise.
« La transparence et la sécurité intégrées de la blockchain, combinées à la popularité des services bancaires mobiles en Afrique, m'ont fait comprendre qu'une plateforme d'investissement mobile basée sur la blockchain était la clé de l'expansion de l'inclusion financière », a déclaré Nelly Chatue-Diop.
Adoni Conrad Quenum
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