Trouver des logements ou des bureaux à louer ou à acheter dans les grandes villes africaines n’est pas une sinécure. Au Ghana, des entrepreneurs locaux se sont penchés sur le sujet en mettant en place une solution technologique.
MeQasa est une plateforme numérique développée par une start-up ghanéenne du même nom. Elle permet aux utilisateurs de trouver des logements, à louer ou à acheter, dans des délais raisonnables tout en respectant leurs critères grâce aux petites annonces postées par les propriétaires ou les agences immobilières. La start-up, fondée en 2013 par Kelvin Nyame, Kofi Amuasi et Rashad Seini, a pu lever 500 000 $ en 2015 pour soutenir sa croissance.
Shaun Di Gregrio, président-directeur général de la société de capital-risque qui a soutenu la start-up en 2015, explique que « l'entreprise dispose d'une plateforme solide et progresse rapidement dans ce que nous considérons comme un marché véritablement dynamique en Afrique de l'Ouest. La combinaison de notre propre expérience des petites annonces en ligne sur les marchés émergents, ainsi que la passion et l'engagement de MeQasa, constitue une combinaison puissante et une opportunité de créer une entreprise leader du secteur au Ghana et au-delà ».
Pour avoir un impact plus important, la start-up a mis en place des applications mobiles, disponibles sur Android et sur iOS. Que ce soit dans la région d’Accra, au pays Ashanti, dans la région de l’Ouest…, il est possible grâce à MeQasa de trouver des logements. L’utilisateur peut filtrer en fonction du type de bâtiment qu’il recherche, de la fourchette de prix, etc.
En cliquant sur un bien, toutes les informations nécessaires pour mener à bien l’opération sont disponibles. Outre la partie e-commerce, la jeune pousse possède un blog où elle traite de divers sujets se rapportant à la proptech. Il est possible d’en apprendre davantage sur le sujet en parcourant les différents articles.
Adoni Conrad Quenum
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L’intelligence artificielle apporte de nombreuses solutions dans divers secteurs de l’économie. Dans le secteur primaire, elle contribue entre autres au perfectionnement des solutions technologiques agricoles.
Agrix Tech est une plateforme numérique développée par une start-up camerounaise du même nom. Elle permet aux petits agriculteurs de traiter les maladies des cultures et de lutter également contre les mauvaises herbes et les ravageurs de culture grâce à l’intelligence artificielle. La start-up a été fondée en 2018 par Adamou Nchange Kouotou.
« La plupart des petits agriculteurs des pays en développement sont des autodidactes qui ne disposent pas des connaissances appropriées en matière de gestion des maladies et des parasites des cultures », a indiqué Adamou Nchange Kouotou.
C’est donc pour venir en aide à cette partie de la population que l’entrepreneur camerounais a mis en place une application disponible uniquement sur Android. Après avoir téléchargé l’application sur son smartphone, l’agriculteur doit s’inscrire en renseignant certaines informations personnelles. Pour avoir des recommandations concernant une plante malade de son champ, l’agriculteur la scanne via l’application. Celle-ci enregistre une vidéo qui est automatiquement analysée avec les techniques d’intelligence artificielle. Quelques instants plus tard, il reçoit des indications pour le traitement de la plante malade.
Outre cette fonctionnalité, la solution peut aider les agriculteurs à déterminer les types de cultures qui correspondent à un terrain agricole et à effectuer son entretien, au jour le jour, en rappelant les bonnes pratiques. Pour ne pas exclure les agriculteurs peu alphabétisés, une technologie de reconnaissance vocale et textuelle utilisant plusieurs langues locales a été intégrée à la solution. Tous ces services sont rendus gratuitement aux exploitants agricoles. Mais, pour faire tourner la start-up, Adamou Nchange Kouatou mise sur la vente d'espaces publicitaires sur l’application et sur la vente de licences d’utilisation aux entreprises de conseils agricoles.
Adoni Conrad Quenum
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Les entreprises du continent ont besoin de solutions fintech de gestion pour améliorer leurs résultats. Des entrepreneurs proposent divers produits plus performants les uns que les autres.
Sava est une plateforme numérique développée par une start-up sud-africaine du même nom. Elle propose des outils comptables automatisés pour permettre aux petites et moyennes entreprises de mieux gérer leurs dépenses. La start-up, fondée en 2021 par Yoeal Haile, Federico Von Bary Landesmann et Kolawole Olajide, a réussi à lever un montant de 2 millions $ pour entre autres développer ses produits.
Kolawole Olajide explique « qu'ayant travaillé à la transformation numérique des entreprises dans divers secteurs, je suis ravi d’aider à créer une plateforme qui aidera les propriétaires d’entreprise à gérer leurs finances et à résoudre certains des problèmes auxquels ils ont été confrontés en utilisant des outils logiciels financiers disjoints. Sava nous permettra de voir et de contrôler les dépenses commerciales en temps réel et de fournir aux entreprises des informations et des crédits exploitables ».
C’est donc dans cet état d’esprit que la plateforme Sava a été mise au point, mais les applications mobiles ne sont pas encore disponibles. Néanmoins, il faut s’inscrire pour avoir accès à toutes les fonctionnalités que propose la solution. Entre autres, émettre des cartes virtuelles pour chaque employé, prendre en compte les budgets et les flux de trésorerie, une transparence en temps réel.
La fintech propose également à ses clients des crédits disponibles rapidement et des plans de remboursement plutôt flexibles. Il est possible d’opter pour des plans de remboursement quotidiens, hebdomadaires ou encore mensuels. Elle prévoit de lancer officiellement ses activités au troisième trimestre de l’année en Afrique du Sud ; une expansion est prévue au Kenya et au Nigeria un peu plus tard.
Adoni Conrad Quenum
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En Afrique, les start-up proposent diverses solutions pour aider les populations. Cette jeune pousse nigériane veut mettre en place une communauté qui met en relation des personnalités influentes.
Movemeback est une plateforme numérique développée par une start-up anglo-nigériane éponyme. Elle permet de connecter les membres de sa communauté, en l’occurrence les leaders, les influenceurs et les talents du continent, à des opportunités de carrière sociales et entrepreneuriales à fort impact. La start-up a été fondée en 2014 par Charles Sekwalor (photo, à gauche) et Oyin Solebo (photo, à droite).
La solution ne dispose pas d’application mobile, mais elle est accessible via un navigateur. On y retrouve des propositions de travail dans plusieurs villes africaines ou en remote. Pour postuler, il est impératif de s’inscrire sur la plateforme et de faire partie de la communauté de la start-up. À cet effet, un bouton « join », sur la home page, renvoie sur une page où l’utilisateur doit renseigner ses informations personnelles, son e-mail, son pays et sa ville.
Movemeback se veut un creuset où les membres pourront bénéficier non seulement des opportunités disponibles, mais également de celles que peuvent apporter les membres. Faciliter la relation entre les membres est l’un des objectifs majeurs de la jeune pousse.
En août 2020, Movemeback a été sélectionné avec 11 autres start-up africaines parmi 139 pour participer à « The Future is Female », un programme de mentorat en relations publiques et en communication. La start-up n’a pas encore réussi à lever des fonds, mais elle « aspire à devenir le canal de confiance international par lequel l'Afrique interagit et établit des partenariats avec des individus, des organisations et des institutions dans le reste du monde ».
Adoni Conrad Quenum
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Signifiant « commerce » en Bambara, une langue parlée entre autres en Côte d’Ivoire, la start-up Julaya a mis en place une solution de paiement destinée aux entreprises. Elle est déjà utilisée par des centaines de personnes dans certaines régions du continent.
Julaya est une plateforme numérique développée par une start-up franco-ivoirienne. Elle permet d’effectuer des paiements vers des comptes de mobile money et de mobile banking. La start-up, fondée en 2018 par Charles Talbot et Mathias Léopoldie, a réussi plusieurs tours de table d’un montant total de 2,7 millions $ auprès des business angels et d'autres investisseurs comme Orange Ventures pour soutenir sa croissance.
Mathias Léopoldie explique que la plateforme « permet aux clients de simplifier leur comptabilité : ils améliorent leur efficacité opérationnelle en digitalisant leurs paiements vers leurs salariés, journaliers et fournisseurs. Notre solution est plug-and-play et ne nécessite aucune connaissance technique, ce qui permet de toucher les directions financières encore peu digitalisées ».
Via l’application de la solution, uniquement disponible sur Android, il est possible de payer plusieurs personnes en un temps record. Avant tout, il faudra créer un compte et recharger son portefeuille dans l’une des banques partenaires de Julaya. C’est à partir de ce moment que, grâce aux multiples partenariats signés avec les opérateurs téléphoniques et d’autres fintech, l’utilisateur peut aisément profiter des fonctionnalités intégrées à l’application. En Côte d’Ivoire et au Sénégal, il est possible de recharger son portefeuille dans pas moins de 10 banques.
Selon la start-up, plus de 300 directeurs des affaires financières et directeurs généraux utilisent quotidiennement Julaya, plus de 100 000 paiements et salaires ont été reçus grâce à la jeune pousse, et elle estime à plus de 300 heures le temps gagné à ne pas attendre à la banque. Le service d'assistance de la start-up, en cas de problème, est accessible tous les jours de la semaine, 24 heures sur 24. En ce qui concerne les tarifs, ils varient entre 0 et 2 % de la transaction en fonction du type d’opération effectué par le client.
Adoni Conrad Quenum
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La jeune pousse OKO revendique avoir aidé plus de 15 000 agriculteurs au Mali et en Ouganda. Elle veut s’étendre en Côte d’Ivoire et continuer à soutenir les petits exploitants agricoles du continent grâce à sa solution.
OKO est une plateforme numérique développée par une start-up malienne du même nom. Elle veut aider les petits exploitants agricoles en leur fournissant des produits d’assurance récolte abordables. La start-up, fondée en 2018 par Raphael Haziza, Shehzad Lokhandwalla et Simon Schwall, a réussi plusieurs tours de table d’un montant total de 2,1 millions $ pour, entre autres, soutenir sa croissance et s’étendre en Côte d’Ivoire d’ici quelques mois.
Se définissant d’un genre nouveau, la start-up explique qu’elle « fournit une assurance efficace et abordable aux agriculteurs des marchés émergents et offre un règlement instantané des sinistres ». Elle essaye de tirer parti de l’influence grandissante de la technologie mobile pour atteindre cet objectif. Il suffit ainsi de disposer d’un téléphone portable pour accéder à une assurance récolte chez OKO.
La jeune pousse a en effet signé de nombreux partenariats, en l’occurrence avec Orange Mali et le géant allemand des assurances Allianz, pour optimiser les produits qu’elle propose aux exploitants agricoles. C’est grâce à des informations météorologiques pointues qu’elle évalue, dans un premier temps, les risques dans les différentes régions agricoles et fixe les prix de façon optimale. La solution, puisqu’elle veut être utile aux petits exploitants et que ceux-ci ont rarement accès à Internet, a mis en place un code USSD, en plus d’une application mobile et d’une interface de programmation, qui permet d’accéder à ses services depuis n’importe quel téléphone portable.
L’application mobile est une véritable alternative au code USSD, contrairement à l’interface de programmation qui permet aux différents partenaires de la start-up d’accéder à certaines informations pertinentes de sa base de données. Pour mieux gérer la multitude de polices d’assurance, la solution embarque divers outils tels que le suivi des performances, l’archivage sécurisé et le reporting pour les régulateurs.
Depuis son lancement, la start-up malienne a reçu de nombreuses distinctions. Entre autres, on peut citer le prix international lors de la journée de la finance climatique de Finance for Tomorrow en novembre 2019, le prix FinTech Showcase 2019 lors du Global Policy Forum de l'Alliance for Financial Inclusion (AFI) à Kigali (Rwanda), le prix de la création d'emplois lors du sommet Seedstars 2019 à Johannesburg par la Banque africaine de développement (BAD).
Adoni Conrad Quenum
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Les services de livraison au dernier kilomètre connaissent du succès à travers le continent. Dans de nombreux pays africains, des entrepreneurs se lancent sur ce marché avec plus ou moins de réussite.
Kaba Delivery est une solution numérique qui permet d’effectuer des commandes de nourritures et de se faire livrer à domicile ou à une adresse quelconque. Elle a été développée par une start-up togolaise, fondée en 2018 par Ruphin Tiou Tagba Aliti et trois de ses amis.
« Les frais de livraison de Kaba sont les plus concurrentiels du marché. Nous proposons des livraisons à partir de 500 FCFA et nous voulions que n’importe quel compatriote soit à même d’utiliser l’application et cela passe par le coût des livraisons », a indiqué Ruphin Tiou Tagba Aliti.
La solution dispose d’une application mobile accessible sur Android et iOS. Les utilisateurs, après l’avoir téléchargée, doivent créer un compte. Il est également possible de devenir un livreur ou un partenaire de la start-up. Les fondateurs ont d’ailleurs lancé un crowdfunding sur Leetchi pour permettre à tout le monde d’aider la start-up dans sa progression.
Pour commander sur Kaba Delivery, il faut choisir le restaurant puis sélectionner le menu désiré. Ensuite, il faut créer et enregistrer une adresse géolocalisée de livraison puis opter pour un mode de paiement. L’utilisateur a le choix entre le paiement en ligne par divers moyens, en l’occurrence le mobile money, ou le paiement à la livraison. La commande validée, il faudra patienter pour se faire livrer à l’adresse préalablement définie.
La jeune pousse revendique être en partenariat avec plus de 200 restaurants. Ils proposent des mets divers, africains et occidentaux, ce qui permet à tout le monde d’en avoir pour son compte. La start-up continue ainsi sa marche en avant et espère un tour de table pour soutenir sa croissance et s’étendre dans les pays voisins.
Adoni Conrad Quenum
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La logistique peut devenir un problème majeur dans la plupart des pays africains. Après plusieurs levées de fonds successives, une jeune pousse nigériane propose une alternative dans le secteur du transport de fret.
Kobo360 est une solution numérique développée par une start-up nigériane du même nom. Elle permet de mettre en relation des conducteurs de camions et des entreprises de fret, dans le but d’assurer les livraisons en un temps record. La start-up, fondée en 2017 par Ife Oyedele et Obi Ozor, a réussi plusieurs tours de table d’un montant total de 37,3 millions $ pour entre autres soutenir sa croissance. Elle est présente dans sept pays africains que sont le Nigeria, Ghana, Togo, Ouganda, Kenya, Côte d’Ivoire et Burkina Faso.
Selon Wale Ayeni, dirigeant de l'investissement en Afrique pour la Société financière internationale, la branche de la Banque mondiale qui soutient le secteur privé, « Kobo360 renforce la capacité du vaste réseau de "micro" flottes mal desservies d'Afrique afin de répondre aux énormes besoins non satisfaits des grandes entreprises et des PME en matière de fret long-courrier, en apportant de la valeur ».
Pour ce fait, la solution dispose d’une application, accessible sur Android et sur iOS. Elle permet aux transporteurs et aux clients d’accéder depuis leur smartphone à tous les services que propose la start-up. Tous les utilisateurs disposent également d’un tableau de bord qu’ils peuvent suivre aisément depuis le confort de leur domicile par exemple. Néanmoins, la création d’un compte est obligatoire pour profiter de toutes les fonctionnalités.
Grâce à ses plateformes mobile et web, Kobo360 garantit aux clients un transport de fret rapide et efficace, un vaste réseau de partenaires pour l'entreposage, le dédouanement et l'expédition de fret, et un suivi en temps réel des produits transportés. En ce qui concerne les transporteurs, la jeune pousse leur offre une opportunité d’augmenter leurs revenus au-dessus du taux moyen du marché, de développer leur entreprise de camionnage ou encore d’avoir des réductions de tarif sur les achats de diesel et de pneus.
Kobo360 revendique plus de 9 milliards de kilogrammes de marchandises transportées, plus de 50 000 camions actifs, plus de 150 000 emplois créés et plus de 700 entreprises desservies. En 2019, l’Africa CEO Forum Awards a nommé la start-up « Disrupteur de l’année » pour avoir eu un succès immédiat et significatif dans son secteur d’activité. Son cofondateur Obi Ozor remporte la même année les prix du « Jeune chef d'entreprise de l'année » et « d'Innovateur de l'année ». Lors des AppsAfrica Awards en 2020, Kobo360 remporte le « Mobility Award » devant d’autres prestigieuses start-up opérant dans le secteur sur le continent.
Adoni Conrad Quenum
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Les entrepreneurs africains proposent diverses solutions fintech pour aider les populations à accéder à des crédits. En Ouganda et au Kenya, une solution fintech propose des produits financiers intéressants.
Tugende est une plateforme numérique développée par une start-up ougandaise éponyme. Elle octroie des crédits aux entrepreneurs indépendants, en l’occurrence ceux qui possèdent des petites et moyennes entreprises, pour les aider à développer leur business. La start-up, fondée en 2013 par Michael Wilkerson, a réussi plusieurs tours de table d’un montant total de 51,1 millions $.
« 90 % des entreprises en Afrique sont des MPME, mais elles reçoivent moins de 20 % du crédit total disponible. Tugende a commencé par combler ce déficit de crédit pour les motos-taxis en Ouganda, en aidant ces entrepreneurs indépendants à posséder au lieu de louer leurs principaux actifs productifs en 24 mois ou moins », indique la jeune pousse.
La solution possède une application, disponible uniquement sur Android, qui permet à ses utilisateurs d’accéder aux fonctionnalités. Il faudrait néanmoins s’inscrire et disposer d’un compte. Lorsque quelqu’un exprime un besoin de financement, la start-up mène son enquête et demande à rencontrer deux personnes de son entourage qui témoignent de sa bonne volonté. Après cette étape, un dépôt minimum de 100 shillings ougandais (environ 0,027 $) est effectué sur le compte avant l’octroi du crédit par Tugende.
Au-delà des enquêtes menées, le choix de financer un entrepreneur repose sur un système basé sur le big data et l’intelligence artificielle. Ce système permet de prédire la façon dont le bénéficiaire va utiliser les crédits octroyés. Par ailleurs, Tugende revendique 52 000 clients financés depuis son lancement, plus de 29 000 clients actifs et plus de 800 emplois à temps plein créés. La start-up est également présente au Kenya. En mai 2022, Tugende remporte le prix de « l’inclusion financière » lors de la 16e édition des trophées « African Banker ».
Adoni Conrad Quenum
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Avec la transformation numérique en cours, les Africains, bien qu’en retrait, participent activement à la révolution technologique du monde. Dans le but d’aider les populations à accéder aisément à certains services, un entrepreneur béninois a mis en place une solution à cette fin.
Ylomi est une plateforme numérique développée par une start-up béninoise du même nom. Elle permet de mettre en contact des artisans avec des clients potentiels à la recherche d’une certaine compétence dans maints domaines, en l’occurrence dans le service à domicile. La start-up a été fondée en 2018 par Jean Vivien Dah N’Gbekounou.
« En 2016, lorsqu’on était en période de délestage au Bénin, j’ai eu toutes les peines du monde à retrouver un mécanicien pour réparer mon groupe électrogène en panne. Et le seul qu’on m’a proposé m’a vraiment eu en me facturant 3 fois le prix de la réparation sans aucune satisfaction en retour. Cette histoire, qui est commune aux populations africaines, m’a plongé dans une réflexion profonde qui a conduit à la création de Ylomi », a indiqué Dah N’Gbekounou.
La solution possède une application mobile disponible sur Android et sur iOS. Les utilisateurs peuvent ainsi accéder à tous les services Ylomi depuis ce canal. Avant cela, il faut créer un compte en appuyant sur le bouton « inscription ». Il faut ensuite renseigner quelques informations basiques et créer un mot de passe. Pour devenir un artisan professionnel, un bouton « devenir pro Ylomi » est accessible depuis la homepage. Elle renvoie vers une page où il faut renseigner également des informations personnelles, choisir le type de prestation et décrire en quelques mots ce en quoi elle consiste.
Des artisans professionnels, validés par la start-up, sont opérationnels pour aider à réparer des télévisions, à effectuer des massages relaxants, à régler des problèmes de plomberie ou de vitrerie, etc. La jeune pousse revendique entre autres 458 professionnels sur la ville de Cotonou, 153 sur Abomey-Calavi ou encore 73 sur Porto-Novo. Il est important de souligner que Ylomi a souscrit auprès de NSIA une assurance de la responsabilité civile des employés de maison et prestataires proposant leurs services via leur plateforme. C’est une façon de protéger les deux parties en cas de problèmes lors des prestations.
Adoni Conrad Quenum
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Les solutions technologiques se multiplient dans les pays africains. La proptech, start-up opérant dans le secteur de l’immobilier, essaie de se frayer un chemin sur un continent dominé par les fintech.
Togo Home est une plateforme numérique développée par une jeune pousse togolaise du même nom. La start-up, lancée en janvier 2022 par Edmond Joseph Messan (photo), permet aux utilisateurs de trouver aisément depuis leur smartphone un logement avec des caractéristiques préalablement définies.
« À l’heure où le numérique et la digitalisation régentent presque la totalité de la vie, nous estimons qu’il serait bienvenu de concevoir une plateforme sur laquelle tous les agents immobiliers reconnus par l’État, formés et professionnalisés pourraient déposer leurs offres dûment actualisées. Nos compatriotes n’auraient plus qu’à effectuer la recherche du bien souhaité, l’opération souhaitée, consulter et proposer leurs prix, discuter des conditions puis visiter avant de conclure », a déclaré Edmond Joseph Messan.
Une application, disponible sur iOS et sur Android, a été développée à cette fin. On y retrouve une multitude d’annonces de biens immobiliers, en location ou en vente, avec toutes les informations pertinentes pour passer à l'action. En cliquant sur un bien, on accède à des photos supplémentaires avec un numéro à contacter si l’on veut en savoir davantage. Les recherches s’effectuent en fonction de trois caractéristiques que sont : location ou vente, type de bien recherché et la région dans laquelle le bien est recherché.
Pour profiter de toutes les fonctionnalités, il faut s’inscrire sur la plateforme en renseignant des informations comme le nom, le prénom, le numéro de téléphone, l’adresse email, puis créer un mot de passe. La plateforme revendique le titre de « Google de l’immobilier » et pour ce fait, elle a signé un partenariat avec la Fédération togolaise de l’immobilier pour avoir la primeur dans le secteur.
Adoni Conrad Quenum
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En Afrique, le secteur informel occupe une part importante de l’économie des pays. Pourtant, les acteurs sont souvent délaissés par les autorités pour diverses raisons. En Angola, une entrepreneure s’est lancée dans la digitalisation du secteur en développant une place de marché virtuelle.
Roque Online est une plateforme numérique mise en place par une start-up angolaise du même nom. C’est une place de marché virtuelle qui permet à tout type de commerçants de faire grandir son business. La start-up, fondée en 2018 par Geraldine Geraldo, s’inspire de l’ancien marché de la capitale angolaise Roque Santeiro, actif entre 1991 et 2011.
« Notre objectif est d'aider quiconque à être compétitif dans la société moderne. Que vous soyez un vendeur des marchés informels, un propriétaire de petite entreprise ou un grand distributeur, vous pouvez télécharger notre application mobile et commencer à enregistrer votre inventaire afin que nous puissions commencer à le monétiser sur notre site web ou via les canaux de commerce électronique de nos partenaires », affirme la start-up.
La solution dispose d’une application, sur Android et sur iOS, qui permet d’accéder aisément aux fonctionnalités. La création d’un compte est indispensable avant l’insertion des divers biens et services sur la plateforme. Les équipes de la jeune pousse essaient de recruter des vendeuses dans les marchés pour proposer leurs produits en ligne. Elles contribuent à créer des revenus supplémentaires à la « bonne dame » puisque cette dernière ne soupçonnait pas forcément l’existence du marché parallèle dans laquelle elle a été introduite grâce à Roque Online.
C’est ainsi que la place de marché virtuelle de la start-up est devenue l’adresse où il est possible de tout se faire livrer. Des produits alimentaires aux prestations de services, les clients peuvent avoir accès à tout ce qu’ils désirent auprès des commerçants informels. Les petites entreprises familiales peuvent donc élargir leur base de consommateurs et s'adapter à l'évolution de l'environnement commercial. En 2019, la jeune pousse a remporté le premier prix du Seedstars Luanda.
Adoni Conrad Quenum
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L’un des objectifs de la révolution technologique en cours est de faciliter la vie aux populations avec la mise en place de solutions efficaces. En Algérie, une plateforme tout-en-un permet d’accéder à une multitude de services depuis son smartphone.
temtem One est une plateforme numérique développée par la jeune pousse algérienne temtem. C’est une application qui permet d’accéder à de nombreux services tels que le covoiturage, des artisans à la demande, des médecins à la demande, des services financiers ou encore de shopping. La start-up, fondée en 2017 par Kamel Haddar, a depuis lors réussi à lever près de 5,7 millions $ pour entre autres soutenir sa croissance.
Selon Kamel Haddar, sa start-up veut « améliorer la vie des gens en obtenant plus facilement les services qui comptent et même des services innovants qui n’existent pas ailleurs. Par exemple, ma mère qui vit à l’étranger peut désormais offrir à sa sœur vivant à Oran un téléphone portable, livré en une heure ». Cette vision des choses a été rendue possible grâce à la super application puisqu’à la base temtem opérait uniquement dans le secteur du covoiturage.
La super application temtem One, disponible sur iOS et sur Android, embarque de nombreux produits et services. Elle est également présente au Maroc, en Tunisie, au Mali, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en France. La diaspora algérienne peut ainsi utiliser ce canal pour faire plaisir, à tout moment, à leurs proches au pays. À la recherche d’un électricien, d’un plombier à domicile pour une intervention rapide ; d’un médecin, d’un infirmier pour une consultation express ou une prestation spécifique ; ou encore d’un service de livraison ; temtem One devient pratique.
Il a fallu signer des partenariats avec des travailleurs indépendants d’un côté, et des grandes marques comme Decathlon, Huawei, Puma ou encore Ooredoo, de l'autre, pour proposer tous ces services. Il est important de souligner que l’application embarque d’un portefeuille qui peut être rechargé par mobile money, PayPal ou des cartes bancaires, entre autres. La start-up revendique plus de 10 000 partenariats, particuliers et entreprises compris, et plus de 500 000 clients depuis 2018.
Adoni Conrad Quenum
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Ushanga est une initiative soutenue entre autres par le bureau du vice-président, le ministère du Commerce, de l'Industrie et des Coopératives, les gouvernements des différents comtés concernés, le ministère de la Fonction publique et du Genre.
Ushanga est une plateforme numérique mise en place par l’initiative Ushanga et soutenue par le gouvernement kényan. Elle a pour but d’aider les femmes d’éleveurs des comtés de West Pokot, Samburu, Narok, Kajiado, Marsabit, Baringo et Turkana à vendre en ligne leurs accessoires en perles sur le marché local et à l'étranger.
Amina Mohamed, ministre des Sports, du Patrimoine et de la Culture, explique à l’occasion du lancement de la plateforme qu’elle « exposera le beau travail de ces femmes dans le monde entier et leur capacité intellectuelle sera respectée. Chaque groupe devrait avoir son propre compte, car il recevra de l'argent en devises étrangères ».
Les femmes de chaque comté ont une façon particulière de fabriquer leurs accessoires. Les potentiels clients auront donc le choix entre divers accessoires de styles différents. Les boucles d'oreilles, les bracelets, les plaques de poitrine, les bagues ou encore les ceintures sont autant d’articles qui seront disponibles sur la place de marché. Il faut noter que les perles sont également utilisées pour décorer des vêtements, des épées, des chaussures, entre autres.
Selon Hellen Nkaissery, présidente de l'initiative Ushanga, « en tant que femmes de pasteurs, les femmes qui sont en bas de l'échelle, nous sommes maintenant soutenues par notre gouvernement, par le programme de l'initiative Ushanga Kenya, et nous sommes placées dans une plateforme où d'autres parties du pays sont également soutenues ».
Grâce au bouton « Sign in/Register », le potentiel client peut créer un compte pour accéder à tous les services. Il aura besoin de fournir, entre autres, son e-mail et de créer un mot de passe. Les autorités ont décidé d’investir près de 4 millions $ dans le projet qui va toucher 5 000 femmes qui seront doter de compétences entrepreneuriales ; environ 60 sociétés coopératives seront créées dans ce but.
Adoni Conrad Quenum
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