Après un parcours professionnel dans le capital-investissement institutionnel aux États-Unis puis en Afrique du Sud, elle s’est mise à son propre compte pour soutenir des types particuliers d’entrepreneurs.
La Sud-Africaine Samantha Pokroy (photo) est la fondatrice et la présidente-directrice générale de Sanari Capital, une société de capital-investissement. Titulaire d’un bachelor en affaires et d’un autre en psychologie industrielle obtenus à l’université du Witwatersrand, elle investit dans des entreprises technologiques africaines ayant une capacité d’évolution et d’expansion régionale ou mondiale.
Sanari Capital est née en 2013 à Johannesburg. Samantha Pokroy explique qu’elle s’y est lancée parce qu’elle avait compris le besoin des entrepreneurs. « Après avoir travaillé de nombreuses années avec des entreprises dirigées par des fondateurs, et venant d'une famille d'entrepreneurs, étant moi-même un entrepreneur, je comprends le point de vue d'un fondateur lorsqu'il envisage divers choix de croissance, de financement, de propriété et de réalisation de patrimoine », déclare-t-elle sur sa page LinkedIn.
« Grâce à l'expérience acquise auprès de grandes sociétés de capital-investissement, nous offrons des solutions de capital-investissement de haute qualité, adaptées aux besoins des entreprises dirigées par des fondateurs et des familles », ajoute-t-elle.
Le 8 septembre 2022, Samantha Pokroy a annoncé la levée par Sanari Capital d’une somme de 475 millions de rands (environ 27 millions $) représentant la première clôture pour son nouveau fonds, le Sanari 3S Growth Fund (3SG), dont l’objectif oscille entre 1,2 et 1,7 milliard de rands.
Actuellement administratrice au conseil d’administration de la Southern African Venture Capital and Private Equity Association (SAVCA), Samantha Pokroy siège aussi dans les conseils d’administration d’Edulife, de LightWare, de Sensor Networks et de Snapt, des tech entreprises dans lesquelles la société de capital-investissement a investi.
Samantha Pokroy, certifiée CFA, plus haute distinction en finance, a démarré sa carrière professionnelle en 1999 en tant qu’analyste-associée du groupe de conseil en stratégie indépendante Stern Stewart & Co. En 2003, elle a travaillé au sein du groupe de sponsors financiers JP Morgan dans le programme Summer Associate. En 2005, elle devient vice-présidente de Kipp Reese Koldyke, aujourd’hui Winona Capital. De 2006 à la création de Sanari Capital, elle a dirigé la société d’investissement Ethos Private Equity.
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Il croit fermement qu’autonomiser financièrement les petits exploitants agricoles du continent est la solution pour créer de la valeur, aussi bien pour eux que pour l’ensemble des populations.
Joseph Ogwal (photo) est un entrepreneur agricole ougandais. Titulaire d’un bachelor en agronomie et sciences des cultures obtenu en 2015 à l’université Makerere. Il est le fondateur et président-directeur général de l’entreprise Agro Supply Ltd.
La start-up lancée en 2017 a développé et opère une plateforme mobile d’épargne permettant aux agriculteurs d’épargner de l’argent et d’investir leurs finances dans les semences, les intrants agricoles, les outils. Le système créé par l’entreprise fonctionne par code USSD pour que le maximum de personne même avec de simple mobile soient touchés.
« La population mondiale augmente, ce qui nécessite 60 % de nourriture en plus pour nourrir neuf milliards de personnes d'ici 2050. Les agriculteurs peuvent et doivent être un élément clé de la solution. Si les agriculteurs sont capables de gérer leur argent et d'investir leurs propres ressources dans leurs exploitations, non seulement ils augmenteront la production alimentaire, mais ils prépareront également leur propre voie et celle de leur famille pour sortir de la pauvreté », soutient Joseph Ogwal qui justifie son accompagnement des agriculteurs dans l’épargne mobile.
Agro Supply Ltd, qui revendique déjà une communauté de 15 000 agriculteurs, propose également de l’information et de la formation en agronomie à distance. Soit par message, soit via un assistant vocal relié de l’intelligence artificielle. La stat-up s’est aussi spécialisée dans la mise en relation des agriculteurs avec de gros acheteurs. L’objectif est de leur faciliter l’écoulement de leurs productions aux meilleurs tarifs.
Avant de lancer Agro Supply Ltd, Joseph Ogwal a pu étoffer son expérience professionnelle et son expertise agricole au sein du Fonds international de développement agricole (FIDA). Il a travaillé avec l’agence des Nations unies qui œuvre à la transformation des économies rurales et des systèmes alimentaires de 2015 à 2017.
Ancien bénéficiaire du programme d’entrepreneuriat Tony Elumelu et de la Young African Leaders Initiative, ce boursier 2018 du Programme de gestion de l’Institut suédois fait partie des entrepreneurs dont l’entreprise figure parmi les 43 start-up africaines admises au programme Social & Inclusive Business Camp 2022.
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Le tech entrepreneur, aujourd’hui à la tête de deux start-ups en croissance progressive, a multiplié les investissements au cours des quatre dernières années. Il croit au pouvoir des TIC pour répondre à plusieurs besoins sur le continent.
Nkombou Aaron Munga (photo) est Camerounais. Avec son ami George Enow, il a cofondé l’entreprise Mungenow Technologies dont il est le président-directeur général. Spécialisée dans le business to consumer (B2C), la start-up lancée en 2019 s’est fixée comme objectif de développer des produits technologiques d’affaires répondant aux besoins locaux et africains.
Aujourd’hui, Mungenow Technologies propose plusieurs plateformes numériques dans divers secteurs d’activités, notamment Mungenow Properties qui facilite le processus de location, d’achat et de vente de propriétés à travers le Cameroun et l’Afrique ; Mungenow Trips qui simplifie et raccourcit l’obtention de documents de voyage à travers l’eVisa ; Mungenow Classified, un site d’annonces classées permettant de vendre et/ou distribuer des articles inutilisés ou non désirés.
Le tech entrepreneur, titulaire d’un diplôme supérieur de comptabilité et de commerce obtenu en 2012, déclarait lors du lancement d’un tour de financement participatif de 100 000 $ en 2020 que « la technologie est la prochaine grande opportunité et Mungenow Technologies ouvre la voie ».
En août 2022, Nkombou Aaron Munga a accru l’offre de service de Mungenow Technologies en lançant Mungenow Stays. La plateforme numérique est spécialisée dans la réservation en ligne de chambres d’hôtes dans les plus grandes villes du Cameroun. Son ambition est africaine. Afin de garantir une belle expérience aux voyageurs, la société vérifie chaque établissement d’accueil avant de le répertorier sur sa plateforme.
Entrepreneur en série, Nkombou Aaron Munga est aussi le fondateur et président-directeur général de Swychr Global installée à Londres. La start-up fondée en 2021 propose une application mobile qui facilite les transferts d’argent de la diaspora vers l’Afrique et entre pays africain par l’utilisation d’une monnaie propre à l’entreprise appelée Purple Coins.
Le Camerounais a aussi été cofondateur et président-directeur général de Jump The Q, une start-up technologique de commerce de détail lancée en 2019 et qui a fermé ses portes en mai 2022.
Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, Aaron Munga a travaillé, aux Émirats arabes unis, pour KIZA Restaurant & Lounge en tant que comptable général en 2015. En février 2016, il a rejoint dmg events, une société d’expositions et d’éditions, comme comptable jusqu’en 2019.
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Le guichet unique qu’il a développé offre plusieurs services qui concourent à l’autonomisation des jeunes. Très engagé dans le secteur de l’entrepreneuriat, il y coordonne de nombreuses initiatives.
Titulaire d’un bachelor en gestion d’entreprise obtenu en 2020 à l’université du sud du New Hampshire aux États-Unis, d’une certification en structures de données et algorithme de la freeCodeCamp en 2022, l'entrepreneur rwandais Vivens Uwizeyimana (photo) est le président-directeur général d’UmuravaWork.
Fondée en 2020, la start-up offre à ses utilisateurs un marché personnalisé de talents adossé à l’intelligence artificielle, une plateforme d’externalisation de la main-d’œuvre et une plateforme EdTech.
Vivens Uwizeyimana expliquait en août 2022, à The News Times, qu’à travers sa start-up, il tirait « parti des industries de l’externalisation, du travail à distance et de la pige pour créer des emplois numériques massifs pour les jeunes Africains. Ce modèle complète la méthodologie existante consistant à ne penser qu’aux emplois locaux à temps plein ».
Vivens Uwizeyimana — qui est aussi titulaire d’une certification en développement front-end, en développement de modèles d’affaires numériques et en gestion de projet — est coach d’affaires à Innovation Creation Studio à Kigali depuis février 2022. Dès novembre 2021, il est devenu ambassadeur de la Westerwelle Foundation for International Understanding, une organisation à but non lucratif basée à Berlin qui promeut les marchés émergents à travers l’entrepreneuriat responsable.
Cofondateur d’AdvanceRwanda en 2018, une organisation non gouvernementale de développement durable pour les personnes vulnérables par leur autonomisation, Vivens Uwizeyimana a travaillé pour Kepler en tant que directeur académique adjoint. Il est depuis avril 2022 le président du Business Club Rwanda d’OVO, une initiative belge d’accompagnement des entrepreneurs.
En août 2022, UmuravaWork a été retenue parmi les 45 start-up africaines bénéficiaires du programme Future of Work Africa Accelerator de Village Capital. En 2020, Vivens Uwizeyimana a remporté 5 000 $ lors du Youth Challenge Programme organisé par Generation Unlimited Rwanda.
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Récompensée à plus d’un titre pour ses actions en faveur du développement de l’agritech, l’informaticienne est aujourd’hui cofondatrice de deux start-up prometteuses. Elle ne semble pas prête à arrêter là son parcours entrepreneurial.
Anaporka Adazabra (photo) est une tech entrepreneure ghanéenne. Titulaire d’un bachelor en génie informatique obtenu à UNICAF University, la jeune femme qui se forme actuellement en administration et gestion des affaires à l’Institut de technologie d’Accra est cofondatrice et directrice générale de Farmio Limited, une entreprise agro-technologique.
Lancé en juillet 2019, Farmio Limited fournit des solutions numériques pour la culture sous serres. À travers son logiciel de gestion de ferme, elle permet aux utilisateurs d'accéder en temps réel aux informations agronomiques indispensables aux choix des cultures et à la planification des saisons. Le logiciel aide aussi à la gestion des opérations sur le terrain, la gestion des ressources et des finances.
Avec le kit d'automatisation de serre (logiciel de serre), Farmio Limited donne également aux agriculteurs le pouvoir de contrôler leurs serres et leurs cultures à distance. La start-up met également à la disposition de ses clients une place de marché en ligne ou mobile pour la vente de leurs récoltes.
Pour Anaporka Adazabra, qui a suivi une formation en systèmes de culture en serre et qui forme aussi dans ce domaine, l’objectif de son investissement dans l’agro-technologie est « d'aider les serriculteurs nouveaux et existants à améliorer leurs productions et leurs revenus ».
La Ghanéenne a lancé Farmio Limited quelques mois avant d’occuper en parallèle la fonction de responsable du développement commercial chez Inkeit Innovation. Cette société informatique qu’elle a co-fondée en septembre 2019 est spécialisée dans la construction de site web et le développement logiciel. Il a un département langue pour ceux qui souhaitent apprendre le français et l’allemand.
Avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, Anaporka Adazabra a travaillé au bureau de technologie web et médias sociaux de Dansyn Innovation Social Organization entre 2018 et 2021. Plusieurs fois primée, elle a remporté en 2022 le prix de la meilleure femme entrepreneure au TotalEnergies Startupper of the Year Challenge. Elle est aussi finaliste du prix de la meilleure agro-industrie dirigée par des femmes au Pitch AgriHack porté par le Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF) et Heifer International.
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Il a travaillé pendant 10 ans dans le domaine du conseil aux entreprises en transformation digitale. Sa mission actuelle est de contribuer à l’éclosion de futurs entrepreneurs innovants et à fort impact qui soutiendront la croissance économique et sociale du Niger.
Maman Rouffahi Koabo (photo) est un entrepreneur et ingénieur en systèmes informatiques et réseaux nigérien. Diplômé de l’université française Claude Bernard Lyon 1 en 2009 et de l’université Concordia en 2006 au Canada, il dirige le Centre incubateur des petites et moyennes entreprises du Niger (CIPMEN) depuis juillet 2018.
Le CIPMEN est le premier incubateur d’entreprises du pays qui opère dans le numérique, l’agro-industrie, l’environnement et les énergies renouvelables, entre autres. Il a été fondé en 2013 suite à un partenariat public-privé. Aujourd’hui, la structure revendique l’incubation de 222 entreprises ayant un fort impact de développement économique et social, la formation de plus de 7 900 personnes.
C’est sous la direction de Maman Rouffahi Koabo que le CIPMEN a initié en 2020 le « Projet villages intelligents pour la croissance rurale et l’inclusion numérique ». Il porte sur la connexion de 15 000 villages aux outils numériques afin de les relier à l’administration publique et donner également aux populations l’accès aux services électroniques. En 2022, l’incubateur s’est installé à Dosso. Il a désormais une présence dans sept des huit régions administratives que compte le Niger.
En plus de ses fonctions à la tête du CIPMEN, Maman Rouffahi Koabo est aussi depuis six ans le président-directeur général de l’entreprise technologique Kinnov Sarl basée en France. Sa carrière professionnelle a commencé en 2009 à Safran, un groupe international de haute technologie qui opère dans les secteurs de l’aéronautique, de l’espace et de la défense. Il y a travaillé en tant que consultant en migration d’infrastructures. Maman Rouffahi Koabo a ensuite rejoint l’entreprise technologique Exakis au poste de consultant infrastructure en 2010. En 2013 il est embauché par RTE (Réseau de transport d’électricité) comme chef de projets de Système Informatique.
En 2017, c’est Indosuez Wealth Management, la marque mondiale de gestion de fortune du groupe Crédit Agricole, qui le nomme architecte technique et chef projet. En parallèle, il dirigeait déjà Kinnov Sarl. Il fait ensuite cinq mois (avril à août 2018) chez AXA comme consultant en cyber sécurité DLP & RGPD. C’est pendant ce séjour au sein de l’entreprise d’assurance qu’il est désigné à la tête du CIPMEN.
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Son ambition a toujours été de contribuer à l’inclusion financière en Afrique. Après son passage à la société de paris et de jeux en ligne 1960bet, il se lance dans l’entrepreneuriat. Il est aujourd’hui cofondateur de deux entreprises.
Kingsley Nwose (photo) est un économiste et entrepreneur nigérian. Avec ses camarades Yusuf Olalere et Lucky Mark qu’il a rencontrés lors de son passage à la Meltwater Entrepreneurial School of Technologie en 2019, il a fondé l’entreprise Joovlin en août 2020. Il en est d’ailleurs le président-directeur général. Joovlin fournit des solutions fintech et de commerce électronique business to business (B2B). Elle aide les commerçants à gérer leurs stocks directement en ligne, à accroître leurs ventes.
« Nous avons remarqué que de nombreuses personnes ont commencé à vendre sur les réseaux sociaux — WhatsApp, Instagram et Facebook […] Plus de 90% d'entre eux ne stockent aucune marchandise, ils ne publient que des images de produits tendance et les achètent lorsque les commandes sont passées. Ils marchent de magasin en magasin pour récupérer les articles commandés et trouvent également manuellement du personnel logistique pour livrer les commandes », a expliqué Kingsley Nwose à Disrupt.
« Joovlin a décidé de travailler pour rendre ce processus décousu plus efficace, et l'adoption précoce a été forte […] nous permettons aux détaillants mal desservis à petit budget de vendre sans investissement de capital, mais nous fournissons également un outil de vente directe aux entreprises. Nous les aidons à se connecter directement avec leurs détaillants », a indiqué le président-directeur général.
Diplômé en base de données au NIIT Pune en Inde en 2010, titulaire d’un master en économie monétaire obtenu en 2015 à l’université de Port Harcourt au Nigeria, d’un certificat en entrepreneuriat obtenu en 2017 à l’université Bocconi d’Italie, Kingsley Nwose est aussi cofondateur de la fintech nigériane Bewla en 2017.
Actuellement mentor d’affaires à la fondation Tony Elumelu et à YALI Africa, Kingsley Nwose a commencé sa carrière professionnelle en 2013 au sein de la société de paris et jeux du Nigeria 1960bet. Il y a travaillé en tant que chef secteur dans l’État de Bayelsa jusqu’en 2017. En août 2022, il est devenu l’un des lauréats mondiaux du prix de l’entrepreneuriat pour la migration décerné par Seedstars.
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Suite à l’échec de sa première start-up, il a persisté et s’est à nouveau lancé dans le même segment d’activité avec quelques améliorations. Sa nouvelle entreprise lui a déjà valu la confiance de plusieurs investisseurs.
David Gonahasa (photo) est un entrepreneur et un économiste ougandais. Diplômé de l’université de Makerere en 2006, il est le directeur général de la start-up de voyage Tripesa qu’il a cofondé en 2021 avec Thomas Karugaba et Raymond Byaruhanga.
Tripesa est née à la suite de la faillite de Roundbob — une plateforme de tourisme en ligne née en 2013 et qui regroupait un ensemble d’entreprises de voyages et de tourisme — pendant la crise de Covid-19 qui a touché le monde en 2020. La nouvelle start-up offre aux petites et moyennes entreprises du secteur touristique africain une solution à travers laquelle optimiser leurs activités tout en améliorant leur rentabilité.
« Les petites entreprises doivent être en mesure d’emballer le tourisme et de distribuer numériquement une splendide expérience touristique pour qu’elle se vende, sinon elles risquent de perdre le marché au profit des quelques acteurs plus importants. Ce que fait Tripesa, c’est uniformiser les règles du jeu, permettant aux petits opérateurs de tirer parti de la technologie pour échapper aux limites du marché et faire évoluer leurs activités », expliquait David Gonahasa lors d’un entretien avec TechCabal en août 2022.
Regroupant 260 entreprises touristiques d’Ouganda et du Kenya, Tripesa a obtenu en août un financement de pré-amorçage de plusieurs milliers de dollars afin d’étendre ses activités à de nouveaux pays d’Afrique. Parmi les investisseurs présents à cette levée de fond, Future Africa, Eric Osiakwan, Consonance Investment Managers, LTNT Investissement.
L’intérêt de David Gonahasa pour le tourisme a aussi développé sa sensibilité pour la préservation de la faune. En 2021, il a cofondé The Naturalist, une entreprise qui tire parti de la technologie numérique pour contribuer à la protection de la richesse faunique, avec Fidelis Kanyamunyu et Terence Chambati. La société de conservation est à l’origine du projet Home of the Gorillas, dont l’objectif est de générer des revenus alternatifs aux trekkings pour financer la préservation des gorilles.
David Gonahasa fut Bénéficiaire de la bourse Alibaba e-founders en 2018. En 2007, il a été directeur de compte de Creaxion Rwanda, un service de publicité. Lauréat du prix de l’innovation de l’année 2017 organisé par The MTN Innovations Awards, David Gonahasa a aussi été en 2008 le gestionnaire du service à la clientèle de MAAD Advertising. Il rejoindra plus tard Real Marketing Uganda comme directeur stratégique.
Il se lancera dans l’aventure de Roundbob deux ans après avoir occupé la fonction de directeur du marketing de la plateforme de paiement universelle Mobicash Africa. Après un passage chez SMEHUB, une plateforme de gestion d’entreprise, en tant que consultant principal, il lance Tripesa.
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Il contribue activement à l’écosystème du capital-risque sur le continent africain. À son actif, plus de onze années d’expérience dans ce domaine, acquises dans diverses banques et fonds d’investissements à l’international.
Bruce Nsereko-Lule (photo) est un investisseur nigérian. Titulaire d’un master en administration des affaires obtenu en 2017 à la Strathclyde Business School de Glasgow et d’un bachelor en économie et en politique obtenu à l’université de Loughborough en 2008, il est depuis le 6 septembre l’un des trois associés généraux du fonds de capital-risque de démarrage Seedstars Africa Ventures.
Dans ses nouvelles fonctions, son rôle consistera à aider le fonds panafricain qui investit dans divers secteurs à forte croissance en Afrique subsaharienne, notamment la Tech, à déployer davantage de capital et à fournir un soutien technique aux entrepreneurs en Afrique. Il va mettre son expérience et les réseaux qu’il s’est construit en tant que capital-risqueur sur le continent noir à la disposition du fonds qui y a déjà investi 5,3 millions $.
Après sa nomination, Bruce Nsereko-Lule a déclaré à TechCrunch que Seedstars Africa Ventures continuera à apporter son soutien au financement des entreprises innovantes. Jusqu’à ce qu’elles atteignent « une croissance appropriée, et probablement la rentabilité et ait des opportunités de sortie et d’expansion », a-t-il affirmé.
Avant de rejoindre Seedstars Africa Ventures, Bruce Nsereko-Lule était le directeur de l’investissement au sein du fonds de capital-risque Chandaria Capital basé à Nairobi. Il y a dirigé les investissements de démarrage et la gestion du portefeuille de 38 entreprises évoluant en Afrique (pour la majorité), en Amérique du Sud et en Asie.
Bruce Nsereko-Lule a été entre 2020 et 2022 membre du comité consultatif sur les investissements du Catalyst Fund Inclusive Digital Commerce Accelerator de BFA Global. Il a aussi siégé au comité exécutif du distributeur de produits alimentaires aux hôtels, restaurants et bureaux en Afrique, Get It.
Membre du conseil consultatif de la société d’édition et de médias Start-up Guide en 2020, il a commencé sa carrière professionnelle à la banque d’investissement kényane Dyer & Blair Investment Bank en 2004 en tant que stagiaire. Il est ensuite devenu analyste au sein du gestionnaire de finance Credit Suisse à Londres entre 2008 et 2014, avant de rejoindre le comité d’investissement de la société de capital-risque Ramure au Kenya en 2019.
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L’ancien propriétaire de bar aux États-Unis s’est lancé dans le taxi dans son pays pour offrir aux populations des services de transport sécurisés et pratiques. Il a récemment obtenu la confiance de Google et compte atteindre de nouveaux horizons en Afrique.
Habtamu Tadesse (photo) est un entrepreneur éthiopien. Titulaire d’un bachelor en économie obtenu en 2013 à l’université du Massachussets à Boston aux États-Unis, il est le fondateur en 2016 de l’entreprise ZayRide, dont il est aussi le président-directeur général.
ZayRide connecte les usagers aux chauffeurs de taxi via son application mobile téléchargeable sur smartphones Android et iOS. Hormis l’application mobile, l’entreprise dispose d’un centre d’appel et fournit des services de livraison et d’ambulance. Ainsi, ZayRide revendique ses services de taxis, de livraison et d’ambulance sûrs et pratiques.
ZayRide est le fruit d’une expérience personnelle. Pendant qu’il était aux États-Unis, Habtamu Tadesse a travaillé quelque temps comme chauffeur Uber. Conscient du problème d’insécurité lors des attentes de taxis ou de transports en commun observé dans son pays, il a décidé de reproduire ce qu’il a pu apprendre chez Uber, avec quelques adaptations aux réalités de l’Éthiopie.
« Nous essayons de remédier aux moyens de transport dangereux, coûteux et peu pratiques existants en déployant une application innovante d’appel de taxis conçue pour fonctionner sur l’Internet lent de l’Afrique », expliquait-t-il au cours d’une interview accordée à Tech In Africa en 2018.
Moins de deux ans après sa création, ZayRide revendiquait déjà plus de 30 000 utilisateurs et a d’ailleurs reçu plusieurs distinctions parmi lesquelles le titre de start-up au plus grand potentiel d’impact sur le marché par Traction Camp Nairobi au Kénya en 2017. La tech entreprise fait partie des 60 start-up sélectionnées pour la deuxième cohorte du Google for Startups Black Founders Fund 2022 pour l’Afrique. Elle recevra un financement compris entre 50 000 et 100 000 $ et bénéficiera d’un programme de formation de 6 mois pour améliorer sa croissance.
Avant ZayRide, Habtamu Tadesse était propriétaire du Basha Restaurant and Bar à Boston ; un établissement qu'il a cofondé avec son frère. Ils l’ont vendu en 2015. C’est grâce à cet argent qu’il a pu financer son projet de service de mobilité.
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Il a plus de 20 ans d’expérience managériale dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. Il a travaillé au sein de grands groupes sur le plan national et international. Le gouvernement algérien lui a fait confiance pour l’aider à faire éclore l’écosystème tech local.
Sid Ali Zerrouki (photo) est un ingénieur algérien en sécurité de l’information. Il est le directeur général d’Algeria Venture, le premier accélérateur de start-up public du pays. C’est à lui qu’incombe la charge d’identifier et d’accompagner les innovateurs locaux à fort potentiel dont le succès contribuera à faire de l’Algérie un carrefour technologique, à transformer son économie.
Lors d’un entretien accordé à Euronews, il déclarait qu’Algeria Venture donne aux tech innovateurs les moyens d'accéder au marché avec des solutions de qualité, d’attirer des investisseurs locaux et internationaux qui leur garantiront le développement de leurs affaires.
En avril 2022, Algeria Venture a d’ailleurs lancé à Alger le programme d’accélération Boost Competencies Entrepreneurship Program (BCEP) en partenariat avec le réseau Google for start-up Moyen-Orient et Afrique du Nord. Au cours de cette première promotion, le programme a permis de développer les capacités de 14 start-up venues de sept wilayas algériennes.
Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en sécurité informatique de l’université Mentouri de Constantine, d’un master en administration des entreprises, gestion et opérations de l’université Paris Dauphine et d’un exécutive MBA en affaires internationales et commerce de l’École supérieure de commerce de la Sorbonne, Sid Ali Zerrouki a pris la tête d’Algeria Venture en 2021.
Avant de prendre la tête d’Algeria Venture, Sid Ali Zerrouki a été de septembre 2020 à avril 2021 sénateur et conseil exécutif du comité mondial des start-up au sein de la World Business Angels Investment Forum. Sa carrière professionnelle a commencé à la Sonatrach, une entreprise pétrolière et gazière publique, en 1998. Il y a occupé le poste de directeur de projet informatique avant de rejoindre l’entreprise de services pétroliers Schlumberger en 2001 en tant que Foreur SDP.
En 2002, Sid Ali Zerrouki devient directeur du déploiement réseau de la société de télécommunication OTA (Djezzy) jusqu’en 2009. Il est ensuite affecté au même poste chez VEON, maison-mère d’OTA, au Burundi. Trois ans plus tard, il est consultant du cabinet de conseil TIM Consulting au Kenya. En 2013, il rejoint le bureau Moyen-Orient et Afrique du Nord de Huawei en Algérie en tant que directeur de livraison et de service.
Après un passage à Millicom en Tanzanie de 2014 à 2016, il rejoint Cybercom Group comme responsable principal de son programme d’audit. La société a été acquise par le suédois Knowit. En décembre 2016, Sid Ali Zerrouki est recruté comme directeur des opérations de l’entreprise algérienne Confidential. En 2017 Revotech le nomme directeur général. Il dirigera Rail Telecom Spa de 2018 à 2021.
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Formé au Burkina Faso, avec une quinzaine d’années d’expérience professionnelle dans le pays, ses compétences se sont affinées à divers postes de responsabilité. L’expertise technique acquise aussi bien dans le secteur public que privé lui vaut aujourd’hui la confiance du gouvernement.
Pousga Martin Kiendrébéogo (photo) est un ingénieur burkinabé spécialisé en sécurité des systèmes d'information informatiques. Il est depuis le mercredi 7 septembre le nouveau directeur général de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI). C’est lui qui assurera désormais, avec ses équipes, la protection de l’ensemble des réseaux numériques et informatiques de l'État contre tous types d’intrusions et d’attaques.
Titulaire d’un master en cybersécurité obtenu en 2020 au Burkina Faso à l’École supérieure d’informatique de l’université Nazi Boni et d’un diplôme d’études supérieures spécialisées en technologies de l’information obtenu en 2014 à l’université Pr Joseph Ki-Zerbo, Pousga Martin Kiendrébéogo accède à la tête de l’ANSSI après six années au poste de directeur de la cybersécurité au sein de l'agence qui a été créée en 2013.
Le nouveau poste qu’occupe Pousga Martin Kiendrébéogo est le fruit d’un parcours professionnel d’une quinzaine d'années démarré en en décembre 2007 au ministère de l’Économie et des Finances. Il est recruté comme développeur d’applications. À ce poste, il a d’ailleurs participé à la mise en place du Circuit intégré des financements extérieurs, une application qui contribue à améliorer la gestion des finances publiques.
En 2014, il est promu au poste de chargé de contrôle à la direction générale des services informatique au sein du même ministère. En 2016, le groupe Coris Bank International le débauche pour lui confier la responsabilité de sa plateforme monétique. En 2017, il rejoint à nouveau l’administration publique burkinabè lorsqu’il est nommé directeur de la cybersécurité à l’ANSSI.
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Elle fait d’un meilleur accès au financement des entrepreneures africaines une priorité. Active dans le secteur de l’investissement à l’international depuis plus d’une vingtaine d'années, elle a réussi à développer le réseau adéquat pour y parvenir.
Tokunboh Ishmael (photo) est la cofondatrice et la directrice générale d’Alitheia Capital, un fond d’investissement et société de conseil professionnel lancé en 2007 et dont le soutien aux innovateurs technologiques africains ne cesse de croître au fil des années.
Titulaire de nombreux diplômes, notamment d’un master en méthodes de calcul avancées obtenu à l’université Queen Mary de Londres en 1991, d’un master en administration des affaires et études commerciales obtenu en 1996 à l’École de commerce NYU Stern et d’un master en finance et stratégie obtenu en 1997 à l’École de commerce de Londres, la Nigériane a comme vision l’investissement « dans l’équité et l’inclusion pour créer de la richesse et transformer des vies ».
Très portée en effet sur les questions d’égalité de chance et de genre, Tokunboh Ishmael a cofondé en 2015 le fonds d’investissement Alitheia IDF de 100 millions $. Il fournit un capital aux PME à forte croissance détenues par des femmes, dirigées par des femmes ou au service de femmes.
« Toujours attirée par les eaux inexplorées, j’ai été l’une des premières pionnières de l’investissement à impact, une visionnaire qui a vu le potentiel des fintech en Afrique et qui a ouvert la voie pour injecter une conscience de genre dans le processus d’investissement », explique-t-elle sur sa page LinkedIn.
Titulaire de la certification CFA (Chartered Financal Analyst) et de la Yale World Fellow en 2013, Tokunboh Ishmael a été présidente de l’Association africaine du capital-investissement et du capital-risque (AVCA) de 2008 à 2011. Cette entité à but non lucratif promeut, développe et stimule l'investissement en Afrique.
En 1988, Tokunboh Ishmael a débuté sa carrière professionnelle à Londres chez Amerada Hess comme analyste d’affaires. Elle occupera ensuite la même fonction chez Citibank puis à BSG Consulting. De 1997 à 2000, elle a travaillé comme banquière d’investissement au sein du cabinet américain de services financiers Morgan Stanley.
Un an plus tard, l’investisseur en capital-risque en phase de démarrage Sussex Place Ventures l’engage en tant que responsable des investissements. Elle le quitte en 2003 pour rejoindre Aureos Capital au Nigeria en tant que partenaire. De 2005 à 2007, elle dirige Avante Capital. En parallèle, elle lance Alitheia IDF avec Polo Leteka en 2014. En 2007, elle fonde Alitheia Capital avec Olajumoke Akinwunmi.
Melchior Koba
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Pour l’entrepreneur Togolais, ce sont les habitants eux-mêmes qui ont le pouvoir de créer les solutions durables qui répondront à leurs besoins. Pour les aider à penser et bâtir la ville intelligente à l’africaine que rêve l’architecte, il a mis à leur disposition un cadre de travail adéquat.
Le Togolais Sénamé Koffi Agbodjinou (photo) est le fondateur WoeLab, le premier FabLab togolais. Créé en 2012, il accueille, forme, incube et accélère des projets de start-up à forte valeur ajoutée.
Issu du projet Hub Cité de l'ONG l'Africaine d'architecture qu’il a créée en 2010 pour réfléchir à un modèle de Smart City à l'africaine, ville adaptée aux réalités du continent, le chercheur indépendant, anthropologue et architecte formé à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Villette en France voit dans WoeLab un cadre où « les petites gens peuvent investir pour réaliser leur potentiel créatif ».
Cette vision a vite séduit de nombreux porteurs de projets innovants qui sont aujourd’hui nombreux à être passés par WoeLab. Urbanattic pour l’agriculture urbaine et bio ; Woebots pour l’invention de robots agricoles ; SysWoe qui est un service financier proposant une monnaie alternative pour dynamiser l’économie locale ; Scope qui fait le tri et le recyclage des déchets, dont les plastiques.
L’un des grands projets de start-up incubés par WoeLab est W.Afate 3D Printer, la première imprimante 3D africaine fabriquée à partir de déchets électroniques recyclés.
Avec une crédibilité gagnée à l’internationale, Sénamé Koffi Agbodjinou s’est vu confier par divers acteurs l’organisation de plusieurs rencontres tech comme le Nasa International Space Apps Challenge, le FabJam, l'Arduino Day, le Global Data Fest, l'Hack4Dev, les Open Source Circular Economy Days, etc.
Des activités qui s’ajoutent à celles déjà menées par le WoeLab à l’instar des communautés Open Street Map §Togo et JerryClan-Togo, ArchiCamp, BlogCamp Togo, BootWoeCamp…
Melchior Koba
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