La jeune femme fait déjà partie des acteurs qui contribuent au développement social en RD Congo. Grâce à la technologie, elle milite pour la sécurité sanitaire des femmes enceintes.
Née à Goma en République démocratique du Congo (RDC), Joséphine Ndeze (photo) est une entrepreneure locale. Diplômée de l’Institut supérieur de programmation et d’analyse, elle y a obtenu une licence en génie logiciel en 2021. Elle est directrice des opérations et cofondatrice d’Uptodate Developers.
Fondée en 2019, Uptodate Developers est une start-up qui fait la promotion des nouvelles technologies de l’information et de la communication en développant des applications mobiles et web destinées à résoudre des problèmes de la communauté.
La société, qui organise également des formations et des concours pour initier le plus grand nombre de personnes à l’utilisation des solutions informatiques, a développé l’application mobile SOS-Mamas. Présentée en 2021 à Paris au salon international du numérique VivaTech 2021 par Joséphine Ndeze, la solution lutte contre la mortalité des femmes enceintes.
L’application est connectée à un bracelet intelligent qui contrôle les signes vitaux de la femme qui le porte et transfère les informations, en temps réel, à un fournisseur de services de santé d’urgence.
Lauréate de la troisième édition de Miss Geek Africa en 2019, elle est depuis la même année ambassadrice du Next Einstein Forum (NEF), une conférence non gouvernementale organisée en Afrique depuis 2013 pour renforcer l’enseignement et la recherche scientifique, mettre en valeur les meilleurs jeunes scientifiques d’Afrique et soutenir un développement mené par la science. En juin 2022, elle s’est vue attribuer le prix « Congo UNITES pour l’espoir » dans la catégorie « Sciences et technologies » pour Uptodate Developers.
Melchior Koba
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Il a aujourd’hui 27 années d’expérience professionnelle au cours desquelles ont mûri ses compétences en gestion de projets TIC. Un parcours qu’il met au service du développement de l’économie numérique sur le continent.
Ibrahim Ba (photo) est un ingénieur mauritanien. Diplômé de l’École des mines de Saint-Étienne en France, titulaire d’un master en marketing technologique, entrepreneuriat et stratégie de l’École de gestion Kellogg de l’université Northwestern aux États-Unis, il est depuis 2021 le directeur des investissements dans les infrastructures de réseaux pour les marchés émergents chez Meta.
Ibrahim Ba est celui qui a conçu et coordonné le déploiement, sur le continent, du câble 2Africa. Ce projet, mené en partenariat avec sept opérateurs télécoms, consiste à dérouler un nouveau système sous-marin de fibre optique autour de l’Afrique d’ici 2024 afin d’améliorer l’accès des populations à un service Internet de qualité et à des prix abordables, qui sont propices également à un plus grand usage des services proposés par l’entreprise.
Ibrahim Ba a rejoint l’entreprise américaine Meta, encore Facebook, en 2016. Il y est alors responsable des partenariats de produits d'infrastructure pour le Moyen-Orient et l’Afrique. Il était chargé d’améliorer la connectivité et d’attirer de nouvelles personnes en ligne, en particulier dans les régions éloignées. Un défi dans ses cordes, il a été débauché de HIP Consult Inc, un cabinet de conseil en gestion indépendant, spécialisé dans les technologies de l’information et de la communication.
La confiance placée en lui par Meta semble d’ailleurs être la suite logique d’une carrière professionnelle riche dans la gestion et les technologies numériques, qu’il a démarrée en 1994 comme développeur de logiciels chez Captiva, un fournisseur de solutions technologiques. Ibrahim Ba a ensuite travaillé pour l’Argonne National Laboratory, un laboratoire national de recherche scientifique et technique du département américain de l’Énergie, situé à Lemont dans l’Illinois, dès 1997.
En 2000, il devient associé au sein de l’entreprise de services et de conseil en management aux entreprises Oliver Wyman, basée à New York. En 2002, il rejoint Level 3 Communications, devenu Lumen Technologies, entreprise technologique qui propose des solutions hybrides de réseautage, de connectivité cloud et de sécurité à des clients dans le monde entier, en tant que directeur. Il la quittera ensuite en 2006 pour HIP Consult Inc comme vice-président.
Dix ans plus tard, il commence son aventure chez Facebook qui lui vaut de figurer parmi les 100 Africains les plus influents de 2020 et les 50 personnalités qui font l’Afrique numérique en 2021 de Jeune Afrique.
Melchior Koba
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Après le décès de sa mère malade, il a eu l’idée de créer une plateforme d’assurance santé 100 % numérique. Son objectif est de garantir les soins aux parents loin de soi et d’éviter à d’autres personnes de vivre la même triste expérience.
Bertrand Nkengne (photo) est un ingénieur logiciel diplômé de l’université de technologie de Compiègne en France. Également titulaire d’un certificat supérieur en entrepreneuriat et innovation du Babson College aux États-Unis et d’un master dans le même domaine à HEC Paris, il est le président-directeur général d’Izikare.
Fondé en 2018, Izikare met à la disposition de la diaspora africaine une plateforme numérique qui leur permet d’inscrire leurs proches en Afrique à une assurance santé facilement. La société travaille avec plus de 300 professionnels, 500 centres de santé, 300 laboratoires, une multitude de pharmacies en Afrique. La souscription minimale à l’assurance est de 0,50 euro par jour.
« Izikare fournit une carte d’assurance électronique et physique pour vos proches qui sont en Afrique. Cela leur offre la possibilité d’être soigné sans avancer d’argent lorsqu’ils sont malades, en ayant accès à un réseau de professionnels de santé avec qui nous sommes partenaires, dans les hôpitaux, les laboratoires, les cliniques, les pharmacies, mais aussi les opticiens », déclarait Bertrand Nkengne, le fondateur de la société, à Forbes en 2021.
L’idée d’une telle entreprise émane d’une expérience personnelle qu’a vécue Bertrand Nkengne. Sa maman étant malade pendant qu’il était en France, il envoyait de l’argent à ses parents présents au Cameroun pour les soins. Une bonne partie de cet argent a plutôt été utilisée à d’autres fins. Sa maman est décédée.
Pendant la Covid-19, la société de Bertrand Nkengne a fourni gratuitement aux médecins et aux assurés africains une plateforme de soins appelée AlloDocta qui facilite la téléconsultation médicale, la délivrance de carnet de santé numérique et la fourniture d’un système d’ordonnances sécurisées. Avant Izikare, Bertrand Nkengne avait déjà cofondé en 2006 Cyslog, un éditeur de logiciels basé en France.
Melchior Koba
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Avec 10 ans d’expérience professionnelle accumulée à l’étranger au sein de plusieurs entreprises, il retourne à Madagascar plein d'idées de projet. Aujourd’hui à la tête de deux entreprises numériques, il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
Ranto Andriambololona (photo) est un entrepreneur malgache. Il est le président-directeur général de l’entreprise technologique SmartPredict. Fondée en 2018, la société pilote une plateforme SaaS (logiciel en tant que service) qui permet aux entreprises de créer et de déployer des projets d’intelligence artificielle sans avoir besoin d’une compétence particulière dans le domaine.
Elle a d’ailleurs développé un outil baptisé RetailForecastor qui permet aux entreprises commerciales de prédire leurs ventes et d’optimiser leurs activités en évitant la surproduction et la sous-production.
Après une levée de fonds en 2020, soutenue par Investisseurs & Partenaires Accélération Technologies, Ranto Andriambololona s’est fixé comme ambition de faire de SmartPredict « une véritable licorne africaine, un porte-drapeau du secteur tech africain à travers le monde ».
Avec son équipe, le jeune entrepreneur, titulaire d’un master en communication et réseau obtenu à l’université de Marne-La-Vallée en 2002, prévoit « une série A, fin 2022, et si tout se passe bien, une série B, etc. ».
Avant SmartPredict, Ranto Andriambololona s’est lancé dans l’entrepreneuriat en fondant l’entreprise de services du numérique (ESN) HaiRun Technology en 2018. La société dont il est aussi l’administrateur est spécialisée dans la conception et le développement de solutions web et mobiles sur mesure pour les start-up et entreprises. En 2021, elle employait déjà plus de 120 personnes ; elle vise à « créer une entité locale de 300 à 500 employés et à fédérer des gens compétents sur les enjeux numériques », explique son fondateur.
Le parcours tech entrepreneurial de Ranto Andriambololona est le fruit d’une expérience professionnelle numérique développée depuis 2002 au sein de diverses sociétés. Il a travaillé comme ingénieur système et réseau pour la société de services en ligne Rakuten en France. Chez Boursorama Banque, il a été ingénieur de production en 2003 avant de rejoindre la société éditrice de logiciel Sysload Software en 2005. Il sera chef de produit à Axway de 2015 à 2018 en Arizona aux États-Unis.
Melchior Koba
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Au cours des neuf dernières années, elle n’a cessé de militer à travers ses diverses actions pour une plus grande égalité des genres dans la technologie et le numérique. Les différentes fonctions occupées au sein de la fonction publique n’ont en rien entravé son combat.
La Sénégalaise Bitilokho Ndiaye (photo) est sociologue de formation. Depuis janvier 2020, elle est la directrice de la promotion de l’économie numérique et du partenariat au ministère de l’Économie numérique et des Télécommunications du Sénégal.
Titulaire d’une maîtrise en sociologie obtenue en 2003 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal, d’un master international en administration des affaires obtenu en 2009 à l’Institut supérieur de management de Dakar et d’un master professionnel en régulation numérique obtenu en 2020 à l’École supérieure multinationale des télécommunications de Dakar, Bitilokho Ndiaye a longtemps œuvré dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC) au Sénégal, surtout dans le volet genre.
Avant sa nomination, elle occupait le poste de conseillère technique en genre du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Économie numérique. Elle a occupé cette fonction entre 2009 et 2020.
Pensant qu'une forte présence des femmes dans le numérique est indispensable à la croissance économique au Sénégal, Bitilokho Ndiaye a soutenu dans une interview accordée à Inspire Afrika que « les femmes représentent 51 % de la population au Sénégal. Si on leur permet de mieux utiliser Internet comme un outil, cela aura une incidence économique ». « Je pense notamment à une grande partie de ces femmes artisanes ou qui produisent de la valeur dans des contrées éloignées du pays. Le numérique serait un moyen efficace de leur permettre de toucher plus de clients, et ainsi d’augmenter leurs chiffres d’affaires, ce qui aurait un impact dans l’économie globale », affirmait-elle.
En 2016, elle fonde l’Association des femmes sénégalaises des TIC (FESTIC), une organisation qui contribue à accélérer la transformation numérique au Sénégal à travers les femmes. Au sein de l’association, dont elle a été la présidente jusqu’en 2020, elle a lancé en 2018 Keur FESTIC, une maison des femmes entrepreneures qui permet de mieux outiller ces dernières aux compétences numériques.
Depuis 2013, Bitilokho Ndiaye pilote un projet appelé « genre et TIC » dont l’objectif est de « réduire la facture numérique du genre, d’intégrer le genre dans les programmes du secteur TIC et de renforcer la présence des femmes dans les postes de responsabilité ». Entre 2007 et 2009, elle a été la directrice de la communication au sein du ministère de l’Information et des Relations avec les institutions.
Melchior Koba
La jeune femme est convaincue que l’Afrique deviendra un lieu de prospérité, de richesse et de dignité humaine pour tous grâce à l’innovation numérique qu’elle promeut. Membre de plusieurs organisations et réseaux, elle ne recule devant aucun défi pour contribuer à la concrétisation de cette vision.
Diplômée en Marketing international à l’école de commerce de l’université de Leeds en Angleterre, où elle a obtenu un master en gestion en 2012, la Nigériane Anna Ekeledo (photo) est depuis 2016 la directrice générale d’AfriLabs. L’organisation fédère 347 centres d’innovation dans 52 pays africains. À travers ce réseau se rencontrent des entrepreneurs, des investisseurs, des entreprises technologiques et les ingénieurs Web/mobiles.
La mission principale d’AfriLabs est de soutenir les hubs technologiques africains. Il fournit du financement, du mentorat, des opportunités de réseautage et plusieurs autres ressources pour renforcer les capacités des entrepreneurs à fort potentiel. Anna Ekeledo a expliqué, dans un entretien accordé à The Guardian, que sa tâche « consiste à superviser efficacement le fonctionnement de l’organisation pour nous assurer que nous réalisons notre mandat envers notre communauté et l’écosystème d’innovation africain ».
« En externe, j’engage plusieurs parties prenantes pour favoriser la collaboration, sensibiliser et financer notre travail et notre communauté de hubs, d’entrepreneurs et d’innovateurs. Je travaille également en étroite collaboration avec le conseil d’administration d’AfriLabs pour m’assurer que nous restons fidèles à notre vision, à notre mission et que nos stratégies sont alignées sur elles », soutenait-elle.
Membre de la task force sur la stratégie numérique de l’Africa Europe Foundation depuis 2020, Anna Ekeledo est aussi la présidente de groupe de travail du Forum e-commerce Afrique, une organisation qui stimule la croissance du commerce électronique en Afrique par la sensibilisation, le développement de la confiance et des capacités de l’industrie. Responsable régionale chargée de l’innovation auprès d’Edtech Hub en Afrique depuis 2019, Anna Ekeledo est également membre du conseil consultatif sur la politique industrielle et la compétitivité au Nigeria.
Avant son immersion dans le monde du réseautage, la jeune femme a travaillé au sein de la Commission nigériane de promotion des investissements en tant que chargée d’investissement adjointe. Elle s’envole ensuite pour l’Angleterre où elle devient ambassadrice de marque pour l’agence de marketing iD Experiential en 2012. En 2013, elle est de retour au Nigeria pour occuper le poste de responsable marketing pour la société de conseil en marketing immobilier et financement hypothécaire Value Chain Project Consultants.
Anna Ekeledo affinera davantage son expérience professionnelle en marketing chez le fabricant de points de vente et de transactions sécurisées, Ingenico SA, et Wild Fusion Digital Center qui est un organisme de formation spécialisé. En 2015, après être devenue consultante du Growth and Employment in States (GEMS), un projet de la Banque mondiale pour accroître la croissance et l’emploi dans les États participants, elle est propulsée l’année suivante à la tête d’AfriLabs. De 2019 à 2022, elle siège au conseil consultatif de Technopolis Group et est reconnue en 2021 comme l’une des 50 personnes les plus influentes au monde.
Melchior Koba
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Il a créé le premier laboratoire d’intelligence artificielle d’Éthiopie. L’environnement technologique qu’il a mis en place dans son pays a déjà suscité de nombreuses vocations. Son entreprise s’est dotée au fil des années une renommée internationale.
Getnet Aseffa est un ingénieur en informatique éthiopien. Il est le fondateur et président-directeur général d’iCog Labs, société de recherche et de développement sur l’Intelligence Artificielle (IA) et la robotique basée à Addis-Abeba.
Il se définit comme « un futuriste, un progressiste rationnel qui est enthousiaste à l’idée de faire une percée dans la capacité des systèmes d’IA à penser, apprendre et créer, et à utiliser des technologies de pointe pour aider à faire avancer l’Afrique vers l’avenir ».
A travers ses services de consultance, Getnet Aseffa propose aux entreprises, organismes publics et privés, de les accompagner dans leur transformation via l’analyse de données basée sur l'apprentissage automatique, la linguistique computationnelle, la vision par ordinateur, les robots mobiles, la robotique cognitive, les architectures cognitives et l'intelligence générale artificielle.
Il fait aussi de la formation de la jeunesse une priorité. iCog Labs Lab a déjà conclu des accords avec 36 universités et est en pourparlers avec 21 autres établissements d'enseignement supérieur à travers le monde pour partager ses connaissances, fédérer la recherche et l’intelligence autour de l’IA.
L’intérêt de Getnet Aseffa pour la technologie est né très jeune. Il a ainsi pris part à divers ateliers, suivi des cours sur Youtube pour développer ses connaissances. Mais sa passion pour l’Intelligence Artificielle se révèle alors qu’il est au collège d’ingénierie de l’université de la défense d’Ethiopie et qu’un ami lui suggère de lire un article du magazine Time. Publié en février 2011, il est du futurologue Ray Kurzweil et s’intitule « 2045 : l'année où l'homme devient immortel ».
« J'étais tellement excité par ce gars. J'ai reçu son livre The Singularity is Near et je n'ai cessé de le lire encore et encore - je l'ai lu trois fois en une semaine. Ce livre a créé une feuille de route du passé vers l'avenir. Dans ses écrits, Kurzweil décrit la croissance exponentielle de la technologie et prédit que nous atteindrons la « singularité » d'ici 2045, le moment où les humains fusionneront avec l'intelligence artificielle, transcendant nos corps et nos cerveaux biologiques », confie-t-il dans un entretien accordé à la plateforme spécialisée What is Emerging.
Deux ans plus tard, Getnet Aseffa fonde iCog Labs qui s’est illustrée par sa programmation des cerveaux moteurs du robot Sophia. Conçue pour tout apprendre en s’habituant au comportement des êtres humains, le robot développé par la société spécialisée dans la robotique, Hanson Robotics, basée à Hong-Kong, a été présenté en 2018 à Addis Abeba.
Melchior Koba
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Conscient de l’indispensabilité du numérique, il aide les jeunes à acquérir des compétences professionnelles dans le secteur. Il souhaite ainsi préparer le plus de ses concitoyens aux nouvelles réalités de l’emploi qui se profile.
Samy Mwamba (photo) est un entrepreneur congolais. Titulaire d’une licence en génie logiciel obtenu en 2017 à l’École supérieure d’informatique Salama au Congo, il est le président-directeur général d’Itot Africa. Fondée en 2017, l’académie de formation numérique propose à travers Okademy divers cours en ligne, notamment la création graphique, le développement informatique, la bureautique.
La start-up qui a commencé comme un forum de discussion sur les nouvelles technologies et l’emploi s’est par la suite ouverte aux prestations de services dans les domaines du développement logiciel, de la communication et du marketing digital ; de recrutement de talents en technologies. À ce jour, Itot Africa revendique la formation de 400 personnes en République démocratique du Congo (RDC) et la création de plus de 60 emplois.
« Nous avons créé Itot Africa en 2016 quand nous étions encore étudiants. Nous voyions plusieurs de nos aînés universitaires achever leurs études et peiner à trouver un emploi même si c’était des gens très brillants. Cela nous a amenés à nous interroger sur les réalités de l’emploi en RDC », a déclaré Samy Mwamba lors d’un entretien accordé à Deutsche Welle. « Quand nous avons découvert qu’il n’y avait vraiment pas d’emploi en RDC, nous avons décidé de nous prendre en charge en créant d’abord une entreprise qui propose des solutions aux populations et aussi de former d’autres personnes aux compétences numériques », explique-t-il.
Samy Mwamba est depuis 2020 chargé des cours en e-commerce et e-business à l’école supérieure de la gouvernance économique et politique (EcoPo) de Lubumbashi. Orateur au TEDxBoulevardMsiri du Congo en décembre 2021, Consultant formateur de start-up pour l’Agence belge de développement (Enabel) de mai à juin 2021 en RDC, il a aussi exercé en tant que consultant en développement des plateformes digitales de l’Oxford Policy Management de septembre à novembre 2021 dans son pays.
Véritable touche-à-tout, le numérique n’est pas le seul secteur dans lequel Samy Mwamba a entrepris. Il est directeur et cofondateur d’une marque de vêtements du nom de JENX. Il a aussi cofondé un centre d’élevage canin dénommé Dark Valley (DAVA).
Melchior Koba
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Bien qu’il n’ait pas fait d’études universitaires en technologie de l’information et de la communication, c’est dans ce domaine qu’il excelle actuellement. Il a su s’entourer pour devenir l’un des acteurs forts de l’écosystème tech du pays.
Le burkinabè Mahamadi Rouamba (photo) est un sociologue et un entrepreneur technologique. Il est le fondateur et président-directeur général de BeoogoLAB. La start-up studio née en 2015 fournit de l’encadrement de croissance et du financement aux projets entrepreneuriaux tech innovants.
« À l’horizon 2025, BeoogoLAB compte être à la base d’au moins une entreprise performante dans chaque secteur clé de l’économie du Burkina Faso. Nous comptons également créer un fonds de développement des entreprises sur la base du retour sur investissement des fonds déjà injectés dans les entreprises », explique Mahamadi Rouamba dans un entretien dans Afric'Innov. « Nous travaillons aussi à consolider notre position en tant que structure d’accompagnement dans l’entrepreneuriat innovant aux niveaux national et régional », poursuit-il.
Titulaire d’un master en sociologie obtenu en 2013 à l’université de Ouagadougou, d’un autre en gestion de projets obtenu la même année à l’université Aube nouvelle du Burkina Faso, et d’un troisième en sciences de gestion obtenu dans la même université privée en 2014, Mahamadi Rouamba s’est fait une place de choix dans le secteur burkinabè de l’innovation numérique.
Consultant en transformation digitale, Mahamadi Rouamba est depuis neuf ans le président-directeur général de Ticanalyse, une société de service en ingénierie informatique qui conçoit, développe et déploie des solutions informatiques. En 2019, il a fondé la fintech Lagfo Super App spécialisée dans la fourniture de services et de technologies financières. Depuis 2020, Mahamadi Rouamba est le président du Réseau des professionnels de l’intelligence économique, de la Fédération burkinabè des structures d’accompagnement à l’entrepreneuriat innovant et de la Fédération burkinabè des fintech.
Mahamadi Rouamba est riche de plusieurs distinctions. Chevalier d’or du mérite burkinabè en 2017, il a été sacré entrepreneur de l’année par un réseau de la diaspora africaine en Europe (ADNE) en 2018, entrepreneur citoyen de la ville la même année par la municipalité de Ouagadougou pour sa contribution au développement de la capitale.
Melchior Koba
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Il a aujourd’hui une dizaine d’années d’expérience dans le soutien à l’entrepreneuriat innovant. Son désir est de la mettre au service de la communauté tech innovante sous-régionale afin de lui permettre de briller davantage.
Sylvère Boussamba (photo) est un innovateur et entrepreneur technologique gabonais. En 2020, il a fondé Start X 241, un incubateur, accélérateur et fonds d’investissement pour start-up technologiques ou entreprises numériques innovantes. À travers cette initiative, il rêve de « créer le plus vaste réseau de distribution des produits et services s’appuyant sur le numérique en Afrique centrale ».
Il explique qu’il a « construit un modèle particulier de partenariat stratégique et financier gagnant-gagnant entre les start-up provenant de l’espace francophone et les structures locales de notre start-up studio. Ce partenariat nous permet de faire collaborer d’excellents entrepreneurs francophones avec d’excellents entrepreneurs gabonais ».
Passionné de numérique et d’innovation, Sylvère Boussamba n’est pas un novice dans le paysage numérique et tech innovant gabonais. En 2013, il a lancé Ogooué Labs qui abrite un espace de coworking, un accélérateur, une école de codage et d’autres événements éducatifs relatifs au numérique au Gabon. En 2018, c’est l’École 241 qui voit le jour pour former aux métiers du numérique et soutenir ainsi l’État, les entreprises dans leur ambition de transformation numérique. Il est aussi cofondateur de Digitech Africa qui développe des solutions technologiques sur mesure.
Son expertise actuelle est le fruit d’une riche carrière professionnelle construite dès 1996 dans diverses entreprises de renom. Il a été chef d’équipe d’applications, puis gestionnaire de soutien aux systèmes d’affaires chez l’opérateur télécoms Zain. Il a travaillé chez Airtel Gabon comme responsable assurance qualité de service, directeur informatique ; il sera ensuite chef des opérations et responsable innovation pour Airtel RDC.
Certifié coach en leadership, enseignant, formateur et conférencier par The John Maxwell Company, Sylvère Boussamba est depuis 2015 un mentor d’affaires de la fondation Tony Elumelu.
Melchior Koba
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Elle cumule plusieurs années d’expérience dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. Au cours des six dernières années, elle a fait de la technologie verte son domaine de prédilection.
La Tchadienne Safia Mahamat Youssouf (photo) est la promotrice de Smart Village. Lancée en 2016, l’initiative d’innovation technologique verte — qui fait de la production et de la transformation, puis de l’accompagnement des jeunes, des coopératives et des groupements une priorité — est aujourd’hui structurée autour de trois axes, dont un incubateur Sahel Green Hub, sa ferme expérimentale et son centre de recherche et de développement AgriLab.
Ingénieure en sciences techniques, informatique et en télécoms, diplômée en 2002 à l’Institut supérieur de technologies appliquées de Bamako au Mali, Safia Mahamat Youssouf a figuré parmi les 21 femmes qui font bouger les TIC en Afrique en 2020, selon l'association pour la promotion des femmes pour les TIC « Musodev ».
Elle a démarré sa carrière professionnelle en 2009 chez l’opérateur télécoms Zain Tchad en tant que superviseure du service après-vente. Elle étoffera progressivement son CV et son expertise. Safia Mahamat Youssouf devient, en 2010, chef de produit marketing au sein du groupe Airtel à N’Djamena avant de diriger le projet de modernisation des finances publiques au ministère des Finances et du Budget du Tchad de 2011 à 2014.
En 2015, elle quitte le ministère des Finances et du Budget du Tchad pour rejoindre l’Agence de développement des technologies de l’information et de la communication comme directrice des études et de la planification jusqu’en 2017. Elle prend ensuite la direction de la communication et de la coopération internationale de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) jusqu’en 2018.
Actuellement directrice générale adjointe de l’opérateur de fibre optique SudaChad, Safia Mahamat Youssouf est aussi la directrice de la radiocommunication et de la normalisation de l'Arcep depuis 2018. Elle s’occupe de la gestion des fréquences, des homologations, de la gestion du spectre et des systèmes d’information.
Melchior Koba
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Il connaît bien les difficultés opérationnelles auxquelles plusieurs jeunes étudiants sont souvent confrontés dans leur démarche de mobilité internationale. Il a décidé il y a six ans de leur apporter son expertise.
Titulaire d’un master en comptabilité et finance de l’université catholique d’Afrique centrale au Cameroun et d’un autre en sciences de gestion, avec spécialisation en finance, de la Skema Business School en France, l’entrepreneur camerounais Duplex Éric Kamgang (photo) est co-fondateur et président-directeur général de Studely.
Studely propose un service financier dédié aux étudiants qui désirent rejoindre une université à l’étranger. La société leur facilite les démarches pour l’obtention du visa long séjour depuis le pays d’origine jusqu’à l’intégration dans le pays d’études : justificatif de ressources financières, recherche de logement, ouverture de compte courant, assurances (santé, voyage, habitation).
Duplex Éric Kamgang révèle que l’idée d’une telle entreprise est née de sa propre expérience. « J’étais encore étudiant lorsqu’en 2009, j’ai décroché une admission dans une grande école de commerce à Paris. Pour moi, la France m’ouvrait ses bras et le rêve prenait forme, mais le chemin allait s’avérer encore long : ma demande de visa n’a pas tardé à se transformer en véritable parcours du combattant ».
« En plus d’avoir à démontrer ma motivation, je devais encore prouver mes capacités financières, trouver le bon logement en France, contracter les assurances obligatoires, et ce, en quelques jours, sans assistance, et de fait, je me trouvais obligé de réunir ces solutions-là dans mon pays d’origine, pour le meilleur ou le pire », raconte-t-il.
Aujourd’hui, Studely revendique l’accompagnement de plus de 10 000 étudiants de 65 nationalités différentes dans leur installation en France et en Allemagne. L’entreprise fondée en 2015 est déjà implantée dans une quinzaine de pays africains. Elle a valu à Duplex Éric Kamgang plusieurs distinctions. Il a été lauréat de Digital Africa et du programme Meet Africa en 2017.
Duplex Éric Kamgang a démarré sa carrière professionnelle en 2007 dans le cabinet comptable BACA Consulting au Cameroun ; Il y travaille comme auditeur financier jusqu’en juillet 2008. Il s’envole pour la France en 2010 et rejoint le groupe Total comme contrôleur financier à Paris. Il travaillera ensuite comme analyste de crédit pour le groupe d’assurances suisse Zürich Financial Services, analyste de financement structuré chez EDF Energies Nouvelles.
Melchior Koba
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Il jouit d’une grande et riche expérience professionnelle accumulée dans divers secteurs d’activités. À son actif, diverses initiatives destinées au développement de la jeunesse. Il a su allier son engagement dans le service public à son esprit d’entrepreneur.
Le Tchadien Naïr Abakar (photo) est le directeur général adjoint de l’Agence de développement des technologies de l’information et de la communication (Adetic). Il a été nommé à ce poste en 2021, à 27 ans. Il a pour mission la promotion de l’entrepreneuriat, de l’emploi des jeunes, de la formation, de l’innovation et de la recherche dans le domaine des TIC.
Titulaire d’un master en business intelligence obtenu en 2005 à la CY Tech en France, le jeune homme a commencé à se bâtir une notoriété au Tchad dès 2014. Il y a lancé Darna Tchad, une plateforme web qui référençait et promouvait les bonnes adresses de N’Djamena la capitale et du Tchad (restaurants, hôtels, commerces, transports, services, etc.).
En 2016, il innove encore et lance l’Afrique Campus. Le site web se donnait comme mission de simplifier le processus de pré-inscription dans l’enseignement supérieur et regroupait une multitude de formations post-bac du monde. Son grand intérêt pour la cause étudiante et la jeunesse africaine se traduit en 2016 par l’organisation du premier Salon international de l’étudiant africain.
La carrière professionnelle de Naïr Abakar est riche et atypique. Le jeune homme — à qui la présidence de la République du Tchad et la Fédération internationale de football association (FIFA) ont confié respectivement le titre d’ambassadeur itinérant en 2020 et le rôle de vice-président du Comité de normalisation de la Fédération tchadienne de Football en décembre 2021 — a commencé à travailler en 2008 au sein de Sofitel Tchad où il était chargé de la gestion de l’espace cybercafé. Il rejoint en 2014 les équipes de l’opérateur télécoms Orange en France, en tant que développeur et assistant scrum master. Il y développe la plateforme de crowdsourcing, « Imagine with Orange », qui sert d’intermédiaire entre des porteurs d’idées et la société.
Le jeune homme a été consultant en business intelligence pour la société de conseil aux entreprises Wavestone, puis à Devoteam. En 2017, il a piloté l’organisation du premier Forum panafricain de la jeunesse à N’Djamena. Depuis 2018, il est l’organisateur de la Semaine de la citoyenneté au Tchad et membre du conseil des jeunes de l’Union africaine.
Ses différentes activités lui ont valu diverses distinctions. Lauréat de la deuxième édition des Prix Jeunesse 3535 (2017) récompensant 35 jeunes francophones inspirants âgés de 18 à 35 ans, Naïr Abakar a aussi été parmi les 100 jeunes Africains les plus influents positivement sur le continent noir en 2018 réalisé par Youth’s Africa Organisation. En 2019, il est dans le top 100 des Africains de l’année du New African Magazine.
Pour Naïr Abakar, les différentes activités dans lesquelles il s’est lancé ne visent qu’un seul objectif : participer au développement de sa communauté. « En Afrique, de nombreux jeunes participent activement au développement de leur communauté. J’ai choisi de m’inscrire dans cette voie afin d’apporter ma pierre à la construction d’un continent au visage plus reluisant », déclare-t-il sur sa page LinkedIn.
Melchior Koba
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La jeune data scientist ne jure que par le pouvoir des données. Elle est convaincue que leur exploitation judicieuse peut développer la croissance d’une entreprise. À travers sa jeune entreprise, elle s’attèle à le démontrer dans son pays.
Mama Diagana (photo) est mauritanienne. Après l’obtention de son baccalauréat en 2014, elle s’envole pour le Sénégal où elle obtient trois ans plus tard une licence professionnelle en génie informatique à l’université Gaston Berger. Spécialisée plus tard en data science, elle est cofondatrice de Neotic, avec Athie Mohamed Lamine et Bechir Bâ.
La start-up lancée en juillet 2020 est une agence de communication web et mobile. Elle propose à ses clients diverses solutions pour améliorer leur visibilité et leurs activités, notamment la conception de sites Internet et d’applications web/mobile, l’hébergement, la conception de designs graphiques, l’analyse et la visualisation de données ainsi que l’audiovisuel.
Elle fournit aussi des services en matière d'e-commerce et d’analyse de données aux start-up, PME, ONG en Mauritanie : une marketplace, une boutique en ligne clé en main et un accompagnement en marketing digital et marketing prédictif.
La fondation de Neotic est née d’un constat. « J’ai compris que les commerçants avaient des données qu’ils n’exploitaient pas et qui, pourtant, les aideraient à obtenir une meilleure productivité, à mieux exercer leur métier et à construire une meilleure stratégie », explique Mama Diagana. Pour cette data scientist, Neotic montre « aux gens à quel point les données sont utiles si elles sont bien exploitées ».
L’entreprise de Mama Diagana et de ses collègues a été lauréate de l’Emerging Mediterranean 2021. Elle a obtenu une somme de 5 000 $ et la participation au Sommet Emerging Valley à Marseille. La même année, elle a également pris part au Social and Inclusive Business Camp (SIBC).
La jeune entrepreneure qui a exercé en 2018 comme journaliste pour Slice Up Mauritanie, puis comme commerciale freelance de mars 2019 à novembre 2021, croit que Neotic abrite un grand potentiel qui peut contribuer au développement du commerce et de l’économie en Mauritanie.
Melchior Koba
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