Après des études aux Etats-Unis, la jeune femme a occupé dès 2003 divers postes dans plusieurs entreprises financières et institutions de renommée internationale à travers le monde. Aujourd’hui, elle arbore plusieurs casquettes au sein de l’écosystème tech africain.
Andreata Muforo (photo) est associée chez TLCom Capital LLP depuis 2013. Au sein de la société d’investissements en capital d’amorçage et de croissance dans les start-up technologiques, elle est chargée de l’évaluation du caractère durable des investissements et gère de ce fait le volet ESG (environnemental, social et de gouvernance) de TLCom Capital LLP.
La Zimbabwéenne, diplômée d’économie en 2004 au Grinnell College aux Etats-Unis, titulaire d’un master en administration des affaires obtenu en 2009 à l’Ecole supérieure de commerce de l’université de Stanford aux Etats-Unis, est aussi la directrice exécutive de la Fondation TIDE, une organisation à but non lucratif parrainée par TLCom et axée sur l'amélioration de l'écosystème entrepreneurial en Afrique subsaharienne.
Grâce aux investissements de TLCom, Andreata Muforo est également au conseil d’administration de plusieurs start-up comme Twiga Foods, une plateforme d’approvisionnement mobile, ou Autochek, une start-up de contrôle technique automobile via le numérique.
Mentor pour le réseau Endeavor, une communauté mondiale d’entrepreneurs et d’investisseurs à fort impact, et fervente défenseuse de la place des femmes dans l’entrepreneuriat technologique, Andreata Muforo a débuté sa carrière professionnelle en 2003 en tant qu’analyste au sein de l’entreprise financière américaine Citi. En 2004, elle rejoindra le cabinet NERA Economic Consulting.
La Banque africaine de développement (BAD) lui ouvrira ses portes en 2009. Elle y officiera en tant que chargée d'investissement au sein du département du secteur privé en Tunisie. Elle a participé à la structuration d'opérations de financement de projets et évalué les investissements de la BAD dans des fonds de capital-investissement.
Quelques mois plus tard, la même année, elle sera débauchée par la société de fusions-acquisitions basée au Kenya, Horizon Africa Capital Limited comme gestionnaire de financement corporatif.
Melchior Koba
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C’est sa deuxième entreprise à succès depuis son entrée dans le monde professionnel en 2008. Au cours des douze dernières années, elle a gagné en expertise, renommée internationale et en distinctions.
Hilda Moraa est une tech entrepreneure kényane. Elle est la fondatrice de la Fintech Pezesha. Lancée officiellement en 2016, la société facilite l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) d’Afrique au crédit de roulement à travers sa plateforme numérique qui accueille de nombreuses banques et institutions financières.
La jeune femme, titulaire d’un master en entrepreneuriat obtenu en 2011 à l’université d’agriculture et de technologie Jomo Kenyatta du Kenya et diplômée en technologie de l’information commerciale de l’université de Strathmore, estime qu’en soutenant financièrement les PME, elles gagnent en efficacité.
« En résolvant le problème des petites et moyennes entreprises qui obtiennent un fonds de roulement ainsi qu’une cote de crédit, je pense que nous pouvons doter les propriétaires d’entreprises d’actifs afin qu’ils puissent être compétitifs et commercer à l’échelle nationale », déclarait Hilda Moraa en mars 2022 à la rédaction de Google in Africa.
Figurant parmi les 50 récipiendaires du Black Founder Fund Afrique 2021 de Google, Hilda Moraa fut, dix ans plus tôt, la présidente-directrice générale et la fondatrice de Weza Tele, une entreprise qui fournissait, jusqu’à sa cession en 2016, des solutions de distribution pour le dernier kilomètre.
Auteure du livre A Kenyan Startup Journey en 2015, Hilda Moraa est depuis juin 2022 membre du conseil d’administration de la Konza Technopolis Development Authority, dont la mission est le développement d’une ville intelligente durable et d'un écosystème d’innovation au Kenya.
Le premier contact d'Hilda Moraa avec le monde professionnel remonte à 2008. Elle rejoint alors la société Techbiz comme stagiaire informatique en gestion d’actifs et mise en œuvre de progiciel de gestion intégrée (ERP). Elle devient ensuite coordonnatrice du laboratoire informatique de l’université de Strathmore la même année. L’année suivante, elle est recrutée chez Coca-Cola Kenya comme analyste de base de données et développeuse d’innovations.
En 2011, Hilda Moraa devient stratège en innovation et chercheure principale en TIC chez iHub Nairobi. De 2017 à 2021, elle est membre du conseil d’administration de la Station F, un campus de start-up sis à Paris. En parallèle, en 2020, elle a fait partie du comité consultatif sur les TIC et les innovations Covid-19 du Kenya créé par le ministère des TIC, de l’Innovation et de la Jeunesse.
Boursière de la promotion 2019 de la Obama Foundation Leaders, Hilda Moraa s’est faite remarquer positivement au fil des années par son action en faveur de l’entrepreneuriat. Considérée en 2016 comme l’un des dix 10 meilleurs pionniers de la technologie en Afrique par The Guardian, présente dans le top 40 des femmes de moins de 40 ans à succès dans le domaine de la technologie de Business Daily, membre du top 30 des innovateurs émis par Quartz Africa, Hilda Moraa a reçu de DFS Lab le Prix de la meilleure fintech axée sur les femmes en 2019.
Melchior Koba
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La jeune tech entrepreneure qui s’est spécialisée dans le domaine de la santé, au cours des six dernières années, a aujourd’hui plusieurs distinctions à son actif. Ils témoignent de son impact positif sur la vie des populations en Afrique.
Melissa Bime (photo) est une infirmière camerounaise. Diplômée de l’université de Buea au Cameroun, de l’université américaine de Stanford en santé maternelle et infantile en 2019, elle est la cofondatrice et présidente-directrice générale d’Infiuss Health.
La start-up fondée en 2016 était à l’origine une banque de sang en ligne née de la volonté de réduire la mortalité due à la pauvreté des hôpitaux en produit sanguin. Après une sensibilisation réussie sur le don de sang, elle est devenue un partenaire pour de nombreux centres de santé au Cameroun. Une initiative qui lui a valu plusieurs distinctions, notamment le prix Cartier Women’s Initiative Awards 2018 d’une valeur de 100 000 $, le prix de l’accès inclusif à la santé de l’USAID.
Depuis 2020, Melissa Bime a fait muter sa start-up en entreprise de gestion d’essais cliniques pour les hôpitaux, les laboratoires pharmaceutiques, etc., en Afrique.
« Nous développons des solutions hautement spécifiques à l'étude et très flexibles qui permettent aux sponsors de trouver les bons participants, sites et chercheurs principaux afin qu'ils puissent mener des études de recherche clinique entièrement à distance ou hybrides », lit-t-on sur le site de la nouvelle entreprise.
« Si vous êtes une entreprise travaillant sur un essai médical et essayant de comprendre comment diversifier les cohortes de participants, nous offrons une alternative moins chère que le recrutement aux États-Unis », déclare la cofondatrice d’Infiuss Health.
Lauréate du concours 43North qui s’est déroulé en octobre 2021, Melissa Bime qui s’est formée en entrepreneuriat à l'Institut européen d'administration des affaires (Insead) de Fontainebleau en France a obtenu un prix de 500 000 $. Elle a déménagé son entreprise à Buffalo, dans l’état de New York, depuis janvier 2022.
Melchior Koba
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Pour les entreprises, une ressource humaine efficace est l’une des conditions du succès. Mais cela prend parfois beaucoup de temps pour identifier les bonnes personnes à mettre aux bonnes places. Avec la technologie numérique, HrFlow.ai rend le processus plus aisé.
Mouhidine Seiv (photo) est un entrepreneur et un data scientist mauritanien. En 2016, il a fondé l’entreprise HrFlow.ai, autrefois Riminder.net. Titulaire d’un master en deep learning obtenu en 2015 à l’Ecole normale supérieure de Paris, il a aussi un diplôme d’ingénierie en physique théorique, mathématique appliquée et informatique de CentraleSupélec.
Via HrFlow.ai qui utilise l’intelligence artificielle, Mouhidine Seiv s’est donné pour mission d’aider les entreprises à recruter des talents à partir d’une analyse des données RH (ressources humaines) mises à sa disposition.
HrFlow.ai permet « aux recruteurs d’identifier trois fois plus de talents et de s’entretenir avec quatre fois moins de candidats grâce à l’analyse de millions de CV à travers le monde. Nous avons, pour ce faire, développé des algorithmes basés sur la technologie du “deep learning” afin d’évaluer et de classifier chaque aspect du profil du candidat : expérience, projets, formation. Cette technique nous permet d’atteindre des pertinences inégalées », expliquait Mouhidine Seiv en 2017, dans les colonnes de Décideurs Magazine.
Au-delà de l’accompagnement au recrutement, HrFlow.ai aide aussi les entreprises et les fournisseurs à se conformer au règlement général sur la protection des données, aux réglementations sur la confidentialité, aux contraintes de consentement algorithmique et aux exigences d’équité avec des fonctionnalités prédéfinies.
Avec une carrière entrepreneuriale de six ans, il a déjà collaboré avec plus d’une centaine d’entreprises dans l’automatisation de la gestion de leurs données de ressources humaines. Ancien professeur adjoint invité à CentraleSupélec pour son expertise en deep learning, Mouhidine Seiv a été classé en 2017 par Leade.rs parmi les 8 entrepreneurs émergents de moins de 30 ans à suivre en France.
Ancien élève de Stanford Startx, il a été reconnu par le Magazine Forbes comme l’une des 30 personnalités africaines inspirantes de moins de 30 ans qui ont marqué l’année 2021.
Melchior Koba
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La présidente du pôle start-up de la Fédération marocaine des TIC et de l’Offshoring (APEBI) a choisi de rentrer au pays après avoir vécu le rêve américain, pour avoir un impact sur la population et contribuer au développement.
Zineb Drissi Kaitouni (photo) est entrepreneure marocaine et analyste financière de formation. Titulaire d’un master en finance générale obtenu en 2008 à HEC Montréal au Canada, elle est la présidente-directrice générale de DabaDoc.
Elle a cofondé la HealthTech en 2014 avec Driss Drissi Kaitouni. L’entreprise facilite l’accès aux soins de santé grâce à sa plateforme numérique de gestion et d’optimisation en ligne des rendez-vous médicaux. Aujourd’hui, près de 8 millions de personnes l’utilisent dans plusieurs pays d’Afrique pour caler des rendez-vous avec plus de 10 000 professionnels de santé dans plus 100 spécialités.
« Cette plateforme, initialement destinée à gérer les agendas des professionnels de santé et digitaliser le parcours du patient, a aussi permis de digitaliser les dossiers médicaux des patients et offrir une plateforme fiable et sécurisée de consultation vidéo aux médecins qui ont opté pour cet outil avant-gardiste », explique Zineb Drissi Kaitouni au journal La Nouvelle Tribune en mars 2022.
Ancienne analyste de Goldman Sachs, une entreprise financière américaine, de 2003 à 2006, Zineb Drissi Kaitouni cofonde d’abord la start-up Ruby’s en 2012 à Londres puis rentre au Maroc en 2014 avec l’ambition de contribuer au développement local.
Elle s’intéresse au secteur de la santé après avoir constaté la grande pénibilité rencontrée par les populations pour accéder aux médecins, du fait de l’indisponibilité régulière des assistantes, des cabinets bondés à cause de la mauvaise gestion des patients. Elle voit dans le numérique un moyen de mieux solutionner ces défis.
Grâce à DabaDoc, Zineb Drissi Kaitouni a plusieurs fois été primée au plan national et international. Elle a été entre autres lauréate du premier prix de la GIST (Global Innovation for Science and Technology) Competition en 2014. Elle a gagné le troisième prix du concours de la SeedStars World la même année.
En 2015, Aspen-Blackstone a sélectionné DabaDoc parmi les 10 meilleures start-up de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). En 2019, Zineb a été nominée en tant que pionnière de la technologie par le Forum économique mondial et a même décroché la distinction « Endeavor Entrepreneur ».
Le succès de Dabadoc a valu à Zineb Drissi Kaitouni l’intérêt d’Orange Afrique et Moyen-Orient. L’opérateur télécoms est entré au capital de la start-up en avril 2021 à travers une opération de levée de fonds. Il y a introduit ses solutions de paiement pour améliorer son accessibilité au plus grand nombre, en plus de développer de nouveaux services comme la téléconsultation lancée en juin dernier en Côte d’Ivoire.
Melchior Koba
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Son expertise dans le domaine de l’inclusion numérique lui a permis de se distinguer plusieurs fois à l’international. Une fois encore, elle lui donne l’opportunité de se démarquer et de contribuer au développement.
Le Nigérian Gbenga Sesan (photo) est ingénieur électronique et tech entrepreneur. Mardi 16 août, il a été nommé par Antonio Guterres, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), parmi les dix membres du premier groupe de direction du Forum sur la gouvernance d’Internet (FGI) pour un mandat de deux ans.
Réagissant à sa nomination, le diplômé de l’université Obafemi Awolowo du Nigeria s’est dit « honoré et impatient de servir le monde aux côtés de dirigeants de haut niveau et d’influencer également la politique numérique à l’échelle mondiale ». Un pouvoir conséquent pour le directeur exécutif de Paradigm Initiative, une entreprise qui œuvre pour l’inclusion numérique et la défense des droits numériques, présente au Nigeria, Cameroun, Kenya, Zambie, Zimbabwe et Sénégal.
La désignation de Gbenga Sesan au sein du groupe de direction du FGI fait suite à un appel à candidature auquel il a répondu et au terme duquel il a été retenu parmi plusieurs prétendants au poste. Cette nouvelle expérience internationale s’ajoutera à celle déjà acquise de 2008 à 2012 comme membre du comité des eLeaders des Nations unies sur la jeunesse et les TIC. Pendant ces quatre années, parallèlement à ses fonctions dans Paradigm Initiative, il a travaillé avec de jeunes experts sélectionnés de diverses régions du monde sur la contribution des jeunes dans l'espace TIC mondial.
Gbenga Sesan a aussi été membre de plusieurs comités présidentiels, notamment celui sur l'harmonisation des secteurs des technologies de l'information, des télécommunications et de la radiodiffusion en 2006 et celui sur l’élaboration de la feuille de route pour la réalisation d'une infrastructure de services à large bande universels accélérés en 2013.
Depuis 2020, il est chercheur non-résident du Digital Civil Society Lab de l’université de Stanford aux Etats-Unis. Bénéficiaire de plusieurs bourses, notamment la Cyber Stewards Fellow, la Crans Montana Forum Fellow, l'Archbishop Desmond Tutu Leadership Fellow, il jouit d’une grande expérience comme consultant numérique pour plusieurs entités internationales comme Microsoft.
Il a conseillé l’Organisation mondiale de la santé sur la confidentialité des données pendant les premiers jours de la pandémie du coronavirus et conseille le Forum économique mondial sur son projet d’opérationnalisation de la confiance, afin d’élaborer une politique de données respectueuse des droits pour les entreprises.
Le parcours professionnel de Gbenga Sesan a démarré en 2001 à la Junior Achievement Nigeria, la branche locale de la Junior Achievement Worldwide qui est un réseau mondial d'organisations dédiées à l'autonomisation des étudiants en matière de littératie financière, de préparation au travail, d'entrepreneuriat et de littératie numérique.
Melchior Koba
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Le jeune chef d’entreprise a la ferme ambition de contribuer à l’inclusion financière et au développement économique dans son pays. Sa solution numérique de paiement revendique déjà plus de 70 000 utilisateurs.
Jules Kadher Kaboré (photo) est un informaticien et entrepreneur burkinabé. Titulaire d’une licence en informatique obtenue en 2021 à l’université de Californie, Santa Cruz (UCSC), il est cofondateur et président-directeur général de Sank Business.
La start-up, créée en juillet 2020 avec l’économiste Dramane Kiendrebeogo et officiellement lancée en janvier 2021, a développé une application de paiement mobile nommée Sank Pay. Elle donne aux utilisateurs la possibilité de déposer et de transférer de l’argent en toute sécurité et sans frais. Les utilisateurs peuvent également obtenir des prêts et effectuer des retraits d’argents facturés à hauteur de 1 % du montant.
« Notre vision à Sank Business, c’est de faire en sorte que le Burkina Faso fasse partie des pays africains dont l’économie est purement digitale d’ici 2025 », déclarait Jules Kader Kaboré en décembre 2021. La solution revendique déjà plus de 70 000 utilisateurs.
Sank Business met également des cartes de paiement personnalisées, sans date d’expiration et renouvelables à souhait, à la disposition des clients dans ses différentes agences. Ces cartes permettent à ceux qui ne possèdent pas de smartphones ou Internet d’effectuer des opérations financières sans espèces.
L’aventure Sank Business, Jules Kadher Kaboré l’a démarrée après avoir accumulé quelques années d’expérience aux États-Unis. En 2016, il a été stagiaire développeur web chez Ignition 72, une entreprise de stratégie, de conception, de développement, d’analyse, de test, de marketing et d’accessibilité web basée dans le Maryland. De septembre à décembre 2018, il a été tuteur en mathématiques au Laney College en Californie.
En 2019, il a développé l’application dénommée « Coucou-Africa » avec d’autres étudiants burkinabés installés aux États-Unis. La solution à travers laquelle il était possible de vendre et d'acheter permettait aussi de communiquer et même d’accéder aux nouvelles d’Afrique.
Melchior Koba
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A son actif, une quinzaine d’années d’expérience professionnelle dans plusieurs domaines, notamment le numérique. Les connaissances accumulées aussi bien à Madagascar qu'à l’international lui ont donné envie de soutenir davantage l'entrepreneuriat technologique dans son pays.
Harinjaka Ratozamanana (photo) est un consultant international malgache en nouvelles technologies de l’information et de la communication. Diplômé en droit des arts libéraux et sciences politiques, puis en communication et nouveaux médias à l’université d’Aix-Marseille en France, il est cofondateur d'Hackoragna Cooperative Company.
Hackoragna Cooperative Company est une plateforme de collaboration numérique à Madagascar. Elle regroupe des start-up, des micros, petites et moyennes (MPME) qui développent des solutions technologiques innovantes. Née en 2020 pendant la crise de Covid-19, la coopérative s’est fixé comme ambition de promouvoir le savoir-faire technologique local.
« À travers un modèle coopératif, nous permettons aux entrepreneurs et à nos membres d'améliorer le développement de leurs projets entrepreneuriaux dans un esprit éthique et équitable afin de contribuer à l'amélioration de l'industrie et à la transformation positive de Madagascar », indique la plateforme sur son site web. Harinjaka Ratozamanana renchérit en déclarant que « nous co-créons une économie numérique qui travaille dans l'intérêt du bien commun pour le bénéfice mutuel de tous ».
Très dynamique, Harinjaka Ratozamanana a une longue expérience professionnelle dans divers domaines. Observateur de France 24, il a également été rédacteur pour le réseau de blogueurs Global Voice Online entre 2007 et 2009. En 2008, il travaille pour l’organisation non gouvernementale Fanamby comme web développeur. En 2009, lors des élections présidentielles au Gabon, il est consultant web et nouveaux médias pour plusieurs médias étrangers. En 2011, il devient directeur de la communication pour l’organisation humanitaire Akbaraly Foundation.
Harinjaka Ratozamanana rejoint ensuite le groupement professionnel du tourisme GOTO Madagascar, en tant que consultant web. En 2012, il se lance dans l’entrepreneuriat technologique et cofonde Habaka. L’espace d’innovation qu’il dirige jusqu’en 2016 réunit des acteurs technologiques malgaches qui désirent résoudre des problèmes locaux via des solutions numériques ingénieuses.
En 2015, le gouvernement le sollicite pour son expertise internationale dans le domaine des TIC. Il devient alors conseiller technique au cabinet du ministre du Développement numérique, de la Transformation digitale, des Postes et des Télécommunications (MNDPT). En 2016, il devient assistant à l’Assemblée nationale malgache. L’année suivante, il est nommé directeur du développement du secteur privé au ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat.
En juillet 2018, Harinjaka Ratozamanana est réaffecté au MNDPT en tant que chef de bureau, puis secrétaire général jusqu’en février 2019. En septembre 2021, il rejoint IAMTHECODE Foundation, organisation qui souhaite former un million de femmes et de filles au codage informatique d’ici 2030, en tant que conseiller technique associé en éducation.
Melchior Koba
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Déjà à la tête de diverses marques commerciales, l’entrepreneur se projette toujours plus loin. Avec sa solution financière numérique, en particulier, il entrevoit une opportunité d’affaires dans le segment du microcrédit.
Steven Bedi (photo) est le fondateur et président-directeur général de SEAD Group SA. L’Ivoirien a fondé la société qui offre des services de transfert d’argent, d’agro-industrie, de négoce, de communication et d’ingénierie financière en 2016. Elle s’est illustrée en 2018 dans le segment des technologies de l’information et de la communication avec Panelys Cash.
La solution permet le transfert d’argent par simple SMS. Une carte de paiement Visa a aussi été émise, rechargeable par Mobile Money et utilisable partout. Dans un entretien accordé en 2020 à Entrepreneur Corner, l’entrepreneur qui est titulaire d’un diplôme en Management des organisations à l’Institut Remois de Gestion et d’un master en gestion et marketing, obtenu à HEC Abidjan, justifie la création de Panelys Cash par la nécessité de répondre à un besoin.
Selon lui, le désintérêt de la majorité de la population ivoirienne pour les services bancaires résulte du fait qu’ils ne répondent pas à leurs attentes, contrairement au Mobile Money. Il a alors décidé d’unir les deux systèmes.
« Avec Panelys Cash, le consommateur peut non seulement procéder à des transactions interopérateurs, mais peut également recharger sa carte bancaire Visa via son compte Mobile Money, tout en gardant la flexibilité de celle-ci », a-t-il expliqué. Panelys Cash est destiné aux salariés non bancarisés et aux acteurs du secteur informel.
Entrepreneur prolifique, Steven Bedi est aujourd’hui à la tête de plusieurs marques qui font parler d’elles en Côte d’Ivoire, notamment Mayou destinée aux épices. Il a commencé son aventure dans l’entrepreneuriat en 2012, en fondant l’agence de publicité et de communication Afrikadeal Agency. Un investissement réalisé alors qu’il prenait encore ses marques. Durant cette quête, il travaillera chez Agronomix SA, une entreprise d’agronomie en Côte d’Ivoire, de 2014 à 2016. Il y occupera respectivement les fonctions de directeur des Commodités et des Opportunités puis directeur commercial et marketing.
Aujourd’hui, il est le président de Côte d’Ivoire Innovation 20 (Ci20), un collège de 15 entreprises lancé en 2021, dont l’ambition est d’accélérer le développement de l’écosystème entrepreneurial local et favoriser l’émergence de champions ivoiriens.
Melchior Koba
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Après huit années d’expérience professionnelle, il a trouvé le courage de se lancer à son propre compte. Un choix qui semble lui avoir réussi au regard du succès enregistré et de la crédibilité gagnée.
Jean-Louis Mbaka (photo) est un ingénieur en informatique originaire de la République démocratique du Congo. Diplômé de l’université de Bath au Royaume-Uni en 2013, il est le cofondateur et le président-directeur général de Kinshasa Digital. L’agence fondée en 2017 est spécialisée dans le développement web et la communication numérique. Elle propose aux entreprises des solutions numériques afin de booster leurs activités.
Pour ce passionné de numérique, Kinshasa Digital n’est que l’un de ses nombreux investissements dans le domaine. En 2017, Jean-Louis Mbaka a d’abord fondé Youdee, un site web d’annonces immobilières. En 2019, il lance Kinshasa Digital Academy, une branche de l’agence dédiée à la formation.
À travers ce dernier investissement, l’objectif est de transmettre au plus grand nombre des compétences numériques, notamment le développement d’applications web et mobile pour améliorer leurs chances d’insertion professionnelle. La formation dure un an, dont 9 mois à l’académie et 3 mois de stage dans une entreprise en quête de développeurs.
Cette initiative lui a d’ailleurs valu l’intérêt de quelques entreprises de renom comme Vodacom. En avril 2022, la société télécoms a signé un partenariat avec Kinshasa Digital Academy pour la mise en œuvre d’un laboratoire de recherche et d’innovation dans le pays, le Vodacom Digital Lab.
« Dans notre mission de développer du contenu et des applications locales et robustes, le “Vodacom Digital Lab” fournira une plateforme aux apprenants de la Kinshasa Digital Academy et aux développeurs de Kinshasa pour une meilleure compréhension de certains secteurs et leur permettre de développer et tester leurs solutions », déclarait Jean-Louis Mbaka, lors de la signature de l’accord. Le 8 juillet 2022, les deux partenaires ont présenté une plateforme numérique de suivi et de surveillance des malades de la Covid-19, fruit de cette collaboration.
Pour Jean-Louis Mbaka qui a démarré sa carrière professionnelle en 2009 en RD Congo, comme soutien technique chez Entreprise Générale Malta Forrest (EGMF), une société congolaise de génie civil, le numérique a le pouvoir de solutionner de nombreux problèmes. Après son passage au sein de l’entreprise technologique Schlumberger, au Royaume-Uni, de 2010 à 2011 comme ingénieur logiciel, il est recruté chez EGAL SA (Entreprises Générales d’Alimentation et de Logistique) en 2014. C’est durant son séjour au sein de cette entreprise, qu’il quittera en 2019, qu’il se lance dans l’entrepreneuriat en 2017.
Melchior Koba
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L’ingénieur informatique voit dans les TIC une multitude de possibilités professionnelles pour ses concitoyens. À défaut de grands discours, il a choisi les actes pour leur montrer la voie. Il s’est au préalable formé pour mieux les accompagner.
Hamid Khayar Defallah (photo) est le fondateur et président-directeur général de l’incubateur de start-up Chad Innovation. Le Tchadien, ingénieur en système d’information de gestion, a créé en 2018 ce cadre d’échange et d’entrepreneuriat numérique pour permettre aux jeunes de son pays d’aspirer à de meilleures conditions de vie. S’y tiennent des sessions de formation, des discussions, forums pour amener les jeunes à parler de leurs idées, susciter des projets chez eux, les accompagner dans leur concrétisation.
Chad Innovation est né dans l’esprit de Hamid Khayar Defallah en 2014, alors qu’il était chargé de cours à l’université de N’Djamena. Il fait un constat inquiétant. « Tous ces étudiants, à la fin, on n’arrive pas à les insérer. Comment faire pour les absorber ? C’est ainsi qu’est née l’idée de créer un espace d’innovation où les idées vont se mêler pour que jaillissent des idées novatrices », explique le tech entrepreneur titulaire d’un master en applications informatiques obtenu en 2011 à l’université de Bangalore en Inde.
C’est en 2016, après l’obtention de son certificat en entrepreneuriat à l’université du Texas aux États-Unis, grâce à une bourse, qu’Hamid Khayar Defallah commence à mûrir Chad Innovation qu’il lance officiellement deux ans plus tard. Cofondateur en 2013 de l’entreprise de prestations et de services informatiques Africatech World of Technology, c’est l’expérience professionnelle accumulée au fil des années dans le secteur du numérique qui lui a permis à de devenir lui-même tech entrepreneur et d’orienter par la suite la jeunesse tchadienne sur cette voie aujourd’hui riche d’opportunités.
En 2004, Hamid Khayar Defallah démarre sa carrière professionnelle chez l’opérateur historique Sotel Tchad comme ingénieur réseau junior. Après un stage à l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) dès 2008, il rejoint la défunt Office national de radio et télévision (ONRTV) en 2012. Il y officie comme ingénieur de support technique jusqu’en 2015.
La même année, il devient assistant de recherche et responsable informatique au Centre national de recherche et de développement (CNRD) du Tchad. Parallèlement à ces fonctions, il effectue un stage de deux mois au Global Entrepreneurship Network, un réseau d’entrepreneurs, aux États-Unis. Il y apprend comment construire, mettre en œuvre un écosystème start-up. En 2017, lorsqu’il quitte le CNRD il est recruté à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena comme responsable informatique.
Depuis décembre 2020, Hamid Khayar Defallah est le directeur général de l’Agence nationale de transition de l’audiovisuel analogique à l’audiovisuel numérique du Tchad.
Melchior Koba
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Depuis quatre ans, il œuvre pour l’insertion professionnelle des jeunes Djiboutiens dans le domaine de l’innovation, surtout numérique. Sa détermination et ses nombreuses actions lui ont assuré au fil des années une crédibilité au niveau national et international.
Mohamed Guireh Galab (photo) est un entrepreneur djiboutien. Il est le fondateur et président-directeur général de StartUp Factory. Créé en 2018, StartUp Factory forme des entrepreneurs et investit sur des projets innovants, de l’idée à la mise sur le marché. C’est un écosystème d’accélération pour les passionnés de numérique qui veulent faire de leur amour pour les TIC une source de richesse à Djibouti.
Présent dans six villes, StartUp Factory a su convaincre au fil des années divers partenaires publics comme la Caisse populaire d’épargne et de crédit (CPEC), l’Agence nationale de promotion des investissements ou encore le Fonds de développement économique de Djibouti (FDED) pour donner aux jeunes Djiboutiens l’opportunité de voir leurs ambitions entrepreneuriales se concrétiser.
Très engagé dans les questions d’autonomisation économique des jeunes, Mohamed Guireh Galab a cofondé il y a quatre ans le Club des jeunes entrepreneurs djiboutiens (CJED) dont il est le président. À travers ce réseau, il prône l’échange d’expérience, de contacts, le soutien pour créer une chaîne de valeur. « Le CJED octroie la même égalité de chance de créer, reprendre ou développer son entreprise à chaque jeune djiboutien », déclare-t-il.
Président national de la Jeune chambre internationale (JCI) de Djibouti depuis 2012, Mohamed Guireh Galab est également depuis 2019 le directeur pays du Global Entrepreneurship Network, une initiative internationale lancée en 2008 pour construire un écosystème mondial d'entrepreneurs. En 2020, il est désigné ambassadeur de Djibouti à Africalink, une communauté d’entrepreneurs en Afrique et en Europe.
En 2017, Mohamed Guireh Galab a pris part au programme Young African Leaders Initiative (YALI), qui lui a ouvert les portes d'une formation de six semaines à l’université Clark Atlanta sur l’entrepreneuriat et le leadership. En 2021, il est classé parmi les 50 champions africains du numérique par l’Africa Digital Festival.
La première entreprise fondée en 2008 par Mohamed Guireh Galab est Méga Vidéo. La plateforme de vente de films a été lancée pendant qu’il exerçait à l’aéroport international de Djibouti comme ingénieur en maintenance aéronautique.
Melchior Koba
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L’entrepreneur voit dans les technologies de l’information et de la communication un atout pour le développement de son pays et de l’Afrique. Il multiplie les solutions pour répondre au besoin d’efficacité et de rentabilité de plusieurs secteurs d’activités.
Le Congolais Patrick Daudi Faraja (photo) est le président-directeur général de Jofar Group, une entreprise de services numériques qui a déjà à son actif plusieurs logiciels destinés à divers secteurs d’activités.
Parmi ceux-ci figurent la solution de commerce électronique J-Credita, la solution d’identification biométrique de la population et de numérisation des registres et faits d’état civil KodID, l’agrégateur de paiement électronique et de banque mobile Mbongocash, la solution pour la gestion globale de la mobilité J-Smart.
Patrick Daudi Faraja a lancé Jofar Group en 2014 au Kenya sous le nom Jofar Systems Ltd alors qu’il était encore étudiant en deuxième année à l’université Daystar. Lorsqu’il obtient son master en gestion stratégique en 2020, il est déjà à la tête d’une entreprise florissante qu’il a implantée en RD Congo deux années plus tôt pour contribuer à la transformation numérique du pays.
Une seule idée occupe l’esprit de l’entrepreneur : faciliter l’intégration du numérique dans le quotidien des citoyens congolais et des Africains. Il est certain que la technologie a le pouvoir d’améliorer la vie des populations, la gestion économique et la gouvernance publique.
L’innovation qui a le plus mis Patrick Daudi Faraja en lumière en RD Congo et dans le monde est Kodinet. La solution d’identification et de vérification biométrique des citoyens et des documents, créée en 2020 et adoptée par l’administration fiscale du Nord-Kivu.
« Via Kodinet, nous mettons en place une banque des données fiable pour l’administration fiscale et pour les administrés. Par conséquent, la transparence, la fiabilité et la traçabilité dans toutes les transactions de perception des impôts », expliquait Patrick Daudi Faraja lors d’une interview accordée à Congo Sauti en juin 2021. En juin 2022, lors du Forum ID4Africa à Marrakech, le champ d’application de Kodinet a été élargi à la production des passeports.
Le 23 mai, Patrick Daudi Faraja a annoncé de nouveaux investissements à travers l’installation de sa société dans la zone économique spéciale (ZES) de Maluku : la construction d’un centre de données et la construction d’une usine de fabrication de cartes à puce.
Melchior Koba
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Après ses études en Espagne, elle est rentrée pour mettre ses compétences au service du développement de son pays. En 10 ans, elle a gagné en expertise et pris part à plusieurs grands projets technologiques porteurs de croissance sociéconomique.
Olivia Garcia Berniko (photo) est une ingénieure en informatique équato-guinéenne. Diplômée de l’université Carlos III de Madrid, elle y a obtenu un master en génie logiciel en 2012 puis un master en administration des entreprises en 2021. Elle est depuis mars 2016 la directrice technique du GITGE (gestionnaire des infrastructures de télécommunications de Guinée équatoriale).
Le GITGE est l’agence publique qui veille sur l’infrastructure de fibre optique du pays, notamment les câbles sous-marins ACE, Ceiba-1 et Ceiba-2, Ultramar GE, Mandji et South Atlantic Inter Link (SAIL). Il s’assure de l’intégrité des moyens de communication du pays et que les populations aient accès aux services télécoms.
« Mon quotidien est basé sur la gestion de divers projets que nous avons en cours, en plus de gérer le département technique. Je suis également impliqué dans les projets de responsabilité sociale d’entreprise de l’entité, ce qui ajoute une motivation supplémentaire à mon quotidien, car il touche de très près le facteur humain », déclarait Olivia Garcia Berniko lors d’une interview accordée à AhoraEG en 2021.
Il y a dix ans, elle intégrait le GITGE comme technicienne système. Elle y a par la suite gagné la confiance de l’État qui lui a confié des responsabilités de plus en plus grandes. En 2014, elle a été nommée chef de projet et deux ans plus tard elle est promue à la tête de la direction technique de l’entreprise.
Avant le GITGE, Olivia Garcia Berniko a travaillé chez Everis, une société espagnole spécialisée dans la fourniture de solutions commerciales et stratégiques, prestations de développement et de maintenance d’applications technologiques et services d’externalisation.
L’expérience professionnelle accumulée par Olivia Garcia Berniko lui vaut aujourd’hui des invitations à diverses rencontres internationales. Le 29 avril, elle a partagé son expérience et ses opinions dans le domaine de la technologie avec d’autres femmes leaders lors du Congreso internacional mujeres STEM organisé en ligne. Décorée de la médaille de chevalier de l’ordre de l’indépendance de Guinée équatoriale, elle a figuré en 2021 parmi les 50 Digital Champions of Africa de l’Africa Digital Festival.
Melchior Koba
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