En concluant plusieurs accords avec l’Estonie, l’Angola aspire à dynamiser le développement de son secteur numérique. L’Estonie, qui a fait ses preuves en tant que modèle dans le secteur, s'impose donc comme le partenaire idéal pour la réalisation de cet objectif.
Digital Nation, un organisme de conseil en transformation numérique en Estonie, et l'Institut angolais pour la modernisation administrative (IMA) ont signé le vendredi 8 mars un protocole de coopération lors de la visite du président estonien Alar Karis (photo, à gauche) en Angola.
Cet accord vise à renforcer la coopération entre les deux pays en matière de gouvernance numérique et de modernisation administrative, entre autres. Il fait suite à un précédent accord signé le 14 avril 2023 à Tallinn, en Estonie, entre le chef de la Maison civile du président de la République d'Angola, Adão de Almeida, et le ministre estonien des Entreprises et des Technologies de l'information, Kristjan Järvan.
Proud to have witnessed Estonian company #DigitalNation & the Institute for Administrative Modernization sign a memorandum of cooperation during my visit in #Angola. Digital Nation will become IMA's framework partner in laying the foundations for digitalization in coming years. pic.twitter.com/KGZcYNsFX8
— Alar Karis (@AlarKaris) March 8, 2024
Dans le cadre de cette collaboration, les deux parties mettront en œuvre une série d’initiatives en exploitant les compétences et les expertises de chacune dans le domaine du numérique. D’autres domaines de coopération d'intérêt commun pour le développement du numérique seront identifiés au fur et à mesure de la mise en œuvre du partenariat.
Cette initiative devrait contribuer à accélérer l’ambition du gouvernement angolais de devenir un leader numérique en Afrique, en s’inspirant de l’expérience estonienne en matière de dématérialisation, de débureaucratisation et de numérisation de l’administration publique. Le protocole donnera également aux entreprises estoniennes la possibilité d’entrer sur le marché angolais et plus largement africain.
Samira Njoya
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L'économie numérique africaine est en pleine expansion, avec une valeur estimée à 712 milliards de dollars d'ici 2050, représentant ainsi 8,5 % du PIB continental. Ce secteur en plein essor justifie la mise en œuvre d'initiatives visant la transformation numérique dans de nombreux pays d'Afrique.
Le ministère guinéen des Postes, des Télécommunications et de l'Economie numérique a conclu deux accords importants le vendredi 8 mars, à la Chambre de Commerce des Etats-Unis à Washington DC, avec les entreprises américaines Cisco et Cybastion.
Ces accords, signés lors d'une visite officielle d'une délégation du ministère chargé de l'Economie numérique aux Etats-Unis, ont pour but d'accompagner la Guinée dans la mise en œuvre de ses politiques et stratégies nationales en matière de numérisation et de cybersécurité.
Des représentants du ministère guinéen des postes, des télécommunications et de l'économie numérique ont signé aujourd'hui des accords historiques avec les entreprises américaines Cisco et Cybastion afin d'améliorer l'infrastructure numérique de la Guinée, de renforcer la… https://t.co/iO4HvaIqs8
— @embassyconakry (@EmbassyConakry) March 8, 2024
Le premier accord, signé avec Cisco Systems, Inc., vise à répondre au besoin urgent de renforcer les compétences au sein de l'administration publique pour moderniser les services publics et sécuriser les systèmes d'information. Il prévoit la formation et la qualification des citoyens en informatique et en cybersécurité par le biais du programme Networking Academy de Cisco. Cette initiative découle d'un processus initié en septembre 2023, avec la visite de Youssouf Mohamed Aribot, directeur général de l'Agence nationale de digitalisation de l'Etat (ANDE), au siège de Cisco à San Francisco, afin de concrétiser une collaboration entre la société américaine et le gouvernement guinéen.
Le deuxième accord, signé avec Cybastion, vise à fournir une expertise et une assistance pour la recherche et la mobilisation des financements nécessaires à la réalisation de nombreux projets de numérisation de l'Etat et dans le domaine de la cybersécurité.
Ces deux accords représentent une avancée majeure pour la Guinée dans la concrétisation de ses objectifs en matière de numérisation et de cybersécurité. Ils interviennent peu de temps après que la Banque mondiale a octroyé un financement de 60 millions de dollars au pays pour la réalisation de divers projets numériques dans le cadre du Programme d’intégration numérique régionale de l’Afrique de l’Ouest (DTfA/WARDIP).
Samira Njoya
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Le phénomène de désinformation n’est pas nouveau. Mais son ampleur a changé avec les nouvelles technologies. La propagation est plus rapide, les personnes touchées plus nombreuses, les effets plus importants.
Dans ses perspectives mondiales de cybersécurité 2024, le World Economic Forum (WEF) estime que l’Intelligence artificielle (IA) va marquer un tournant dans le paysage de la cybercriminalité. En effet, au-delà des attaques sur les systèmes informatiques, la manipulation de l’information constituera l’un des grands défis du monde connecté.
Bien que les attaques sur les infrastructures critiques représentent toujours un risque majeur de sécurité, elles peuvent toutefois être maîtrisées. Or, les bouleversements sociaux et politiques qui peuvent découler de la manipulation profonde de l’information par les nouvelles technologies sont de nature à nuire à la stabilité économique de divers secteurs d’activité, pays, régions du monde sur une plus longue durée.
L’inquiétude, la peur, le repli identitaire, la crise de confiance publique etc. sont autant de situations que les deepfakes peuvent créer, entretenir et accentuer à travers la planète pour en faire des armes contre les gouvernements et entre les pays. A travers cette nouvelle approche, c’est le cœur et l’esprit de personnes qui constituent les systèmes politiques, économiques et sociaux qui sont piratés. Dans une note de septembre 2023, le département américain de la Défense qualifiait les deepfakes de menaces contre la sécurité nationale.
Talents recherchés
Dans un contexte mondial de pénurie de compétences en cybersécurité – 4,7 millions de personnes travaillaient dans le domaine de la cybersécurité à l'échelle internationale en 2022, mais le déficit mondial s’élève à 3,4 millions selon l’organisation à but non lucratif International Information Systems Security Certification Consortium (ISC2) – l’émergence rapide de l’IA et son incidence sur la réalité accentue la pression sur le besoin en professionnels de cyberdéfense.
L'entreprise américaine de conseil et de recherche en technologies de l'information et de la communication Gartner prédisait en 2023 que le nombre de cyberattaques et d'attaques d’ingénierie sociale contre les personnes augmentera d’ici 2025 à cause de ce manque criard de talents. Elle affirmait que les humains seront de plus en plus considérés comme le point d’exploitation le plus vulnérable.
Alors que l’IA réinvente tout en intensifiant les menaces cybercriminelles, elle ouvre également un champ d’opportunités nouvelles pour des millions de jeunes sur tous les continents. En Afrique en particulier, où l’écosystème des start-up est actuellement dominé par l’offre de services dans les secteurs de la finance, du commerce, de la santé, de l’éducation, de l’énergie, etc., une nouvelle génération de cyber talents capables d’identifier et d’authentifier les vrai-faux pourrait voir le jour.
Les Etats peuvent contribuer à leur éclosion en réfléchissant dès à présent à diverses stratégies qui les préparent à cette nouvelle technologie et à ses opportunités, mais aussi aux menaces. Dans son indice de préparation à l’IA 2023, le cabinet de conseil en technologies de l'information et de la communication Oxford Insights indique que seuls trois pays d’Afrique ont déjà adopté une stratégie relative à l’IA. Il s’agit du Rwanda, du Sénégal et du Bénin. L’Ethiopie et le Nigeria y travaillent déjà.
Muriel Edjo
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La compétition s'intensifie sur le marché en plein essor des centres de données en Afrique. Les entreprises locales et étrangères augmentent leurs investissements dans les infrastructures pour répondre à la demande croissante de services cloud sur le continent.
EcoCloud, l'un des principaux fournisseurs de solutions pour centres de données au Kenya, et G42, un groupe technologique émirati spécialisé dans l'intelligence artificielle, ont signé un protocole d'accord à Nairobi le mercredi 6 mars. Cet accord vise à exploiter le vaste potentiel géothermique inexploité du Kenya en établissant le premier centre de données alimenté par l'énergie géothermique.
The collaboration between Kenya's EcoCloud and the UAE's G42 to construct a data centre will catalyse Kenya’s emergence as a global digital hub. The first-ever data centre powered by geothermal energy, establishes a new benchmark for eco-friendly infrastructure and positions… pic.twitter.com/0kr3ivNPsf
— William Samoei Ruto, PhD (@WilliamsRuto) March 6, 2024
« Ce centre de données alimenté par la géothermie constitue une étape importante dans la réalisation du potentiel du Kenya en tant que pôle numérique mondial et dans la réalisation de notre mission consistant à rendre l'intelligence artificielle accessible à tous, partout », a déclaré Peng Xiao (photo, à gauche), PDG du groupe G42.
Le nouveau centre de données débutera avec une charge informatique initiale de 100 MW, qui sera augmentée au fil des années pour atteindre 1 gigawatt. Il pourra être utilisé dans les télécommunications et d'autres secteurs. Sa mise en œuvre s'inscrit dans le cadre de la stratégie numérique du pays visant à faire du Kenya un hub technologique phare de la sous-région est-africaine en particulier et du continent en général.
Le protocole d'accord entre les deux entités permettra d'inaugurer une nouvelle ère de cloud computing et de services d'IA. L'initiative promet de libérer des opportunités économiques sans précédent, de stimuler l'innovation et de faire progresser l'économie numérique pour positionner le Kenya comme le centre de l'innovation technologique en Afrique et un acteur compétitif sur la scène mondiale.
En réponse aux exigences environnementales, cette installation réduira également la dépendance du Kenya aux combustibles fossiles, diminuera les émissions de carbone et contribuera à la conservation de l'environnement. « En exploitant l'énergie géothermique, nous répondons non seulement aux besoins de la région en matière de données, mais nous fixons également une nouvelle norme pour les infrastructures respectueuses de l'environnement », a déclaré Amos Siwoi, PDG d’EcoCloud.
Samira Njoya
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A l’instar de plusieurs pays africains, le Burkina Faso est tourné depuis plusieurs années vers la numérisation de ses services. Cependant, il rencontre des défis liés au manque de ressources nécessaires pour une transformation numérique optimale.
Le Conseil suprême de l'économie arabo-africaine (CSEAA) s'engage à soutenir le Burkina Faso dans le développement de divers secteurs, notamment la transition numérique et l'économie numérique. Une délégation du CSEAA, dirigée par son président Hani Hassani Abuzaid (photo, à gauche), a rencontré la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo/Sabane (photo, à droite), le lundi 4 mars pour discuter de cette collaboration.
« La rencontre a porté sur la transformation digitale de la société et de l’économie et nous avons abordé plusieurs sujets qui concernent la transition numérique au Burkina Faso. Il y a eu un engagement de collaboration pour que le Conseil suprême de l'économie arabo-africaine apporte son expertise, tout l’écosystème qu’il a, pour appuyer la transition numérique au Burkina Faso, et nous avons déjà pris l’engagement de commencer dès la semaine prochaine », a déclaré Hani Hassani Abuzaid.
Dans le cadre de cette coopération, l'organisation accompagnera les autorités burkinabè dans le développement des infrastructures numériques, de l'ossature nationale, et de la stratégie de couverture globale du réseau d'accès aux communications. Il encouragera également la construction de centres de données et la promotion des plateformes de paiement numérique.
Cette collaboration s'inscrit dans la volonté du gouvernement burkinabè de faire du numérique un moteur de transformation sociale et économique pour accélérer le développement du pays. Le Conseil suprême de l'économie arabo-africaine (CSEAA), fort de son expertise, accompagnera le Burkina Faso dans cette démarche. Avec plus de 1 800 entreprises membres, le CSEAA est une organisation panarabe composée d'entreprises privées expérimentées dans le partenariat pour le développement économique et intéressées par la promotion des projets d’investissement.
Samira Njoya
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En février 2023, l’estonien Bolt a annoncé un investissement de 500 millions $ sur les deux prochaines années pour accélérer sa croissance en Afrique. Depuis le début de l’année 2024, la start-up multiplie les expansions sur le continent.
La start-up estonienne d’e-mobilité Bolt s’est lancée au Caire, en Egypte. L’annonce a été faite par le cofondateur Martin Villig dans un post sur X le lundi 4 mars.
L’Egypte est le quinzième pays dans lequel Bolt s’étend, le deuxième en Afrique du Nord après la Tunisie en 2019. La jeune pousse compte s’imposer sur ce marché en supprimant pendant les six premiers mois sa commission de 15% perçus chez les chauffeurs et en offrant une réduction de 50% aux clients.
.@BoltApp launched in #Cairo, Egypt this week ahead of my #LEAP24 visit for #Mobility talks in Saudi Arabia. Read about Bolt's plans for MENA expansion.
— Martin Villig 🇪🇪 (@waldec) March 4, 2024
PS. @koodjohvi @Kunnapas open for MENA partnerships for teaching new coding talent by 🇪🇪 experiencehttps://t.co/E7sq7OqRyJ
Eduard Suchanek, directeur régional de Bolt pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, affirme : « l'entrée de Bolt dans l'une des plus grandes économies d'Afrique du Nord souligne notre engagement à révolutionner la mobilité dans la région. En proposant des services de covoiturage adaptés aux besoins des particuliers et des entreprises, Bolt vise à offrir aux Egyptiens des options de transport pratiques, fiables et abordables ».
Bolt soutient sa croissance sur le continent dans un contexte marqué par le ralentissement des financements dans le secteur technologique. Les investissements ont diminué de 54 % à 2,3 milliards $, selon les données du fonds de capital-investissement Partech Africa. Cette tendance baissière a affecté la plupart des segments dont l’e-mobilité où le total de capital levé est passé de 195 millions $ en 2022 à 48 millions $ en 2023, soit une chute de plus de 75 %, d’après la même source. La start-up estonienne a déjà mis en place son plan de croissance en décidant dès février 2023 d’investir 500 millions $ sur le continent africain sur les deux prochaines années.
Avec sa nouvelle expansion en Egypte, Bolt veut conquérir l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient (MENA), une région où elle est peu présente et qui est dominée par l’américain Uber et l’émirati Careem.
Adoni Conrad Quenum
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Cette nouvelle session vient enrichir davantage la disponibilité du continent africain en une main-d’œuvre qualifiée dans le segment du divertissement cinématographique, en plein essor.
Le jeudi 29 février 2024, s’est tenue le lancement officiel de la 2e cohorte du programme de formation « Afro VFX » dans les locaux de l’Orange Digital Center (ODC), sis dans la commune du plateau à Abidjan.
Initié par EM&MB en partenariat avec l'ODC et l'Ambassade du Canada, le programme AFRO VFX se distingue par ses trois piliers fondamentaux à savoir la formation de jeunes talents, la production d'œuvres cinématographiques de qualité et le soutien au développement de l'industrie en Afrique. Pour cette deuxième cohorte, trente jeunes auront l'opportunité de se former intensivement aux bases des effets spéciaux (VFX) pendant quatre mois, avec pour objectif de dynamiser les industries créatives du secteur audiovisuel dans la région. A la fin de cette formation, les jeunes effectueront des stages pratiques en entreprises locales et dans le réseau de studios partenaires d’Afro VFX.
En Afrique de l’Ouest, près de 3 400 films sortent des studios de production chaque année, tirés principalement de l’industrie cinématographique nigériane, faisant de cette région la plus productive en matière de production audiovisuelle sur le continent, selon Statista. Pour Eric M’Boua et Dedy Bilamba, cofondateurs d'EM&MB, Afro VFX se positionne comme « un partenaire clé de l’écosystème VFX en Afrique francophone ».
Pour rappel, trois apprenants issus de la première cohorte ont été lauréats du concours « Sony Talent League by THU 2022 », grâce à une série d’animation 3D intitulée « Djossi Heroes », qui met en lumière des travailleurs informels indépendants, dotés de super pouvoirs.
Depuis plusieurs années, Orange Digital Center s'investit dans le soutien à de jeunes Ivoiriens, en leur fournissant une assistance technique pour développer leurs compétences et donner vie à leurs projets. C’est dans cette optique que Habib Bamba, directeur de la transformation du digital et des médias, a déclaré que « le programme Afro VFX est l’illustration parfaite de l’engagement d’Orage Digital Center dans les industries créatives et culturelles, afin de faire du numérique une opportunité pour tous, et ainsi de contribuer au développement de l’industrie cinématographique ».
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L'accès au financement demeure un défi majeur pour de nombreuses entrepreneures en Afrique. Malgré leur ingéniosité et leur détermination, de nombreuses entrepreneures se heurtent à des obstacles lorsqu'il s'agit d'obtenir les capitaux nécessaires pour démarrer ou développer leurs entreprises.
L'Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Centre du commerce international (ITC) ont lancé, le dimanche 25 février, un fonds de 50 millions de dollars pour encourager l'adoption des technologies numériques par les femmes chefs d'entreprise. Il s'agit du Fonds pour les femmes exportatrices dans l'économie numérique (WEIDE). Il est destiné aux Africaines, mais également aux entrepreneures des autres pays en développement et moins avancés. Il vise à aider les femmes à tirer parti des opportunités offertes par le commerce international et l'économie numérique.
L’OMC et l’ITC lancent un fonds mondial doté de 50 millions d’USD pour les exportatrices dans l’économie numérique #Tradeforwomen #WTOMC13AbuDhabi @NOIweala https://t.co/aUryBkgoaS pic.twitter.com/VAUFPGCyDG
— OMC en français (@OMC_fr) February 25, 2024
S’exprimant sur le bien-fondé de cette initiative, Pamela Coke-Hamilton, la directrice exécutive d'ITC, a déclaré que le fonds aidera les femmes à réunir le capital nécessaire pour leurs activités. « Maintes et maintes fois, les femmes des pays en développement nous ont indiqué que l'accès au financement était leur principal obstacle au commerce. Grâce à ce nouveau fonds, les entrepreneures disposeront des ressources dont elles ont besoin pour faire des affaires à l'international et en ligne ».
En Afrique, l’accès limité au financement reste le premier obstacle rencontré par les entrepreneures. Ces dernières sont confrontées aux difficultés à accéder aux prêts bancaires et aux capitaux nécessaires pour démarrer ou développer leurs entreprises en raison de normes sociales, de politiques discriminatoires ou d'un manque de garanties.
En lançant ce fonds doté initialement de 5 millions de dollars par les Emirats arabes unis, les deux partenaires espèrent favoriser l’autonomisation des femmes dans le commerce et les aider à développer et promouvoir leur entreprise en ligne. Selon la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala (photo au centre), le commerce numérique, et plus particulièrement le commerce des services fournis par voie numérique, est le segment du commerce international à la croissance la plus rapide, soit 8 % en moyenne depuis 2005.
« A l'ère du commerce numérique, ceux qui ont été laissés pour compte lors de la première vague de mondialisation ont la possibilité d'en profiter à leur tour, et de faire les choses différemment. La numérisation nous offre des opportunités sans précédent de faire avancer l'autonomisation économique des entrepreneures, d'uniformiser les règles du jeu et de favoriser une croissance inclusive », a déclaré Ngozi Okonjo-Iweala.
Samira Njoya
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Dans son adresse à la jeunesse le 11 février dernier, le chef de l'Etat a une fois encore encouragé les Camerounais à s'auto-employer. Fournir le cadre technique propice à cette émulation est indispensable.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo (photo), a procédé le mercredi 28 février à Sangmélima, dans le sud du pays, à la pose de la première pierre de construction du centre d’incubation des innovations et des entreprises digitales de l’Ecole supérieure internationale de génie numérique, l’un des établissements de l’université inter-Etats Congo-Cameroun (UIECC). La construction de ce centre d’incubation est réalisée par le génie militaire. Ce, grâce à un financement de 450 millions FCFA (743 000 USD) mobilisé auprès de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), dans le cadre de la mise en œuvre des onze projets intégrateurs prioritaires de la CEMAC, dont l’université inter-Etats fait partie, selon Investir au Cameroun.
Le centre, un bâtiment de deux niveaux qui sera construit sur près de 1 675 m2, est une structure de détection, d’accueil et d’accompagnement des étudiants et de jeunes diplômés de l’Ecole supérieure internationale de génie numérique porteurs de projets de création d’entreprises digitales, en leur fournissant des prestations en termes de formation à l’entrepreneuriat, de mise en relations, de parrainage et de services administratifs, apprend-on de sources officielles. Il devra permettre une meilleure mise en œuvre et suivi des projets d’innovation et d’entrepreneuriat digital.
« Le centre d’incubation, dont le ministre d’État vient de lancer les travaux, n’est en réalité qu’un bâtiment. L’école, de manière globale, est un centre d’incubation dans lequel les étudiants, les élèves ingénieurs ont déjà des startups, ont déjà des projets, sont déjà totalement impliqués dans des activités économiques rentables », a déclaré à la radio nationale, Marcel Fouda Ndjodo, coordonnateur de l’université inter-Etats Congo-Cameroun et directeur de l’Ecole supérieure internationale de génie numérique. Cette école revendique en effet l’accompagnement d’une trentaine de startups des élèves ingénieurs dans la maturation de leurs projets, moins de cinq après l’ouverture de ses portes. Son directeur affirme que l’ambition de l’école est de transformer la ville de Sangmélima en « un pôle de développement des activités numériques ».
La nouvelle loi portant orientation de l’enseignement supérieur au Cameroun, promulguée le 25 juin 2023, redéfinit le rôle des institutions universitaires en les transformant en véritables « universités-entreprises » et élève le statut de l’étudiant au rang « d'étudiant-entrepreneur » pour lutter contre le chômage des jeunes par la promotion de l’auto-emploi. « Dans une économie libérale comme la nôtre dans laquelle le secteur privé devrait être le premier pourvoyeur d'emplois, l’un des rôles fondamentaux de l’université est de soutenir la diversification de l’économie à travers la détection, la formation et l’incubation à l’université des potentiels et futurs capitaines et leaders des secteurs primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire », soutient le ministre Jacques Fame Ndongo. Pour le membre du gouvernement, le centre d’incubation des innovations et des entreprises digitales est une « plus-value » professionnelle et technique dans la formation de ces élèves ingénieurs.
Pour rappel, l’université inter-Etats Congo-Cameroun a été créée le 21 décembre 2012 à l’initiative des deux chefs d’Etat du Cameroun et du Congo, Paul Biya et Denis Sassou Nguesso. Mais ce n’est qu’au cours de l’année académique 2020-2021 qu’elle a démarré ses activités de formation avec l’ouverture, sur le site de Sangmélima, de l’Ecole supérieure internationale de génie numérique. Cette école compte actuellement 450 élèves ingénieurs, soit 250 Camerounais et 200 ressortissants congolais.
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Le Mobile World Congress s’est ouvert à Barcelone en Espagne, le lundi 26 février. C’est l’occasion pour les entreprises technologiques de signer des partenariats stratégiques pour soutenir leur croissance dans diverses régions du monde.
Orange Middle East and Africa (OMEA) et Microsoft ont annoncé, le mercredi 28 février, la signature d'un protocole d'accord. La firme américaine s'est engagée à mettre ses solutions informatiques à disposition de quelque 15 000 petites et moyennes entreprises (PME) actives dans les 17 marchés d'Afrique et du Moyen-Orient où opère le groupe télécoms français. L'information a été dévoilée lors du Mobile World Congress 2024 à Barcelone, en Espagne.
📣 Nous sommes ravis d'annoncer notre partenariat avec @Microsoft pour accélérer la transformation numérique et stimuler la croissance des PME en Afrique et au Moyen-Orient grâce à des solutions modernes et innovantes.
— Orange Africa & Middle East (@orangeafrica) February 28, 2024
📇 https://t.co/nKsDGipIoz#OrangeAfrica #MWC24 pic.twitter.com/PPEgjhg6Y0
« Ce partenariat avec Microsoft est une étape importante dans notre engagement pour soutenir la transformation numérique des entreprises africaines. En combinant notre réseau et les solutions de Microsoft, nous pouvons offrir aux PME les outils et l’accompagnement dont elles ont besoin pour prospérer dans l'économie numérique », a indiqué Jérôme Hénique (photo, à gauche), directeur général d'Orange Middle East and Africa.
La firme de Redmond utilisera le réseau d’Orange pour permettre à ces PME d’utiliser des solutions comme Microsoft 365, Copilot, Azure ou encore Dynamics 365. Ils collaboreront sur des programmes de formation, de marketing et de soutien commercial et mettront en place un comité de pilotage pour suivre l’évolution avec des indicateurs de performance.
Comme Orange, l’entreprise technologique américaine poursuit ses investissements sur le continent. Outre l’annonce de la construction d’un nouveau centre de données en Afrique du Sud, plus tôt dans le mois, Microsoft s’allie à plusieurs pays du continent pour participer à la transformation numérique. Entre autres, on peut citer le Kenya où la firme intégrera ses solutions cloud dans les e-services de l’administration publique, ou encore le Nigeria où, avec un partenaire locale, elle veut renforcer les compétences numériques des fonctionnaires œuvrant dans divers ministères.
Adoni Conrad Quenum
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Au cœur de la transformation numérique africaine se trouve la nécessité d'assurer les compétences numériques de la main-d'œuvre actuelle et future du continent. La Banque mondiale et ses partenaires s'emploient à remplir cette mission.
Smart Africa Digital Academy (SADA), la branche de l'Alliance Smart Africa chargée du renforcement des capacités et du développement des compétences, a reçu une subvention de 20 millions de dollars de la Banque mondiale pour étendre ses activités à l'ensemble de l'Afrique, ceci dans le cadre du Programme régional d'intégration numérique de l'Afrique de l'Ouest (WARDIP).
Le financement de la Banque mondiale permettra de mettre sur pieds un projet qui exploitera les fondements déjà établis de la SADA et du programme AReg4DT pour former une nouvelle génération de décideurs politiques et de régulateurs africains, les préparant ainsi à tirer parti du potentiel de la transformation numérique verte et inclusive grâce à des approches innovantes en matière de politique et de réglementation.
« Le projet touchera 30 000 responsables politiques et décideurs de tous les pays d'Afrique, avec un taux de participation ciblé de 40 % pour les femmes. Compte tenu de l'engagement de la Banque mondiale en faveur de la transformation numérique en Afrique, cette subvention contribuera de manière significative à l'intégration régionale et à l'adoption rapide du marché numérique unique pour l'Afrique », indique le communiqué de Smart Africa.
Cette subvention s'inscrit dans la continuité des projets majeurs de la Banque mondiale en partenariat avec SADA pour soutenir le renforcement des capacités des décideurs et des responsables politiques africains en matière de transformation numérique. A titre d’exemple, la Banque mondiale a annoncé en novembre dernier, un investissement de 266,5 millions de dollars pour les mêmes objectifs, mais également pour améliorer l'accès à Internet dans plusieurs pays d'Afrique et promouvoir un marché numérique unique en Afrique de l'Ouest, entre autres.
Initialement lancée par l'Alliance Smart Africa avec un financement d'environ 30 000 $, SADA a déjà réalisé des progrès remarquables. Depuis août 2020, elle propose une formation en ligne pour les décideurs et les responsables politiques, contribuant ainsi à améliorer les compétences numériques et à promouvoir un écosystème d'apprentissage dynamique à travers l'Afrique.
Samira Njoya
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Les autorités malgaches se sont engagées dans une transformation numérique visant à moderniser leur économie. Pour garantir le succès de cette démarche, elles collaborent avec des partenaires efficaces pouvant les accompagner dans ce projet.
Madagascar est désormais membre de la Smart Africa Trust Alliance (SATA), une initiative de Smart Africa qui vise à promouvoir l'utilisation transfrontalière des identités numériques et des données pour stimuler le commerce et les services en Afrique. L'accord a été signé le mardi 27 février à Barcelone, en marge du Mobile World Congress (MWC).
Cette décision s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement malagasy pour contribuer à l'harmonisation des politiques et réglementations en matière de paiement électronique, facilitant ainsi les échanges transfrontaliers et impulsant un marché numérique unique en Afrique.
En rejoignant la SATA, Madagascar bénéficiera d'une coopération régionale renforcée, lui permettant de collaborer avec d'autres pays africains partageant la même vision et les mêmes objectifs en matière d'intégration numérique et économique. Cette collaboration favorisera l'échange d'expériences, de bonnes pratiques et de connaissances, tout en offrant à Madagascar de nouvelles perspectives commerciales dans des domaines variés tels que le commerce électronique, les paiements numériques, la santé et l'éducation en ligne.
L'adhésion de Madagascar à la Smart Africa Trust Alliance devrait également contribuer à l'augmentation de l'utilisation et de la portée des services numériques nationaux, à l'intégration du secteur privé et à l'utilisation des plateformes numériques nationales, ainsi qu'à la génération de revenus supplémentaires... De plus, cela devrait renforcer les compétences, les savoir-faire et les solutions techniques pour accroître la capacité et l'adoption du gouvernement numérique national.
D'autres pays, tels que le Ghana, le Gabon, la Guinée, le Rwanda, le Zimbabwe et la Tunisie, ont également adhéré à cette alliance stratégique.
Samira Njoya
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Pour aider les femmes africaines à saisir les opportunités de l’industrie technologique, She Code Africa va mettre en œuvre un programme de formation au développement et à la gestion des produits. Le programme financé par FedEx veut toucher 100 000 femmes d’ici 2030.
Le programme She Code Africa a annoncé un partenariat avec le transporteur de fret aérien FedEx visant à lancer un programme de formation dans les technologies destiné aux femmes africaines. She Code Africa, chargé de la mise en œuvre du programme, a lancé un appel à candidatures ouvert aux femmes de tous les pays du continent.
Le programme ne prend en compte que les femmes passionnées de technologies âgées de 18 à 45 ans. Il propose deux parcours de formation. Un parcours d’ingénierie de 2 à 3 mois qui comprend une gamme de cours techniques essentiels, du génie logiciel (Web et mobile) à l'ingénierie cloud, en passant par la science des données et l'analyse des données, ainsi que l'ingénierie matérielle telle que la robotique.
Le deuxième parcours comprend des bootcamps de formation complets de 2 à 3 mois spécialement conçus pour donner aux femmes africaines les connaissances et l'expertise dont elles ont besoin pour concevoir et gérer des produits.
Le programme financé par FedEx propose également un mentorat de carrière pour une orientation personnalisée, un stage rémunéré d'un mois pour une application réelle, et des opportunités d'embauche avec des entreprises technologiques de premier plan.
L’objectif du programme est de permettre aux femmes africaines de tirer profit de l’industrie technologique qui offre des opportunités professionnelles sur le continent. D’ici 2030, le programme entend former et insérer 100 000 jeunes filles et femmes.
L’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 8 mars.
Vanessa Ngono Atangana
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En Afrique, l'inclusion numérique est essentielle pour le développement économique, l'éducation, l'accès aux soins de santé, entre autres. Des efforts sont déployés pour étendre l'accès à Internet et promouvoir l'alphabétisation numérique pour que tous bénéficient de la révolution numérique.
Le Bureau britannique des affaires étrangères du Commonwealth et du développement (FCDO) et l’Association internationale d'opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) ont annoncé, le lundi 27 février, une nouvelle phase de leur partenariat en marge du Salon international du mobile (MWC) qui se tient actuellement à Barcelone. Ce partenariat stratégique, d'un montant de 37,3 millions de livres sterling (47,3 millions de dollars), vise à accélérer l'innovation numérique et à contribuer à éliminer les obstacles à l'inclusion numérique dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, y compris en Afrique.
« Le renouvellement de ce partenariat est une formidable occasion de continuer à tirer parti de nos forces respectives pour accélérer l'impact de l'innovation numérique transformatrice et relever les défis socio-économiques locaux et le changement climatique. Nous sommes extrêmement reconnaissants de la direction éclairée de la FCDO et de sa collaboration de longue date », a déclaré Max Cuvellier, responsable de la téléphonie mobile pour le développement à la GSMA.
Ce partenariat, qui dure depuis plus de 10 ans, a déjà bénéficié à plus de 100 millions de personnes en créant des emplois et en stimulant les opportunités. Cette nouvelle phase du partenariat avec le Royaume-Uni vise à relever l’ambition, en atteignant 110 millions de personnes supplémentaires, dont 60 millions de femmes.
Les travaux actuels du programme commun « Mobile for Development » auront un impact sur l'accélération de la transition numérique et verte pour tous, tout en soutenant spécifiquement la contribution de la technologie émergente, en mettant l'accent sur l'IA. En Afrique, ils devraient permettre de surmonter les obstacles qui continuent de freiner les pays, les entreprises et les citoyens pour libérer pleinement la puissance des technologies numériques, notamment les défis liés à l'adoption de l'Internet mobile, tels que le manque d'accessibilité financière et le faible niveau de compétences numériques.
Selon la GSMA, le nombre d'abonnés uniques ne cesse d'augmenter en Afrique subsaharienne. En 2022, l'Afrique subsaharienne comptait près de 287 millions d'abonnés à l'Internet mobile. Au cours des six prochaines années, le nombre total d’abonnés pourrait atteindre près de 700 millions pour un taux de pénétration de la téléphonie mobile à 50 %, ceci grâce aux divers projets en cours dans le continent.
Samira Njoya
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