Le développement de la téléphonie mobile sur le continent ne cesse d’impacter des secteurs essentiels telle que la santé. En s’associant, les deux parties ambitionnent d'améliorer la vie de millions de personnes en utilisant les capacités de données mobiles pour réduire la propagation des maladies.
L’Association internationale d'opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont signé, mercredi 1er mars à Barcelone, un accord visant à exploiter la puissance du mobile pour lutter contre les maladies en Afrique.
The @GSMA & @AfricaCDC have today signed an agreement at #MWC23 in Barcelona aimed at harnessing the power of mobile to combat disease in Africa. It will provide a framework for partnership between the two organizations on a range of priorities @ahts2023 @AngieWamola @laktarr001 pic.twitter.com/uXB9SkiVzX
— GSMA Africa (@GSMAAfrica) March 1, 2023
« La réunion de l'expertise et des ressources permettra d'établir une nouvelle infrastructure puissante fournissant aux travailleurs de la santé africains l'accès aux informations dont ils ont besoin en temps opportun et l'intelligence nécessaire pour aider à prévenir la propagation des maladies à travers les frontières internationales », a déclaré Angela Wamola (photo, à gauche), responsable de l'Afrique subsaharienne pour la GSMA.
Ainsi, dans le cadre de ce partenariat, la GSMA travaillera en étroite collaboration avec Africa CDC sur HealthConnekt Africa, une nouvelle initiative audacieuse visant à connecter à Internet tous les établissements et le personnel de santé en Afrique d'ici 2030.
L'initiative débutera avec un petit groupe d'Etats membres et de communautés pionniers de l'Union africaine, qui verront leurs établissements de santé connectés à Internet et leurs agents de santé équipés d'appareils intelligents, ce qui leur permettra d'améliorer la qualité des soins fournis à leurs clients grâce à l'accès à des ressources en ligne essentielles.
Il faut noter qu'en Afrique, la croissance du mobile a été phénoménale au cours des deux dernières décennies. Selon la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, l'Afrique comptait 650 millions d'utilisateurs de téléphones cellulaires en 2013, soit plus qu'aux Etats-Unis ou en Europe, alors que pour le groupe suédois de télécommunications Ericsson, le taux de pénétration des smartphones en Afrique atteindra 70 % en 2024.
Samira Njoya
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L’expansion de l’accès au numérique en Afrique fait partie des 55 milliards de dollars de nouveaux investissements annoncés par le gouvernement Biden lors du sommet États-Unis-Afrique en décembre. Deux mois après la rencontre, les premières retombées sont déjà en cours.
Cisco, un entreprise informatique américaine spécialisée dans le matériel réseau et les serveurs, a annoncé le vendredi 24 février la signature d’un protocole d’accord avec la Fondation Thabo Mbeki pour la réalisation de plusieurs projets parmi lesquels la construction d’un centre technologique et éducatif à Johannesburg en Afrique du Sud.
Highlight of the week: @Cisco and the Thabo Mbeki Foundation signed the MoU to build futuristic research and skills development centre.
— Thabo Mbeki Foundation (@TMFoundation_) February 27, 2023
The Thabo Mbeki Presidential Centre will feature the latest technologies and showcase sustainable design principles pic.twitter.com/BZrcwAA9o0
« Donner la priorité aux compétences numériques des jeunes est la première étape pour réaliser le potentiel de l'Afrique du Sud en tant que puissance technologique tournée vers l'avenir. Nous devons intensifier nos efforts pour donner aux apprenants les ressources et le soutien dont ils ont besoin pour maîtriser le numérique et les inciter à explorer le potentiel de la technologie qu'ils utilisent », a déclaré Smangele Nkosi, directrice générale de Cisco Afrique du Sud.
Dans le cadre de ce protocole, Cisco sera responsable de la numérisation de l'expérience de l'utilisateur final du centre, de la pérennité et de l'automatisation de l'infrastructure, des opérations du cloud, du centre de données, et de la mise en œuvre d'une stratégie technologique holistique qui positionnera le centre comme un référentiel d'informations et de formation de premier plan au monde.
Signalons que c’est en décembre dernier lors du Sommet Etats-Unis — Afrique que Cisco Systems a annoncé une contribution en nature de 200 millions de dollars en Afrique pour des ressources telles que des programmes, des outils, des écoles et des instructeurs. L’entreprise américaine avait déclaré que cette contribution permettrait entre autres d’étendre la formation aux compétences numériques et à la cybersécurité à 3 millions d'Africains.
Ainsi, outre le centre technologique, Cisco construira une plateforme de compétences numériques qui complétera les programmes d'éducation de la Fondation Thabo Mbeki et offrira des certifications internationales en cybersécurité, une compétence très demandée et essentielle pour la transformation numérique de l'Afrique du Sud.
Samira Njoya
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Les femmes entrepreneurs continuent de se heurter à d'importants obstacles pour accéder au financement de leur entreprise. En lançant ce nouveau fonds, les responsables ambitionnent de soutenir les femmes dans leurs efforts pour contribuer à l'évolution de la technologie.
Women in Innovation Fund (WiNFUND), un accélérateur à but non lucratif conçu pour soutenir les entreprises dirigées par des femmes et axées sur les femmes, a annoncé le lundi 27 février le lancement public de la collection WiNFUND NFT Africa, un ensemble d'œuvres d'art numériques uniques conçues par l'artiste rwandaise Christella Bijou.
Join the movement for collaboration, empowerment & changemaking! On 08.03 support our African-inspired NFT collection launch, in partnership with Rwandan artist Christella Bijou. 8080 unique NFTs, 100% of proceeds fund women-led health startups. Be a part of this initiative! #NFT pic.twitter.com/fbznwaSGHh
— winfund (@winfundNFT) February 14, 2023
« WiNFUND est un modèle innovant qui aidera les entrepreneures à se développer en créant une communauté mondiale engagée qui fournira un soutien commercial et un financement par la vente de NFT uniques », a déclaré Patricia O'Hayer, cofondatrice de WiNFUND.
Cofondé par la société de biens de consommation Reckitt et le Health Innovation and Investment Exchange (HIEx), en partenariat avec la Fondation Kofi Annan et la Fondation Ecobank, le nouveau Fonds vise à s'attaquer à deux domaines importants d'inégalité, à savoir l’accès aux soins de santé essentiels, et l’accès aux financements par les femmes
Ainsi, WiNFUND sera en partie financé par la vente des WiNFUND NFT. Les détenteurs de WiNFUND NFT auront accès à des événements, sur invitation seulement, sur les objectifs de développement durable et seront invités à rejoindre un programme de mentorat pour soutenir directement les femmes entrepreneurs qui réussissent.
Signalons que depuis l'ouverture des candidatures en septembre, WiNFUND en a reçu plus de 300 de femmes entrepreneurs dans sept pays africains. Les candidates présélectionnées recevront un soutien commercial pour les aider à se développer, tandis que les meilleures recevront un financement direct de WiNFUND.
Samira Njoya
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Plusieurs Etat africains ont fait de l’identification numérique une priorité dans divers secteurs stratégiques comme l’administration publique, la sécurité, les transports ou encore la finance. Cette évolution très appréciée découle d’un souci d’efficacité.
Au cours des dix dernières années, l’adoption de la biométrie s’est accélérée en Afrique. Les gouvernements ont institué la reconnaissance des empreintes digitales, faciale ou de l’iris comme forme d’authentification aux fins de la délivrance de cartes de naissance et d’identité nationales. Dans sa stratégie de transformation numérique (2020-2030), l’Union africaine y accorde d’ailleurs une grande importance.
L’Institution panafricaine de développement, estime que l’identité numérique est essentielle pour l’économie numérique car elle promeut la confiance dans l’ensemble des interactions aussi bien en ligne que physique. Elle authentifie l’identité d’un citoyen, d’un demandeur de services, de l'interlocuteur en face.
Cependant, cette authentification biométrique qui croit soulève de nombreuses craintes au regard des faiblesses juridiques qui prévalent actuellement en Afrique en matière de protection des données à caractère personnel. Dans son rapport « Etat des lieux sur la liberté de l’Internet en Afrique 2022 : l’essor de la surveillance biométrique », La Collaboration sur la politique internationale des TIC pour l'Afrique orientale et australe (CIPESA) redoute des abus comme le profilage ou le ciblage. Des pratiques dangereuses pour les libertés individuelles.
« L’utilisation de la vidéosurveillance avec des technologies de reconnaissance faciale intégrées devient de plus en plus accessible et répandue sur le continent, mais ces systèmes ont tendance à être intrusifs », explique le centre de recherche qui focalise son attention sur la prise de décision qui facilite l'utilisation des TIC en faveur de la bonne gouvernance, des droits de l'homme et des moyens de subsistance.
Il souligne que « ces systèmes peuvent suivre les mouvements des personnes, reconnaître les plaques d’immatriculation des véhicules à moteur et faire correspondre les images en direct des personnes dans le public avec les images des personnes figurant sur une "liste de surveillance" en fonction de leur capacité à reconnaître des caractéristiques faciales spécifiques et uniques, semblables à la prise d’empreintes digitales ».
Selon Africa Data Protection, seuls 35 pays sur 54 détiennent déjà une loi sur la protection des données à caractère personnel en janvier 2023. Seuls 22 pays disposent d'une autorité de protection des données à caractère personnel.
Alors que de nombreux pays africains sont encore considérés comme « non libres » par Freedom House dans son rapport « Global Freedom Score 2022 » qui évalue l'accès des personnes aux droits politiques et aux libertés civiles, CIPESA souligne que le droit à la vie privée est essentiel dans une société démocratique car il joue un rôle essentiel dans la réalisation et la jouissance des droits à la liberté d’expression, d’association, de réunion et d’accès à l’information. Le centre estime qu’un encadrement strict de l’usage fait des données biométriques est une nécessité.
Muriel Edjo
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Depuis son lancement en 2015, le Challenge App soutient le développement d’applications numériques au service d’une problématique africaine. Avec sa septième édition, le concours a permis l’accompagnement personnalisé d’une soixantaine de projets et le financement de certains.
Le jury de Challenge App Afrique a dévoilé, le vendredi 17 février, la liste des dix lauréats de la 7e édition de cette compétition.
Organisée par France Médias Monde en partenariat avec Radio France internationale (RFI), la 7e édition de Challenge App Afrique visait à développer des solutions mobiles ou web innovantes qui pourraient favoriser l’agriculture durable en Afrique. Les dix candidatures sélectionnées viennent du Cameroun, du Rwanda, du Bénin, de RDC, de Tunisie et du Maroc.
Les projets retenus sont :
Comme les précédentes éditions, les dix finalistes bénéficieront d'un accompagnement personnalisé au sein d'un incubateur présent dans leur pays d'origine. Le lauréat quant à lui se verra financer le développement de son projet à hauteur de 15 000 euros.
Samira Njoya
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Le spécialiste des VTC revendique plus de 47 millions de clients, 900 000 chauffeurs et plus d’un milliard de trajets sur les sept marchés africains où il opère. Ses nouveaux investissements devraient générer plus de 300 000 nouveaux emplois.
La start-up de mobilité estonienne Bolt a annoncé, jeudi 16 février, son intention d’investir 500 millions d'euros pour étendre ses activités en Afrique au cours des deux prochaines années.
Selon le communiqué de l’entreprise, ces fonds serviront également à créer des opportunités pour que plus de 300 000 nouveaux chauffeurs et coursiers rejoignent la plateforme en 2023. « Au cours des sept dernières années, nous avons constitué une équipe solide de 500 personnes en Afrique et nous restons déterminés à investir dans les communautés locales sur le long terme », a déclaré Markus Villig, le fondateur et PDG de Bolt.
Lundi 20 février, Linda Ndungu, la directrice nationale de Bolt Kenya, a fait savoir que 100 millions d’euros sur les 500 millions prévus pour l’Afrique seront injectés dans la filiale kényane afin d'étendre ses services au-delà des 16 villes qu'elle exploite.
Ainsi, cet investissement devrait intensifier la concurrence croissante dans le secteur au Kenya qui a été marqué récemment par de nouveaux entrants comme Farasi Cabs et Yego Global qui proposent divers services de transport, notamment des taxis, des tuk-tuk et des boda boda. Néanmoins, Bolt reste le plus grand fournisseur de services de covoiturage en nombre de villes au Kenya.
La multinationale prévoit d’ajouter, en Afrique du Sud, plus d’employés à son équipe de 200 collaborateurs, tout en établissant des bureaux supplémentaires à travers le continent dans les 12 à 18 prochains mois. A ce jour, Bolt compte plus de 100 millions de clients dans le monde, dont près de la moitié sont basés en Afrique.
Samira Njoya
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En novembre dernier, Twitter avait lancé un service similaire permettant à ses abonnés d’authentifier leurs comptes en déboursant mensuellement la sommes de huit dollars et en bénéficiant d'avantages comme un « accès direct au service client ».
Meta, la société mère de Facebook, va lancer cette semaine, la certification payante des comptes sur Instagram et Facebook. Mark Zuckerberg, le patron de Meta, l’a annoncé le dimanche 19 février à travers les réseaux sociaux du groupe.
« Meta Verified est un service d'abonnement qui vous permet de vérifier votre compte avec une pièce d'identité gouvernementale, d'obtenir un badge bleu, d'obtenir une protection supplémentaire contre l'usurpation d'identité contre les comptes qui prétendent être vous et d'obtenir un accès direct au support client », a écrit Zuckerberg avant d’ajouter que le service sera déployé en Nouvelle Zélande, en Australie dès cette semaine et sera facturé à 11,99 $/mois sur le web ou 14,99 $/mois sur iOS d'Apple. D'autres pays bénéficieront du service par la suite.
Cette décision intervient alors que le géant des réseaux sociaux traverse une passe financière difficile. En fin d’année, la société a annoncé un vaste plan de licenciement de 11 000 personnes dans le monde, soit 13% de ses effectifs. Plus récemment, le Financial Times a annoncé que la société s’apprête à faire une nouvelle restructuration prévue au mois de mars prochain.
Mark Zuckerberg, qui n’a pas évoqué cette raison, a mentionné tout de même que la nouvelle fonctionnalité vise à accroître l'authenticité et la sécurité des services du groupe. Ainsi, en plus de la coche bleue gage de sécurité, les utilisateurs de Meta Verified bénéficieront entre autres d'une visibilité et d'une portée accrues sur Instagram et Facebook, ainsi que d'autocollants exclusifs.
« Dans le cadre de cette vision, nous faisons évoluer la signification du badge vérifié afin que nous puissions élargir l'accès à la vérification et que davantage de personnes puissent avoir confiance dans l'authenticité des comptes avec lesquels elles interagissent », a déclaré Meta.
Samira Njoya
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Elles figurent parmi les 18 nommées sur des centaines de candidatures reçues par la Journée de la femme digitale, un mouvement de l’innovation au féminin. Elles se sont démarquées dans les catégories Entrepreneure, Intrapreneure et Junior pour la région Afrique.
Les lauréates de la 11e édition du Prix les Margaret seront révélées le 17 avril prochain à Paris. La Journée de la femme digitale (JFD) a dévoilé le jeudi 9 février la liste des finalistes dans les trois catégories du concours. Ce sont 18 femmes qui ont été selectionnées parmi lesquelles 9 africaines. Deux camerounaises, une gabonaise, une kényane, une sénégalaise, une ghanéenne, une béninoise, une égyptienne, une ivoirienne sont en lice pour le titre dans ses trois catégories ouvertes en Afrique.
Entrepreneure
Intrapreneure
Junior
Selon Delphine Remy-Boutang, présidente du jury du Prix les Margaret, le concours a reçu encore plus d’engouement cette année. « Nous avons constaté une participation massive des jeunes filles avec des candidatures qui ont triplé en 2023 pour la catégorie Junior. Une excellente tendance qui témoigne d'un désir croissant de cette nouvelle génération d'influencer, par le digital, un futur qu'elle souhaite meilleur », s’est-elle réjouie.
Pour rappel, le Prix les Margaret a été lancé en 2013 par la JFD. Il récompense chaque année des femmes entrepreneurs et intrapreneurs, en Europe et en Afrique, dont les projets et innovations répondent aux grands enjeux de la société. Ce prix rend hommage à Margaret Hamilton, ancienne directrice du département génie logiciel au sein du MIT Instrumentation Laboratory qui a développé les logiciels embarqués du programme spatial Apollo de la NASA.
Samira Njoya
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Ouranos Technologies Limited, un fournisseur de solutions et de services informatiques disposant d'un centre de développement en Inde, va fournir 2 millions de dollars pour stimuler les solutions d'entreprise en Afrique de l'Ouest.
Le mardi 7 février, Joseph Aransiola, directeur général d'Ouranos Technologies Ltd, a annoncé qu'une partie de l'argent financera également la construction d'un laboratoire technologique à Lagos au Nigeria, pour l'analyse informatique en Afrique de l'Ouest.
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Depuis plusieurs mois, la société américaine est poursuivie par des particuliers et associations pour plusieurs chefs d'accusation et réclament des milliards de francs pour des dommages.
Les poursuites engagées au Kenya contre Meta, la maison mère de Facebook, suivent leurs cours. Dans une décision rendue le lundi 6 février, le juge Jacob Gakeri du tribunal de l'emploi et des relations de travail a refusé de radier une plainte déposée par Daniel Motaung, un ancien modérateur sud-africain de Facebook, qui poursuit l'entreprise de technologie sociale pour environnement de travail toxique.
Il y a quelques mois, Meta avait décidé de se retirer de l'affaire, sous prétexte que les tribunaux kényans n'avaient pas compétence puisque ses sociétés ne sont pas domiciliées ou n’ont pas d’activité au Kenya. Une doléance refusée par le juge.
« Ma décision est que les deuxième et troisième accusés ne doivent pas être retirés des procédures », a déclaré M. Gakeri, faisant référence à Meta Platforms et à sa filiale Meta Platforms Ireland qui constituent « des parties à part entière ».
C’est en mai dernier que Daniel Motaung a attaqué en justice Meta et Sama, une entreprise kényane sous-traitante chargée d'une partie de la modération du réseau. Souffrant de stress post-traumatique, il avait dénoncé la structure évoquant le travail forcé, des salaires aléatoires et l'absence de droit de représentation syndicale.
Comme des milliers de travailleurs chez Meta, son travail consistait à scruter et signaler les post des utilisateurs d’Afrique de l’Est et australe. En mai, plusieurs mois après avoir quitté l’entreprise sous-traitante, il a porté plainte pour 27 chefs d’accusations parmi lesquels la torture, l'exploitation et la discrimination. Le juge a déclaré que la prochaine étape de l'affaire a été programmée pour le 8 mars prochain, notamment pour organiser une audience.
Signalons que Meta est également poursuivie au Kenya par deux chercheurs éthiopiens et un groupe de défense des droits kényan qui accuse l’entreprise d'avoir laissé fleurir sur Facebook des messages violents et haineux en provenance d'Ethiopie, attisant ainsi la guerre civile éthiopienne.
Samira Njoya
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Lors de la crise de Covid-19, l’innovation numérique a joué un rôle dans la lutte contre la pandémie en Afrique. Elle a contribué à lutter contre la menace, démontrant sa capacité à servir pour d’autres questions de santé publique qui minent le continent.
L’université de Liverpool en Angleterre a annoncé, vendredi 3 février, qu’une de ses équipes de chercheurs développe un outil numérique de prévision de maladies infectieuses dans la corne de l’Afrique. Elle travaille en collaboration avec des partenaires d'Italie, du Kenya, d'Ethiopie, d'Ouganda et de Somalie.
Couplé aux données climatiques, la solution baptisée CLIMate Sensitive DISease Forecasting Tool (CLIMSEDIS) identifiera les combinaisons climatiques clés qui peuvent fournir une alerte pour plusieurs maladies sensibles au climat, y compris les maladies transmises par les moustiques comme la fièvre de la vallée du Rift.
« Le projet CLIMSEDIS arrive à point nommé car il se concentrera sur l'une des régions les plus vulnérables au changement climatique, aux événements météorologiques extrêmes et aux épidémies de maladies infectieuses globalement. Il engagera les principales parties prenantes multidisciplinaires afin de mieux comprendre leurs besoins en matière d'outil de prévision numérique et les fera participer à l'évaluation de CLIMSEDIS pour s'assurer qu'il est fonctionnel, convivial et acceptable », a expliqué Louise Kelly-Hope de l'Institut universitaire des sciences infectieuses, vétérinaires et écologiques, responsable du projet.
Elle a par la suite ajouté que « CLIMSEDIS sera disponible gratuitement pour améliorer les évaluations des risques et mettre en œuvre des stratégies d'intervention à l'avance pour aider à atténuer ou à réduire l'impact d'une épidémie imminente. Cela optimisera les ressources et sauvera des vies ».
Le projet quinquennal est financé à hauteur de 0,5 million de livres sterling (602523 USD) par Wellcome, une fondation caritative mondiale qui soutient la science pour résoudre les problèmes de santé urgents auxquels le monde est confronté. C’est dans le cadre de son financement de 22,7 millions de livres sterling, dévoilé il y a trois jours, pour le développement de nouveaux outils numériques de pointe pour aider à transformer les préparations et les réponses aux épidémies de maladies dévastatrices.
Ce financement fait suite à une étude commandée par Wellcome, publiée l'année dernière, qui n'a trouvé que 37 outils entièrement développés pour la modélisation des maladies infectieuses sensibles au climat (CSID). La plupart ont été créés en Amérique du Nord et en Europe, soulignant la nécessité d'une plus grande représentation mondiale.
Selon l'étude « Global expansion and redistribution of Aedes-borne virus transmission risk with climate change », diffusée entre autres par Public Library of Science, la vitesse régionale du changement climatique est susceptible de déterminer le paysage futur du risque de transmission d'Aedes, une espèce de moustiques vecteurs principaux de la dengue, du virus Zika, du chikungunya et de la fièvre jaune. L’Afrique de l'Est est l’une des régions où sont attendues les augmentations nettes les plus notables de tous les risques de transmission.
Muriel Edjo
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Premier prêteur égyptien aux personnes non bancarisées, MNT-Halan devient la deuxième licorne du pays après la plateforme de paiements en ligne Fawry.
La fintech égyptienne MNT-Halan a annoncé, dans un communiqué publié le 1er février, un tour de table de 400 millions de dollars, qui lui a permis d’accéder au statut de licorne.
La jeune pousse fondée en 2018 par Mounir Nakhla et Ahmed Mohsen a précisé avoir obtenu 260 millions de dollars de financement par actions (equity) et 140 millions de dollars de financement par emprunt, grâce à la titrisation d’emprunts obligataires émis durant l'année écoulée.
Environ 200 millions de dollars ont été injectés dans la start-up opérant sur les segments des microfinancements, des paiements électroniques et du e-commerce par un seul investisseur, en l’occurrence le fonds d’investissement basé à Abu Dhabi Chimera Investments, en échange d’une participation de 20 %.
« Le timing de la transaction témoigne de notre capacité à consolider considérablement nos revenus tout en augmentant notre résultat net malgré la situation macroéconomique difficile », a déclaré le cofondateur et PDG de la start-up, Mounir Nakhla.
Grâce à ce nouveau tour de table, MNT-Halan est devenue la deuxième licorne en Egypte après la plateforme de paiements en ligne Fawry.
En septembre 2021, MNT-Halan avait déjà levé 120 millions de dollars auprès de plusieurs fonds de capital-investissement, dont Apis Growth Fund II, Development Partners International (DPI) et Lorax Capital Partners, et de fonds de capital-risque tels que Middle East Venture Partners, Endeavor Catalyst et DisruptTech. Cette levée de fonds lui a notamment permis de procéder à l’acquisition de Talabeyah, une plateforme égyptienne de commerce en ligne qui offre aux détaillants et commerçants l’accès à une large gamme de produits de grande consommation.
MNT-Halan est actuellement le premier prêteur égyptien aux personnes non bancarisées, avec des financements globaux de plus de 2 milliards de dollars.
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En Afrique, le nombre de start-up de la fintech a augmenté de 81 % entre 2019 et 2021 selon « The Future of Fintech – Africa » publié par Mastercard. Parmi ces fintech, plusieurs non légalisées considérées comme applications prédatrices. Des mesures sont prises pour leur conformité.
Au Nigeria, 106 fintech de plus, spécialisées dans le crédit via une application web ou mobile, ont reçu leur autorisation d’activité dans le pays le mercredi 25 janvier auprès de la Commission fédérale de la concurrence et de la protection des consommateurs (FCCPC). Au Kenya, 12 fintech supplémentaires l'ont reçue le lundi 30 janvier de la Banque centrale (CBK). Ce qui porte le nombre total à 22 dans le pays d'Afrique de l'Est.
« Les engagements ont porté notamment sur les modèles d'entreprise, la protection des consommateurs et l'aptitude et l'honorabilité des actionnaires, administrateurs et dirigeants proposés […] Ceci afin de garantir le respect des lois pertinentes et, surtout, la protection des intérêts des clients », a déclaré la CBK.
En effet, c'est depuis 2022 que les deux pays ont pris des mesures réglementaires pour sécuriser l'activité de crédit financier via des applications web ou mobiles. La décision découlait du nombre croissant de consommateurs qui dénonçaient diverses pratiques, notamment des taux d'intérêts trop élevés.
Ainsi en novembre 2022, Google avait informé les fintech de crédit des deux pays que l'hébergement de leur application sur Play Store sera conditionné dès janvier 2023 à la présentation d'une autorisation d'activité authentique. « Google nous a beaucoup soutenus, notamment en mettant à notre disposition ses connaissances et son expérience d'expert pour nous conseiller sur ce qui fonctionne le mieux pour atteindre des objectifs réglementaires louables », a déclaré Babatunde Irukera, PDG de la FCCPC, à la suite de la décision de Google.
Au Kenya, la CBK a déclaré qu’elle s’assurera désormais que les détails des modèles d'entreprise, la protection des consommateurs et l'honorabilité des actionnaires, des directeurs et de la direction proposés soient tous vérifiés légalement. Quant au Nigeria, sur les 106 fintech ayant reçu leurs autorisations, 65 ont reçu une approbation complète, tandis que les 41 autres ont reçu une approbation conditionnelle, selon une liste publiée par la FCCPC.
Samira Njoya
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La transformation numérique qui s’accélère depuis 2020 en Afrique a révélé un ensemble de faiblesses qui fragilisent la marche du continent vers la 4e révolution industrielle. La nécessité de combler ces failles a touché plusieurs acteurs privés qui se mobilisent déjà pour financer divers chantiers.
Convergence Partners, un investisseur en capital-investissement dédié au secteur de la technologie en Afrique subsaharienne, annonce ce lundi 30 janvier la clôture réussie de son fonds d'infrastructure numérique (Convergence Partners Digital Infrastructure Fund — CPDIF) à 296 millions de dollars. La société a d’ailleurs dépassé de plus de 18% son objectif initial.
« Alors que nous sommes à 7 ans de 2030, nous nous engageons à aborder les ODD et à préparer l'infrastructure numérique pour l'Afrique qui abritera bientôt 2 milliards de personnes avec la population la plus jeune de notre planète », a déclaré. Andile Ngcaba (photo), président et associé fondateur de Convergence Partners.
Il a affirmé que la société continuera à s’appuyer sur sa « vision originale en investissant dans l'infrastructure numérique qui est un catalyseur clé de l'inclusion numérique. Ce fonds nous permettra de continuer à tirer parti de notre connaissance approfondie de la technologie, des investissements et du marché africain pour avoir un impact mesurable ».
Le Fonds d'infrastructure numérique Convergence Partners a été lancé en juin 2020 et a réalisé une première clôture de 120 millions $ de dollars en juillet 2021. Il se concentre sur l'investissement dans les opportunités d'infrastructure numérique en Afrique subsaharienne, notamment les réseaux de fibre, les centres de données, le sans fil, les tours télécoms, le cloud, l'Internet des objets (IoT), l'intelligence artificielle (IA) et d'autres infrastructures numériques essentielles considérées comme vitales pour la croissance de l'économie numérique dans la région.
En plus d'investir dans des actifs physiques, le CPDIF vise également à développer et à soutenir des initiatives qui favorisent l'accès à l'éducation, aux services financiers, aux soins de santé et à d'autres services essentiels grâce aux technologies numériques.
Convergence Partners indique que la clôture de son fonds a été soutenue par une combinaison d'investisseurs existants et nouveaux comprenant des institutions financières de développement (IFD) mondiales et régionales, des fonds de pension et d'autres institutions financières basées en Europe et en Afrique.
Muriel Edjo
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