l'Ethiopie nourrit l'ambition de devenir un véritable hub de l'économie numérique en Afrique subsaharienne. Pour atteindre cet objectif ambitieux, l'exécutif a mis en place une série de mesures visant à moderniser l'ensemble du secteur.
Les réformes engagées en Ethiopie il y a six ans ont été déterminantes dans la transformation de plusieurs secteurs stratégiques, notamment celui des technologies, où des avancées majeures ont été réalisées grâce à l'innovation et à la numérisation. Lors d'une interview accordée à Addis Walta TV récemment, le ministre de l'Innovation et de la Technologie, Belete Molla (photo), a mis en lumière ces progrès.
D'après le ministre, l'ouverture du secteur des télécommunications a constitué un tournant décisif. L'arrivée de nouveaux opérateurs concurrents d'Ethio Telecom, principal fournisseur du pays, a dynamisé le marché, entraînant une amélioration notable de la qualité des services et le développement de solutions innovantes. A ce jour, le secteur des télécommunications compte plus de 80 millions d'abonnés mobiles, reflétant l'ampleur de cette transformation.
En parallèle, la réforme nationale a également renforcé la cybersécurité. Le développement de l'infrastructure cybernétique, l'extension des capacités de l'Administration de la sécurité des réseaux d'information et la formation de ressources humaines qualifiées dans ce domaine ont été des mesures essentielles pour garantir la sécurité numérique. Ces efforts ont permis de consolider la connectivité du pays, favorisant ainsi la croissance des paiements numériques et de la monnaie mobile, qui sont devenus des pratiques courantes.
La stratégie nationale « Digital Ethiopia 2025 » s'inscrit dans cette dynamique de réforme. Elle englobe notamment le programme des « cinq millions de codeurs », une initiative ambitieuse visant à former cinq millions de jeunes aux compétences numériques d'ici 2026. Plus de 157 000 jeunes sont déjà inscrits, et les autorités prévoient d'accélérer cette progression dans les années à venir.
Ainsi, grâce à ces réformes audacieuses, l'Ethiopie est en passe de devenir un acteur incontournable de l'économie numérique en Afrique, attirant des investissements internationaux et posant les bases d'une croissance inclusive et durable.
Samira Njoya
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Le marché mondial des robots de sécurité connaît une expansion spectaculaire, avec une adoption croissante de ces machines intelligentes. Bien que l'Afrique accuse un certain retard dans l'intégration de ces technologies, elle possède néanmoins un potentiel significatif pour en tirer parti.
Les Etats-Unis prévoient d'importer au moins 50 robots entièrement conçus en Tunisie d'ici 2025. Joey Hood, ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie, l’a annoncé lors des célébrations du 10ᵉ anniversaire d'Enova Robotics, une société tunisienne spécialisée dans la fabrication de robot. Cette initiative résulte d'un partenariat entre Enova Robotics et Unartificial Labs, son partenaire américain.
🎉 Ambassador Hood joined Enova Robotics to celebrate the export of the first Tunisian Next Guard robot to the United States in partnership with U.S. company Unartificial Labs! 🤖🇺🇸 Congratulations to Enova Robotics for showcasing Tunisia's innovative entrepreneurial spirit on a… pic.twitter.com/4GClCZFFJW
— U.S. Embassy Tunis (@usembassytunis) September 11, 2024
« Ce partenariat met en lumière la qualité et la compétitivité de l’ingénierie tunisienne sur le marché américain et souligne le potentiel de nouvelles collaborations et d’échanges de connaissances entre nos deux pays », a déclaré Joey Hood.
Les robots exportés aux Etats-Unis seront utilisés pour sécuriser des infrastructures critiques telles que les aéroports, les ports, et les usines, ainsi que pour la surveillance des frontières. Equipés de capteurs à 360 degrés, ces robots autonomes assurent une protection optimale des grands sites. Depuis la création du premier modèle en 2015, ces robots ont évolué et ont déjà été exportés en France et vers plusieurs grandes entreprises internationales, dont le constructeur aéronautique européen Airbus.
Pour Enova Robotics, cette exportation marquera une étape cruciale après dix ans d'activité, mettant en lumière l'excellence et le savoir-faire technologique tunisien sur la scène internationale. En collaborant avec les Etats-Unis et en s'implantant sur des marchés aussi stratégiques que l'Amérique latine, Enova Robotics consolide sa position de pionnier dans l'innovation robotique.
Cette réussite s'inscrit dans un contexte global où le marché des robots de sécurité connaît une expansion rapide. Selon les prévisions de la plateforme d’analyse de données de Mordor Intelligence, ce marché, évalué à 15,70 milliards $ en 2024, devrait presque doubler pour atteindre 29,65 milliards $ d'ici 2029, avec une croissance annuelle moyenne de 13,57 %.
Samira Njoya
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Le gouvernement intensifie ses efforts pour accélérer la transformation numérique dans tous les secteurs du pays. Ces initiatives bénéficient d'un appui significatif des Nations unies, renforçant ainsi la mise en œuvre de projets stratégiques.
Dans le cadre de la modernisation de ses activités, le Parlement malawite se prépare à franchir une étape décisive en introduisant, le jeudi 12 septembre, un nouveau système numérique baptisé « e-Chamber ». Ce projet innovant vise à révolutionner le fonctionnement interne de l'institution par la numérisation des processus parlementaires pour plus d'efficacité et de transparence. Pour garantir une transition fluide vers ce nouvel environnement technologique, une session de formation a été organisée le 11 septembre, à l'inttention des députés.
Members of Parliament Undergo Training on E-Chamber Functionalities Ahead of Launch on Thursday, 12th September, 2024.
— Parliament of Malawi (@ParliamentofMw) September 11, 2024
The training focused on the functionalities of the e-Chamber; a cutting-edge digital system installed with support by the United Nations Development Programme. pic.twitter.com/xzG1igW08y
« Le système complet sera pleinement opérationnel pour la prochaine session parlementaire. Cette formation illustre l'engagement du Parlement à adopter les outils numériques et à accroître l'efficacité de ses procédures, dans le but de mieux servir le peuple malawite », a précisé l'institution dans un communiqué.
Le système e-Chamber offre des fonctionnalités avancées, notamment la gestion audio, la gestion électronique des documents et le vote électronique. Chaque parlementaire se verra doter d'une tablette équipée d'un nouveau système audio, lui permettant d'accéder aux documents nécessaires et d'effectuer des tâches officielles telles que le vote.
Cette initiative s'inscrit dans une transformation numérique plus large, menée en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Elle fait suite à l'introduction en avril de la plateforme e-Court, qui vise à faciliter l'accès à la justice, en particulier pour les communautés marginalisées, en proposant des services efficaces, transparents et dématérialisés.
L'adoption de ce système multimédia sans papier au sein du Parlement renforcera l'efficacité opérationnelle en centralisant la gestion des discours, des votes, de l'interprétation simultanée ainsi que l'inscription des membres. Le Malawi rejoint ainsi les rangs de pays africains comme le Kenya, l'Ouganda et l'Angola, qui ont déjà adopté ce type de système.
Samira Njoya
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Pour stimuler sa croissance économique et renforcer sa visibilité à l'international, le Maroc mise sur le développement du tourisme. Dans cette optique, le pays investit dans la modernisation de ses aéroports, véritables portes d’entrée sur son territoire.
Le Maroc souhaite numériser ses aéroports d’ici 2025. L’Office national des aéroports (ONDA) a déployé une stratégie ambitieuse baptisée « Décollage 2025 », dont l’un des axes majeurs consiste à numériser intégralement le parcours des voyageurs. L’initiative a été annoncée par Mohammed Abdeljalil, le ministre du Transport et de la Logistique.
« L’Office a alloué des fonds importants au chantier de la numérisation, en recrutant des compétences techniques spécialisées pour gérer l’unité de services numériques Digital Factory. Cette unité sera chargée de superviser la mise en œuvre des projets destinés à consolider la transformation numérique de l’Office dans toutes ses activités », a expliqué le ministre.
Parmi les premières étapes du projet figure l’installation de portails intelligents « e-gate » dans les aéroports marocains. Ces systèmes automatisés utilisent la technologie biométrique pour vérifier l'identité des voyageurs. Ce sont des dispositifs self-service qui permettent aux passagers de passer le contrôle d'immigration sans agent, ce qui accélère l'embarquement et le débarquement.
Le ministre a précisé que le nouveau terminal de l’aéroport de Rabat-Salé, prévu pour 2025, servira de projet pilote avant une extension à d’autres aéroports comme Mohammed V et Marrakech-Menara. La stratégie comprend également la mise en œuvre d’un système d’information « SMART AIRPORT » qui assurera une surveillance, en temps réel, des installations aéroportuaires et la collecte de données pour réagir rapidement en cas de dysfonctionnement.
Ces initiatives visent à moderniser les infrastructures aéroportuaires marocaines en vue de la prochaine Coupe d’Afrique des nations, qui se tiendra l’année prochaine, et de la Coupe du monde de football 2030, que le Maroc co-organisera avec l’Espagne et le Portugal, tout en améliorant l’expérience des voyageurs et la coordination des données.
En intégrant des e-gates dans ses aéroports, le Maroc suit l'exemple de nombreux pays européens qui ont déjà adopté cette technologie avec succès. Ce système marque une étape clé vers la numérisation des services aéroportuaires, offrant une meilleure expérience aux voyageurs tout en renforçant la sécurité.
Samira Njoya
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En 2023, le PNUD a mis en place un projet pilote pour former les jeunes de 24 pays africains en cybersécurité. La réussite de cette phase conduit au lancement d'une grande initiative.
Le Bureau régional Afrique de l’Ouest et centrale du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) s’est engagé à former 25 000 jeunes des deux sous-régions en cybersécurité. L’information a été dévoilée le lundi 9 septembre.
Pour atteindre ce but, l’institution s’est associée à l’université canadienne Concordia et à l'académie des compétences numériques Give1Project. La formation s’effectuera sur une période de 5 mois sanctionnée d’un certificat.
Cette initiative intervient après le succès de la phase pilote qui s’est déroulée en 2023. Elle a pris en compte les jeunes de 24 pays du continent pour une formation de 4 mois, dont 2 semaines en présentiel dans la ville de Saly, au Sénégal. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’Afrique fait face à un déficit de 100 000 professionnels qualifiés en cybersécurité.
La cybersécurité s’impose depuis quelques années comme l’un des segments clés du secteur technologique en Afrique. Alors que le marché du numérique continental devrait atteindre 712 milliards $ en 2050, l’UIT estime que le faible niveau de préparation de l'Afrique en matière de cybersécurité coûte aux Etats membres en moyenne 10 % de leur produit intérieur brut (PIB). En plus d’investir dans la formation des talents locaux en cybersécurité, les Etats africains devraient mettre en place un cadre juridique et réglementaire en matière de cybersécurité.
Adoni Conrad Quenum
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Le gouvernement namibien a fait de la transformation numérique un des piliers du développement socioéconomique du pays. Pour y arriver, l’exécutif veut mettre en place des barrières pour garantir la sécurité des personnes et des systèmes.
La Namibie sera bientôt dotée de cadres réglementaires sur la cybersécurité et la protection des données. Emma Theofelus (photo), ministre des Technologies de l’information et de la communication (TIC), a déclaré le lundi 9 septembre que les deux projets de loi sont sur le point d’être finalisés. C’était lors du lancement de la huitième édition du Sommet national sur les TIC.
« Pour prospérer dans cette nouvelle ère numérique, nous devons non seulement nous adapter aux changements technologiques, mais aussi construire un cadre robuste et résilient capable de résister au rythme rapide de ces avancées », a déclaré la ministre.
Les lois sur la cybercriminalité et la protection des données sont prévues par le Plan stratégique national pour le numérique 2025-2029. Leur élaboration intervient dans un contexte de transformation numérique accélérée marqué par l’adoption rapide des TIC et la diversification de leur usage. Par exemple, le nombre d’abonnements Internet mobile en Namibie est passé de 934 000 au 2e trimestre 2016 à 1 532 000 au 2e trimestre 2024, soit un taux de progression de 64,1 %. Fin juin, le nombre d’abonnés mobiles s’élevait à 2,47 millions.
Cette croissance rapide de l’adoption du numérique rime avec de nouveaux défis, notamment la menace croissante de la cybercriminalité. Interpol l’a souligné dans son rapport « African Cyberthreat Assessment Report 2024 ». L'Organisation internationale de police criminelle explique que les cybercriminels emploient des méthodes de plus en plus sophistiquées pour exploiter les vulnérabilités des individus, des organisations et des Etats.
Le renforcement de la cybersécurité et la protection des données personnelles s’avèrent donc indispensables pour la réalisation de l’ambition de numérisation du gouvernement namibien. L’exécutif veut mettre les technologies numériques au service de la croissance économique, de l’inclusion sociale et du progrès sociétal en général.
« De l’e-gouvernement à la santé numérique et à l’éducation, ces technologies offrent de nouvelles façons d’améliorer la prestation des services et d’accroître la qualité de vie de notre population. Nous devons tirer parti de ces technologies pour rendre les services gouvernementaux plus accessibles, efficaces et réactifs aux besoins des citoyens », a déclaré Emma Theofelus.
Isaac K. Kassouwi
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Le Maroc est confronté à un problème persistant de déscolarisation, particulièrement dans les régions rurales. Des mesures sont prises pour inverser cette tendance en pleine progression.
La Fondation Orange Maroc prévoit d’équiper 55 nouvelles écoles en matériel informatique pour la rentrée 2024-2025, dans le cadre de son programme « Les Ecoles numériques ». L’annonce a été faite le jeudi 5 septembre, à l'occasion du lancement de la deuxième phase du projet.
« Ce programme vise à démocratiser l’accès aux technologies numériques dans les écoles primaires rurales, afin de garantir à tous les élèves, quel que soit leur environnement, des conditions d’apprentissage égales. La consolidation de notre partenariat avec le ministère de l’Education nationale est une nouvelle preuve de notre engagement à accompagner le royaume vers la réussite de la transformation digitale de l’école marocaine », a souligné Hind Lfal (photo), secrétaire générale d’Orange Maroc.
Lancé en 2022 en partenariat avec le ministère de l’Education nationale, ce projet fournit des équipements numériques, notamment des ordinateurs pour les enseignants, des tablettes pour les élèves, et des ressources pédagogiques en ligne en français et en arabe. Il vise à améliorer l’apprentissage dans les zones rurales, souvent confrontées à des défis d’accès aux outils éducatifs modernes.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie RSE d’Orange Maroc pour encourager l’inclusion numérique et combattre le décrochage scolaire. Selon le ministère de l’Education nationale, 249 458 élèves ont quitté l’école en 2022/2023, dont 45,5 % issus des zones rurales. L’UNESCO évalue à 196 millions de dollars par an l’impact économique de ce phénomène au Maroc.
Avec cette nouvelle phase, 55 écoles supplémentaires seront équipées, 200 enseignants formés, et 17 000 élèves bénéficieront de cette initiative, renforçant ainsi l'effort pour réduire le fossé numérique dans les zones rurales du Maroc. Depuis son lancement, le programme a déjà permis la numérisation de 16 écoles rurales, bénéficiant à plus de 4 000 élèves et 30 enseignants.
Samira Njoya
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Avec un faible taux d'alphabétisation et un accès limité à l'information, la RCA est fortement touchée par le VIH. Le numérique émerge comme un outil prometteur pour sensibiliser les populations vulnérables.
En République centrafricaine (RCA), le VIH reste un fléau qui frappe durement, spécialement dans un contexte de faible taux d’alphabétisation et d’accès limité à l’information. Le numérique se révèle aujourd’hui comme un outil précieux pour sensibiliser et autonomiser les populations vulnérables, notamment les jeunes.
Des plateformes digitales, telles que U-Report de l’UNICEF, jouent un rôle essentiel en offrant un accès discret et fiable aux informations sur le VIH et la santé sexuelle et reproductive. Une étude de l’UNICEF en 2022 a montré que moins de 20 % des jeunes disposaient de connaissances complètes sur ces sujets, ce qui souligne l’importance de ces initiatives numériques pour combler le déficit informationnel.
Les statistiques sont préoccupantes : selon l'ONUSIDA, 78 % de la population centrafricaine a moins de 35 ans, et le taux d'infection par le VIH est particulièrement élevé parmi les jeunes. En 2022, 3,4 % de la population était infectée, un taux qui place la RCA au sommet des pays les plus touchés en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Plusieurs facteurs expliquent cette vulnérabilité. Le faible niveau d’alphabétisation (moins de 4 adultes sur 10 savent lire et écrire, selon l’ONUSIDA), les inégalités sociales, et un accès restreint aux soins de santé sont autant de défis à surmonter. Les tabous entourant la sexualité et les croyances traditionnelles, telles que la perception du VIH comme une punition divine, freinent également les efforts de prévention et de prise en charge.
« La lutte contre le VIH et la santé sexuelle chez les jeunes en RCA n’est pas seulement une question de santé, mais une composante essentielle du développement durable et de la consolidation de la paix », affirme Chris Fontaine, ancien directeur de l’ONUSIDA en Centrafrique.
Cependant, des obstacles persistent. La fracture numérique, la qualité inégale des contenus en ligne et les résistances culturelles freinent l’adoption des solutions digitales. Pour maximiser leur impact, il est crucial d’investir dans les infrastructures, de former les acteurs locaux et de mener des campagnes de sensibilisation adaptées aux spécificités culturelles.
Le numérique offre ainsi une lueur d’espoir dans la lutte contre le VIH en RCA. Avec des efforts concertés des autorités, des organisations internationales et de la société civile, il est possible de créer un environnement plus sûr et informé pour la jeunesse centrafricaine.
Sèna D. B. de Sodji
Les réseaux sociaux occupent une place importante dans la vie quotidienne, mais ils soulèvent des défis éthiques de plus en plus complexes, nécessitant une attention urgente. Entre la défense de la liberté d’expression et la lutte contre les dérives en ligne, le meilleur équilibre à trouver reste un sujet de débat.
La République démocratique du Congo a entamé des discussions avec un entreprise chinoise autour d’un système de surveillance des réseaux sociaux. Mercredi 4 septembre, le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, Augustin Kibassa Maliba (photo, à gauche), a signé un mémorandum d’entente à cet effet à Beijing, à l’ambassade de la RDC en Chine. C’était en marge du Forum de coopération Chine - Afrique du 4 au 6 septembre.
Bien que le gouvernement congolais n’ait pas fourni d’amples informations sur l’objectif de cet accord juridiquement non contraignant, l’on peut supposer que le système en question a un objectif de gestion et de régulation des contenus en ligne en RDC. Face à la recrudescence de la désinformation, des discours de haine et d’autres contenus illicites sur ces plateformes, le gouvernement congolais pourrait y entrevoir un moyen de limiter les activités susceptibles de nuire à la sécurité nationale et à la cohésion sociale.
Le contexte sociopolitique en RDC — marqué par des tensions armées avec les rebelles du M23 à l’Est, des frictions avec le Rwanda, et une épidémie de variole du singe (mpox) — crée un terreau fertile pour la prolifération de fausses nouvelles et de propagande. Des affirmations quant à l’activité d’une armée numérique pour déstabiliser la République démocratique du Congo se multiplient sur les réseaux sociaux. Dans une note d’analyse, Collaboration on International ICT Policy for East and Southern Africa (CIPESA) déplore cette guerre de l’information qu’elle juge « caractérisée par une spirale d’incitation, de désinformation, de mésinformation et de discours de haine » qui met « à mal la cohésion entre les communautés ».
Selon les données de DataReportal, la RDC enregistrait 6,45 millions d’identités d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux en janvier 2024. En croissance de 37,2 %, soit 1,8 million de nouveaux utilisateurs entre janvier 2023 et janvier 2024. 37,2 % des utilisateurs des médias sociaux en RDC étaient des femmes, tandis que 62,8 % étaient des hommes. Tous ces utilisateurs étaient abonnés à Facebook ; 4,44 millions d'entre eux à TikTok ; 1,15 million à Facebook Messenger ; près de 670 000 à Instagram ; 620 000 à LinkedIn et 253 000 à X (ex-Twitter).
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Dans le cadre de la transformation numérique, les pays d’Afrique ont longtemps fait la part belle à la connectivité à haut débit. Mais face aux nombreux enjeux inhérents à l’économie numérique, l’attention s’élargit à de nouveaux domaines, notamment la souveraineté.
L'Autorité des technologies de l’information et de la communication du Kenya a annoncé le mercredi 4 septembre la signature d’un protocole d'accord (MoU) de trois ans avec le Kenya Network Information Center (KeNIC). Il porte sur la promotion des normes numériques nationales, la promotion du nom de domaine .Ke, ainsi que la formation du personnel de l’Autorité sur l’écosystème du système de noms de domaine (DNS) et la sécurité du système de noms de domaine (DNSSEC).
Stanley Kamanguya, le président-directeur général de l'Autorité des TIC, a affirmé que « ce MoU nous aidera à résoudre des problèmes clés alors que nous avançons dans l'ère de la transformation numérique, en nous concentrant particulièrement sur la formation et la requalification de notre personnel, ainsi que sur l'amélioration de la gouvernance numérique ».
Au Kenya, le gouvernement poursuit le développement de son programme de transformation numérique engagé depuis près de 20 ans. Bien que l’accent ait été mis au fil des années sur le développement de l’infrastructure pour améliorer la connectivité Internet, des actions certes discrètes étaient également menées dans d’autres secteurs. La promotion du nom de domaine .Ke est l’un d’eux. Le gouvernement a fait de sa large adoption un objectif à atteindre pour améliorer le référencement du pays à l’international, positionner son identité dans la sphère numérique mondiale.
Dans son rapport statistique sur le marché télécoms et numérique national au premier trimestre 2024, l'Autorité des communications du Kenya (CA) révèle que 108 338 noms de domaine avaient déjà été attribués. 84,8% de ces ressources étaient l’apanage des entreprises qui comptabilisaient 91 818 noms de domaines. Les institutions gouvernementales avaient acquis 752 de ces noms de domaines.
Pour le KeNIC, outiller efficacement le personnel de l’Autorité des TIC sur les questions liées au nom de domaine national est un pas de plus vers l’avènement d’un cyberespace local sécurisé, favorable aux activités des différents utilisateurs du numérique dans le pays.
Hikmatu Bilali
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La transformation numérique en Afrique est en pleine expansion, touchant tous les secteurs. Alors que le continent adopte les nouvelles technologies pour stimuler son développement, la conservation des données devient un enjeu majeur.
Le Burkina Faso s'apprête à déployer BurkinOS, un système d'exploitation libre spécialement conçu pour répondre aux besoins de l'administration publique nationale. Pour préparer son lancement, le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, via la direction générale de la transformation digitale, a organisé une formation le mercredi 4 septembre à destination des secrétaires et agents de bureau des différents départements ministériels.
« Les participants ont ainsi bénéficié d'une formation technique sur l'utilisation et l'installation de BurkinOS et de la suite bureautique LibreOffice sur leurs postes de travail. En optant pour des solutions libres et open source, le Burkina Faso renforce son autonomie technologique grâce à des solutions plus fiables, sécurisées et adaptées aux défis de notre époque », a expliqué la direction générale de la transformation digitale dans un communiqué.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du processus de modernisation de l’administration publique en cours au Burkina Faso, marqué notamment par l’adoption croissante des services électroniques. L'objectif est d'améliorer l'efficacité du travail administratif et de le rendre plus réactif.
Le système BurkinOS, qui sera déployé prochainement, apportera plusieurs avantages clés pour l'administration publique. En plus d'offrir un contrôle total sur les ordinateurs administratifs et de garantir la conservation des données, il permettra une gestion centralisée des mises à jour et des configurations, facilitant ainsi l'administration des systèmes informatiques. BurkinOS favorisera également une meilleure interopérabilité avec d'autres systèmes nationaux, améliorant l'efficacité des échanges d'informations et des processus administratifs.
Samira Njoya
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Le Burkina Faso adopte un passeport de dernière génération munie d’une puce
Les pays africains se tournent vers la modernisation de leurs systèmes numériques, adoptant diverses technologies pour améliorer l'efficacité et la transparence. Cependant, la question cruciale de la sécurité numérique est souvent négligée.
Le niveau de sécurité des échanges électroniques en Éthiopie connaîtra une amélioration substantielle. Le pays vient de se doter d’une infrastructure à clés publiques (PKI), inaugurée le samedi 31 août par le Premier ministre Abiy Ahmed (photo).
« La sécurisation des données virtuelles complète la protection de la souveraineté nationale. Aujourd'hui, nous avons officiellement lancé l'infrastructure à clés publiques (PKI) avec l'Information Network Security Administration. Cela facilitera l'échange fiable et sécurisé de données numériques », a déclaré Abiy Ahmed sur X.
Securing virtual data complements the task of protecting national sovereignty. Today, we officially launched Public Key Infrastructure (PKI) with the Information Network Security Administration. This will facilitate reliable and secure digital data exchange. pic.twitter.com/LnPB3qh0on
— Abiy Ahmed Ali 🇪🇹 (@AbiyAhmedAli) August 31, 2024
Ce nouveau système s'inscrit dans la stratégie de transformation numérique de l'Éthiopie. Selon le Premier ministre, d'autres initiatives visant la sécurité informatique sont en cours dans le pays, notamment un programme de formation pour cinq millions de codeurs et le programme national d'identification numérique.
Le PKI sera utile à plusieurs organisations publiques éthiopiennes engagées dans les services électroniques tels que la délivrance des permis de conduire, des passeports, l'assurance maladie, entre autres. Le système contribuera également à promouvoir le commerce électronique dans le pays.
Notons que l'infrastructure à clés publiques est une solution technique de cryptographie utilisée pour le transfert électronique sécurisé d’informations. Elle délivre des certificats numériques permettant des opérations cryptographiques telles que le chiffrement et la signature numérique, garantissant ainsi la confidentialité, l'authentification, l'intégrité, et la non-répudiation lors des transactions électroniques.
Samira Njoya
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L'exécutif burkinabé est fermement engagé dans la modernisation du pays à travers l'introduction des nouvelles technologies. Cette démarche se concrétise par l'adoption de nouveaux services destinés aux citoyens.
Le Burkina Faso a officiellement lancé un nouveau système d’émission de passeports électroniques, marquant une étape importante dans la modernisation de son infrastructure d'identification. Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a inauguré cet outil dit de « dernière génération » le mardi 3 septembre à Ouagadougou.
Selon un communiqué du ministère de la Sécurité, ces nouveaux passeports électroniques, qu'ils soient ordinaires, de service, diplomatiques ou pour réfugiés, sont fabriqués en polycarbonate et équipés d'une puce électronique offrant une capacité de stockage accrue. « Ils reflètent l'engagement du gouvernement burkinabé à renforcer l'identité nationale et à fournir aux citoyens un document conforme aux normes internationales les plus strictes », précise le communiqué.
Développés par l'entreprise chinoise Emptech, ces passeports font partie de la dernière génération recommandée par l'Organisation de l'Aviation civile internationale (OACI). Ils intègrent des éléments de sécurité à la pointe de la technologie et sont disponibles en 24 heures, au prix de 50 000 FCFA (environ 76 €), à condition que tous les documents requis soient fournis.
L'introduction de ce nouveau système s'inscrit dans le cadre d'une stratégie plus large de modernisation des systèmes d'identification au Burkina Faso. Elle intervient alors que le pays met en œuvre une loi sur l'Identifiant unique électronique de la personne, visant à identifier chaque individu de manière unique grâce aux données biométriques et biographiques.
Le nouveau système devrait contribuer à renforcer la sécurité, réduire les risques de fraude et d'usurpation d'identité, et permettre un suivi en temps réel du processus de production et de délivrance des passeports. De plus, il est conçu pour être interopérable avec d'autres systèmes nationaux, facilitant un échange sécurisé et efficace des données d'identification, avec une flexibilité d'enrôlement possible en ligne ou hors ligne.
Samira Njoya
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L'IA offre à l'Afrique une chance unique de relever des défis majeurs et de dynamiser son développement économique. Cependant, pour maximiser les bénéfices, il est crucial d'engager des investissements significatifs.
Le gouvernement djiboutien s'est fixé l'objectif de transformer le pays en un hub régional d'innovation en intelligence artificielle (IA) d'ici quelques années. Ce projet ambitieux a été confirmé par Houssein Ahmed Assoweh (photo), représentant de Djibouti à l’atelier régional de l'ICESCO (Organisation du monde islamique pour l'éducation, les sciences et la culture) pour l'élaboration de la Charte du monde islamique pour l'IA qui s’est tenu la semaine passée à Rabat, au Maroc.
« Nous continuerons à investir dans l'éducation et la formation en IA pour renforcer les compétences nationales. De plus, nous envisageons de lancer plusieurs projets pilotes dans les domaines prioritaires identifiés. L'objectif est de positionner Djibouti comme un hub d'innovation en IA dans la région de la Corne de l'Afrique. Je suis convaincu que Djibouti a un rôle important à jouer dans l'écosystème global de l'IA », a déclaré Houssein Ahmed Assoweh dans une interview à l’Agence Djiboutienne d’Information.
Selon cet expert en IA, Djibouti élabore sa stratégie nationale en la matière, laquelle se concentre sur l'amélioration des conditions de vie dans un contexte environnemental difficile. Elle prend en compte l'utilisation de l'IA dans des domaines critiques tels que l'agriculture intelligente, la santé, la logistique et les transports, ainsi que l'éducation. Ces efforts s'inscrivent dans le cadre « Vision 2035 », la stratégie de développement du gouvernement djiboutien qui aspire à doter le pays d'infrastructures numériques de classe mondiale.
En misant sur l'IA, Djibouti se positionne pour devenir un acteur clé de l'innovation technologique en Afrique. L'IA pourrait notamment permettre des avancées significatives dans l'agriculture intelligente, optimisant les rendements agricoles malgré les défis climatiques du pays. Dans le domaine de la santé, elle pourrait faciliter des diagnostics plus précis et un accès accru aux soins, notamment dans les zones reculées.
Selon le rapport « Annual Global CEO Survey » du cabinet PwC, l'IA pourrait contribuer à l'économie mondiale à hauteur de 15 700 milliards de dollars d'ici 2030, dont 1 200 milliards de dollars pourraient être générés en Afrique. Cette contribution représenterait une augmentation de 5,6 % du produit intérieur brut du continent sur la période, soulignant ainsi le potentiel énorme de l'IA pour stimuler la croissance économique du continent, si elle est bien exploitée.
Samira Njoya
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