Bien que l’usage du cash soit encore largement dominant en Afrique, les revenus du marché du paiement électronique progressent rapidement. Cette croissance est due à l'introduction de diverses solutions de paiement transfrontalières qui offrent des transactions rapides et peu coûteuses.
La firme américaine de paiement MasterCard a annoncé, le jeudi 18 juillet, une collaboration avec Premier Bank, une banque commerciale somalienne. L’initiative vise à lancer « Premier Payment Gateway », une plateforme de paiement numérique permettant aux entreprises somaliennes d'accepter les paiements par carte internationale pour les achats en ligne.
Expliquant les avantages de cette collaboration, Shehryar Ali, responsable pays pour l'Afrique de l'Est et les îles de l'océan Indien chez MasterCard, a déclaré que ce partenariat permettra aux entreprises somaliennes d'accéder à une passerelle de paiement en ligne sécurisée, leur offrant la possibilité d'accepter des paiements, d'élargir leur clientèle et d'augmenter leurs revenus.
La collaboration s'inscrit dans le cadre de la stratégie 2030 de Premier Bank, visant à créer un écosystème de paiement bénéfique à la fois pour les détenteurs de cartes et les commerçants internationaux. Pour MasterCard, cela souligne son engagement à favoriser l'inclusion financière et à soutenir les entreprises à l'échelle mondiale, avec pour objectif d'intégrer 50 millions de micro et petites entreprises dans l'économie numérique d'ici 2025.
L’initiative intervient à un moment où les paiements en ligne connaissent une croissance rapide en Afrique, en grande partie grâce à la pandémie de Covid-19. Selon le rapport « Future of Commerce : Outlook for 2024 », du cabinet de conseil en économie numérique TechCabal Insights, entre 2023 et 2027, le nombre d'acheteurs en ligne africains devrait augmenter en moyenne de 17,9 % par an, atteignant 609,3 millions d’acheteurs en 2027, contre 387,5 millions en 2022.
La plateforme Premier Payment Gateway, lancée dans le cadre de ce partenariat, fournira aux entreprises somaliennes les outils nécessaires pour exploiter la demande croissante d'achats en ligne. Avec 7,99 millions de connexions mobiles cellulaires en Somalie début 2023, représentant environ 44,7 % de la population totale, et une accessibilité croissante à Internet, cette passerelle de paiement numérique est bien positionnée pour répondre à l'évolution des attentes des consommateurs, qui recherchent une expérience d'achat en ligne sûre et fluide.
Samira Njoya
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Plusieurs firmes technologiques mondiales ont opté pour le Nigeria afin de soutenir leur croissance en Afrique, particulièrement dans la sous-région ouest-africaine.
La firme technologique américaine Microsoft a décidé de réduire sa présence au Nigeria. Selon un article publié le vendredi 19 juillet par Techcabal, « Microsoft va réduire l'espace de ses bureaux dans l'immeuble Kings Tower à Ikoyi de six à deux étages, ce qui laisse présager une réduction de ses activités au Nigeria ».
Cette décision fait suite à une vague de licenciements de son équipe d’ingénierie en mai et en juillet 2024. De plus, Microsoft a annoncé la fermeture de son Centre de développement africain, inauguré en mars 2022 à Lagos. Son but était de développer des solutions technologiques et d’ingénierie pour l’Afrique et le monde.
« Bien que nous ayons pris la décision difficile de fermer le Centre de développement pour l'Afrique au Nigeria, nous tenons à souligner que cette décision ne diminue en rien notre engagement envers le Nigeria et la région », explique Microsoft.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’instabilité économique au Nigeria. La réduction de l’activité de la firme de Redmond peut s’expliquer par la dépréciation de la monnaie locale et l’accélération de la hausse des prix. De nombreuses entreprises opérant dans le pays réorganisent leur présence afin de faire face à ce climat économique.
La maison-mère des plateformes Facebook et WhatsApp, Meta, est dans la même dynamique. Selon la même source, après une trentaine de licenciements dans son équipe nigériane, la firme de Menlo Park a indiqué réexaminer ses espaces de bureaux pour s’assurer qu'ils répondent aux besoins de l’entreprise.
Adoni Conrad Quenum
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Héberger ses propres données est essentiel pour un continent en pleine expansion numérique. Disposer d'infrastructures locales garantit non seulement l'indépendance, mais aussi une meilleure sécurité et un contrôle accru des informations sensibles.
Le cabinet d’études et de management des entreprises et des organisations Essor Services prévoit de lancer un centre de données au Burkina Faso, en partenariat avec la société costaricaine Kaia Energy. Le sujet a été au cœur de discussions entre les deux partenaires et Aminata Zerbo/Sabane (photo, au centre), ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, le lundi 22 juillet.
« Nous avons présenté ce projet à la ministre qui a trouvé que c’est un projet qui est attendu et qui va répondre à des besoins réels pour le Burkina Faso. La ministre a salué l’initiative et est disposée à nous accompagner », a déclaré Fidèle Rinsinda Komboigo, directeur général d’Essor Services.
Le nouveau centre de données sera alimenté par une centrale qui va transformer les ordures ménagères en électricité avec une capacité d’environ 12 mégawatts. Le centre de données servira pour le traitement, l’hébergement et le transfert des données vers l'international. Le projet devrait être achevé avant novembre 2025.
L’initiative intervient alors que le gouvernement burkinabè est engagé dans une « dynamique de digitalisation ». L’exécutif ambitionne d’introduire le numérique dans tous les secteurs afin d’en faire un instrument de transformation de la société et de développement socioéconomique. Selon le responsable d’Essor Services, ce projet représente une modeste contribution de leur structure à la mise en œuvre de la politique de numérisation de l’économie burkinabè.
Le centre de données devrait permettre de réduire la dépendance du Burkina Faso vis-à-vis des infrastructures de données étrangères, tout en renforçant la sécurité des données nationales. De plus, en utilisant les ordures ménagères comme source d’énergie, le projet contribuera à la gestion des déchets et à la promotion de l'énergie durable, tout en créant des emplois et en stimulant l’économie locale.
Samira Njoya
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Selon l'ONU, l'Afrique subsaharienne présente les taux les plus élevés d'exclusion éducative au monde, avec environ 98 millions d'enfants non scolarisés. Pour remédier à cette situation, les gouvernements et divers partenaires internationaux mettent en place plusieurs initiatives.
Le fabricant chinois de téléphones mobiles Tecno a annoncé le jeudi 18 juillet la signature d’un partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) au Nigeria. Cette initiative vise à soutenir la mise en œuvre du « Nigeria Learning Passport », une plateforme d'apprentissage numérique destinée aux enfants, en particulier ceux des zones reculées et mal desservies.
We are pleased to partner with @tecnomobile to enhance the reach and impact of the #NigeriaLearningPassport. This collaboration will allow us to provide more children, especially those in remote and underserved areas, with the quality education they deserve. #ForEveryChild https://t.co/QInmRGk2YJ
— UNICEF Nigeria (@UNICEF_Nigeria) July 18, 2024
« L'apprentissage numérique est un outil puissant pour combler les lacunes en matière d'éducation et faire en sorte que chaque enfant ait la possibilité d'apprendre et de s'épanouir. Avec le soutien de Tecno, nous nous rapprochons de notre objectif de rendre l'éducation accessible à tous les enfants du Nigeria et de leur donner les moyens de se construire un avenir meilleur », a déclaré Cristian Munduate, représentante de l'Unicef au Nigeria.
Le Nigeria, comme de nombreux autres pays africains, fait face à un taux élevé de non scolarisation. Selon des données de l'Unicef publiées en 2022, environ 18,3 millions d'enfants ne sont pas scolarisés, ce qui place le Nigeria parmi les pays avec le plus grand nombre d'enfants non scolarisés au monde. L'insécurité est la principale cause de cette situation.
Pour remédier à cette crise, le ministère fédéral de l'Education et l'Unicef ont lancé le programme « Nigeria Learning Passport » en 2022, dans le cadre de la stratégie globale de l’Unicef en matière d’éducation mise en place en 2018. En 2024, l’organisation prévoit d'étendre ce programme pour inclure des contenus hors ligne pour 50 000 enfants vivant dans des zones isolées et à faibles revenus, dans le but de réduire davantage le fossé éducatif et d'améliorer la qualité de l'éducation.
Le partenariat avec Tecno devrait permettre d'avancer vers la réalisation de cet objectif en renforçant le développement des contenus, l'achat et la maintenance des équipements techniques, et la formation professionnelle des éducateurs. A noter que le programme s'est étendu à 19 Etats nigérians, classant le pays au deuxième rang de ceux participant avec environ 888 000 utilisateurs inscrits.
Samira Njoya
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Meta, la société mère de Facebook et de WhatsApp, a été condamnée à payer des amendes dans plusieurs pays ces dernières années. Le Nigeria s’ajoute à la liste.
Le Nigeria vient de condamner la firme technologique américaine Meta à payer une amende de 220 millions USD. La Commission fédérale de la concurrence et de la protection des consommateurs (FCCPC) reproche à WhatsApp, une plateforme de Meta, d’avoir collecté et utilisé les données personnelles des utilisateurs sans leur consentement.
Release: In the Matter of Meta Platforms, Inc. and WhatsApp LLC: Investigation into Alleged Violations of Antitrust Laws, Data Protection Regulations, and Consumer Protection Acts@NigeriaGov @NGRSenate @HouseNGR
— FCCPC Nigeria (@fccpcnigeria) July 19, 2024
For additional information, click here: https://t.co/P1yZXLHoX2 pic.twitter.com/qXrAfFGM7F
« L'ordonnance finale impose une pénalité monétaire de 220 000 000,00 $ (au taux de change en vigueur le cas échéant), qui est conforme à la réglementation fédérale sur la concurrence et la protection des consommateurs », a informé la FCCPC dans un communiqué partagé sur X.
Les autorités nigérianes enquêtaient depuis 2021 pour savoir si les utilisateurs locaux avaient eu le choix de laisser WhatsApp collecter leurs données personnelles ou non. Selon les conclusions de l’enquête, Meta aurait aussi appliqué aux Nigérians un traitement différent de celui d'autres juridictions.
Selon un porte-parole de Meta, le groupe fera appel de la décision des autorités nigérianes.
Servan Ahougnon
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L’exécutif guinéen veut faire du numérique un moteur de croissance économique. Conscient des enjeux, le pays mise sur une collaboration étroite entre divers acteurs pour atteindre ses objectifs.
Les Nations unies ont réaffirmé leur engagement à soutenir la transformation numérique en cours en Guinée. Ce sujet a été au cœur des discussions entre la ministre des Postes, des Télécommunications et de l'Economie numérique, Rose Pola Pricemou (photo, à droite), et Kristele Younes (photo, à gauche), la coordinatrice des Nations unies en Guinée, le vendredi 19 juillet.
Lors de cette rencontre, plusieurs projets prioritaires pour la Guinée ont été présentés à la coordonnatrice. Il s’agit, entre autres, de la connectivité des écoles et des universités à Internet via le projet GIGA, de l'élaboration d'une politique nationale d'intelligence artificielle, du renforcement de la cybersécurité des systèmes informatiques guinéens face aux cyberattaques, ainsi que de l'amélioration des compétences du personnel grâce à des programmes de formation axés sur la modernisation informatique.
A l’issue des échanges, Kristele Younes a réaffirmé le soutien des Nations unies à la Guinée, soulignant que la connectivité est une priorité pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD). Les deux parties ont convenu de créer une plateforme rassemblant partenaires techniques et financiers afin de coordonner la stratégie numérique du gouvernement guinéen.
Notons que cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement guinéen pour développer le numérique dans le pays grâce à des partenariats stratégiques. Elle intervient quelques jours après un échange avec Shamika Sirimanne, directrice de la technologie, de l'innovation et de la recherche à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), ouvrant la voie à une future collaboration prometteuse.
A travers ces partenariats, le gouvernement guinéen ambitionne de renforcer l’accès à Internet, d'élargir l’utilisation du haut débit sur le territoire guinéen, de promouvoir et de développer le marché numérique, de réduire le coût d’accès à Internet, de développer et de renforcer la recherche et la formation dans le domaine numérique, ainsi que de renforcer la cybersécurité sur l'ensemble du territoire.
Samira Njoya
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Le ministère burkinabè de la Transition numérique, des Postes et des Communications électroniques, en collaboration avec le cabinet YILYS, organise une formation à Koudougou, prévue jusqu'au dimanche 21 juillet. Débuté le 17 juillet, Le séminaire est destiné aux Directeurs des Systèmes d'Information (DSI) des ministères et institutions publiques. Son objectif est de renforcer leurs compétences afin de garantir une mise en œuvre efficace de la dématérialisation des procédures administratives.
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En 2019, le gouvernement congolais a élaboré un Plan national du numérique. L’objectif est de faire de la RDC l’une des plaques tournantes du secteur technologique en Afrique centrale.
Augustin Kibassa Maliba (photo, au centre), ministre congolais des Postes, Télécommunications et Numérique, a inauguré le jeudi 18 juillet à Kinshasa l’Institut africain pour le développement des technologies de l’information et de la communication. Financé par la firme technologique chinoise Huawei, son objectif est de renforcer les compétences locales dans le secteur du numérique.
« La réussite de cet Institut dépend de notre capacité collective à saisir les opportunités qu’il offre dans les domaines de l'éducation, de la recherche et du développement industriel », a indiqué Augustin Kibassa Maliba.
Cette initiative de Huawei s’inscrit dans le cadre du Plan national du numérique horizon 2025 (PNN 2025) mis en place en 2019. Le gouvernement veut faire du numérique un levier de développement. La formation des talents technologiques s’impose, car elle permet, entre autres, de réduire le déficit de compétences numériques, stimuler l'innovation et l'entrepreneuriat ou promouvoir l'inclusion numérique. D’après l’Union internationale des télécommunications, la RDC est passée d’un indice de développement des TIC de 29,1 en 2023 à 30 en 2024.
La nouvelle infrastructure contribuera ainsi à la création d'un écosystème qui permettra l'éclosion d'une économie numérique. « Cela témoigne de notre vision avant-gardiste d'un avenir où le numérique jouera un rôle clé dans l'amélioration du bien-être de nos concitoyens et dans le renforcement de la compétitivité de nos entreprises à l'échelle mondiale », a ajouté le ministre.
Adoni Conrad Quenum
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En 2019, la RDC a adopté un Plan national du numérique pour encadrer le développement de son économie numérique. Des initiatives sont en cours pour atteindre les objectifs, qui progressent considérablement.
La République démocratique du Congo (RDC) souhaite mettre en place un centre national d'informations unifiées. Le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique (PT-N), Augustin Kibassa Maliba (photo, au centre), a reçu en audience à cet effet le président du groupe égyptien Omega Gate Tech, Ashraf Attia, accompagné par Khaled Rhaïem, représentant de la société en RDC.
Selon un communiqué du ministère, les discussions ont porté sur de nombreux sujets en phase avec la transformation numérique en cours en RDC. « Nous avons échangé sur la construction du centre national d'informations unifiées. L'approche est parfaitement en harmonie avec la vision du chef de l'Etat Félix Tshisekedi. Ce centre permettra de mettre en place toutes les bases de données de recensement ainsi que la mise en place de la technologie de 5G », a déclaré Khaled Rhaïem.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du Plan national du numérique horizon 2025 (PNN 2025). Elle intervient dans un contexte marqué par une transformation accélérée en RDC et la mise en place d'infrastructures clés pour la modernisation du pays. Selon le premier rapport d’avancement à mi-parcours du plan dévoilé en décembre, sur les 69 projets inscrits, 33 sont amorcés, dont 15 terminés et 18 en phase d’opérationnalisation. Plus d’une vingtaine de projets sont en cours d’initialisation ou de contractualisation, affichant un taux de réalisation de 48 %.
Le Centre national d’informations unifiées que la RDC souhaite mettre en place permettra ainsi de collecter, gérer et diffuser des informations cruciales à l'échelle nationale. Il regroupera diverses sources de données provenant de multiples secteurs tels que la sécurité, la santé, l'éducation, l'économie et autres domaines d'intérêt public. Omega Gate Tech, déjà implanté en Egypte, aux Emirats arabes unis, en Libye et en Arabie saoudite, pourra ainsi accompagner la RDC dans cette transformation et ouvrir la voie à des avancées technologiques significatives et prometteuses pour l’avenir numérique du pays.
Samira Njoya
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Les TIC offrent davantage de possibilités de créativité et d’apprentissage aux niveaux préscolaire et primaire. Cependant, l’accès à l’éducation numérique est insuffisant en Afrique en raison de l'impréparation à l'intégration des technologies numériques dans l'apprentissage précoce.
La Fondation Mastercard, en partenariat avec le gouvernement fédéral du Nigeria, a organisé sa première conférence EdTech à Abuja du lundi 8 au mercredi 10 juillet. Placée sous le thème « Technologie de l'éducation pour un apprentissage résilient et inclusif en Afrique », cette conférence avait pour objectif de discuter de l’intégration de la technologie dans les systèmes d’apprentissage en Afrique.
L'événement s'est conclu par l'adoption de 10 actions clés pour renforcer l'écosystème EdTech en Afrique. Il s’agit notamment de :
La conférence s’inscrit dans le cadre des actions de la Fondation Mastercard en faveur de la promotion de l’éducation numérique en Afrique. Elle intervient alors que l'Union africaine a déclaré l’année 2024 « Année de l'éducation », appelant tous les gouvernements à redoubler d’efforts en vue d’assurer une éducation de qualité pour tous.
La Stratégie d’éducation numérique de l’Union africaine (2023-2028) et le plan de mise en œuvre prévoient à cet effet que les pays africains développent des stratégies nationales d’éducation numérique, qu’au moins 50 % des établissements d’enseignement disposent d’une connectivité à haut débit sûre et sécurisée à un coût nettement inférieur à 25 $ par Mb/s et par mois, qu’au moins 20 % des étudiants et 50 % des enseignants du continent aient accès à des appareils numériques d’ici 2027, et qu’un tiers des étudiants et tous les enseignants y aient accès d’ici 2030.
Samira Njoya
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Dans le cadre de la révolution technologique en cours sur le continent, les pays africains ont multiplié les initiatives pour améliorer leur sécurité numérique. Les autorités ghanéennes ont mis en place une nouvelle initiative.
Au Ghana, l’Autorité de la cybersécurité (CSA) a accordé le mercredi 10 juillet des licences et des accréditations à 51 acteurs opérant dans la sécurité numérique. Ces différentes entités pourront légalement offrir des services de sécurité numérique dans le pays.
L’octroi de ce type de licences permettra de multiplier les solutions pour renforcer la protection de l’environnement numérique national et de développer le marché de la cybersécurité, ce qui favorisera le développement de compétences locales et la création d'emploi dans le secteur.
Today, we have witnessed a defining moment in Ghana’s cybersecurity journey with the presentation of licenses to qualified Cybersecurity Service Providers (CSPs). pic.twitter.com/M6LyvVxVoA
— Cyber Security Authority Ghana (@CSAGhana) July 10, 2024
« La cérémonie d'aujourd'hui n'est pas seulement un point culminant, mais un catalyseur pour la poursuite de la collaboration et de l'innovation dans notre écosystème de cybersécurité. La synergie entre les fournisseurs de services de cybersécurité (CSP), les établissements de cybersécurité (CE) et les professionnels de la cybersécurité (CP) nous conduira vers une résilience adaptative et une amélioration continue », a indiqué Adelaide Benneh-Prempeh, membre du conseil d'administration de la CSA.
La délivrance de ces autorisations survient dans un contexte marqué par la multiplication des cyberattaques sur le continent. L’Afrique et le Ghana y sont de plus en plus exposés du fait de l’accélération de la transformation numérique. Le volet cybersécurité est indispensable au succès de cette transformation. Au niveau public, le Ghana s’est déjà doté d’une stratégie nationale de la cybersécurité et a mis en place une Computer Emergency Response Team (CERT-GH). La contribution du secteur privé qu'il vient d'acter va consolider ses efforts pour mieux sécuriser son espace numérique.
Accra a déjà ratifié la convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles. Le pays a également déposé les instruments d'adhésion à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité. En matière d’indice de cybersécurité, il occupe la 3e place sur le plan continental avec un score de 86,69 sur 100, devant le Nigeria (84,76) et derrière la Tanzanie (90,58), d’après le rapport « Global Cybersecurity Index 2020 » publié par l’Union internationale des télécommunications en 2021.
Adoni Conrad Quenum
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Le secteur numérique offre de nombreuses opportunités d'emploi pour les jeunes. En acquérant les compétences appropriées, ils peuvent les saisir et s'intégrer plus facilement sur le marché du travail.
L'entreprise technologique chinoise Huawei a annoncé, le mercredi 10 juillet, son intention de former 4 000 personnes supplémentaires en TIC à l’île Maurice d'ici 2028. Cette annonce a été faite lors de la cérémonie de lancement de DigiTalent 3.0, un programme conçu pour répondre aux besoins en talents numériques dans le pays.
« Maurice a toujours été un pionnier de l’innovation régionale. Nos investissements stratégiques dans l’infrastructure des TIC, associés à notre engagement à favoriser une économie fondée sur la connaissance, ont jeté des bases solides pour notre avenir numérique. La formation continue et le perfectionnement des compétences sont essentiels. L’écosystème de talents de Huawei est un brillant exemple de la façon dont nous pouvons travailler ensemble pour bâtir un vivier de talents TIC prospère dans notre pays », a déclaré Deepak Balgobin, le ministre mauricien des Technologies de l’information, de la Communication et de l’Innovation.
L’initiative s’inscrit dans le cadre de l’engagement stratégique de Huawei pour le développement des talents numériques dans plusieurs pays. La stratégie se concentre sur la construction d’écosystèmes pour les enseignants et les étudiants, en fournissant aux partenaires de l’industrie des formations en compétences numériques et en collaborant avec les gouvernements sur les initiatives de transformation numérique.
A l’île Maurice, la présence de Huawei a permis la formation de plus de 35 instructeurs, ainsi que des cours en IA, 5G, Datacom, Cloud Computing. Plus de 350 étudiants et professionnels ont obtenu la certification HCIA de Huawei ces dernières années. L’entreprise s’est également associée à sept universités locales.
Toutes ces actions devraient permettre au pays d’avancer vers la réalisation des objectifs de sa stratégie « Digital Mauritius 2030 ». Elle prévoit, entre autres, des investissements conséquents dans les infrastructures, la formation au numérique et la transition vers une administration numérique. L’objectif est d’accroître le secteur numérique dans le pays. Selon les chiffres officiels, ce secteur a affiché une croissance de 6,5 % en 2022, étant le seul secteur à ne pas avoir été impacté par la crise sanitaire mondiale.
Samira Njoya
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Le gouvernement malgache s'est fixé pour objectif de tirer parti des avantages de la révolution technologique. De nombreuses initiatives sont mises en œuvre pour obtenir des résultats significatifs dans les plus brefs délais.
Le ministre malgache du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications (MNDPT), Tahina Razafindramalo, a accueilli le mercredi 10 juillet une délégation de Onepoint et de Global Business Network International, deux entreprises françaises spécialisées dans le numérique, pour une réunion de travail.
Selon le communiqué du ministère, les discussions ont porté sur plusieurs sujets clés, notamment l'interopérabilité des systèmes d’information et des données utilisées par l’Etat, la transversalité pour la mise en place de l'e-gouvernance et les impacts de la transformation numérique pour le gouvernement et les citoyens malgaches.
La réunion s’inscrit dans la continuité des actions du gouvernement visant à renforcer le secteur numérique via des partenariats technologiques innovants. Récemment, le gouvernement a effectué une visite en Corée du Sud pour rencontrer des partenaires potentiels capables d’accompagner le pays dans la numérisation du secteur agricole, démontrant ainsi son engagement à moderniser divers secteurs grâce à la technologie.
A l’issue de cette réunion, un partenariat a été annoncé avec la société Onepoint pour organiser un événement les 11 et 12 juillet. Cet événement, intitulé « Maîtriser la data pour transformer Madagascar », réunit des représentants des secteurs public et privé pour discuter de l'importance de la gestion des données dans la transformation numérique du pays.
Global Business Network International, créée en octobre 2004, se spécialise dans la programmation informatique et l’accompagnement des entreprises dans leur transition numérique. De son côté, Onepoint se distingue par son approche unique qui associe technologie et intelligence humaine pour soutenir la transformation numérique de ses clients. Les futures collaborations promettent d'apporter des solutions innovantes et durables pour le développement numérique de Madagascar.
Samira Njoya
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Le Kenya, à la recherche de partenaires technologiques pour l'accompagner dans sa transformation numérique, se tourne vers des collaborations internationales et des investissements stratégiques pour l’accompagner vers ses objectifs. L’Allemagne pourrait être un partenaire de choix.
La société allemande Lufthansa Industry Solutions, spécialisée dans les services de conseil en informatique et l'intégration de systèmes, a récemment annoncé son intention d’investir au Kenya. Une délégation de l’entreprise, dirigée par Jörn Messner (photo, à droite), directeur général, et Joern-Matthias Derrer, directeur commercial, a rencontré à cet effet le mardi 9 juillet John Kipchumba Tanui (photo, à gauche), secrétaire principal pour les Technologies de l'information, les Communications et l'Economie Numérique du Kenya.
Today, I met with a delegation from Lufthansa Industry Solutions,a company based in Germany,led by Jörn Messner ,MD and Joern -Matthias Derrer Business executive. They are exploring Digital investment opportunities in Kenya, seeking potential partnerships and planning to… pic.twitter.com/jCh7xGd0Qm
— Eng. John Kipchumba Tanui, MBS (@tanuijohn) July 9, 2024
« Ils explorent les possibilités d'investissement dans le numérique au Kenya, recherchent des partenariats potentiels et prévoient d'établir leur centre dans le pays, rejoignant ainsi des acteurs majeurs comme AWS et Microsoft. Le Kenya encourage activement ce type d'investissements pour stimuler la croissance économique et l'innovation », a déclaré John Kipchumba Tanui sur X.
Lufthansa Industry Solutions est une filiale de Lufthansa, la compagnie aérienne nationale allemande. Elle accompagne ses clients dans leur transformation numérique. Ses domaines d'expertise incluent la mise en place de dossiers de vol intégrés (iFF) pour les pilotes, la numérisation des processus de documentation pour les compagnies aériennes, la fourniture de réseaux 5G privés pour les entreprises, etc.
Le partenariat envisagé avec le Kenya pourrait permettre de renforcer les infrastructures technologiques locales et d'accroître les capacités numériques du pays. Ce développement s'inscrit dans une stratégie plus large visant à faire du Kenya un hub technologique régional, soutenant ainsi sa vision de devenir un centre d'innovation numérique en Afrique de l'Est.
Samira Njoya
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