Les nations africaines reconnaissent de plus en plus l'importance des partenariats interétatiques pour atteindre leurs objectifs numériques. De nouvelles initiatives se multiplient dans ce sens renforçant la dynamique collective en faveur de la transformation numérique du continent.
Le projet d’interconnexion par fibre optique entre la Guinée et la Sierra Leone a récemment franchi des étapes importantes. La semaine passée, une délégation sierra-léonaise, composée de membres de la National Communications Authority (NATCA) et du ministère de la Communication et de l’Innovation, s’est rendue à Conakry pour discuter de la mise en œuvre imminente de cette initiative stratégique.
Mohamed Kourouma, directeur général de la Société de Gestion et d’Exploitation du Backbone National (SOGEB) de la Guinée, a souligné l'importance cruciale de ce projet : « aujourd’hui, la Guinée ne dispose que d’un seul câble sous-marin reliant le pays au réseau international. Pour sécuriser cette interconnectivité essentielle, il est impératif de collaborer avec nos voisins afin de garantir une fourniture continue d'Internet, notamment en cas de dysfonctionnement de ce câble sous-marin ».
Cette visite de travail s’inscrit dans le prolongement des discussions initiées au début du mois d’août entre la ministre guinéenne des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, Rose Pola Pricemou, et son homologue sierra-léonaise, Salima Manorma Bah. Elles avaient alors annoncé un projet ambitieux visant à assurer une fourniture d’Internet permanente et fiable dans les deux pays.
Les discussions entre les différentes parties ont permis de poser les bases de la signature d’un accord-cadre, prévue après la révision du document par les autorités compétentes des deux nations. Cet accord définira les modalités techniques de la mise en œuvre de ce partenariat stratégique.
La concrétisation du partenariat devrait considérablement améliorer la qualité et l’étendue des services de connectivité, tout en réduisant les coûts associés. De plus, le renforcement de l’accès à Internet et le partage d’expertises contribueront à accélérer la réalisation des ambitions communes des deux pays en matière de transformation numérique, tout en favorisant l'inclusion numérique de leurs populations respectives.
Samira Njoya
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Amazon investit depuis plusieurs années en Afrique. Au moment de sa 20ème année sur le continent, la firme compte atteindre certains objectifs à l’horizon 2029.
La firme technologique américaine Amazon Web Service envisage d’investir 1,7 milliard USD supplémentaires en Afrique. L’objectif est d’étendre ses services cloud et intelligence artificielle sur le continent d’ici 2029. L’information a été dévoilée lors du AWS Summit 2024 à Johannesburg en Afrique du Sud, le jeudi 29 août.
« La communauté AWS en Afrique subsaharienne est florissante. Nous avons des milliers de clients AWS en Afrique subsaharienne aujourd'hui, et nous considérons cela comme un domaine de croissance incroyablement stratégique pour nous. [...] Nous avons plus de 6000 partenaires qui nous aident à construire et à fournir notre valeur commerciale » a indiqué Chris Erasmus, DG d'AWS pour l'Afrique du Sud.
L’annonce de cet investissement s’inscrit dans le cadre de la célébration du 20ème anniversaire d’Amazon en Afrique. En 2020, elle a emboité le pas à Google pour lancer des centres de données sur le continent. En octobre 2024, elle a annoncé le lancement de son service de vente en ligne en Afrique du Sud, le 2ème pays africain où elle déploie ce service après l’Egypte.
Amazon investira entre autres dans l’IA générative en mettant en avant Amazon Bedrock, sa plateforme permettant aux entreprises de créer et de développer des applications d'intelligence artificielle générative.
Adoni Conrad Quenum
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Dans le souci de contribuer au développement des technologies de l’information et de la communication, l’Union internationale des télécommunications signe des partenariats stratégiques.
L’université sud-africaine du Witwatersrand, basée à Johannesburg, a annoncé le lundi 26 août un partenariat avec l’Union internationale des télécommunication (UIT). L’objectif est d’accélérer le développement des compétences et des connaissances numériques parmi les décideurs politiques et les professionnels des TIC en Afrique. Le centre LINK de l'université du Witwatersrand rejoint dans ce cadre le programme des centres de formation de l'académie de l'UIT.
« Cette étape importante viendra compléter les programmes d'études supérieures et les certificats professionnels proposés par le centre LINK. Le centre est prêt à contribuer de manière substantielle aux compétences essentielles requises pour le développement économique et social de l'Afrique du Sud et au-delà, en promouvant une société mondialement connectée et compétente sur le plan numérique », a indiqué l’université du Witwatersrand.
L’UIT a mis en place son académie en 2012 dans le but de répondre à une demande croissante de formation, d'enseignement et de recherche dans le secteur des TIC. Au fil des années, diverses entités ont rejoint ce programme et l’agence onusienne a mis à leur disposition les connaissances et les outils spécialisés pour mieux s'orienter dans un écosystème numérique en pleine évolution.
Pour rappel, l’université du Witwatersrand est l’une des meilleures universités d’Afrique du Sud et du continent. Selon le QS Ranking de 2023, elle occupe la deuxième place des meilleures universités d’Afrique, derrière l’université du Cap et celle de Stellenbosch, toutes situées en Afrique du Sud.
Adoni Conrad Quenum
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L'intelligence artificielle joue un rôle de plus en plus crucial dans le développement technologique mondial et en Afrique. Des coopérations internationales sont envisagées pour favoriser l'essor de l'IA sur le continent et maximiser ses bénéfices.
L’Azerbaïdjan envisage de renforcer sa coopération avec l’Ethiopie dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Le mercredi 28 août, une délégation de hauts responsables gouvernementaux, dirigée par Mohammad Ali Kudaverdev, directeur général des affaires internationales au cabinet du président azerbaïdjanais, a effectué une visite de travail à l’Institut éthiopien d’intelligence artificielle, rapporte l’agence éthiopienne de presse (ENA).
Cette visite s’inscrit dans le cadre des efforts des deux pays pour explorer des opportunités de collaboration en IA et identifier les domaines d’échange d’expertise. Elle survient peu après la visite de représentants russes le 21 août, soulignant l’importance croissante accordée par l’Ethiopie à cette technologie.
Le pays a récemment intensifié ses initiatives pour intégrer l’IA dans des secteurs clés tels que la santé et l’agriculture et a adopté une législation en 2023 pour encadrer cette technologie. L’Institut éthiopien d’intelligence artificielle, établi il y a trois ans, joue un rôle central dans cette transformation.De son côté, l’Azerbaïdjan développe actuellement sa propre stratégie nationale en IA.
La coopération avec l’Ethiopie permettra aux deux nations de partager leurs expériences et de créer des solutions innovantes en IA, tout en exploitant les opportunités économiques offertes par cette technologie. Selon le rapport « Annual Global CEO Survey » du cabinet de conseil PwC, l’IA pourrait générer jusqu’à 15 700 milliards de dollars pour l’économie mondiale d’ici 2030, dont 1 200 milliards de dollars en Afrique, représentant une augmentation de 5,6 % du PIB du continent.
Samira Njoya
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En février 2024, la start-up a réussi un tour de table de 1,5 million $ pour soutenir sa croissance dans plusieurs pays africains. Le lancement de cette solution pour le grand public s’inscrit dans ce cadre.
Logidoo, une jeune pousse panafricaine opérant dans la logistique, a annoncé le lundi 26 août le lancement de sa plateforme d’e-commerce tout-en-un. Baptisée Afridoo, elle permettra de simplifier les ventes en ligne et d’autonomiser les commerçants africains.
Pour faciliter la gestion quotidienne des commerces en ligne, la solution intègre des fonctionnalités telles qu’un système de gestion des commandes (OMS), un système de gestion d'entrepôt (WMS) et un système de gestion du dernier kilomètre (LMS).
« Afridoo élimine les complexités liées à la gestion de plateformes distinctes pour l'inventaire, les commandes et les livraisons. [...] En proposant une plateforme centralisée pour gérer les boutiques en ligne, suivre l'inventaire, traiter les commandes et se connecter avec les clients, Afridoo permet aux entreprises de prendre le contrôle de leurs opérations en ligne », a déclaré Tamsir Ousmane Traoré, président-directeur général de Logidoo.
Le lancement de cette solution s’inscrit dans le cadre de la start-up de s’étendre au Congo, en Gambie, en Guinée, au Mali et en Mauritanie. En février dernier, elle a clôturé un cycle de financement d’un montant de 1,5 million $ à cette fin auprès du fonds de capital-risque tunisien 216 Capital Ventures.
Par ailleurs, malgré la sécheresse des investissements dans le secteur technologique africain, le commerce en ligne est l’un des secteurs les plus attractifs du continent. Les jeunes pousses opérant sur le segment ont levé 298 millions $ en 2023, selon les données de Partech Africa. Ce montant représente 13 % des investissements captés par les start-up africaines en 2023 et positionne l’e-commerce au deuxième rang derrière les 37 % (environ 852 millions $) des technologies financières.
Adoni Conrad Quenum
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Selon un rapport de la société de conseil McKinsey & Company, le marché de l’e-commerce en Afrique est en pleine expansion et devrait atteindre 180 milliards $ d'ici 2024. Cette perspective attire de plus en plus d'entreprises internationales.
AliExpress, la plateforme de commerce en ligne du groupe chinois Alibaba, s'implante désormais en Ethiopie. L'entreprise a récemment noué un partenariat stratégique avec la société éthiopienne de commerce électronique MKTY IT Services Plc. Ce partenariat a conduit à l'inauguration, le jeudi 22 août, du tout premier showroom AliExpress sur le continent africain.
Selon Yeshurun Alemayehu (photo, à gauche), ministre d'Etat chargé de l'Innovation et de la Technologie, l'entrée d'AliExpress sur le marché éthiopien offre des perspectives significatives pour les entreprises locales, leur permettant de s'inscrire dans le commerce mondial et d'étendre leurs activités à l'international.
Le showroom, situé à Addis-Abeba, est conçu pour servir de point de contact physique entre les consommateurs et les entreprises éthiopiennes. Les visiteurs peuvent y découvrir une vaste gamme de produits provenant du monde entier. Ce projet a pour objectif de permettre aux consommateurs éthiopiens de vivre une expérience du commerce électronique plus interactive et immersive.
L'expansion d'AliExpress en Ethiopie s'inscrit dans le cadre des récentes réformes mises en place par le pays pour attirer les investissements directs étrangers, avec la perspective de stimuler l'économie nationale. Cette initiative survient à un moment où le commerce en ligne connaît une croissance notable en Ethiopie, avec environ 45 licences de commerce électronique enregistrées par le ministère du Commerce et de l'Intégration régionale en décembre 2023. Le secteur est néanmoins marqué par la prédominance de petites start-up, souvent fragiles, dont beaucoup disparaissent après quelques années d'activité.
L'arrivée d'AliExpress sur le marché éthiopien est perçue comme une opportunité de création d'emplois, de stimulation de l'innovation au sein des start-up, et de mise en valeur des produits locaux sur la scène internationale, renforçant ainsi le potentiel d'exportation du pays.
Samira Njoya
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Le marché des centres de données en Afrique a connu une croissance rapide en raison de l'accélération de la transformation numérique sur le continent. La demande pour les services gérés a augmenté, et Raxio est bien positionnée pour saisir une part de ce marché prometteur.
L’opérateur de centre de données Raxio Group a annoncé le jeudi 23 août la mise en service de son centre de données à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC). Dénommée Raxio DRC1, l’infrastructure de niveau 3 est située à Limete, au sud-est de Kinshasa. Elle est dotée d’une capacité de 1,5 MW.
Hello DRC! Today marks the official inauguration of our Tier III certified data data centre in Kinshasa.
— Raxio Group (@raxio_group) August 22, 2024
Read the full market announcement:
👉🏼 https://t.co/hi7QLwJXh1#RaxioRDC #RaxioGroup pic.twitter.com/BqXGxkw781
« La RDC est l’un des marchés les plus grands et les plus dynamiques d’Afrique, avec une demande latente existante pour des produits et services numériques qui devrait grimper dans les années à venir. Avec ce mécanisme, nous fournissons l'infrastructure essentielle pour soutenir l'économie numérique et améliorer la connectivité », a déclaré Robert Mullins, PDG du groupe Raxio.
Raxio Group avait annoncé en mars 2021 la construction de ce centre de données neutre et ultramoderne à Kinshasa. Soutenue par un investissement de 30 millions $, cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan national du numérique mais fait également fait partie de l'engagement de Raxio, pris en 2019, de construire dix à douze centres de données à travers l'Afrique pour répondre à la demande croissante en matière de connectivité, de stockage, et de traitement de données.
Le lancement de Raxio DRC1 intervient six jours après l'inauguration du centre de données OADC Texaf à Kinshasa, marquant une augmentation non seulement de l'offre en capacité d'hébergement et de stockage de données en RDC, mais également de la concurrence sur ce segment de marché. Selon le rapport « Africa Data Center Market Size & Share Analysis - Growth Trends & Forecasts Up To 2029 » du cabinet d’étude de marché Mordor Intelligence, la taille du marché des centres de données en Afrique devrait passer de 740,2 millions de dollars en 2024 à 1,7 milliard de dollars en 2029, avec un taux de croissance annuel composé de 17,9 %.
L'installation de Raxio DRC1 en RDC devrait ainsi renforcer la connectivité numérique, soutenir la croissance de l'économie numérique, et améliorer la sécurité des données grâce à une infrastructure locale fiable. Elle permettra également la création d'emplois, attirera des investissements étrangers, et facilitera la transformation numérique des services publics et privés.
Samira Njoya
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A terme, les autorités algériennes prévoient d'envoyer 450 start-up locales pour des séjours en Chine, en Corée du Sud et aux Etats-Unis. L’objectif est, entre autres, de stimuler le secteur technologique local.
Algeria Venture, un accélérateur public de start-up en Algérie, a annoncé le jeudi 22 août le voyage de deux délégations de 30 start-up locales en Chine et en Corée du Sud.
D’une durée de quinze jours, ce séjour leur permettra de « découvrir des hubs technologiques de premier plan, d’interagir avec des leaders de l'innovation, partager des expériences avec leurs homologues internationaux et d’explorer des collaborations stratégiques avec des entreprises locales et mondiales ».
S’exprimant sur le voyage, Sidali Zerrouki, directeur général d'Algeria Venture, explique que « ces visites offriront aux start-up une perspective globale, leur permettant de s'inspirer des meilleures pratiques internationales, en s'exposant aux écosystèmes d'innovation les plus avancés ».
L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme de visites internationales pour les start-up algériennes (ASEP). Il fait partie des programmes mis en place par Algeria Venture pour faciliter le développement des jeunes pousses locales. Avec l’ASEP, Algeria Venture compte faire bénéficier les start-up algériennes de l'expertise, des ressources et des opportunités offertes par les grandes entreprises technologiques mondiales.
Il faut souligner que les start-up chinoises ont capté 27,4 milliards $ en 2023, selon l’édition 2023 du rapport « State Of Venture » de CB Insights, une société d'analyse stratégique basée sur l’IA pour l’intelligence économique. Pour les jeunes pousses sud-coréennes, les levées de fonds se sont établies à 9,8 milliards $ en 2023, d’après les données du ministère chargé des Petites et moyennes entreprises et des Start-up.
Adoni Conrad Quenum
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Alors que les paiements numériques gagnent en popularité en Afrique, de nouvelles lois instaurées risquent de freiner l'innovation dans ce secteur.
Les commerçants somaliens ont lancé des manifestations, le lundi 19 août, pour dénoncer l'application d'une taxe forfaitaire de 5 % sur les paiements électroniques, notamment via téléphone mobile. Ce nouveau prélèvement, considéré comme « inapproprié », vient alourdir un ensemble de charges déjà pesantes pour les commerçants du pays.
« L'un des principaux avantages des transactions numériques est qu'elles offrent une inclusion financière pour les personnes traditionnellement exclues du secteur bancaire formel. En taxant ces transactions, le gouvernement décourage effectivement l'utilisation des services financiers numériques, repoussant les gens vers des transactions en espèces, qui sont moins sûres, moins efficaces et moins transparentes », a expliqué Abdillahi Hashi Abib, membre du Parlement fédéral somalien.
Les manifestations font suite à l'entrée en vigueur de cette taxe le dimanche 18 août. Selon le gouvernement, la taxe est prélevée directement sur les comptes des entreprises au point de vente où le client paie pour les services ou produits. Les recettes ainsi générées seraient versées au trésor central pour financer les infrastructures et renforcer la sécurité dans un pays confronté depuis plus de quinze ans à l'insurrection des islamistes radicaux shebab.
Le ministre des Finances, Bihi Iman Egeh, a défendu cette mesure, soulignant qu'il s'agit d'un impôt transparent établi par une loi de 1984, déjà validée par le Parlement. Il a ajouté que les inquiétudes des commerçants reposent sur des malentendus, sans donner plus de détails.
L'entrée en vigueur de cette taxe survient exactement un an après le lancement d'un QR code standardisé destiné à faciliter les paiements sans contact en Somalie et à améliorer l’inclusion financière et par ricochet le segment de l’e-commerce local. Sa mise en place devrait être répercutée sur les consommateurs, avec un impact limité sur la rentabilité globale des entreprises.
Samira Njoya
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En Afrique, le taux de chômage connaît une hausse continue. Il est donc crucial de préparer les jeunes aux compétences indispensables pour répondre efficacement aux exigences du marché du travail, afin d'améliorer leurs perspectives d'emploi.
Le gouvernement zimbabwéen aspire à collaborer avec le réseau social professionnel LinkedIn pour renforcer l'apprentissage numérique dans le pays. Ce sujet a été au cœur de discussions, le lundi 19 août, entre le ministère des TIC, des Services postaux et de messagerie et Stewart Samkange, directeur des opérations de LinkedIn Academic Talent Solutions pour l'Afrique subsaharienne, l'Europe centrale et l'Europe du Sud-Est.
« Cette visite spéciale a marqué une étape significative dans notre mission visant à exploiter le potentiel de l'apprentissage numérique pour les employés du gouvernement et les jeunes à travers le Zimbabwe. Au cours de la réunion, nous avons évoqué l'immense potentiel de "LinkedIn Learning" en tant que plateforme permettant à notre main-d'œuvre d'acquérir des compétences numériques essentielles et à nos jeunes de se perfectionner pour l'avenir », a déclaré Tatenda Annastacia Mavetera (photo, au centre), la ministre chargée des TIC.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre des efforts du gouvernement zimbabwéen visant à moderniser les méthodes d'apprentissage et à réduire le fossé entre l'éducation traditionnelle et les exigences du marché du travail moderne. Elle vise également à lutter contre le chômage des jeunes, qui constitue un enjeu majeur pour le pays. Selon des données de la Banque mondiale, le Zimbabwe est une nation jeune, avec environ 61 % de sa population âgée de moins de 25 ans. Toutefois, le pays fait face à un taux élevé de chômage et de sous-emploi, particulièrement parmi les jeunes, dont le taux de chômage s'élevait à 35 % en 2021.
Un futur partenariat entre le gouvernement zimbabwéen et LinkedIn Learning, la plateforme d'apprentissage en ligne de LinkedIn, offrirait une opportunité unique de doter les citoyens des connaissances et compétences nécessaires pour prospérer dans le monde de l'emploi à l'ère numérique.
Samira Njoya
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Au Nigeria, l'inclusion financière reste un défi, avec 36 % de la population exclue des services bancaires. Des initiatives sont en cours pour élargir l'accès aux services financiers et faire en sorte que l'ensemble de la population puisse tirer parti des progrès technologiques et financiers.
L’homme d’affaires nigérian Tony Elumelu a lancé le lundi 19 août à Lagos les activités de la nouvelle banque de microfinance numérique, UCEE Microfinance Bank. Cette institution est une filiale de United Capital Group, une importante banque d’investissement, et vise à exploiter la synergie entre technologie et finance pour atteindre les personnes financièrement exclues au Nigeria.
UCEE Bank is a 100% subsidiary of United Capital Plc and becomes the 7th brand of United Capital – Asset Management, Investment Banking, Securities Trading, Trustees, Wealth Management and Consumer Finance. pic.twitter.com/X2CDvAPAni
— Tony O. Elumelu, CFR (@TonyOElumelu) August 19, 2024
Lors du lancement, le PDG du groupe United Capital, Peter Ashade, a salué le modèle hybride de la UCEE Microfinance Bank, qui allie microfinance traditionnelle et innovations numériques. « Sur le marché actuel, il est essentiel de fournir des solutions qui s'adressent à la fois aux clients férus de technologie et à ceux qui préfèrent les services bancaires traditionnels. L'UCEE est bien placée pour répondre à ces divers besoins », a-t-il déclaré.
UCEE Microfinance Bank propose une application mobile permettant aux utilisateurs de gérer leurs comptes, d'accéder aux prêts et d'effectuer des transactions en toute simplicité, où qu'ils se trouvent. Un code USSD sera également lancé pour les clients en zones rurales et ceux ne disposant pas de smartphones.
Le lancement de la UCEE, la septième filiale du groupe, marque une étape importante dans l'élargissement de l'accès aux services financiers pour tous, notamment les populations marginalisées. Cette initiative devrait non seulement soutenir les particuliers et les entreprises dans la réalisation de leurs objectifs financiers, mais aussi contribuer à réduire l'écart d'inclusion financière au Nigeria.
Selon un rapport de l’EFInA, une organisation qui promeut la finance inclusive au Nigeria, l'inclusion financière dans le pays a connu une croissance significative, passant de 56 % en 2020 à 64 % en 2023, témoignant des efforts continus pour rendre les services financiers plus accessibles à tous.
Samira Njoya
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Les pays africains ont entamé un vaste processus de dématérialisation des services administratifs. Pour permettre à leurs citoyens de bénéficier pleinement de ces avancées, la mise en place de systèmes d'identification robustes devient essentielle.
TECH5, une société technologique internationale, a annoncé dans un communiqué de presse le jeudi 15 août avoir collaboré avec le gouvernement mauritanien et l'intégrateur local SmartMS pour mettre en œuvre la phase pilote d'une solution d’identification numérique en Mauritanie. Financé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ce projet vise à moderniser l’infrastructure d’identité numérique du pays.
« Nous sommes fiers de participer à ce projet qui contribue à la transformation technologique du pays. La Mauritanie semble en bonne voie pour devenir l'un des premiers pays à adopter un système entièrement numérique et biométriquement lié à son détenteur », a déclaré Ameya Bhagwat, directeur des revenus chez TECH5.
Pour cette phase pilote, une solution logicielle a été développée pour faciliter l'intégration numérique et la vérification des citoyens. Testée par plus de 70 personnes, cette solution utilise les normes du NIST (National Institute of Standards and Technology) pour la vérification d'identité et intègre une vérification biométrique via les flux OpenID Connect. Cela permet une connexion sans mot de passe au portail de l'e-gouvernement mauritanien. L'utilisateur est vérifié par l'application en prenant un selfie, qui est comparé à son identité numérique obtenue à partir de son passeport ou de sa carte d'identité.
La réussite du projet pilote a conduit au récent lancement de l’application « Houwiyeti », une solution innovante qui combine fonctionnalité et sécurité, en s'appuyant sur des technologies open source et numériques. Cette initiative s'inscrit pleinement dans les projets du gouvernement mauritanien et de ses partenaires, visant à promouvoir une transformation numérique inclusive et respectueuse des droits. Elle rejoint également une tendance plus large en Afrique, où la biométrie joue un rôle de plus en plus crucial.
Selon le rapport « Biometrics - Global Market Trajectory & Analytics 2020 » publié par le cabinet de recherche américain Global Industry Analysts, le marché de la biométrie en Afrique et au Moyen-Orient devrait croître à un taux annuel de 21 %, tandis que l'industrie mondiale de la biométrie pourrait atteindre 82 milliards de dollars d'ici 2027. Cette dynamique illustre l'importance croissante des technologies biométriques dans le développement numérique à l'échelle globale et leur potentiel pour transformer les systèmes de gouvernance et les services publics.
L'implémentation de ce système d'identité numérique en Mauritanie représente une avancée significative vers la modernisation et l'efficacité des services publics. En offrant un accès sécurisé et simplifié aux services gouvernementaux via une application mobile basée sur la biométrie, ce système améliore non seulement la facilité d'accès pour les citoyens, mais renforce également la sécurité des transactions numériques.
Samira Njoya
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La transformation numérique est cruciale pour le développement socio-économique du pays. Le gouvernement intensifie ses efforts pour mener à bien les projets en cours, visant à améliorer le bien-être des citoyens à travers l'accès à des services numériques efficaces et inclusifs.
Le ministère burkinabè de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, conduit par Aminata Zerbo/Sabane (photo), a enregistré une performance notable de 55 % au titre du premier semestre 2024, selon l'évaluation du contrat d'objectifs récemment menée par le Premier ministre Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambèla. Ce résultat traduit l'engagement du ministère à atteindre les objectifs fixés dans sa feuille de route.
D’après le communiqué du ministère chargé du Numérique, les acquis majeurs qui ont permis l’atteinte de ce résultat sont entre autres : « le renforcement du cadre juridique du domaine du numérique, la dématérialisation de certains services administratifs, l’acquisition de matériels pour renforcer et sécuriser le réseau numérique et le rétablissement des services de communication électronique dans certaines localités à haut défi sécuritaire ».
Toutefois, bien que le taux de réalisation soit jugé « satisfaisant », certains projets ont subi des retards notables. Les initiatives de réhabilitation des infrastructures existantes et l'extension des services numériques dans les zones rurales ont été entravées par des défis sécuritaires aggravés par l'instabilité politique, impactant la capacité du ministère à respecter son calendrier initial.
Pour le second semestre, le ministère prévoit d'intensifier les projets en cours, y compris la dématérialisation d'au moins 100 procédures administratives, la création de maisons des citoyens pour faciliter l'accès aux services en ligne, et la mise en œuvre du Projet d'accélération de la transformation digitale. Ces efforts s'inscrivent dans une stratégie plus vaste, visant à positionner le Burkina Faso comme un leader africain dans l'intégration des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans des secteurs essentiels tels que l'administration publique, l'éducation, la santé, le commerce et l'agriculture.
Malgré ces progrès, le pays accuse un retard significatif. Selon le rapport « Measuring digital development – ICT Development Index 2024 » publié en juin par l'Union internationale des télécommunications (UIT), le Burkina Faso occupe le 43e rang sur 47 pays africains en termes de développement des TIC. Ce classement souligne l'ampleur des défis à surmonter pour que le pays puisse pleinement tirer parti des technologies numériques et améliorer les conditions de vie de ses citoyens.
Samira Njoya
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La demande en main-d'œuvre qualifiée augmente à mesure que s'accélère la transformation numérique. En Côte d’Ivoire, le gouvernement collabore avec le secteur privé pour s'assurer que tous les citoyens soient formés afin d'y contribuer.
Le centre de formation numérique DigiFemmes a annoncé son ambition de former 1 000 Ivoiriennes aux compétences numériques, au leadership et à l'utilisation responsable du numérique. Ce projet résulte d'un protocole d'accord signé le mercredi 14 août entre Nassénéba Touré, ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, et DigiFemmes, lors du lancement officiel du programme DigiFemmes Caravane.
« A travers cette caravane, nous offrirons une variété de formations, d’ateliers, et de ressources pour accompagner les femmes dans leur développement personnel et contribuer au progrès de notre nation. Ce programme permettra à des milliers de femmes d'acquérir des compétences numériques essentielles à leur épanouissement dans tous les aspects de leur vie », a déclaré Nassénéba Touré.
Cette initiative s'inscrit dans la mission de DigiFemmes, visant à combler le fossé numérique en dotant les femmes ivoiriennes des compétences nécessaires pour prospérer dans un monde de plus en plus connecté. Elle rejoint également les objectifs du gouvernement ivoirien qui considère le numérique comme un levier essentiel pour l'employabilité et l'autonomisation des femmes.
En 2019, selon l’Autorité de protection des données à caractère personnel de Côte d'Ivoire (le régulateur télécoms ARTCI), les femmes représentaient 38 % des effectifs du secteur des TIC, dont 30 % étaient des cadres. Depuis 2015, des programmes tels que les Maisons Digitales de la Fondation Orange contribuent à la formation des femmes dans le numérique. A ce jour, 4 738 femmes ont été formées, ce qui souligne l'ampleur des efforts encore nécessaires pour atteindre pleinement l'autonomisation économique des femmes en Côte d'Ivoire.
Le partenariat avec DigiFemmes apportera des bénéfices significatifs en offrant aux femmes une meilleure intégration dans l'économie numérique, en stimulant leur leadership et en renforçant leur autonomie. Ce programme aidera non seulement à réduire l'écart de compétences numériques entre les genres, mais il encouragera également l'innovation et la créativité, contribuant ainsi au développement socio-économique global du pays.
Samira Njoya
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