La transformation numérique a favorisé la prolifération des start-up dans divers secteurs sur le continent. Le secteur de la santé est fortement impacté avec la création des solutions d’e-santé dans la plupart des pays africains.
Tobba.tn est une solution de santé numérique mise en place par la start-up tunisienne Keeplyna. Elle permet non seulement de disposer d’un dossier médical numérique, mais également d’accéder à des soins de santé à distance avec des médecins agréés. La start-up a été fondée en 2019 par Mansour Ayouni, Fadoua Ouerdiane, Moez Boukhris, Imed Elabed et Houda Rhaiem.
« Nous œuvrons pour proposer un service et des outils utiles au grand public, dont notamment les patients, ainsi qu’aux médecins et autres professionnels de santé. Tobba.tn œuvre pour la proximité du service médical en offrant à tout moment, dans la limite du possible, l’accès à des médecins et professionnels de santé compétents et aptes à vous aider pour une meilleure prise en charge médicale dans un contexte digital », peut-on lire sur la plateforme.
La solution dispose d’une application mobile, uniquement disponible sur Android, d’où tous les services proposés sont accessibles. L’utilisateur pourra ainsi accéder à la téléconsultation médicale, au dossier médical où se trouve son historique de santé (analyses, traitements, courbe de poids, allergies, etc.), à SantéLyna (un espace gratuit d'informations sur la santé), à un vétérinaire, ou encore à un réseau social médical. Ce dernier service est considéré comme une grande révolution par la start-up, car elle permet à une communauté de gens partageant divers soucis de santé et des professionnels du secteur d’interagir.
L’utilisateur peut également enregistrer ses rendez-vous médicaux, recevoir des rappels pour la prise de médicaments, créer plusieurs profils pour les membres de sa famille et suivre son traitement en cas de maladie, ou encore partager le dossier médical avec un médecin ou un professionnel de santé. Néanmoins, il faut s’inscrire en renseignant certaines informations personnelles sur la plateforme. La start-up revendique plus de 10 000 visiteurs.
L’accès à une téléconsultation est facturé à 45 dinars, soit environ 15 $. La solution s’est avérée d’une grande utilité pendant la période de la pandémie du coronavirus où l’accès aux soins était difficile à cause, entre autres, des règles de distanciation sociale. KeepLyna, sponsorisé par Orange, fait partie du Top 45 des start-up retenues pour la première édition des AfricaTech Awards qui aura lieu cette année.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi : Altibbi annonce de nouvelles solutions d'e-santé en Égypte
Après avoir acquis une solide expérience professionnelle auprès de plusieurs institutions de santé en Angleterre et aux États-Unis, il est rentré au Nigeria pour faire avancer la lutte contre le cancer en Afrique. Ses réalisations lui valent de plus en plus de reconnaissances.
Abasi Ene-Obong (photo) est un médecin nigérian titulaire d’un doctorat en biologie du cancer de l’université de Londres. Également détenteur en 2009 d’un master en génétique moléculaire humaine de l’Imperial College de Londres, il est le fondateur de la HealthTech 54Gene. Lancée en 2019, la start-up biotechnologique utilise la découverte à grande échelle, la recherche translationnelle, les diagnostics moléculaires avancés et les problèmes cliniques pour combattre le cancer en Afrique et à travers le monde.
En septembre 2021, Abasi Ene-Obong a levé la somme de 25 millions $ lors d’un tour de table de série B pour la recherche sur de nouveaux médicaments. C’est la troisième opération de levée de fonds réussie depuis 2019. Il a rassemblé ainsi un total de 44,7 millions $.
Trois mois après sa dernière levée de fonds, Abasi Ene-Obong a créé l’African Center for Translational Genomics (ACTG), une banque de données génétiques gérée par le consortium Non-Communicable Diseases-Genetic Heritage Study.
« Bien que l’arc de la recherche précoce par le biais de l’approbation des médicaments puisse être long en biotechnologie, nous avons adopté une approche pour construire l’épine dorsale nécessaire pour des succès à court terme avec des gains à long terme qui offrent de meilleurs soins de santé et des résultats dans le traitement des maladies », a déclaré le tech entrepreneur.
Avant de créer 54Gene, Abasi Ene-Obong a travaillé comme chercheur sur le cancer et a publié un article sur l’immunologie du cancer du pancréas dans le Gastroenterology Journal. De 2014 à 2015, il a été directeur de recherche et consultant pour IMS Health, une entreprise américaine proposant des études, du conseil et du service pour l'industrie des médicaments et les acteurs de la santé.
Entre 2015 et 2016, il est devenu associé principal chez PricewaterhouseCoopers (PwC) aux États-Unis, comme conseiller en industries de la santé. Il est ensuite revenu au Nigeria en 2017 comme consultant principal de l’État. Il a dirigé l’élaboration d’un plan stratégique de développement sanitaire avant de se lancer dans 54Gene.
En septembre 2020, les travaux d’Abasi Ene-Obong lui ont valu plusieurs distinctions, notamment comme l’une des 40 personnes les plus influentes de moins de 40 ans dans le domaine de la santé mondial par le magazine Fortune. En 2019, il avait déjà été désigné par Quartz Afrique comme l’un des 30 entrepreneurs les plus innovants sur le continent. Sous sa direction, 54Gene a reçu le prix de la meilleure solution technologique en matière de santé décerné par AppsAfrica.
Melchior Koba
Lire aussi : Le Kényan John Kamara met une banque de données de santé intelligente au service des patients et médecins
Malgré les politiques mises en place par les gouvernants, l’accès aux soins de santé n’est toujours pas garanti pour les populations africaines. Les entrepreneurs privés y voient des opportunités et proposent des solutions.
UniDoc, entreprise canadienne spécialisée dans la télésanté, a annoncé, mercredi 11 mai, la conclusion d’un accord-cadre de déploiement d'équipements et de services avec Northern Pacific Global Investment Services Limited, une entreprise nigériane axée sur les investissements. Le but de ce partenariat est de fournir des services de télésanté en République fédérale du Nigeria.
Selon Antonio Baldassarre, président-directeur général de la firme, « l'objectif d'UniDoc est de rendre les soins de santé accessibles à tous. Nous sommes ravis de travailler avec notre partenaire pour apporter notre modèle de solutions de soins virtuels au peuple nigérian. Nos kiosques aideront à permettre au réseau de professionnels de la santé de notre partenaire d'atteindre les patients dans des endroits éloignés à travers le pays ».
Le Nigeria, comme beaucoup de pays d’Afrique, dispose d’une densité médicale inférieure aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Alors que l’organisation onusienne recommande 2,3 personnels de santé au moins pour 1 000 habitants, le Nigeria affiche, selon des données de 2018 de la Banque mondiale, 0,4 médecin pour 1 000 habitants. Cet accord apportera donc une alternative intéressante pour les populations d’accéder à des soins grâce aux kiosques Virtual Care Solutions Model (VCSM) d'UniDoc.
Le VCSM est une solution de télésanté personnalisable et complète exclusive qui est actuellement développée par UniDoc. Elle est conçue pour intégrer une gamme de produits physiques, de services web et d'outils analytiques, ainsi que pour donner accès au réseau en développement de prestataires de soins de santé de la société. Cette solution peut desservir jusqu’à 1 million de patients sur les cinq premières années.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi : L’égyptien Hossam Taher fournit aux écoliers un suivi éducatif personnalisé grâce au numérique
Sur 200 millions d’habitants, seulement 7 millions de Nigérians sont inscrits à une assurance maladie, et 98 % d’entre eux l'ont été par leur entreprise. Pour pallier cette situation, une jeune pousse nigériane propose une solution.
NucleusIS est une plateforme numérique mise en place par une start-up nigériane éponyme. Elle permet aux particuliers et aux entreprises de souscrire à des d’assurance maladie à crédit. La start-up a été fondée en 2019 par Kayode Odeyinde.
« NucleusIS continuera à chercher des moyens d'utiliser la technologie et les initiatives financières pour favoriser l'adoption de l'assurance maladie à travers le continent. La plateforme est l'une des nombreuses initiatives que l'entreprise va déployer pour rendre l'assurance maladie vraiment accessible et abordable pour le citoyen moyen », a indiqué Godwin Awuya, responsable de la communication chez NucleusIS.
Via la plateforme, les utilisateurs ont accès à plus de 100 types de plans fournis par une dizaine de compagnies d’assurance maladie. Pour souscrire à un forfait d’assurance, il suffit d’appuyer sur le bouton « get started » pour se lancer dans la procédure. En fonction du statut de l’utilisateur — s’il dispose déjà d’une assurance ou si cette dernière arrive à expiration, selon son État de résidence ou encore s’il le fait pour le compte de son entreprise et/ou pour ses employés —, il aura un formulaire à remplir où il faudra renseigner certaines informations personnelles.
La start-up a mis en place un système de crédit pour permettre à tous les utilisateurs d’accéder aux soins maintenant et de payer plus tard. « NucleusIS continuera à chercher des moyens d'utiliser la technologie et les initiatives financières pour favoriser l'adoption de l'assurance maladie à travers le continent », poursuit Godwin Awuya.
La société revendique plus de 1,5 million de personnes abonnées à ses services. « Nous voulons fournir environ 180 000 points de contact à travers le pays et ajouter plus de 20 millions de personnes au réseau d’assurance chaque année », a affirmé Kayode Odeyinde. Déjà active au Nigeria et au Ghana, la jeune pousse veut s’étendre à d’autres pays d’Afrique d’ici les trois prochaines années.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi : Kenya : M-Tiba, une solution qui aide à payer les soins de santé
L’accès aux soins de santé en Afrique n’est pas une sinécure. Au Kenya, une solution permet à la majorité de la population d’accéder à des soins grâce à des cotisations périodiques.
M-Tiba est une plateforme numérique mise en place au Kenya par la start-up néerlandaise Carepay. Elle permet de mettre de l’argent de côté pour payer les dépenses de santé, en l’occurrence les soins et les médicaments. La start-up, fondée en 2015 par Michiel Slootweg, a réussi plusieurs tours de table d’un montant total de 45,2 millions $ pour soutenir sa croissance.
C’est en fonction des revenus que les utilisateurs peuvent constituer des fonds pour d'éventuelles dépenses de santé. Depuis le compte M-Pesa, un service de mobile money actif dans le pays, les transferts sont gratuits vers M-Tiba. Les cotisations peuvent commencer à partir de 10 shillings, soit 0,086 $.
La solution dispose d’une application mobile sur Android qui permet aux utilisateurs de profiter des nombreux services disponibles. Elle utilise également la technologie USSD, il suffit de composer *253# et de suivre les instructions pour s’inscrire sur la plateforme. La plupart des utilisateurs de téléphones sont habitués à l’exécution de ce type de code. La plateforme revendique plus 4,7 millions d’utilisateurs, 684 000 de demandes traitées et plus 3 128 prestataires de santé. Les sinistres et les paiements sont réglés dans un délai de 48 heures.
Lorsqu’un patient voit un médecin par l’intermédiaire de la plateforme, les données de la visite, des symptômes à la prescription de médicaments, sont collectées de façon anonyme et sont transposées sur une carte. Ces données ont été d’une grande utilité pendant la crise de la Covid-19 pour savoir où les cas positifs étaient concentrés. Outre la covid-19, c’est un excellent moyen d’anticiper les épidémies. Selon Moses Kuria (photo), directeur exécutif de Carepay Kenya, « il est essentiel de pouvoir disposer de ces informations en temps réel et de surveiller les diagnostics et la progression des maladies. Cela permet aux gouvernements de prévoir les épidémies avant qu’elles ne deviennent trop importantes et d’y allouer les ressources nécessaires ».
M-Tiba propose également des avances de fonds. Elle permet d’emprunter sans aucune garantie entre 10 000 shillings et 10 millions de shillings , en fonction du volume du compte M-Pesa de l’utilisateur. Le taux d’intérêt est de 2 % par mois sur un solde dégressif et le remboursement s’effectue grâce à des prélèvements automatiques sur les transactions M-Pesa. La durée du prêt est flexible et peut aller jusqu’à 6 mois. Cette solution révolutionne l’accès aux soins de santé, en l’occurrence pour les populations vivant dans les zones rurales.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi : Égypte : l’application Otida aide les diabétiques dans leur vie quotidienne
Au cours des cinq dernières années, l’innovation technologique s’est accentuée dans plusieurs pays africains. Le nombre de licornes a d’ailleurs augmenté sur le continent. De nouvelles opportunités se multiplient et suscitent un intérêt croissant de divers investisseurs.
Africa Innovation & Healthcare Fund VCC (AHF2), le second fonds d’investissement dédié aux start-up d’Afrique de la société AAIC Investment, est lancé. Soutenu par Asahi Intecc Co., Ltd., Eisai Inc., Ohara Pharmaceuticals ainsi que d'autres sociétés commerciales japonaises de premier plan, il fonctionnera pendant dix ans. Dédié aux HealthTech, le nouveau fonds est encore ouvert aux souscriptions jusqu'à l’atteinte de son objectif de mobiliser 150 millions $.
Selon Hiroki Ishida (photo), directeur d'AAIC Investment et représentant du bureau du Kenya, « le fait que les hôpitaux en Afrique manquent encore d'infrastructures de base souligne l'importance plus grande du rôle de la technologie dans les pays en développement que dans les économies développées ». Il a exprimé son impatience de voir comment la technologie dans la santé contribuera au développement en Afrique au cours des dix prochaines années.
AAIC Investment a lancé son premier fonds axé sur l'Afrique, l'Africa Healthcare Fund (AHF1), en 2017. Le fonds a levé un total de 47 millions de dollars et a investi et soutenu la croissance de 30 start-up. L'une de ces start-up, Chipper Cash, une société de paiements transfrontaliers, est d’ailleurs devenue une licorne en 2021 après une levée de 150 millions $ dans le cadre d’un cycle d’extension de série C qui a porté sa valorisation à 2 milliards $.
L’industrie start-up africaine connaît une forte croissance depuis cinq ans, accentuée par la Covid-19 qui a mis en exergue l’utilité des solutions et services numériques sur le continent. Le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Égypte sont les marchés qui enregistrent actuellement le plus fort intérêt des investisseurs, tant leur écosystème est propice à l’innovation. Selon Partech, ces pays ont capturé près de 74 % de tous les investissements dans les start-up africaines en 2021.
AAIC Investment qui a déjà des bureaux au Nigeria et en Afrique du Sud, ouvert respectivement en décembre 2020 et mars 2022, a prévu d'étendre encore son empreinte opérationnelle avec le lancement d'AHF2 afin de couvrir toutes les régions d'Afrique.
Muriel Edjo
Lire aussi : Dix actions fortes pour que les start-up africaines attirent plus de 90 milliards $ d’ici 2030 (Tony Blair Institute)
L’Afrique est la région qui enregistre la plus grande population jeune. Elle est également celle où le taux de chômage est le plus élevé. Si l’entrepreneuriat innovant peut contribuer à répondre à la question de l’emploi, il est indispensable que les États prennent des mesures favorables conséquentes.
Avec le temps, un plus grand nombre de pays d’Afrique ont rejoint le groupe des 100 meilleurs écosystèmes propices à l’éclosion des start-up dans le monde. En une année, des changements ont été enregistrés sur le continent qui a vu son nombre de représentants passer de onze en 2020 à quatorze en 2021, selon le Global Startup Ecosystem Index 2021 de StartupBlink.
Bien que cette progression puisse être considérée comme minime au regard du faible nombre de pays qui ont rejoint le club des champions, elle reflète cependant l’investissement conséquent engagé par ces diverses nations pour offrir à leur jeunesse un cadre entrepreneurial innovant adéquat.
Plusieurs pays africains ont en effet compris que les start-up représentent un pilier sur lequel le continent peut et pourra s’appuyer pour améliorer l’accès des populations à divers services publics et privés – de base comme l’électricité et l’eau ou avancés comme l’assurance ou encore la finance – et à l’emploi dans un contexte de numérisation accélérée.
L'Afrique centrale n'est toujours pas représentée dans le classement, tandis que l'Afrique de l'Est est passée de 4 à 6 pays dans le top 100 mondial. L'Afrique du Nord a conservé ses trois représentants, mais deux de ces trois nations (la Tunisie et le Maroc) ont perdu du terrain.
En Afrique australe, non seulement l'Afrique du Sud a rejoint le top 50 mondial, mais un deuxième pays (la Namibie) a rejoint le classement. Enfin, l'Afrique de l'Ouest a connu une bonne année, tous les pays classés (Nigeria, Ghana et Cap-Vert) ont amélioré leur classement.
Pour figurer parmi les 100 meilleurs du monde pour 2021, les 14 pays africains ont présenté un écosystème start-up favorable en matière de quantité (nombre de start-up, d'espaces de coworking, d'accélérateurs, de rencontres liées aux start-up, d’organismes de financement, etc.) ; de qualité (nombre d'employés par start-up, présence de licornes, de succursales et de centres de R&D de sociétés technologiques internationales, succursales de sociétés multinationales, événements mondiaux pour les start-up…).
La qualité de l’environnement des affaires (facilité à créer une entreprise, débit Internet, liberté de l'Internet, investissement en R&D, disponibilité de divers services technologiques comme l’e-paiement, etc.) est le troisième critère qu’ont remplir les 14 pays.
Bien que leurs pays ne figurent pas dans le top 100 des meilleurs écosystèmes start-up du monde, plusieurs villes africaines sont toutefois considérées par StartupBlink comme des endroits où l’innovation n’est plus à négliger. Raison pour laquelle elles figurent dans le top 1000 des villes propices à l’éclosion des entreprises innovantes. S’y retrouvent Luanda, Dakar, Douala, Buea et Yaoundé ; Kinshasa, Cotonou, Alger, Ouagadougou, Bamako, Conakry.
Tableau récapitulatif des meilleurs écosystèmes start-up d'Afrique en 2021
Muriel Edjo
Lire aussi : Dix actions fortes pour que les start-up africaines attirent plus de 90 milliards $ d’ici 2030 (Tony Blair Institute)
Son expérience dans la fourniture de soins et son investissement dans la santé lui valent aujourd’hui une crédibilité conséquente pour pousser l’entreprise dont il a la charge vers de nouveaux sommets. Une bonne nouvelle pour les populations africaines au cœur de ses actions.
Le jeune médecin nigérian Femi Kuti (photo) est le président-directeur général de Reliance Health, une start-up d’e-santé. En février dernier, il a été sous le feu des projecteurs grâce à la levée de 40 millions $ pour renforcer l’entreprise qu’il a fondée en 2017 avec Opeyemi Olumekun et Matthew Mayaki.
Il a su susciter la confiance d’investisseurs tels que FTX, Avenir, SVB Capital et Fidelity, lors d’un tour de table de série B dirigé par General Atlantic. Avec l’argent, Femi Kuti a prévu de construire deux cliniques dans deux villes nigérianes, d’embaucher des talents et de développer de nouvelles gammes de produits, en particulier pour les Nigérians de la diaspora.
L’objectif final derrière ce nouvel investissement conséquent, « c’est d’utiliser la technologie pour rendre les soins de santé de qualité accessibles et abordables dans les marchés émergents », explique Femi Kuti. Reliance Health lui offre l’opportunité de mettre son expérience professionnelle dans la santé au service du plus grand nombre.
En effet, l’entrepreneur diplômé en médecine-chirurgie à l’université Obafemi Awolowo du Nigeria en 2009 a renforcé son expertise dès 2009 comme médecin à l'University College Hospital d’Ibadan jusqu’en 2010. De 2010 à 2012, il a travaillé à Londres chez Goldman Sachs, au sein du département de la banque d'investissement chargé des questions relatives au secteur de la santé.
En 2013, il rejoint le corps du service national de la jeunesse où il est chargé des relations avec le régime national d’assurance maladie. En 2015, aux États-Unis, il se lance dans l’entrepreneuriat orienté vers la santé. Il fonde Kangpe Inc, une start-up de santé numérique développant un logiciel qui rend l'accès aux soins plus facile et plus efficace en Afrique.
Melchior Koba
Lire aussi : Le Kényan John Kamara met une banque de données de santé intelligente au service des patients et médecins
Une expérience douloureuse est à l’origine de ce projet qui a l’ambition de réduire les diagnostics erronés en Afrique. Son promoteur qui a reçu la confiance de quelques investisseurs est actuellement lancé dans une phase d’expansion.
Il a navigué dans plusieurs domaines depuis son entrée dans le monde professionnel. Aujourd’hui à la tête d’AfyaRekod, une plateforme numérique de données sur la santé, le Kényan John Kamara (photo), consacre désormais son énergie et ses compétences à garantir une meilleure prise en charge des malades en Afrique.
À travers cette solution qui utilise l’intelligence artificielle et des modules de blockchain, John Kamara permet aux malades de collecter, de stocker de manière sécurisée leurs données sanitaires et de les partager avec les différents médecins qu’ils peuvent consulter au cours de leur vie. Via une application ou un code USSD, les médecins peuvent accéder à des informations vitales et prendre rapidement des décisions éclairées.
L’entrepreneur a fondé AfyaRekod en 2019, après le décès d’un ami à Lagos au Nigeria. « Mon ami était diabétique. Mais ce n’était pas suffisant pour le tuer. Lors d’une crise, il a été transporté d’urgence à l’hôpital et les médecins ont traité exactement ce qu’ils ont vu », explique-t-il. Les médecins ont pris son ami en charge sans aucune idée de ses antécédents médicaux.
En février dernier, John Kamara a reçu la confiance d’investisseurs tels que Next Chymia, une société privée asiatique qui se concentre sur les entreprises basées sur la blockchain, lors d’un tour de table dirigé par la société américaine de capital-risque d'amorçage Mac Venture Capital. Il a obtenu 2 millions $ pour faire évoluer son produit et se développer sur de nouveaux marchés africains.
Passionné par la technologie, John Kamara a une vingtaine d’années d’expérience dans divers secteurs comme le jeu, l’e-commerce, les télécommunications. Sa carrière débutée en 2000 chez le constructeur d’ordinateurs et éditeur de logiciels américain Sun Microsystems, comme directeur du développement des affaires, l’a conduit chez Google comme directeur de la stratégie, puis dans d’autres entreprises de renommée internationale sur plusieurs continents. Il a occupé de 2014 à 2018 le poste de directeur Digital Growth & Development de Global Gaming Afrique. Il est actuellement le directeur de la stratégie au Data Driven Innovation Center à l'Institut africain Nelson Mandela pour la science et la technologie (NM-AIST).
Fondateur en 2020 d’Ada Animation, un studio panafricain d’animation, John Kamara veut contribuer à stimuler la créativité chez les jeunes passionnés par la technologie.
Melchior Koba
En Afrique, la densité médicale est en dessous des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Pour pallier ce problème, les solutions e-santé s’imposent comme l’alternative idoine pour les populations.
Waspito est une plateforme d’e-santé mise en place par une start-up camerounaise qui met en relation les patients avec des médecins pour des consultations vidéo instantanées depuis leurs smartphones. La start-up, fondée en 2020 par Jean Lobé Lobé (photo), a réussi un tour de table d’un montant de 2,7 millions $ pour soutenir sa croissance au Cameroun et s’étendre en Côte d’Ivoire. Elle a pu attirer des investisseurs tels que Launch Africa Ventures, Newtown Partners ou encore Orange Ventures.
Jean Lobé Lobé, président-directeur général et fondateur de la jeune pousse, a dit être « fier du groupe d'investisseurs lors de la levée de fonds et que leur expérience et leur réseau ajouteront de la valeur à l’équipe pendant qu’elle poursuit le voyage pour résoudre le problème d'accessibilité et d'abordabilité des soins de santé en Afrique ». La start-up envisage une expansion dans une dizaine de pays dans les quatre prochaines années.
La plateforme dispose d’une application, disponible sur Play Store et App Store, où les utilisateurs peuvent retrouver, en plus de médecins de diverses spécialités, une base de données de pharmacies et de laboratoires médicaux. L’objectif est de permettre aux patients de se procurer rapidement les médicaments ou d’effectuer les tests sanguins après leur consultation en ligne. Une option qui leur permet de se faire livrer les médicaments à leur domicile est également accessible depuis l’application.
Avant d’accéder aux services de Waspito, il est nécessaire de disposer d’un compte sur la plateforme. Si l’utilisateur veut devenir l’un des médecins de la start-up, un bouton « inscription médecin » est accessible depuis la page d’accueil. Il faut remplir un formulaire et suivre le processus. En 2022, Waspito revendique plus de 15 000 patients servis.
La solution intègre un réseau social de santé géré par des médecins, qui permet d’obtenir des réponses en temps réel aux questions posées par les utilisateurs de façon anonyme. En 2020, Waspito est l’un des sept lauréats du MEA Seed Challenge d’Orange Ventures.
Adoni Conrad Quenum
Lire aussi : Kenya : Wasoko, une solution d'e-commerce B2B déjà présente sur plusieurs marchés africains