Le gouvernement marocain a placé le numérique au cœur du développement socioéconomique du pays. Outre les investissements dans l’infrastructure, l’exécutif veut doter la population des capacités numériques nécessaires pour atteindre ces objectifs.

Une école spécialisée en programmation et en codage devrait bientôt voir le jour dans la région de Fès-Meknès, au Maroc. À cet effet, une convention d’accord a été signée le vendredi 28 février sous la présidence de Amal El Fallah Seghrouchni (photo, au centre), ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration.

« En vertu de cet accord, l’école "YouCode Fès" proposera un programme de formation de deux ans dans les domaines des technologies de l'information et du numérique. Chaque promotion accueillera 80 apprenants, contribuant ainsi au renforcement de l’offre d’emploi dans le secteur du digital au sein de la région et à l’amélioration de l’employabilité des jeunes dans les métiers des nouvelles technologies », a déclaré le ministère dans un communiqué publié sur Facebook.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’ambition du Maroc de « développer un vivier de talents de qualité dans le domaine du numérique » affichée dans la stratégie « Digital Maroc 2030 ». À terme, le pays « veut monter en gamme et développer le hub outsourcing et digital export ». L’exécutif veut porter à 270 000 le nombre d’emplois dans le secteur en 2030, contre seulement 130 000 en 2022. Rabat cible également des revenus de l’exportation numérique à 40 milliards de dinars algériens (296,13 millions $) en 2030, contre 15,8 milliards de dinars en 2022.

Selon la Banque mondiale, près de 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Si le Maroc ne fait pas partie de cette région, cela montre à quel point la formation des citoyens aux compétences numériques est importante pour la transformation numérique des pays africains.

Le calendrier de mise en œuvre de la nouvelle école n'est pas encore connu. Par ailleurs, des programmes similaires peuvent être étendus à d'autres régions du pays afin de toucher un plus grand nombre de personnes. Pour le moment, YouCode est déjà présente à Safi et Youssoufia (région de Marrakech-Safi) ainsi qu'à Nador (région de l'Oriental).

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Les autorités nigériennes comptent sur la transformation numérique pour impulser le son développement socioéconomique du pays. L’exécutif veut notamment renforcer l’infrastructure télécoms nationale.

La construction du centre de données national du Niger en est à 13% de réalisation et devrait achevée d’ici le 30 septembre. Le projet, dont le coût total s’élève à 9 milliards FCFA (environ 14,3 millions USD), a été évoqué cette semaine par le ministre de la Communication, des Postes et de l’Économie numérique, Sidi Mohamed Raliou, lors d’un passage à la télévision nationale consacré au bilan de son activité.

 

S’il n’a pas donné de précisions sur les capacités et caractéristiques techniques de l’infrastructure appelée à stocker et sécuriser les données publiques du pays, on sait toutefois qu’elle est de niveau Tier 3 selon les standards d’Uptime Institute qui mesure la redondance et la disponibilité annuelle des infrastructures numériques. Elle est donc censée intégrer plusieurs voies d’alimentation et de refroidissement, réduisant ainsi l’indisponibilité à 1,6 heure par an.

Une fois finalisé, le datacenter contribuera à renforcer l’infrastructure numérique du Niger, nécessaire à la transformation digitale. Le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES) attribue au pays un score de 0,1578 sur 1 à l’indice de l’infrastructure télécoms qui fait partie de l’indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI). Pour ce dernier indicateur, le Niger affiche un score de 0,2116 sur 1, se positionnant à 187e place mondiale sur 193. C’est en dessous des moyennes en Afrique de l’Ouest (0,3957), en Afrique (0,4247) et dans le monde (0,6382).

Au-delà du centre de données, le pays sahélien doit prendre des mesures pour accélérer la couverture et l’adoption des TIC. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime en effet que les réseaux 3G et 4G y couvrent respectivement 24% et 17,5% de la population, contre 92% pour la 2G. Les données de DataReportal montrent également que le Niger comptait 4,69 millions d’abonnés à Internet au début de l’année 2024, pour un taux de pénétration de 16,9%. Le taux de pénétration de la téléphonie mobile était quant à lui de 59,4%. 

Isaac K. Kassouwi

Editing : Feriol Bewa

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La souveraineté numérique est un axe clé de la stratégie de développement du Burkina Faso. Pour la renforcer, le pays mise sur la production locale d’équipements technologiques afin de réduire sa dépendance aux importations.

Le gouvernement burkinabè a annoncé, le mercredi 26 février, la signature d’un accord-cadre avec la société Horizon Industries, spécialisée dans la fabrication de matériels informatiques. D’une durée de quatre ans, cet accord porte sur la fourniture d'équipements tels que des ordinateurs portables, des ordinateurs de bureau standard et all-in-one, des tablettes et des téléphones portables destinés à l’administration publique.

 

Selon le ministre de l'Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo (photo, à droite), cet accord vise à promouvoir le développement endogène en soutenant les entreprises privées burkinabè. Il concerne exclusivement les ordinateurs assemblés localement et pourrait être révisé en fonction de l’implantation d’autres entreprises spécialisées dans le même domaine.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer l’autonomie technologique du pays tout en soutenant l’industrie locale. Elle fait suite à la décision du Conseil des ministres du 19 février, qui avait déjà officialisé le choix d’Horizon Industries. L’entreprise, installée au Burkina Faso depuis avril 2022, est détenue à hauteur de 35 % par l’État via le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES).

Ce partenariat représente une opportunité stratégique pour le Burkina Faso. Il contribue à la création d’emplois dans le secteur technologique, favorise la montée en compétences des travailleurs burkinabè et participe à l’émergence d’un écosystème numérique national. En développant la production locale d’équipements essentiels, il renforce la souveraineté numérique du pays tout en réduisant sa dépendance aux importations et aux fluctuations du marché international.

Avec cet accord, le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique, en s’appuyant sur une industrie technologique émergente capable d’accompagner le développement du pays et de répondre aux besoins croissants en équipements numériques.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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La transformation numérique est une priorité des autorités tanzaniennes pour stimuler le développement socioéconomique. L'atteinte des objectifs dans ce domaine passe par l'élargissement de l'accès des populations aux services numériques.

Le gouvernement veut soutenir le développement de l’industrie locale d’équipements TIC, comme les téléphones, les ordinateurs et les tablettes. C’est ce qu’a déclaré Nkundwe Mwasaga (photo, au centre), directeur général de la Commission des TIC (ICTC), lors de sa visite la semaine dernière à l'usine Tanztech Electronics Limited à Arusha. Cela pourrait faciliter l’accès des populations à ces appareils nécessaires pour accéder aux services numériques.

Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), l’accès aux smartphones représente l’un des principaux freins à l’adoption de l’Internet mobile dans le monde. L’organisation estime qu’en 2023, 40 millions de Tanzaniens n’étaient pas du tout connectés à l’Internet mobile, alors que la population du pays atteignait 67,4 millions, d’après la Banque mondiale. Les statistiques officielles indiquent que la Tanzanie comptait 47,85 millions d'internautes mobiles fin décembre 2024. Toutefois, ce chiffre représente le nombre de cartes SIM utilisées pour accéder au service, sachant qu’une personne peut en posséder plusieurs.

« La présidente [Samia Suluhu, Ndlr] nous a donné pour mission de rechercher des investisseurs prêts à établir des usines de production d’équipements TIC en Tanzanie, afin que nous puissions collaborer pour faire avancer l’agenda de l’économie numérique », a déclaré M. Mwasaga. Il a ajouté que l’ICTC travaillera avec les investisseurs pour garantir que les produits fabriqués localement soient compétitifs et donc abordables pour la population.

Il convient de rappeler que pour atteindre ces objectifs, le gouvernement doit relever les défis auxquels est confrontée l’industrie locale d’équipements TIC. Gurveer Hans, directeur général de Tanztech Electronics Limited, a mis l’accent sur la nécessité de réduire la pression fiscale tout au long de la chaîne de production et de distribution en Tanzanie. « Nous importons des matières premières de nos partenaires en Chine, mais nous sommes accablés par des taxes élevées, ce qui rend nos produits plus chers pour les consommateurs », a-t-il expliqué.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Avec l'augmentation de la connectivité numérique en Afrique et dans le monde, les compétences en TIC sont de plus en plus demandées. Le Maroc, conscient de l'importance de cette évolution, met en place des initiatives stratégiques pour former ses jeunes aux métiers du numérique.

Samsung Electronics Maghreb Arab, filiale marocaine de l’entreprise coréenne de technologie Samsung, et le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports ont signé le mercredi 26 février un avenant à leur convention de partenariat, marquant une avancée significative dans leur collaboration pour l’éducation numérique au Maroc. L’initiative vise à soutenir davantage le développement éducatif et à préparer les jeunes générations à relever les défis technologiques de demain.

« Samsung s’engage à soutenir l’éducation et l’innovation au Maroc, et nous sommes ravis de renforcer notre partenariat avec le ministère de l’Éducation Nationale. En intégrant l’intelligence artificielle au Samsung Innovation Campus et en lançant le Hackathon National, nous souhaitons offrir aux jeunes Marocains des opportunités d’explorer et de développer leurs compétences dans les domaines technologiques d’avenir », a déclaré Hee Young Hong, président de Samsung Electronics Maghreb Arab.

Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'une collaboration établie l'année dernière, visant à renforcer l'éducation numérique au Maroc à travers le programme Samsung Innovation Campus qui propose une formation aux TIC pour les jeunes qui veulent trouver un emploi dans le monde en constante évolution de la technologie. Le programme a déjà permis de former 780 enseignants et 1273 bénéficiaires ont participé à des sessions de formation en programmation Python, dispensées à l’échelle nationale.

Pour le gouvernement marocain, il s’agit d’un pas de plus dans la réalisation des objectifs de la Stratégie Maroc Digital 2030, lancée en septembre dernier. Cette stratégie ambitionne de former 100 000 jeunes par an dans les métiers du numérique, avec pour objectif de créer 240 000 emplois dans le secteur numérique d’ici 2030, répondant ainsi aux besoins croissants de compétences.

Selon le nouveau rapport de la Brookings Institution, intitulé « Foresight Africa 2025-2030 », à l'horizon 2030, 230 millions d'emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne. Le document anticipe jusqu’à 650 millions d’opportunités de formation aux compétences numériques, représentant un marché potentiel de 130 milliards de dollars. Cette dynamique souligne l'importance des initiatives comme celle de Samsung, qui vise à doter les jeunes Marocains des capacités nécessaires pour devenir les leaders et innovateurs de demain.

Cet avenant dans la collaboration entre Samsung et le ministère de l'Éducation représente une opportunité prometteuse pour l'éducation numérique au Maroc. En renforçant les compétences des enseignants et en fournissant aux étudiants les outils nécessaires pour exceller, cette initiative pourrait contribuer au développement des communautés locales et à l'économie numérique mondiale.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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En Afrique, des fonctionnaires fictifs exploitent encore des systèmes de gestion obsolètes pour percevoir indûment des salaires. Pour remédier à ce fléau, les pays adoptent la biométrie, une solution efficace pour sécuriser la gestion des effectifs et renforcer la transparence administrative.

Le gouvernement camerounais mettra en place un système biométrique visant à contrôler la présence effective des agents publics à leur poste de travail. Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph LE (photo), a annoncé cette initiative lors d'un point de presse diffusé le mardi 25 février sur la télévision publique nationale. Ce projet ambitionne, entre autres, à lutter contre l'absentéisme et à éradiquer les fonctionnaires fantômes.

« En permettant une identification unique et infalsifiable de chaque agent, ce dispositif garantira une gestion plus rigoureuse des effectifs. Il renforcera également la transparence au sein de l’administration et contribuera à combattre avec vigueur l’absentéisme, largement critiqué ces derniers mois par les plus hautes autorités de notre pays », a déclaré Joseph LE.

Cette initiative s'inscrit dans le cadre des efforts de transformation numérique du Cameroun, en cohérence avec les objectifs de la Stratégie nationale de Développement à l’horizon 2030, connue sous le nom de SND-30. Le système fait partie du programme « Aigle », lancé en janvier, qui vise à moderniser l'administration publique par l'utilisation des nouvelles technologies. L'objectif est d'optimiser la gestion des services publics et de renforcer l'efficacité des politiques publiques.

Le système biométrique fonctionnera par identification physique des agents, grâce à des dispositifs tels que des lecteurs d'empreintes digitales ou de reconnaissance faciale. À leur arrivée au travail, les agents devront s'identifier en utilisant ces technologies, ce qui permettra de vérifier leur présence en temps réel. Cette méthode d'identification unique et infalsifiable garantit non seulement l'authenticité des agents, mais également une gestion plus rigoureuse des effectifs.

Bien que la date d'implémentation n'ait pas encore été précisée, le ministre a indiqué que le projet débutera par une phase pilote dans trois administrations : le ministère de la Fonction publique, le ministère des Finances, ainsi que le Contrôle supérieur de l’État. Cette phase sera suivie d'une généralisation progressive, accompagnée d'une formation spécifique pour les gestionnaires, afin de faciliter l'appropriation et l'optimisation de cet outil stratégique.

L'introduction de la biométrie au sein de la fonction publique devrait permettre de réduire les fraudes administratives, d'éliminer les fonctionnaires fictifs et d'optimiser l'utilisation des ressources de l'État. Cependant, sa mise en œuvre devra surmonter des défis techniques et éthiques, notamment en matière de protection des données personnelles et d'acceptabilité sociale. L'objectif est d'assainir la fonction publique et d'éliminer les fonctionnaires fantômes, qui coûtent des dizaines de milliards de francs CFA aux États africains chaque année.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le ministre malien de la Communication, de l'Économie numérique et de la Modernisation de l’administration, Alhamdou Ag Ilyène, a rencontré le mardi 18 février Jana Kunicova, directrice sectorielle du numérique pour l'Afrique de l'Ouest et centrale à la Banque mondiale. Les échanges ont porté sur la numérisation de l'administration, le développement des infrastructures et les enjeux de cybersécurité et d'intelligence artificielle. À l’issue de la rencontre, la Banque Mondiale a réaffirmé son engagement à accompagner le Mali dans sa transition numérique.

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Le gouvernement nigérien fait d’énormes efforts pour offrir des solutions innovantes aux citoyens, afin de faciliter leur quotidien. Ces initiatives visent à moderniser les services publics et à promouvoir l'accès aux technologies numériques, contribuant ainsi au développement économique et social du pays.

La Caisse Autonome des Retraités du Niger (CARENI) a inauguré, le lundi 24 février à Niamey, la plateforme numérique « CARENI COLLECTE », conçue pour optimiser l'enregistrement des pensions. Cette initiative vise à simplifier et sécuriser l'accès aux prestations pour plus de 35 000 retraités nigériens, qui perçoivent un montant mensuel global dépassant 3 milliards de francs CFA (environ 5 millions de dollars).

« L’application CARENI COLLECTE que nous lançons aujourd’hui ne se limite pas à une simple digitalisation, elle marque une transformation profonde de notre mode de gestion, articulée autour de cinq axes majeurs, dont la carte biométrique intégrant une empreinte digitale et toutes les informations nécessaires, en remplacement du livre physique », a déclaré Ali Ousseini Hadiza (photo, au centre), directrice générale de la CARENI.

Complémentaire à l’application, cette carte permettra d’identifier les fonctionnaires et de faciliter l’accès aux services de couverture médicale, réduisant ainsi la nécessité de se déplacer systématiquement à la CARENI pour chaque prise en charge. Elle contribuera également à mettre un terme aux files d’attente interminables et aux déplacements répétés des retraités.

Ce projet s’inscrit dans un cadre plus large de transformation numérique au Niger, où les institutions publiques accélèrent leur transition vers des solutions numériques. À l’instar d’autres pays, le Niger ambitionne de se positionner favorablement en Afrique et dans le monde en matière de gouvernance électronique. Selon le dernier rapport des Nations unies, le pays se classe 187e sur 193, avec un indice de 0,21157 sur 1. Ces chiffres soulignent l’urgence d’accroître les efforts pour moderniser l’administration.

La mise en œuvre de CARENI COLLECTE devrait considérablement améliorer l’accès aux pensions et aux services de couverture médicale, rehaussant ainsi la qualité de vie des retraités. Toutefois, des défis subsistent, notamment la sensibilisation et la formation des usagers aux outils numériques, ainsi que les contraintes de connectivité dans les zones rurales. Un accompagnement soutenu des retraités et une amélioration continue de la plateforme seront essentiels pour assurer le plein succès de cette initiative.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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L’exécutif djiboutien veut accélérer la transformation numérique du pays. C’est dans cette optique qu’il explore au cours des derniers mois des opportunités de partenariats, notamment avec l’Inde, le Qatar, l’Union européenne, l’UIT...

Le ministère délégué chargé de l'Economie numérique et de l'Innovation de Djibouti a engagé un programme de renforcement des compétences numériques des cadres du gouvernement. Le département a annoncé le dimanche 23 février le lancement d’une formation dans le domaine de l'infrastructure Cloud, en partenariat avec la Digital Coopération Organization (DCO), Oracle University et l’Institut national d’administration publique (INAP).

Les formations portent sur des domaines clés tels que le cloud, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et la gestion des données, apprend-on. Ces formations sont mises à disposition des participants, issus de divers départements ministériels, sur la plateforme MyLearn d’Oracle University. Selon le ministère, ce programme est « une initiative clé pour renforcer les compétences des cadres de l'administration, afin de mieux maitriser les outils technologiques de pointe, pour améliorer nos services publics et accélérer l’innovation numérique ».

À travers cette initiative, le gouvernement djiboutien veut équiper les cadres des compétences nécessaires pour soutenir la transformation numérique du pays. La Banque mondiale estime que près de 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030. En attendant, les Nations unies donnent un score de 0,2800 sur 1 à Djibouti selon l’indice des infrastructures télécoms, qui fait lui-même partie de l’indice de développement de l’e-gouvernement. Pour cet indicateur, le pays a un score de 0,2911 sur 1, en dessous des moyennes africaine (0,4247) et mondiale (0,6382).

Rappelons que le gouvernement djiboutien a lancé dès 2022 le projet « Djibouti Fondement Numérique », avec le soutien financier de la Banque mondiale. L’exécutif ambitionne de doter le pays d’une économie numérique forte et inclusive d’ici 2035 en exploitant la puissance des technologies d’innovation. La stratégie déployée est établie autour d’un projet de développement du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de l’économie numérique pour contribuer à la croissance économique par sa valeur ajoutée.

Il convient de préciser qu’au-delà du renforcement des capacités des cadres, l’ensemble de la population a besoin de compétences numériques, qui constituent selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) l’une des principales barrières à l’adoption de l’Internet et, par ricochet, des services numériques. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime à 65% le taux de pénétration de l’Internet à Djibouti, contre 74,4% pour la téléphonie mobile.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le gouvernement malien ambitionne de numériser l’ensemble des services publics dans les années à venir. Les premières retombées de ces efforts sont déjà visibles à travers diverses actions mises en place pour améliorer l’accès et l’efficacité des services administratifs.

Le Mali a lancé, le mardi 18 février , une plateforme numérique dédiée à sa diaspora afin de faciliter l’accès aux documents administratifs, d’identité et de voyage. Déployée dans les missions diplomatiques et consulaires à l’étranger, cette solution innovante et sécurisée vise également à renforcer la confiance des utilisateurs grâce à des protocoles de sécurité avancés et à la protection des données personnelles.

« Le lancement de cette solution et son opérationnalisation dans quinze jours témoignent de notre volonté de disposer d’une administration plus performante et réactive aux besoins des citoyens. Cette plateforme numérique marque une avancée significative en matière de modernisation et de protection des données administratives, tout en simplifiant l’accès aux documents essentiels pour nos compatriotes résidant à l’étranger », a déclaré Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

Entièrement conçue et développée par des experts maliens, cette innovation devrait permettre de renforcer la souveraineté numérique du pays. En plus de faciliter les démarches des Maliens de la diaspora, elle bénéficiera également aux étrangers souhaitant se rendre au Mali, en numérisant le processus de demande de visa. À terme, la plateforme sera compatible avec le « Visa Liptako », un système de visa confédéral mis en place par l’Alliance des États du Sahel (AES), favorisant ainsi la mobilité régionale.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de numérisation de l’État malien, visant à améliorer l’efficacité des services publics. Bien que le pays ait gagné 13 places dans le classement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI), se positionnant 141e sur 193 pays, il reste encore des défis à relever pour améliorer davantage l’accessibilité et l’efficacité de ses services numériques.

La mise en œuvre réussie de la plateforme numérique devrait également permettre de réduire les délais et les obstacles bureaucratiques, optimisant ainsi la gestion des ressources publiques et réduisant les coûts administratifs. Une coordination étroite entre les ministères concernés sera essentielle pour garantir l’efficacité et la durabilité de ce projet.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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