En pleine transformation numérique, l’Afrique veut bien se positionner pour tirer profit des opportunités offertes par l’IA. Le Maroc, le Kenya et le Nigeria ont récemment participé à la création d’une initiative en faveur d’une IA d’intérêt général.
Smart Africa, une alliance regroupant 40 pays africains en charge de l’agenda numérique du continent, a annoncé le mercredi 12 février que le Conseil africain de l’intelligence artificielle (IA) sera officiellement lancé en avril 2025. Ce sera au Sommet mondial de l’IA sur l’Afrique, prévu les 3 et 4 avril à Kigali, au Rwanda. Les membres du Conseil seront nommés à cette occasion, bien que leur nombre n’ait pas encore été précisé.
#PressStatement:
— Smart Africa Org (@RealSmartAfrica) February 12, 2025
Smart Africa moves to establish the African AI Council to Enhance AI Governance in Africa.
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Smart Africa S'engage à Établir le Conseil Africain de l'IA pour Améliorer la Gouvernance de l'IA en Afrique pic.twitter.com/HdYmQDqfXD
Le Conseil sera composé de décideurs politiques, de chefs d'entreprise et d'acteurs clés de l'écosystème de l'IA, chargés de stimuler la transformation numérique, d'encourager l'innovation et d'élaborer des politiques visant à accélérer l'économie numérique de l'Afrique.
Selon Smart Africa, le Conseil africain de l'IA travaillera pour favoriser la collaboration, l'échange de connaissances et l'innovation afin de positionner l'Afrique comme un acteur stratégique dans le paysage mondial de l'IA. Il veillera également à ce que les technologies de l'IA soient exploitées de manière à bénéficier à tous les segments de la société et à favoriser une croissance inclusive.
Rappelons que le Conseil a été annoncé lors de la réunion de haut niveau sur l'intelligence artificielle pour l'Afrique, qui s'est tenue à Rabat, au Maroc, le 4 février 2025. En attendant le lancement officiel, les différentes parties se sont rencontrées en marge du Sommet de l’action sur l’IA à Paris, du 10 au 11 février. Des sessions consultatives sont également prévues en marge du Congrès mondial de la téléphonie mobile à Barcelone, du 3 au 6 mars.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les pays africains cherchent à tirer parti de l’IA, une technologie qui pourrait ajouter 2900 milliards de dollars à l’économie du continent d’ici 2030, soit une hausse de 3 % du PIB annuel, selon l’association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA). L’organisation estime que l’IA peut contribuer aux Objectifs de développement durable en proposant des approches innovantes pour un développement plus inclusif et durable, notamment dans les domaines où les besoins sont les plus pressants.
Toutefois, la GSMA souligne que plusieurs défis doivent être surmontés pour que l’Afrique tire pleinement parti des opportunités offertes par l’IA. Parmi eux figurent la faible adoption d’Internet mobile, la persistance de la fracture numérique, l’insuffisance des compétences numériques, l’absence d’un cadre réglementaire adapté, des capacités de recherche limitées, des infrastructures énergétiques défaillantes, ainsi que des risques éthiques et sécuritaires. S’ajoute à cela le manque de solutions d’IA conçues pour répondre aux défis spécifiques du continent.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La recrudescence des attaques en ligne en Afrique, alimentée par l'expansion rapide de la numérisation et l'augmentation des services numériques, met à mal la sécurité des citoyens et des entreprises. Face à ces menaces croissantes, des mesures urgentes s'imposent pour protéger l'espace cybernétique.
Le ministère de la Sécurité, à travers la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), a lancé le mardi 11 février la plateforme « Alerte-BCLCC ». Cette plateforme, accessible à l’adresse alerte.bclcc.gov.bf, et téléchargeable sur les smartphones et tablettes via Play Store (Android) et AppGallery (Huawei) permet désormais à chaque citoyen de signaler en toute sécurité et confidentialité tout acte de cybercriminalité. Ce nouvel outil numérique permet aussi de signaler des contenus faisant l’apologie du terrorisme en ligne, depuis n'importe quel point du territoire national.
« Avec cet outil, nos forces spécialisées devraient intervenir plus rapidement, mieux analyser les tendances et renforcer les actions pour lutter efficacement contre ces nouvelles formes de cybercriminalité », a déclaré le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, appelant les Burkinabè à s’approprier la plateforme.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement de renforcer la sécurité de l’espace cybernétique national. Elle intervient dans un contexte de transformation numérique accéléré, marqué par l’adoption rapide des services de communication électronique et une recrudescence des cyberattaques. Selon les autorités nationales, entre 2020 et 2023, plus de 3 milliards de francs CFA (environ 5 millions $) ont été extorqués aux Burkinabè par des cybercriminels, soulignant ainsi l’urgence d'une réponse renforcée face à cette menace croissante. Face à ces défis, le Burkina Faso a validé en novembre dernier une Stratégie Nationale 2025-2029 de lutte contre la cybercriminalité, visant à moderniser les outils de réponse aux menaces numériques.
La plateforme garantit la confidentialité des données des utilisateurs, offrant la possibilité de signaler des incidents de manière anonyme et sécurisée. En quelques clics, il est désormais possible de transmettre des informations essentielles à la BCLCC, permettant ainsi des interventions rapides et ciblées. Ce dispositif innovant incarne la détermination du Burkina Faso à protéger ses citoyens dans l’espace numérique et à s'adapter aux nouvelles réalités sécuritaires.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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À travers l'Afrique, l'identification numérique est un enjeu clé du développement socio-économique. Face aux défis liés à l'inclusion financière et à la gestion des services publics, de nombreux pays mènent des réformes pour doter leurs citoyens d'identités numériques sécurisées et interopérables.
Le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique de la République démocratique du Congo (RDC), Augustin Kibassa Maliba (photo), a rencontré le lundi 10 février à Singapour le PDG de Trident Digital Tech Holdings Ltd, Soon Huat Lim, une entreprise singapourienne spécialisée dans la transformation numérique. Cette rencontre visait à discuter des modalités de mise en œuvre du système national d’identification numérique, une étape décisive avant la signature imminente de l'accord de collaboration qui marquera l'entrée en phase opérationnelle de ce projet d'envergure.
« Nous sommes conscients du fait que l’identification numérique ou électronique est l’une des bases sur lesquelles s’assoit l'e-gouvernement. J’ai bien suivi le CEO qui a précisé qu’une commission sera mise en place pour travailler, car les opérations numériques relèvent du ministère. Cependant, en ce qui concerne l’identité, il est important d’inclure d’autres structures avec lesquelles nous allons pouvoir collaborer afin d’assurer véritablement la vision commune du gouvernement pour le développement du secteur numérique », a déclaré Augustin Kibassa Maliba.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre du Plan National du Numérique « Horizon 2025 », qui reflète la vision du Chef de l’État de positionner la RDC comme un acteur clé du numérique en Afrique. L'objectif est de faire du numérique un levier d'intégration, de bonne gouvernance, de croissance économique et de progrès social. Cette rencontre fait suite à la signature, en décembre dernier, d'un accord préliminaire entre la RDC et Trident Digital Tech Holdings Ltd, jetant les bases d'une collaboration pour développer et mettre en œuvre une plateforme de gestion des identités numériques et des données des citoyens congolais.
Une fois mis en place, ce système permettra à la RDC de rejoindre d'autres pays africains qui ont déjà mis en œuvre ou sont en cours de développement de leurs systèmes d'identification numérique, tels que le Nigeria avec son National Identity Management System (NIMS), le Ghana et son National Identification Authority (NIA), ainsi que le Rwanda avec son système d’e-ID. L’importance de ces systèmes réside dans leur capacité à améliorer l’efficacité des services publics, à renforcer la sécurité des données, à faciliter l’accès aux services financiers et à promouvoir l’inclusion numérique et économique des populations.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités nigérianes misent sur le numérique pour améliorer la qualité des services publics. Dans cette optique, le gouvernement explore des partenariats internationaux afin d’atteindre ses objectifs.
Le gouvernement nigérian veut collaborer avec l’Ukraine en ce qui concerne la numérisation des services publics. La question était au cœur des discussions lors d’une rencontre la semaine dernière entre Kashifu Inuwa Abdullahi (photo, au centre), directeur général de l’Agence nationale de développement des technologies de l’information (NITDA), et Ivan Kholostenko, ambassadeur d'Ukraine au Nigeria.
« Les discussions ont porté sur l’échange de connaissances et l’exploration de solutions numériques avancées en s’appuyant sur la technologie pour optimiser les services publics, renforcer la transparence et améliorer l’efficacité de la gouvernance », a déclaré la NITDA dans un communiqué sur les réseaux sociaux.
The Director General of NITDA, @KashifuInuwa received the Ukrainian Ambassador to Nigeria, Ivan Kholostenko, on a courtesy visit at the Corporate Headquarters in Abuja.
— NITDA Nigeria (@NITDANigeria) February 7, 2025
The discussions centred on exchanging knowledge and exploring advanced digital solutions by leveraging… pic.twitter.com/zY9ZdY5Crw
Cette initiative s'inscrit dans la stratégie de transformation numérique du gouvernement nigérian, qui vise à digitaliser 75 % des services d'ici 2027. À ce jour, la plateforme One Gov (Services - 1gov.ng) offre un accès à 271 services publics numériques, selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA). Parallèlement, le portail Data.gov.ng met à disposition du public des ensembles de données non sensibles issus des agences gouvernementales, renforçant ainsi la transparence et l'inclusion. Le gouvernement déploie également un système de gestion électronique des documents (EDMS), destiné à numériser l’ensemble des documents administratifs.
Pour le moment, le Nigeria se classe à la 144ᵉ place mondiale sur 193 selon l’indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies avec un score de 0,4815 sur 1. Le pays est au-dessus des moyennes de la sous-région Afrique de l’Ouest et d’Afrique, mais en dessous de la moyenne mondiale. Pour le sous-indice des services en ligne, le Nigeria a un score de 0,5372 sur 1.
L’Ukraine, de son côté, occupe la 30ᵉ place mondiale en matière de développement de l’e-gouvernement, avec un score de 0,8841, supérieur aux moyennes mondiale, de l’Europe de l’Est (0,8127) et de l’ensemble du continent européen (0,8493). Le pays s’appuie notamment sur l’application Diia, présentée par la délégation ukrainienne à la NITDA. Cette plateforme numérique centralise les services gouvernementaux, les bases de données et les registres d’État au sein d’un écosystème unifié.
Si l’Ukraine dispose de l’expertise nécessaire pour accompagner le Nigeria, le partenariat entre les deux pays en est encore au stade des discussions, sans qu’aucun accord n’ait été signé ou annoncé. Par ailleurs, l’adoption des services numériques au Nigeria pourrait être freinée par un accès limité des populations à Internet, entre autres. Selon la GSMA, 120 millions de Nigérians ne disposent toujours pas d’un accès à l’Internet mobile.
Isaac K. Kassouwi
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Avec la généralisation de l’Internet et du numérique, le gouvernement algérien veut assurer la protection des citoyens sur le cyberspace national. Cela inclut les enfants qui sont de plus en plus connectés.
Sid Ali Zerrouki (photo, à gauche), ministre algérien de la Poste et des Télécommunications, a lancé, le samedi 8 février, une campagne nationale de sensibilisation visant à protéger les enfants des dangers liés à une mauvaise utilisation d’Internet. Cette initiative couvre notamment les risques associés aux jeux en ligne, à la navigation sur le web et aux réseaux sociaux. Elle se poursuivra jusqu’au 14 février.
« Cette initiative citoyenne vise à sensibiliser les enfants, les parents et les éducateurs aux bonnes pratiques contribuant à assurer une navigation sécurisée sur Internet. Elle a également pour objectif de les informer sur les moyens et méthodes permettant de détecter et d’éviter les dangers cachés du cyberespace, tout en leur fournissant des conseils, des recommandations et des pratiques exemplaires pour l’utilisation des différents outils numériques », a déclaré le ministère de la Poste et des Télécommunications dans un communiqué.
Selon M. Zerrouki, le programme répond à la montée en puissance des risques numériques, qui exigent une approche préventive et proactive pour assurer la protection des citoyens, en particulier des groupes vulnérables comme les enfants. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) estime, par exemple, que plus d'un tiers des jeunes dans 30 pays à travers le monde ont été victimes de cyberintimidation, et qu'un sur cinq a déjà manqué l'école pour cette raison. L’organisation alerte également sur d’autres dangers, tels que les discours haineux, les contenus violents, le marketing ciblé, l’addiction aux écrans, ainsi que l’exploitation et les abus sexuels en ligne.
L’initiative devrait donc permettre de mettre en place un cadre idéal permettant aux enfants de profiter des avantages d’être connectés. « Grandir en ligne offre des possibilités illimitées. Grâce aux ordinateurs, aux smartphones, aux consoles de jeux et aux télévisions, les enfants apprennent, imaginent et développent leurs réseaux sociaux. Utilisé à bon escient et accessible à tous, l'internet a le potentiel d'élargir les horizons et de stimuler la créativité dans le monde entier », explique l’UNICEF.
Pour rappel, le nombre d’abonnements Internet en Algérie est passé de 39,8 millions au 2e trimestre 2019 à 54,9 millions au 2e trimestre 2024, selon les statistiques officielles. Le nombre d’enfants ayant accès à Internet n’a pas été précisé par le régulateur télécoms. Toutefois, 35,2 % des 45,95 millions d’habitants recensés par la plateforme de données DataReportal au début de l’année 2024 avaient entre 0 et 17 ans. L’UNICEF indique par ailleurs qu’un enfant se connecte pour la première fois à Internet toutes les demi-secondes dans le monde.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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De nombreux pays africains placent la transformation numérique au cœur de leur stratégie de développement socioéconomique. Pour réaliser leurs ambitions, ils misent sur des partenariats à l’échelle régionale et internationale.
Le Togo et la Côte d’Ivoire veulent renforcer leur coopération dans le domaine de la transformation numérique. La question était au cœur des discussions le jeudi 6 février lors d’une rencontre entre Cina Lawson, ministre togolaise de la Transition numérique et de la Digitalisation, et Kalil Konaté, son homologue ivoirien, qui était en visite de travail à Lomé.
Les discussions ont notamment porté sur la régulation des communications électroniques, l’innovation numérique, l’amélioration des infrastructures digitales, la cybersécurité, la résilience numérique et la protection des infrastructures numériques critiques.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’ambition du Togo et de la Côte d’Ivoire en matière de transformation numérique. Par exemple, la « Stratégie Togo Digital » vise à faire du Togo un hub digital de référence, tout en améliorant la qualité de vie des citoyens grâce au numérique. De son côté, le gouvernement ivoirien s’est fixé comme objectif de soutenir la croissance de l’économie nationale à travers une transformation digitale, garantissant la fourniture de services publics numériques pour faciliter la vie des populations.
Pour rappel, une étude conjointe de la Société financière internationale (SFI) et de Google prédit que l’économie numérique en Afrique vaudra au moins 712 milliards de dollars en 2050, soit 8,5 % du produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique. Pour la Côte d’Ivoire spécifiquement, la Banque mondiale estime que l’économie numérique rapportera plus de 20 milliards de dollars d’ici 2050, si le gouvernement et le secteur privé renforcent leurs investissements dans les cinq piliers fondamentaux de l’économie numérique.
Pour le moment, le Togo affiche un score de 0,3920 sur 1 selon l’indice de développement de l’e-gouvernement 2024 des Nations unies, en dessous des moyennes d’Afrique de l’Ouest (0,3957), d’Afrique (0,4247) et du monde (0,6382). La Côte d’Ivoire pointe à la 124e place mondiale avec un score de 0,5587, au-dessus des moyennes sous-régionales et africaines, mais en dessous de la moyenne mondiale. En matière de cybersécurité, l’Union internationale des télécommunications (UIT) a classé le Togo et la Côte d’Ivoire respectivement dans les catégories (Tier) 2 et 3 sur 5 dans son « Global Security Index 2024 ».
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La numérisation des services publics est en cours dans plusieurs pays africains. Au Mali, les autorités ont lancé en janvier une plateforme numérique pour faciliter l’accès aux services judiciaires. En février, elles prennent une nouvelle initiative toujours dans cette optique.
Les autorités maliennes ont décidé de créer une Agence nationale de sécurisation des actes d’état civil afin de faciliter leur numérisation et renforcer leur fiabilité. Les projets de textes relatifs à cette initiative ont été adoptés lors du Conseil des ministres du mercredi 5 février. Ils seront soumis à l’approbation de l’Assemblée nationale avant d’être éventuellement promulgués et mis en œuvre.
Selon le communiqué officiel, la nouvelle agence aura pour mission de renforcer la protection des documents d’état civil en mettant en place des solutions électroniques pour leur conception, production, identification et authentification. Elle appuiera également le Centre de traitement des données de l’état civil, confronté à certains défis, dont le manque de coordination entre les acteurs et une faible sécurisation des actes.
L’initiative s’inscrit dans la stratégie des dirigeants maliens visant à faire du numérique un levier de modernisation et de croissance économique. Dans cette optique, plusieurs projets sont prévus pour 2025, notamment l’extension du réseau intranet de l’administration à 15 nouvelles régions, le développement et le déploiement d’applications-métiers, et le lancement d’une plateforme numérique d’alphabétisation.
En janvier, les autorités ont aussi lancé une plateforme numérique pour faciliter l’accès aux services judiciaires. La réussite de nouveau projet dépendra toutefois de leur capacité à mobiliser les ressources nécessaires et à surmonter les défis d’infrastructure numérique et de formation des agents administratifs.
Isaac K. Kassouwi
Edité par : Feriol Bewa
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Les autorités béninoises ont fait du numérique un des piliers du développement socioéconomique du pays. L’exécutif s’est récemment lancé à la recherche d’un expert pour renforcer l’environnement de développement des services publics numériques.
Le gouvernement béninois veut utiliser la technologie spatiale de Starlink pour améliorer l’accès à Internet dans les zones mal couvertes et renforcer l’inclusion numérique. La question est l’un des trois axes de coopération discutés le mercredi 5 février lors d’une rencontre entre Romuald Wadagni (photo, au centre), ministre d'État chargé de l'Économie et des Finances, et des représentants de la société américaine SpaceX d’Elon Musk, qui exploite le fournisseur d’accès Internet par satellite Starlink.
Les discussions entre les deux parties ont également porté sur le développement de solutions numériques innovantes pour l’e-éducation et l’e-santé, véritables moteurs de transformation sociale, ainsi que pour le renforcement de la connectivité pour une surveillance plus efficace des frontières. « L’inclusion numérique est un levier clé pour relever les défis de demain. Ce partenariat illustre notre engagement à moderniser le pays et à réduire la fracture numérique pour un développement plus inclusif et durable », a déclaré M. Wadagni.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la vision du gouvernement de faire « du Bénin la plateforme numérique de l’Afrique de l’Ouest » et de la transformation numérique un levier d’action important pour accélérer la croissance économique. Toutefois, l’adoption des services télécoms, en particulier de l’Internet, reste limitée.
Selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP), le Bénin comptait 8,5 millions d’abonnés uniques à la téléphonie mobile pour un taux de pénétration de 67%. L’ARCEP estime que le nombre d’utilisateurs Internet uniques à la fin de 2023 était de 7,0 millions, ce qui représente 55,4 % de la population totale. L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie estime à 3,8 millions le nombre de Béninois qui accédaient à Internet régulièrement via leurs téléphones portables à fin 2023, soit 28% de la population totale.
Combler cette fracture numérique regorge plusieurs avantages pour la population. « L’adoption des technologies numériques permet d’ouvrir de nouvelles voies de développement, que ce soit en augmentant la valeur ajoutée des ressources agricoles existantes, en facilitant l’accès aux chaînes de valeur mondiales, en améliorant l’éducation et les soins de santé, en réduisant les coûts de transaction ou en favorisant l’efficacité, la transparence et la gouvernance des services gouvernementaux en faveur des citoyens et des entreprises », a déclaré la GSMA dans son rapport « La transformation numérique de l’économie du Bénin ».
Cependant, il est important de souligner que les discussions entre le gouvernement béninois et Starlink en matière d’inclusion numérique en sont encore à leurs prémices, bien que la société ait démarré ses activités commerciales dans le pays à la fin de l’année 2023. Aucun accord n’a encore été signé ou annoncé entre les deux parties. Par ailleurs, il demeure incertain de quelle manière les populations des zones mal desservies bénéficieront concrètement de ce partenariat.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L'éducation dans de nombreux pays fait face à des défis majeurs, tels que l'accès limité, les inégalités territoriales, et les crises sociales ou sécuritaires. Pour relever ces défis, des solutions innovantes, comme l'enseignement à distance, sont cruciales afin d'assurer une éducation inclusive.
Le ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé le mercredi 5 février la signature d'un arrêté historique encadrant l'enseignement à distance pour les niveaux primaire, secondaire et technique. Cette initiative s'inscrit dans la volonté de moderniser le système éducatif congolais, en le rendant plus inclusif et accessible à tous, conformément à la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Dans un communiqué officiel, le ministère a précisé : « grâce à un modèle multimodal, combinant plateformes numériques, radio, télévision et supports embarqués, cet arrêté permet à tous les élèves, y compris ceux vivant dans des zones à faible connectivité, de poursuivre leur apprentissage. C’est un pas décisif vers l’équité éducative et la réduction des inégalités territoriales ». Cette approche a pour objectif de garantir la continuité pédagogique, même dans des contextes difficiles, marqués par des défis sécuritaires ou des infrastructures limitées.
Cette décision intervient dans un contexte où l'Est du pays fait face à d'importants défis sécuritaires, notamment des conflits armés qui entravent l'accès à l'éducation pour de nombreux enfants. Par ailleurs, selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), environ 7 millions d'enfants n'ont pas repris le chemin de l'école pour la rentrée 2023-2024, une situation due à des facteurs tels que la pauvreté, le manque d'infrastructures, le travail des enfants et, dans certaines régions, l’instabilité sécuritaire.
L'adoption de l'enseignement à distance se présente ainsi comme une réponse stratégique pour garantir la poursuite des apprentissages malgré ces obstacles. De plus, cette approche permettra de préparer la jeunesse congolaise aux défis du XXIᵉ siècle, en développant des compétences essentielles telles que l'autonomie dans l'apprentissage et la maîtrise des technologies numériques. L'UNESCO souligne que les stratégies d'apprentissage à distance renforcent la résilience du secteur de l'éducation, offrant des opportunités pour combler le fossé entre les populations rurales et urbaines.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les premiers pas de l’e-gouvernement au Maroc remonte en 2013 à travers le Plan Maroc Numérique. Le processus évolue en 2020 avec la Stratégie Maroc Digitale. D’ici 2030, l’Etat entend bien accélérer tout le processus. Objectif : une administration plus efficace.
Selon des informations relayées par la presse locale, le Maroc prévoit de lancer le 14 février 2025 son portail numérique des services publics, dénommé « e-services ». L’annonce est attribuée à Amal El Fallah Seghrouchni, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, qui s’exprimait le mardi 4 février devant la Commission de contrôle des finances publiques à la Chambre des représentants.
Le portail en ligne centralise selon elle déjà environ 600 services publics, dont plus de 300 destinés aux citoyens, environ 200 aux entreprises, et près d’une centaine aux administrations publiques. Le but est d’améliorer l'accès aux services administratifs en simplifiant les procédures et en réduisant les délais de traitement.
Ceci s'inscrit dans le cadre de la stratégie de transition numérique « Digital Maroc 2030 » dévoilée en septembre 2024. Selon les Nations unies, le royaume chérifien affiche un score de 0,5618 sur 1 à l’indice de développement des services en ligne, l’une des composantes de l’indice de développement de l’administration en ligne (EGDI). Il occupe la 100e place mondiale, la 11e africaine, et vise à l’horizon 2030 le Top 50 mondial.
Le lancement du portail facilitera les interactions entre la population et l'administration, l'accès aux services essentiels, contribuant ainsi à une meilleure gouvernance numérique. Les délais de traitement des requêtes devraient être réduit de 50% selon le document de stratégie « Maroc Digital 2030 ».
Adoni Conrad Quenum
Edité par : Feriol Bewa
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