La transformation numérique, promue par les Nations unies depuis 3 décennies, met l'accent sur la modernisation des services publics comme un levier essentiel de développement. Bien que l'Afrique ait longtemps affiché un retard par rapport au reste du monde, les écarts se réduisent progressivement.
Le Gabon, l’Afrique du Sud, la Tunisie, l’île Maurice, et le Ghana demeurent des leaders dans la mise en œuvre de l’administration électronique dans leurs régions respectives. C’est ce qui ressort du rapport intitulé « E-Government Survey 2024 : Accelerating Digital Transformation for Sustainable Development », publié par le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (UN DESA). Ces pays occupaient déjà cette position en 2022.
L'Afrique du Sud conserve la première position en Afrique australe ainsi que sur le continent, avec un indice de développement très élevé. Même constat pour l’île Maurice, qui reste le leader en Afrique de l'Est. En Afrique du Nord, la Tunisie maintient sa position de leader, tout en gagnant une place dans le classement continental après avoir été quatrième en 2022. Le Ghana, pour sa part, conserve la première place en Afrique de l'Ouest, se positionnant au septième rang sur le continent. En Afrique centrale, le Gabon reste en tête, bien qu'il ait chuté au quinzième rang continental après avoir occupé la 11e place en 2022.
Selon l'ONU, ces cinq pays se distinguent par un indice de développement supérieur à la moyenne africaine (0,4247 sur 1,0000), en matière d’infrastructures de télécommunications, de capital humain et de services en ligne, se rapprochant ainsi de la moyenne mondiale, qui est de 0,6382.
Ces leaders régionaux en matière d'administration électronique en Afrique montrent l’exemple à suivre pour d'autres nations du continent. Leur progression démontre que l’investissement dans les infrastructures numériques, le développement du capital humain et l’amélioration des services en ligne sont essentiels pour favoriser une gouvernance plus efficace et inclusive. Cette dynamique, si elle est étendue à l’ensemble du continent, pourrait accélérer la transformation numérique de l’Afrique, sa croissance économique et son développement durable.
Samira Njoya
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Le programme e-TAMKEEN a été mis en œuvre entre 2018 et 2023. Il a permis de former environ 6800 participants pour un coût total de 3,5 millions d’euros.
L’Agence de développement du digital du Maroc (ADD) a annoncé la semaine dernière le lancement du parcours e-learning « e-TAMKEEN » sur la plateforme nationale d’apprentissage numérique Academia Raqmya. L’initiative permettra à davantage de fonctionnaires, de professionnels et d’apprenants de bénéficier de ce programme de renforcement des capacités digitales qui a été mis en œuvre entre 2018 et 2023.
Le programme comporte plusieurs modules de formation tels que la communication digitale, l’innovation publique, l’intelligence collective et la résolution des problèmes publics, la cybersécurité et la protection des données, ainsi que la transformation numérique.
e-TAMKEEN est le fruit d’une collaboration entre le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et l’Agence belge de développement (Enabel) pour la formation des fonctionnaires aux niveaux central et local. Entre 2019 et 2023, le programme a compté plus de 6800 participations à ces activités de formations autour de 23 thématiques en lien avec le digital. Sa mise en œuvre a nécessité 3,5 millions d’euros.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale de transformation numérique « Maroc Digital 2030 ». Ladite stratégie met un accent particulier sur le renforcement de la formation professionnelle dans le domaine des TIC afin de garantir une main-d’œuvre qualifiée et adaptable. Cela favorisera une gestion plus efficace et efficiente du service public dans un contexte de transformation numérique accélérée.
Isaac K. Kassouwi
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Dans le cadre de son plan de développement de l'économie numérique, le Ghana a fait de la numérisation des services administratifs une priorité. Cette opération de grande envergure touche l'ensemble des services publics.
Le ministère des Travaux publics et du Logement a procédé, le jeudi 12 septembre, au lancement d’une nouvelle plateforme numérique dédiée au département de contrôle des loyers. Ce portail en ligne accessible à l’adresse https://rentcontrol.mwh.gov.gh/ vise à rendre les services liés à la location plus accessibles et transparents pour tous les citoyens ghanéens.
« Nous entrons dans l'histoire aujourd'hui, non seulement en adoptant les outils numériques, mais aussi en modifiant radicalement la façon dont les Ghanéens vivent les services. Pendant trop longtemps, les citoyens ont dû subir les inconvénients des longs trajets, des files d'attente et des processus bureaucratiques fastidieux pour accéder aux services les plus élémentaires », a déclaré le vice-ministre des Travaux publics et du Logement, Prince Hamid Armah (photo).
L'initiative marque l'achèvement de la première phase du projet de transformation numérique du ministère. L'idée de moderniser les opérations du département est née des observations faites par le vice-président du Ghana, Mahamudu Bawumia, lors de ses visites de 2020. Ces visites ont mis en évidence la nécessité de réformer ce département. A ce stade, 15 bureaux répartis sur 11 régions ont été numérisés, permettant un accès simplifié et à distance aux services, particulièrement pour les habitants des grandes agglomérations. L’objectif est d’étendre cette numérisation à l’ensemble des 16 régions du pays.
Cette décision du ministère devrait renforcer l'efficacité de la prestation de services, lutter contre la corruption, améliorer la transparence et accroître l'accès à des logements locatifs abordables, adéquats et sûrs dans le pays. Le nouveau système permettra également aux Ghanéens de promouvoir leurs biens immobiliers en ligne, tout en facilitant les mises en relation entre propriétaires et locataires potentiels.
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La numérisation des services est l’une des priorités de la politique nationale du gouvernement tunisien. En 2022, l’exécutif avait déjà dématérialisé l’acte de naissance.
Le gouvernement tunisien recherche une entreprise pour la mise en place de la plateforme de visa électronique (e-visa). La semaine dernière, le ministère des Technologies de la communication a lancé un appel d’offres international à cet effet. Les soumissions sont ouvertes jusqu’au 15 octobre.
La plateforme d’e-visa devra être développée en l’espace de douze mois. Pour financer le projet, le gouvernement tunisien utilisera une partie d’un prêt que lui a octroyé par la Banque africaine de développement (BAD) dans le cadre du projet d'appui à la mise en œuvre du plan national stratégique « Tunisie Digitale 2020 » (PNS TD2020).
Cette initiative s’inscrit dans les objectifs du plan stratégique « Tunisie numérique 2025 », dont la numérisation des services administratifs constitue un axe majeur. Il est également prévu la mise en place de l'annuaire national des adresses, la mise en œuvre de l'e-justice, la création du cloud privé du ministère de l'Intérieur, la mise en place d'infrastructures pour l’e-gouvernement, le développement d’un système interne de gestion des ressources humaines de la fonction publique, ainsi que la création d’une plateforme de renseignement sur les menaces cybernétiques.
Le gouvernement tunisien estime que la mise en place de l’e-visa facilitera l'obtention de visas et écourtera les délais de délivrance de ce document. L’exécutif pense également que cette initiative contribuera à dynamiser la coopération économique et à favoriser l'ouverture de nouveaux marchés touristiques.
Selon les statistiques officielles, la Tunisie a accueilli 9,37 millions de touristes en 2023, soit une hausse de 45,5 % par rapport à 2022. Dans son « Bulletin de conjoncture économique » publié au printemps 2024, la Banque mondiale indique que les recettes touristiques ont augmenté de 28,1 % en 2023, atteignant 6,9 milliards de dinars tunisiens (2,27 milliards $). Cela représente 4,4 % du PIB, contre 3,8 % en 2022.
Isaac K. Kassouwi
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En juin dernier, les autorités gabonaises ont approuvé un prêt de 56,2 millions d’euros pour investir dans le numérique. Depuis lors, le gouvernement lance divers projets et scelle des partenariats stratégiques pour accélérer la transformation numérique.
Bonjean Rodrigue Mbanza, ministre gabonais de l’Economie numérique et des Nouvelles technologies de l’information, a accueilli le vendredi 13 septembre à Libreville des représentants de Swiss Authentis, une firme technologique suisse. L’objectif est d’évaluer les options qu’offre cette entreprise pour faciliter la numérisation des services publics gabonais.
« J'ai demandé à mes collaborateurs d'examiner attentivement les différentes solutions proposées afin de déterminer leur adéquation avec nos besoins. Le Gabon demeure résolument ouvert à toutes les propositions technologiques innovantes et s'engage pleinement dans sa stratégie pour devenir un hub technologique en Afrique centrale », a indiqué le ministre.
Cette initiative intervient quelques mois après l’adoption par le Conseil des ministres d’un projet de loi autorisant le Gabon à contracter un emprunt de 56,2 millions d’euros auprès de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), une entité de la Banque mondiale. Elle s’inscrit dans le cadre du projet Digital Gabon qui vise la modernisation par la dématérialisation des procédures de l’administration publique.
Par ailleurs, il faut signaler que le Gabon fait partie des meilleurs élèves en Afrique centrale en matière des technologies de l’information et de la communication. Selon l’Union internationale des télécommunications, le pays affiche un indice de développement des TIC de 74,7 sur 100 en 2024 et pointe au 10e rang continental. Le classement est dominé par la Libye (88,1), le Maroc (86,8) et les Seychelles (84,7).
Adoni Conrad Quenum
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Dans le cadre de la mise en œuvre de la numérisation de ses services publics, les autorités congolaises se sont tournées vers la Banque mondiale d’une part et un cabinet spécialisé d’autre part.
Le vendredi 13 septembre s’est déroulé à Brazzaville une réunion de travail entre les parties prenantes de la numérisation des services publics congolais. L’objectif est de définir une feuille de route et d’identifier les services prioritaires à numériser.
En plus de l’équipe du cabinet ADDINN, l’entreprise chargée de la réalisation de la plateforme, les ministères sectoriels et les administrations de tutelle ont également participé à cette réunion stratégique. Pour Francis Seck Mangouani, coordonnateur national du projet d’accélération de la transformation numérique (PATN), la version bêta de l’interface du portail devrait être disponible dans les quatre prochains mois.
« Il s'agit d'un atelier relatif à la mise en œuvre du portail des services publics du gouvernement. Au cours de cet atelier, nous avons vu comment prioriser certains services qui pourront être mis en ligne […] Nous avons aussi planché sur cette question et avons pu ressortir les six secteurs prioritaires retenus par le Plan national de développement 2022-2026, qui vont faire partie d'un traitement », a déclaré Guy Parfait Sosthène Itoumou, chef de service des études et de la prospective à l’Agence de développement de l’économie numérique.
Cette initiative intervient quelques mois après la mission d’appui à la mise en œuvre du PATN de la Banque mondiale. L’institution finance le projet à hauteur de 100 millions $ et il s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Congo Digital 2025 ». L’un de ses objectifs est de moderniser les usages et les pratiques des services publics et, à travers sa vision stratégique, l’e-gouvernement et l’e-citoyen s’imposent comme des piliers essentiels.
La mise en place d’un portail national de services publics facilitera l’accès aux démarches administratives pour les populations, en particulier celles vivant dans les zones reculées ; le suivi en temps réel de la procédure ; ce qui améliore entre autres la transparence et la confiance dans les services publics. Pour l’administration, elle permet, entre autres, de réduire les coûts liés à la gestion des documents et l’accueil physique des populations.
Adoni Conrad Quenum
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Le gouvernement kényan prévoit de mettre le numérique au cœur du développement socioéconomique du pays. Des investissements dans les infrastructures, entre autres, sont nécessaires pour concrétiser cette ambition.
L’Autorité des TIC du Kenya (ICTA) a exprimé un besoin de 304,37 milliards de shillings kényans (2,35 milliards $) pour la mise en œuvre de son plan stratégique 2024-2027. La feuille de route a été officiellement lancée le vendredi 13 septembre. Elle prévoit des programmes et initiatives pour soutenir la transformation numérique du pays.
The ICT Authority today launched its Strategic Plan 2024-2027 at Movenpick Hotel, Nairobi. The Chief guest, Cabinet Secretary Ministry of Information, Communication and the Digital Economy (MICDE) Dr. Margaret Ndung’u PHD, said@KamanguyaS@MoICTKenya@tanuijohn pic.twitter.com/c2RvV9WVMl
— ICT Authority (@ICTAuthorityKE) September 13, 2024
Le plan prévoit que 235 milliards de shillings seront investis en cinq ans pour garantir un accès universel, sécurisé et fiable à Internet. Une enveloppe de 9,5 milliards de shillings est prévue pour élargir l’accès aux produits numériques. 32,5 milliards de shillings seront consacrés à la culture numérique durable. 23,8 milliards seront alloués à la mise en place d’un environnement numérique optimisé et homogène. Enfin, 3,7 milliards seront investis pour renforcer la capacité organisationnelle et améliorer l’efficacité opérationnelle.
« Ce plan jette les bases de projets de transformation tels que des programmes nationaux d’alphabétisation numérique, l’extension de l’infrastructure à large bande sécurisée et la mise en œuvre de services d’administration en ligne, rendant les services publics accessibles à tous les citoyens », a déclaré Margaret Ndung'u, ministre de l’Information, de la Communication et de l’Economie numérique.
Les initiatives annoncées s’inscrivent dans le cadre plus vaste du Plan directeur de numérisation du Kenya. Ce plan prévoit des investissements de l’ordre de 484,241 milliards de shillings pour la période 2022-2032 afin de soutenir l’ambition du gouvernement de mettre la technologie numérique au service du développement socioéconomique du pays.
Pour rappel, le Kenya a rejoint la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) plus tôt ce mois. Le pays a également obtenu 238 millions $ de la Korea Eximbank pour investir dans la ville intelligente de Konza Technopolis. En avril 2023, le pays s’est assuré un financement de 390 millions $ de la Banque mondiale pour soutenir le projet d’accélération de l’économie numérique. Le Kenya a également sollicité le soutien de pays comme la Chine, l’Indonésie, l’Inde et la Malaisie.
Isaac K. Kassouwi
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La numérisation de l’administration suit son cours au Congo. Les autorités confirment le projet se rapportant à la numérisation des documents de deux ministères et des services qui y sont rattachés.
Séraphin Ondélé, directeur de cabinet du ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, a rencontré le mercredi 11 septembre Jean Luc Magré, manager Afrique de la société « FamilySearch ». L’objectif est de discuter de la mise en œuvre du projet de numérisation des archives d’état civil.
Le projet concerne les ministères de l’Intérieur et de la Culture. Il faudra numériser les documents, toutes les pièces d’état civil produites au sein des mairies et autres administrations déconcentrées et décentralisées, les archives à caractère culturel, etc.
« Avec le ministère de l’Intérieur, le projet porte sur la numérisation des archives d’état civil. Des documents qui vont aider les chercheurs à mener à bien leurs recherches et aux familles de connaitre leurs ancêtres, mais aussi de comprendre leurs cultures respectives. La réunion de ce jour nous a permis de mieux comprendre les termes du projet, mais aussi de définir le cadre de travail dans lequel nous allons évoluer », a indiqué Jean Luc Magré.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de développement de l’économie numérique « Congo Digital 2025 ». L’objectif est de faire du numérique un levier majeur pour la compétitivité des entreprises, l'attractivité du Congo en matière d'investissements directs étrangers et la diversification de l'économie. Selon l’Indice de développement de l’administration en ligne des Nations unies, le pays a affiché en 2022 un score de 0,3675, se plaçant au 161e rang sur 193 pays.
Adoni Conrad Quenum
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Internet à haut débit, services e-gouvernement, stockage et sécurisation des données sont autant de domaines dans lesquels le gouvernement togolais investit. Il s’entoure à cet effet de divers partenaires internationaux à l’expertise avérée.
Les autorités togolaises ont signé le mercredi 4 septembre à Pékin, en Chine, un protocole d’accord avec la firme technologique chinoise Huawei. Le but est de renforcer les infrastructures numériques du pays. Dans le cadre de la transformation numérique engagée par le pays depuis quelques années, le besoin en réseau Internet de qualité, en centre de données, en systèmes de cybersécurité, en services publics en ligne reste inassouvi complètement.
Ce partenariat intervient en marge de la 9e édition du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC). Les autorités togolaises ont rencontré plusieurs entreprises chinoises dans le but de sceller des contrats stratégiques pour soutenir, entre autres, leur transformation numérique.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Togo Digital 2025 ». Le document, publié en juin 2022, se structure autour de 9 programmes avec pour principal objectif d’accélérer l’inclusion sociale et le développement économique par le numérique. La création d’un écosystème d’innovation et de talents digitaux, l’accès au très haut débit et à l’équipement pour tous ou encore la digitalisation des secteurs phares de l’économie sont autant de programmes inclus dans ledit document.
Outre Huawei, le Togo s’est déjà allié à d’autres entreprises technologiques telles que les français Atos et Idemia pour la construction du système national d’identification électronique. Plus tôt dans l’année, le pays s’est tourné vers le Kazakhstan pour bénéficier des ressources et des compétences de la National Information Technologies pour ses projets digitaux et la numérisation de l'administration et des services destinés aux citoyens.
Adoni Conrad Quenum
Dans le but de soutenir la transformation numérique, les autorités ont mis en place la stratégie « Congo Digital 2025 ». Elle comprend plusieurs programmes et projets soutenus par divers partenaires techniques et financiers.
Léon Juste Ibombo, ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, s'engage à dynamiser le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) au Congo. Le mercredi 11 septembre, il a présenté plusieurs initiatives lors d'une cérémonie de don de matériel informatique à l'université Marien Ngouabi de Brazzaville.
« Il y a quelques mois, nous avons initié la connectivité des deux grandes universités de notre pays, à savoir l'université Marien Ngouabi et l'université Denis Sassou Nguesso. Les travaux sont actuellement en cours et la livraison est normalement prévue d'ici la fin de cette année », a indiqué Léon Juste Ibombo.
En plus du projet de connectivité des universités Marien Ngouabi et Denis Sassou Nguesso, il a mentionné la formation de 1200 jeunes aux compétences numériques grâce à un financement de 1 million $ de la Banque mondiale, ainsi que l'installation d'un réseau Wi-Fi gratuit à haut débit sur le campus de l'université Marien Ngouabi.
Ces initiatives s'inscrivent dans le cadre du Projet d'accélération de la transformation numérique (PATN), qui fait partie de la stratégie nationale de transformation numérique « Congo Digital 2025 ». Soutenu par la Banque mondiale à hauteur de 100 millions $, ce projet, lancé en janvier 2023, vise à fournir un accès Internet à haut débit aux administrations publiques, aux universités, aux établissements du secondaire et aux régions rurales.
L’amélioration de la connectivité des institutions académiques contribuera, entre autres, à moderniser les infrastructures du pays et facilitera l'accès aux services en ligne et à l'e-learning. En ce qui concerne la formation des jeunes aux compétences numériques, elle prépare la future main-d'œuvre aux besoins du marché de l'emploi, renforçant ainsi la compétitivité du Congo dans le secteur des TIC.
Adoni Conrad Quenum
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Le gouvernement kényan recherche des partenaires internationaux pour accélérer la transformation numérique du pays. En juin dernier, l’exécutif s’était déjà rapproché de la Malaisie à cet effet.
Le Kenya et la Belgique explorent des opportunités de coopération dans le domaine du numérique. Margaret Ndung’u (photo, à droite), ministre de l’Information, des Communications et de l’Economie numérique du Kenya, et Peter Maddens (photo, à gauche), ambassadeur de Belgique au Kenya, ont discuté à propos le mercredi 11 septembre.
The Cabinet Secretary, Ministry of Information, Communications and the Digital Economy, Dr. Margaret Ndung’u has this morning met the Belgium Ambassador to Kenya H.E. Peter Maddens who paid her a courtesy call at the Ministry’s Headquarters.
— Ministry of Info, Comms & The Digital Economy KE (@MoICTKenya) September 11, 2024
Les axes de la potentielle collaboration n’ont pas été précisés. Toutefois, le ministère a déclaré que les deux parties ont discuté de la connectivité du dernier kilomètre, entre autres projets numériques.
Les discussions interviennent dans un contexte où le gouvernement kényan recherche des partenariats internationaux pour soutenir la transformation numérique du pays. En juin dernier, l’exécutif a engagé des discussions avec la Malaisie sur des questions comme la cybersécurité, la production de semi-conducteurs. En janvier, le gouvernement indien a approuvé un protocole d’accord signé avec le pays d’Afrique de l’Est un mois plus tôt sur le numérique.
Le soutien des partenaires internationaux devrait faciliter la réalisation du programme d’accélération de l’économie numérique du Kenya. A son accession au pouvoir en septembre 2022, le président William Ruto a affiché son ambition de mettre la technologie numérique au service du développement socio-économique d’ici 2027. A cet effet, il a prévu divers investissements, notamment le déploiement de 100 000 km de fibre optique, l’installation de 25 000 points d’accès Wi-Fi et la numérisation de 5 000 services administratifs.
Isaac K. Kassouwi
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En septembre 2023, les autorités burkinabè ont lancé une plateforme pour le retrait du casier judiciaire en ligne. Elle était initialement accessible à Ouagadougou, avec un déploiement prévu dans toutes les régions du pays.
Le ministre de la Justice et des Droits humains, Edasso Rodrigue Bayala (photo, au centre), a annoncé le vendredi 6 septembre à Ouagadougou l'extension de l'e-casier judiciaire sur l’ensemble du territoire national. L’objectif de l'initiative est de simplifier l’obtention de ce document administratif pour les populations.
Cette mesure fait suite au lancement de l'e-casier judiciaire le 15 septembre 2023 dans les tribunaux de grande instance de Ouaga I et II. Le succès de cette phase pilote a conduit à l’élargissement du projet à l’ensemble des régions du pays. A ce sujet, Edasso Rodrigue Bayala a précisé : « les demandes globales en ligne s'élèvent à environ 105 000 depuis le lancement de la plateforme. Cela montre un réel engouement, car ce système réduit les coûts, rend la justice plus accessible et diminue la corruption dans le secteur judiciaire ».
La promotion de l'administration électronique fait partie des axes prioritaires du document de la Stratégie nationale de modernisation de l'administration publique (SNMAP) 2021-2025. A travers son troisième objectif stratégique, les autorités visent à rendre les services publics accessibles aux usagers grâce aux technologies de l’information et de la communication.
Selon l’E-Government Development Index des Nations unies, qui mesure la fourniture de services en ligne, la connectivité des télécommunications et les capacités humaines, le Burkina Faso s’est classé 166e sur 193 pays en 2022, avec un score de 0,3476.
Adoni Conrad Quenum
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Le gouvernement égyptien veut accélérer les investissements dans le secteur technologique dans le cadre de sa transformation numérique. Le 2 septembre, l’exécutif a invité les entreprises indonésiennes à investir notamment les centres de données et la numérisation.
L’Agence égyptienne de développement de l’industrie des technologies de l’information (ITIDA) a signé un protocole d’accord avec la société publique chinoise Tsinghua Unigroup le vendredi 6 septembre. La collaboration portera notamment sur la création d’un fonds de 300 millions $ pour faciliter les investissements chinois dans le secteur technologique égyptien.
Selon les termes du mémorandum d’entente, Tsinghua Unigroup et ses filiales financeront le capital du fonds d’investissement technologique en fournissant 60 à 70 %. Les domaines spécifiques du fonds n’ont pas été précisés, toutefois le protocole d’accord prévoit également la construction d’un centre de données, la création d’un centre de recherche et développement pour la conception de puces électroniques et de systèmes, ainsi que le développement d’un modèle de langue arabe basé sur l’intelligence artificielle.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement égyptien d’attirer les investissements étrangers dans le secteur technologique. En décembre 2023, le pays a signé un mémorandum d’entente avec les Emirats arabes unis pour construire des centres de données d’une capacité totale pouvant atteindre 1000 mégawatts. Telecom Egypt a également conclu un accord avec 4iG Group pour un investissement de 600 millions $ dans la fibre optique. Le 2 septembre, lors du 2e Forum Indonésie - Afrique, le gouvernement égyptien a invité les entreprises indonésiennes à investir notamment les centres de données et la numérisation en Egypte.
Ces différents investissements devraient permettre de soutenir la réalisation de la stratégie nationale de transformation numérique dénommée « Digital Egypt 2030 ». Le gouvernement cherche à développer le secteur des TIC et moderniser l’infrastructure télécoms nationale afin de faire du numérique le moteur du développement socioéconomique du pays.
Isaac K. Kassouwi
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Selon la Banque mondiale, le Nigeria aura besoin de 28 millions de personnes qualifiées en compétences numériques d’ici 2030 dans divers secteurs de son économie. Pour répondre à cette demande, les autorités ont lancé plusieurs programmes de formation.
L’Agence nationale de développement des technologies de l'information (NITDA) a inauguré la première phase du programme « Alphabétisation numérique pour tous » (DL4ALL). L’annonce a été faite le samedi 7 septembre via un post sur les réseaux sociaux. Cette phase, intitulée « Alphabétisation numérique pour le secteur informel », est mise en œuvre en collaboration avec le Corps national de service de la jeunesse (NYSC). Son objectif est de doter les citoyens, des 774 zones de gouvernement local, de compétences numériques de base nécessaires pour prospérer dans l'économie numérique.
In alignment with President @officialABAT's priority area of accelerating diversification through industrialisation, digitisation, creative arts, manufacturing, & innovation, @NITDANigeria, in collaboration with @officialnyscng, has kickstarted Digital Literacy for All (DL4ALL) pic.twitter.com/okHokmc9AU
— NITDA Nigeria (@NITDANigeria) September 7, 2024
Le programme « Alphabétisation numérique pour tous » vise à atteindre un taux d'alphabétisation numérique de 70 % d'ici 2027. Elle s’inscrit dans le cadre du « Strategic Roadmap and Action Plan 2024-2027 » (SRAP 2.0) de la NITDA, qui a pour but de favoriser la transformation numérique et d'autonomiser les Nigérians grâce à l'innovation numérique.
Le lancement de cette première phase intervient dans un contexte marqué par un besoin croissant en compétences numériques sur le continent. Dans son rapport « Demand for Digital Skills in Sub-Saharan Africa » publié en 2021, la Banque mondiale estime que la population active du Nigeria aura besoin d'environ 28 millions de travailleurs formés aux compétences numériques dans divers secteurs de l'économie d'ici 2030.
Par ailleurs, il est à noter que cette première phase concerne douze Etats, à savoir le Territoire de la capitale fédérale et les Etats de Kebbi, Jigawa, Yobe, Gombe, Kwara, Ekiti, Osun, Cross River, Bayelsa, Abia et Ebony.
Adoni Conrad Quenum
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