La République démocratique du Congo possède d'importantes ressources minières, mais cette richesse est souvent exploitée de manière illégale. Le gouvernement accuse des acteurs, y compris Apple, d'être impliqués dans l'utilisation de minerais provenant de sources illicites.
La République démocratique du Congo (RDC) a récemment accusé Apple d'utiliser des minerais provenant de mines exploitées illégalement dans le pays pour fabriquer ses produits. Les avocats mandatés par le gouvernement congolais pour rédiger une mise en demeure, avant le déclenchement d'une procédure judiciaire, ont affirmé que des minerais, tels que l'étain et le tantale, sont extraits de manière illégale en RDC, puis exportés de manière clandestine vers le Rwanda, d'où ils entrent dans les chaînes d'approvisionnement mondiales d'Apple.
«La RDC entend moraliser le secteur de l'extraction des minerais rares, surtout quand ils sont extraits au prix de la commission des crimes les plus graves et parfois au bénéfice de ceux qui les commettent [...] La responsabilité d’Apple, et au-delà des grands fabricants de high-tech, quand ils utilisent des minerais du sang, est restée depuis longtemps une boîte noire », déclarent les avocats.
Cette accusation a été formalisée dans une mise en demeure adressée à Apple, qui demande à l'entreprise de répondre à une série de questions sur l'utilisation des minerais 3T (étain, tungstène, tantale) dans ses produits, notamment les iPhones et les ordinateurs Mac. Les avocats affirment que l'utilisation de minerais provenant de sources illégales contribue à perpétuer les conflits et les violations des droits humains en RDC.
Contacté, le groupe Apple a envoyé l'AFP consulter son rapport annuel de 2023. Dans ce rapport, Apple indique qu'il n'a « aucune base raisonnable » pour conclure que sa chaîne d'approvisionnement a « directement ou indirectement financé ou profité à des groupes armés en RDC ou dans un pays limitrophe ».
Cette accusation intervient dans un contexte où l'exploitation minière illégale et les conflits armés causent d'énormes dommages dans l'est de la RDC. Le gouvernement de Kinshasa accuse également le Rwanda de soutenir la rébellion du M23, active depuis plus de deux ans dans la province du Nord-Kivu, dans le but présumé de s'approprier les ressources minières de la région.
Samira Njoya
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Comme de nombreux pays africains, le Burkina Faso accélère sa transformation numérique et cela affecte divers secteurs d’activité. Dans le secteur de l’éducation, le pays des hommes intègres a décidé de s’allier à des entités universitaires dont la russe Synergy University.
Adjima Thiombiano, ministre burkinabè de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a reçu le lundi 8 avril à Ouagadougou une délégation de la Synergy University de Moscou (Russie). Emmenée par Denis Bondgreuskiy, l’entité universitaire russe compte partager son expérience en sciences numériques avec le Burkina Faso.
« De nos jours, Synergy est une université développée en matière d’éducation sur le système des sciences numériques et nous aimerions partager cette expérience avec le Burkina Faso en matière de nouvelles technologies et des sciences », a indiqué Denis Bondgreuskiy. Les deux officiels ont ainsi abordé diverses questions dont celles relatives aux systèmes éducatifs des deux pays et l’importance des sciences numériques dans le domaine de l’éducation.
Cette visite s’inscrit dans le cadre du protocole d’accord signé en juin dernier entre le Burkina Faso et la Russie dans divers secteurs dont celui de de l’enseignement supérieur. Le président de la Synergy University, Vadim Lobov, a été reçu en audience en décembre 2023 par le Premier ministre burkinabè, Apollinaire Joachimson Kyélèm de Tambèla, dans le but de discuter de la collaboration entre l’université russe et le pays des hommes intègres.
Pour rappel, le Burkina Faso dispose, selon le rapport intitulé « Measuring digital development : The ICT Development Index 2023 » publié par l’Union internationale des télécommunications en décembre 2023, d’un indice de développement des technologies de l'information et de la communication établi à 28,5 sur 100 et occupe la 40e place sur le plan continental. C’est mieux que Madagascar (26,4) mais moins bien que la RD Congo (29,1) dans un classement dominé par le Maroc (85,1).
Adoni Conrad Quenum
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Dans le but d’améliorer la gestion des services fiscaux, l’administration fiscale a investi dans une nouvelle solution numérique. Le portail fiscal E-tax fera place au nouveau système qui se présente sous la forme d’un logiciel intégré.
La direction générale des impôts du Gabon a inauguré le lundi 8 avril à Libreville la plateforme « Digitax Gabon », visant à simplifier la collecte des recettes fiscales des entreprises. Cette initiative a notamment pour objectif d’optimiser la gestion fiscale et d’améliorer les relations entre les contribuables et les services fiscaux. A cette cérémonie de lancement étaient présents Mays Mouissi, ministre de l’Economie et des Participations, Charles M’Ba, ministre des Comptes publics, ainsi que Laurence Ndong, ministre de la Communication.
« Cette initiative, portée par la direction générale des impôts (DGI), vise à révolutionner la gestion fiscale au Gabon grâce à la digitalisation des processus administratifs. Digitax Gabon représente un virage majeur dans la modernisation de l’administration fiscale gabonaise. Cette plateforme innovante permettra la gestion intégrée de l’ensemble des processus fiscaux, incluant la gestion de l’assiette fiscale, le recouvrement, le contrôle fiscal, le traitement des contentieux, ainsi que le paiement des impôts par téléprocédure », a expliqué l’administration fiscale.
Ce remplacement de la plateforme de collecte fiscale s'inscrit dans le cadre de la modernisation de l'administration publique, lancée par les autorités gabonaises en 2021, lors du déploiement d'un plan visant à transformer son économie. Le pays a depuis entrepris diverses initiatives pour rester à la pointe de la révolution technologique en cours sur le continent. En janvier dernier, le Gabon a obtenu un prêt de 68,5 millions de dollars de la Banque mondiale pour accélérer sa transformation numérique à travers le projet « Gabon numérique ».
Pour rappel, alors que le ministère de l’Economie a fixé un objectif de 419,5 milliards FCFA (environ 686,3 millions $) sur la période de septembre 2023 à février 2024 aux services fiscaux, les recettes fiscales se sont établies à environ 560 milliards FCFA.
Adoni Conrad Quenum
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Avec une population de plus de 220 millions d'habitants, le Nigeria est le pays le plus peuplé du continent africain. Il est donc crucial pour le gouvernement de mettre en place un système efficace permettant d'identifier clairement les citoyens et les résidents nigérians.
IDEMIA Smart Identity, une division de la société française spécialisée dans les technologies d'identité IDEMIA, a annoncé le mardi 9 avril, le renouvellement de son partenariat avec la Commission nationale de gestion de l'identité du Nigeria (NIMC). Cette initiative vise à mettre à niveau le système biométrique de la NIMC pour en faire le plus avancé au monde, selon IDEMIA. Le futur système de correspondance biométrique sera, entre autres, capable de traiter un million de recherches de vérification d'identité par jour.
📢 IDEMIA to deliver Nigeria one of the world's most powerful biometric systems, ensuring legal identity for all 🇳🇬 W/ support from The @WorldBank + its #ID4D initiative, IDEMIA renews its commitment to Nigeria’s National Identity Management Commission➡️ https://t.co/zyHk7tq6qa pic.twitter.com/wUp1Qr3Ciw
— IDEMIA (@IdemiaGroup) April 9, 2024
« Franchir cette nouvelle étape dans l'amélioration de notre système avec IDEMIA Smart Identity était un choix naturel pour nous. Nous voulions nous assurer de fournir la meilleure solution possible à nos concitoyens nigérians, et la puissance pure de la correspondance biométrique que nous recevrons garantit que la solution est à l'épreuve du temps pour notre population croissante », a déclaré Abisoye Coker-Odusote, directrice générale de la NIMC.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre du projet Nigeria Digital Identification for Development (ID4D) financé par la Banque mondiale depuis 2020. Le projet vise à délivrer des identités numériques à 148 millions de citoyens d'ici le 30 juin 2024 ; un objectif que le Nigeria semble être en bonne voie d'atteindre selon un récent rapport de la Banque mondiale.
Le renouvellement du partenariat intervient quelques jours après l'annonce du gouvernement de mettre en place de nouvelles cartes d'identité innovantes dotées d'une fonction de paiement permettant à tous les types de services sociaux et financiers d'être alimentés par AfriGO, un système national de cartes domestiques.
La mise à niveau du système devrait ainsi permettre à la NIMC de fournir à tous les Nigérians l'accès à une identité sûre et digne de confiance, leur permettant d'exercer leurs droits et leurs responsabilités en tant que citoyens. Rappelons que le système initial avait été conçu pour prendre en charge 100 millions d'entrées, il atteint désormais environ 90 millions d'enregistrements, d'où la nécessité de cette extension qui comprendra 250 millions d'entrées pour couvrir l'ensemble de la population nigériane.
Samira Njoya
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Le câble sous-marin à fibre optique 2Africa vise à interconnecter les continents européen, asiatique et africain. Ses atterrissages dans les pays africains favorisent la signature de divers partenariats pour améliorer la connectivité sur le continent.
Les autorités de l’Etat d’Akwa Ibom ont signé un partenariat avec MainOne, un des principaux fournisseurs de centres de données et de solutions de connectivité d'Afrique de l'Ouest, pour la construction d’environ 140 kilomètres d'infrastructures de fibre optique dans la région. L’annonce a été faite le vendredi 5 avril via plusieurs canaux de communication. L’objectif est de fournir une connectivité à très haut débit dans plusieurs régions du sud du Nigeria.
MainOne is proud to announce that we have officially signed the landmark deal with the Akwa Ibom State Government!
— MainOne (an Equinix Company) (@Mainoneservice) April 5, 2024
This comes after the landing of the 2Africa Submarine Cable at the Qua Iboe Beach Terminal.
#QuaIboe #DigitalTransformation pic.twitter.com/eMawKElppq
Cet accord intervient dans le cadre de l’atterrissage du câble 2Africa à Qua Iboe dans l’Etat d’Akwa Ibom en février dernier. C'est un câble sous-marin à fibre optique d’un consortium mené par l’entreprise américaine Meta, maison-mère des réseaux sociaux Facebook, Instagram ou encore WhatsApp. Long de 45 000 kilomètres, il reliera l'Europe, l'Asie et l'Afrique, avec une capacité nominale pouvant atteindre 180 térabits par seconde.
S’exprimant sur l’atterrissage de 2Africa dans l’Etat d’Akwa Ibom, Abayomi Adebanjo (photo, à droite), directeur régional de MainOne, explique que sa compagnie « se consacre à l'amélioration de la capacité Internet et à la stimulation de divers aspects du développement, notamment la croissance économique, la transformation numérique, les soins de santé, la sécurité, l'agriculture et l'augmentation des recettes de l'Etat dans le sud du Nigeria ».
A noter qu'en plus du câble 2Africa, le Nigeria est relié à six autres câbles : Equiano de Google, SAT3, MainOne, Glo1, Africa Coast to Europe (ACE) et West Africa Cable System (WACS). Selon la Commission des communications du Nigeria (NCC), en février 2024, 163,3 millions de personnes, dont 93,4 millions avaient accès au haut débit, étaient connectées à Internet dans le pays.
Adoni Conrad Quenum
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Le Zimbabwe veut suivre le train de la révolution technologique en cours sur le continent. Le pays se tourne donc vers un partenaire stratégique pour soutenir son développement dans le secteur technologique.
Les autorités zimbabwéennes ont demandé le soutien de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), un organe subsidiaire de l'Assemblée générale de l’ONU, pour stimuler son économie numérique. L’annonce a été faite par Douglas Runyowa (photo), le directeur de cabinet du ministère de l'Industrie et du Commerce, le vendredi 22 mars lors d’une réunion à Bulawayo.
« En tant que ministère, nous faisons appel au soutien de la CNUCED pour réaliser une évaluation de l'état de préparation au commerce électronique visant à identifier les opportunités et les solutions pour stimuler le développement du commerce électronique », a indiqué Douglas Runyowa.
Cet appel intervient dans un contexte où le Zimbabwe multiplie les initiatives pour accélérer sa transformation numérique dans le cadre de la « Vision 2030 » du président Emmerson Mnangagwa. Ce plan stratégique vise à faire du pays une société à revenu supérieur d’ici 2030 en s’appuyant sur le numérique, entre autres. C’est pour cela qu' il a fait de ce segment un pilier du développement socio-économique du pays.
Selon la Société financière internationale (IFC) et Google, l’économie numérique en Afrique vaudra pas moins de 712 milliards $ en 2050, soit 8,5% du PIB continental. Harare, conscient de son retard dans le secteur, multiplie les partenariats pour tirer parti de la révolution technologique en cours sur le continent.
« Les domaines clés comprennent l'évaluation du commerce électronique et la formulation de politiques, l'infrastructure et les services des technologies de l'information et de la communication (TIC), les solutions de paiement, la facilitation du commerce et la logistique, le cadre juridique et réglementaire, le développement des compétences numériques et l'accès au financement », a ajouté Douglas Runyowa.
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Pour améliorer l'efficacité de l'administration et la gestion des données, les gouvernements africains se tournent vers la numérisation des services. Cette initiative ambitieuse devrait grandement contribuer à améliorer la vie des citoyens.
Le gouvernement du Cap-Vert souhaite numériser 60 % des services publics vitaux d’ici 2026. Carlos Tavares Pina (photo), le PDG de la Nucleo Operacional da Sociedade de Informacao (NOSi), l’agence gouvernementale numérique, l’a récemment déclaré au cours d’une interview.
Selon Carlos Tavares Pina, la numérisation des services destinés aux citoyens vise entre autres à rapprocher les gouvernements des citoyens en promouvant une gouvernance transparente grâce à un accès plus facile à l'information, en sécurisant les infrastructures numériques et en améliorant la culture numérique.
L’initiative s’inscrit dans le cadre de la Stratégie pour la gouvernance numérique qui est une composante de la Stratégie numérique du Cap-Vert. Elle vise la modernisation de l’ensemble des services publics tels que la délivrance de certificats en ligne (certificats de naissance, de mariage, d’adoption, de décès, casier judiciaire, enregistrement de nom d’entreprise), le paiement électronique, la délivrance du numéro d’identification fiscale, du certificat d’absence de dettes envers l’Etat, de l'attestation de revenus pour la demande de bourses d’études pour les enfants.
Pour y arriver, le gouvernement mise sur l’agence gouvernementale numérique qui travaille d’arrache-pied pour obtenir les résultats escomptés dans les prochaines années. Ceci passe par la multiplication des partenariats avec des entreprises technologiques mondiales telles que Huawei, Microsoft, mais également avec des pays qui partagent des projets similaires.
A terme, l’objectif est d’avoir au moins 30 % des processus d’administration publique fonctionnant avec les technologies d’IA ou de ML (machine learning), et d’utiliser les technologies en nuage pour renforcer l’interopérabilité entre les plateformes.
La numérisation des services publics au Cap-Vert devrait contribuer à la transformation numérique, favoriser l'environnement des affaires du pays et booster le PIB national. Lesdits services constitueront également un point unique de disponibilité d’information pour les citoyens.
Samira Njoya
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Le numérique joue un rôle crucial dans l'économie, la société et la technologie au Japon. Fort de son avancée significative dans ce domaine, le pays souhaite partager ses connaissances et ses réussites avec d'autres nations dont le Burkina Faso.
Le Japon est disponible pour accompagner le Burkina Faso dans la réalisation de ses projets numériques. L’ambassadeur du Japon au Burkina Faso, Jun Nagashima (photo, à gauche), l’a affirmé lors d'une audience avec la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo/Sabane (photo, à droite), le vendredi 22 mars.
« Je suis venu réaffirmer la disponibilité de mon pays à poursuivre sa coopération avec le Burkina Faso, notamment dans le domaine du numérique. Dans le contexte de la mondialisation, le numérique est un outil important pour le développement. Le Japon a d’énormes potentialités en la matière et compte partager son expérience avec le Burkina Faso », a déclaré Jun Nagashima.
En effet, depuis plusieurs décennies, le Japon se classe parmi les pays les plus avancés en matière de technologies, notamment en robotique. De nombreux prototypes ont été mis au point par des sociétés nippones pour faciliter la vie des citoyens.
De plus, le pays excelle également dans l’intelligence artificielle, l’Internet des objets (IoT) et les jeux vidéo. Depuis 2016, une initiative appelée Société 5.0 a été lancée par le gouvernement japonais avec pour objectif d’utiliser les technologies pour répondre à des enjeux sociétaux et économiques tels que le vieillissement de la population ou les inégalités régionales en matière de niveau de vie.
Pour ce qui est des télécommunications, le Japon est à la pointe des avancées technologiques pour le développement de la fibre optique. Le pays détient le record du haut débit Internet. En décembre, les scientifiques nippons ont réussi à transmettre 22,9 pétabits par seconde dans une seule fibre optique.
Une collaboration dans ces domaines entre les deux pays permettrait au Burkina Faso de bénéficier pleinement du savoir-faire japonais, déjà très avancé dans sa transformation numérique. A travers des échanges d'expériences, le Burkina pourrait profiter de l'expertise du Japon, notamment dans le développement de l’administration numérique, la numérisation des services publics et des formalités administratives, ainsi que dans l’utilisation de l’intelligence artificielle, entre autres.
Samira Njoya
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Outre les coopérations avec des pays d’autres continents, les pays africains collaborent dans le but d’accélérer leur transformation numérique. C’est le cas du Zimbabwe et du Mozambique dans le cadre du secteur judiciaire.
Le Mozambique envisage de numériser tout son système judiciaire. C’est dans ce cadre que le président de la Cour suprême mozambicaine, Adelino Manuel Muchanga (photo, à gauche), a rendu visite le mercredi 20 mars à son homologue zimbabwéen, Luke Malaba (photo, à droite). Le but est d'en apprendre davantage sur le système intégré de gestion des dossiers (IECMS) utilisé par les services judiciaires zimbabwéennes.
« Nous avons vu ce qui s'est passé au Zimbabwe lorsqu'il s'est agi de mettre en œuvre avec succès le système et je pense que la clé du succès, entre autres raisons, est qu'il s'agit d'un programme national », a indiqué Adelino Manuel Muchanga. Et il poursuit : « nous en sommes au point de départ et je pense que nous allons transposer cette expérience au Mozambique et voir comment nous pouvons impliquer le gouvernement et d'autres parties prenantes afin qu'ils mettent en œuvre le système pour les nombreux avantages qu'il peut apporter à l'efficacité du système judiciaire au Mozambique ».
Comme de nombreux pays africains, le Mozambique suit son processus de transformation numérique des secteurs clés de son économie. Des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou encore le Kenya se sont déjà engagés sur ce chemin en investissant plusieurs millions de dollars dans le processus. La présidente de la Cour suprême du Kenya, Martha Koome, a donné, plus tôt dans le mois, la date du 1er juillet comme date butoir pour que les tribunaux de son pays n’imprime plus d’actes de procédure. L’objectif de ces décisions est d’améliorer l’efficacité du système judiciaire et de faciliter son accès aux populations, en l’occurrence celles qui vivent dans les zones reculées ou isolées.
Pour rappel, les services judiciaires zimbabwéennes utilisent l’IECMS depuis 2018. Selon Luke Malaba, il a permis au Zimbabwe de faire des avancées dans le secteur, notamment en ce qui concerne l’efficacité et la transparence.
Adoni Conrad Quenum
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La dématérialisation des services publics suit son cours sur le continent. Malgré les moyens importants que nécessitent la mise en place de ces différents projets, les gouvernants africains s’allient à des partenaires stratégiques pour atteindre leur objectif.
Les autorités zambiennes ont signé le mercredi 20 mars à Lusaka un accord avec Trade Mark Africa, une organisation d’aide pour le commerce, d’un montant de 11-millions $ pour la numérisation du poste-frontière de Nakonde. L’objectif est de renforcer les processus de contrôle et de réduire le temps de transit des marchandises à la frontière de Nakonde de 3 jours en moyenne à 10 heures.
ZAMBIA/TRADEMARK AFRICA PARTNER SUPPORT AGREEMENT FOR #NAKONDE ONE STOP BORDER POST (Nakonde-OSBP) UPGRADE, signed to pave way for transformative interventions aimed at infrastructure upgrade, installing smart gates/modern cargo scanning systems, digitizing clearance processes,… pic.twitter.com/jwX81upwkN
— Ministry of Finance & National Planning - Zambia (@mofnpzambia) March 21, 2024
« Cette initiative englobe un large éventail d'interventions, notamment des améliorations des infrastructures, des systèmes de balayage modernes, la numérisation des processus de dédouanement, l'interconnexion transfrontalière pour l'échange d'informations, des solutions numériques intelligentes, la gestion du changement et la gestion intégrée des frontières », a indiqué Situmbeko Musokotwane, ministre zambien des Finances et de la Planification nationale.
Nakonde est un point de passage stratégique situé aux frontières de la Tanzanie au Nord et du Malawi à l’Est. Elle facilite ainsi les échanges commerciaux pour la Zambie, la Tanzanie, la République démocratique du Congo (RDC) et le Zimbabwe. Avec 65 % des marchandises transitant par la Zambie dont 35 % destinées au pays dirigé par Hakainde Hichilema, le poste frontière de Nakonde génère 3,1 milliards de kwachas chaque année (environ 118,5 millions $).
Pour rappel, le projet sera financé par le gouvernement britannique et la Banque mondiale. La durée des travaux est estimée à douze mois.
Adoni Conrad Quenum
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Depuis la prise de pouvoir de William Ruto en septembre 2022 au Kenya, la transformation numérique s’est accélérée dans le pays. La dématérialisation de divers services publics se concrétise.
A partir du 1er juillet 2024, de nouveaux services judiciaires seront numérisés au Kenya. La présidente de la Cour suprême, Martha Koome (photo, au centre), l'a annoncé le lundi 11 mars dernier. L'objectif est d'améliorer la productivité, d'automatiser les processus et d'établir un environnement sans papier, rendant la justice au Kenya plus accessible et réduisant les barrières géographiques.
I launched e-filing for all courts countrywide, a Data Tracking Dashboard and Causelist Portal marking a giant leap in our commitment to transforming how we deliver justice through the strategic use of technology, in alignment with the Social Transformation through Access to… pic.twitter.com/QetcfWwthE
— Hon. Justice Martha K. Koome, EGH (@CJMarthaKoome) March 11, 2024
« J'ai lancé le dépôt électronique pour tous les tribunaux du pays, un tableau de bord de suivi des données et un portail des causes, marquant un pas de géant dans notre engagement à transformer la manière dont nous rendons la justice grâce à l'utilisation stratégique de la technologie, conformément au plan de transformation sociale par l'accès à la justice (STAJ) du pouvoir judiciaire », a indiqué Martha Koome.
Et elle ajoute : « aucun tribunal ne doit imprimer d'actes de procédure ou de documents à partir du 1er juillet 2024. Les ressources consacrées à l'achat de papier d'impression seront utilisées pour acheter des ordinateurs de bureau et des ordinateurs portables ».
Ces actions s’inscrivent dans le cadre du Plan national de digitalisation (2022-2032) mise en place au Kenya quelques mois après la prise du pouvoir de président William Ruto en septembre 2022. Dans son ambition de faire de son pays un acteur majeur de la révolution technologique, les processus de numérisation se sont accélérés dans divers secteurs d’activité. Le pays a mobilisé des fonds de diverses organisations et structures, en l’occurrence la Banque mondiale et l’Union européenne, pour ses efforts de transition numérique.
Par ailleurs, il faut souligner que la numérisation des services judiciaires a débuté depuis l’an dernier avec le déploiement du dépôt électronique dans le comté de Mombasa en avril 2023. « Nous atteignons maintenant une échelle nationale avec des tribunaux dans les 34 comtés restants qui sont intégrés aujourd'hui. Cela marque une étape transformatrice pour rendre notre système judiciaire plus efficace et accessible », explique Martha Koome.
Adoni Conrad Quenum
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L’intelligence artificielle s’impose de plus en plus comme l’une des technologies incontournables de la quatrième révolution industrielle. Elle est riche d'opportunités, mais aussi de dangers qu'il faut prévenir.
Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), incite les pays africains à mettre tout en œuvre pour adopter l’intelligence artificielle (IA). Elle a tenu ces propos le lundi 18 mars 2023 à Accra, au Ghana lors d’une conférence organisée par son institution et les ministères ghanéens des Finances, des Communications et de la Numérisation.
Fantastic panel on the transformative potential of AI in Africa. By focusing on critical investments and strong fundamentals, countries like Ghana can seize immense opportunities. Together we can unlock Africa's full potential! https://t.co/q9OfXdHALr pic.twitter.com/XZXyRk94TI
— Kristalina Georgieva (@KGeorgieva) March 18, 2024
« L'intelligence artificielle est notre meilleure chance de surmonter la faible productivité à long terme. Lorsque nous pensons à ce qui peut augmenter la productivité, notre meilleure chance est de loin d'investir dans la transition verte et dans l'adoption de l'lA. Elle peut être le big bang qui nous permettra de vivre plus longtemps, en meilleure santé, mieux éduqués [et] plus productifs. Nous sommes confrontés, de toute urgence, à la nécessité d'adopter l'IA et d'en tirer le meilleur parti », a déclaré Kristalina Georgieva.
Depuis l’apparition de l’IA générative, en l’occurrence ChatGPT en novembre 2022, le grand public s’est rendu compte des avantages de cette technologie et aussi des dangers qu’elle peut représenter. Les autorités de plusieurs pays africains ont mis en place des stratégies nationales de l’intelligence artificielle et des mesures sont en train d’être mises en place pour cadrer son utilisation à grande échelle. Seydina Moussa Ndiaye, l’un des 38 membres de l’organe consultatif des Nations unies sur l'IA, redoute d’ailleurs que l’Afrique devienne le cobaye pour tester de nouvelles solutions y relatives sans réel contrôle de cette technologie.
Par ailleurs, l'IA pourrait permettre au continent africain de générer près de 1 200 milliards $ d’ici 2030, selon Mohammed Amin Adam, ministre ghanéen des Finances. Mais avant d’en arriver là, il faudrait, comme l’a souligné la directrice générale du FMI, construire davantage d'infrastructures numériques, investir dans le capital humain, adopter des innovations qui s'inscrivent dans l'esprit d'entreprise et disposer d'un cadre réglementaire solide.
Adoni Conrad Quenum
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L'intelligence artificielle est désormais perçue comme un outil essentiel pour soutenir efficacement le développement des pays africains dans des secteurs stratégiques. Les gouvernements sont à la recherche de partenaires capables de les accompagner dans l'exploitation de cet outil.
Le Bénin et le Canada envisagent une collaboration dans le domaine de l'intelligence artificielle. Les deux pays ont récemment discuté à ce sujet lors d'une table ronde organisée en marge de la visite de Raymonde Gagné (photo, à gauche), la présidente du Sénat canadien, au Bénin. Le ministère du Numérique et de la Digitalisation l’a annoncé dans un communiqué publié le mardi 12 mars.
« L’adoption par le Bénin en janvier 2023 d’une Stratégie nationale d’intelligence artificielle et des mégadonnées (SNIAM) place le pays en bonne position pour saisir les opportunités actuelles et futures afférentes à l’intelligence artificielle et au traitement des données massives, ce qui le rendrait encore plus attractif pour tous types d'investissements provenant notamment du secteur privé et des partenaires au développement », précise le communiqué.
Le Bénin a récemment lancé en effet la mise en œuvre de sa Stratégie nationale d'intelligence artificielle et des mégadonnées. L'objectif est de saisir les opportunités actuelles et futures offertes par l'IA pour développer l'économie numérique et exploiter des solutions technologiques adaptées aux besoins du pays, notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'agriculture, du cadre de vie et du tourisme.
En envisageant une collaboration avec le Canada, le Bénin souhaite bénéficier de l'expertise de ce pays, qui a renforcé son leadership en matière de recherche et de commercialisation dans le domaine de l'IA. Selon le rapport « Impact et opportunités : L'écosystème de l'IA au Canada en 2023 » publié par la firme multinationale britannique Deloitte, le Canada compte environ 670 start-up spécialisées dans l'IA. Il se classe également au troisième rang des pays du G7 en matière de financement total par habitant pour les entreprises d'IA générative.
Un partenariat entre les deux pays devrait également permettre des échanges de connaissances et de bonnes pratiques en matière d'intelligence artificielle. Pour le Bénin, cette collaboration serait cruciale pour soutenir la mise en œuvre de sa stratégie, qui nécessite un investissement prévisionnel de 4 680 000 000 FCFA (7,8 millions $) sur cinq ans.
Samira Njoya
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Depuis plusieurs années, le Burkina Faso veut numériser le secteur du foncier. Les autorités mènent diverses initiatives pour faciliter le processus pour toutes les parties engagées dans ces réformes.
Les autorités burkinabè ont inauguré le mardi 12 mars à Ouagadougou une plateforme numérique destinée à la collecte de données sur les parcelles et les logements auprès des promoteurs immobiliers privés et des coopératives d'habitat au Burkina Faso à partir de 2008. L’objectif est de garantir la fiabilité des informations et d'accroître la transparence lors de l'évaluation du passif immobilier lié à la promotion immobilière privée.
« Après installation des membres du comité, ceux-ci ont entrepris la collecte administrative des données auprès des différentes structures, notamment des ministères respectivement chargés de l’Administration territoriale, de l’Economie, et de l’Urbanisme. Au même moment, des informations ont été demandées aux promoteurs immobiliers précédemment agréés et aux coopératives d’habitat, suivant un certain nombre de canevas », a expliqué Maxime Tiendrébéogo, secrétaire général du ministère chargé de l’Urbanisme et des Affaires foncières.
La numérisation du domaine foncier s’inscrit dans le cadre du projet « Cadastre fiscal » validé en 2018 par les autorités burkinabè. Depuis, diverses actions ont été menées pour numériser le secteur et avoir accès aux données importantes. En décembre 2021, le gouvernement a mis en place un Système intégré de gestion du cadastre et des domaines (SYC@D) dans le but, entre autres, de mieux gérer les sections cadastrales des communes et des arrondissements.
Avec le lancement de la nouvelle plateforme, les acquéreurs devront fournir les informations sur la parcelle ou le logement telles que la superficie, le coût, le nom de la société de promotion immobilière ou de la coopérative d’habitat, l’état de viabilisation du site (dont l’ouverture et le rechargement des voies d’accès), l’adduction en eau potable, en électricité ou encore l’éclairage public. Toutes ces données sont attendues au plus tard le 22 mars.
Adoni Conrad Quenum
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