Depuis la mise en place d’un ministère en charge du Numérique en 2021, les autorités mauritaniennes mènent des actions pour développer l'infrastructure numérique ou encore les services d'administration en ligne.
Moctar Ahmed Yedaly, ministre mauritanien de la Transformation numérique, de l'Innovation et de la Modernisation de l'administration, et Thomas Pramotedham, président-directeur général de Presight, une filiale de la holding émiratie G42, ont signé le 31 mai un protocole d’accord à Marrakech, au Maroc lors du Gitex Africa, apprend-on d’un communiqué de presse publié le mercredi 7 juin.
L’objectif de cet accord est de développer les infrastructures numériques en misant sur le cloud et de favoriser l’éclosion des talents locaux. « La construction d'un cloud national renforcera certainement notre souveraineté nationale », affirme Moctar Ahmed Yedaly.
Comme la plupart des pays africains, la Mauritanie s’est engagée sur la voie de la transformation numérique. Elle multiplie les accords pour la mise en place d’un écosystème technologique idoine dans le but de favoriser la prolifération des start-up et de dynamiser le secteur technologique local. Les services publics sont également en cours de numérisation avec divers protocoles d’accords signés avec la France et les Emirats arabes unis en 2022.
Ce partenariat avec G42 et ses filiales G42 Cloud et Presight sera axé sur des domaines tels que le centre de données national, le cloud souverain national ou encore les initiatives globales de transformation numérique. Elle vise aussi à former des professionnels qualifiés sur le plan technologique au sein de l'écosystème numérique mauritanien et à responsabiliser les citoyens.
Rappelons que, d’après le Digital Report 2022 de Hootsuite et We Are Social, le taux de pénétration d’Internet en Mauritanie est encore de 35,8 % et l’Union internationale des télécommunications (UIT) classe la Mauritanie à la 38e place sur 54 pays africains dans son dernier rapport sur le développement de l’e-gouvernement (EGDI).
Adoni Conrad Quenum
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La numérisation constitue un enjeu majeur de développement des pays de l’UEMOA. Malgré les ambitions des stratégies nationales, suscitant d’indéniables progrès, la transformation numérique des pays de la zone enregistre encore des faiblesses et des retards, en comparaison des performances mondiales.
Le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Serge Ekue (photo, à droite), et le directeur général de l’Alliance Smart Africa, Lacina Koné (photo, à gauche), ont signé le mercredi 7 juin à Lomé au Togo un accord-cadre dans le but d'accélérer la transformation numérique des Etats de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Le nouvel accord vise à appuyer le développement du commerce électronique dans l’espace UEMOA et soutenir la mise en œuvre des projets d’inclusion financière dans le cadre de l’intégration sous régionale, conformément aux orientations de l’axe 1 de Djoliba, un plan stratégique de la BOAD sur la période 2021-2025, indique l’Agence togolaise de presse.
« La vision est de transformer notre Afrique, de faire en sorte que l’ensemble de nos populations puissent se projeter dans l’avenir de manière très concrète en utilisant la technologie numérique dans les divers domaines, notamment l’agriculture et l’énergie », a déclaré M. Ekue.
Depuis sa création en 2014 jusqu’à ce jour, Alliance Smart Africa, qui regroupe actuellement 35 pays sur les 54 d'Afrique, s'est fixée plusieurs objectifs, notamment de mettre la transformation numérique au cœur du développement économique du continent, en faisant travailler le secteur privé et les Etats membres autour d’initiatives concrètes.
A travers ce partenariat, la BOAD adhère à une alliance dont la vision est le développement de l’Afrique à travers la technologie numérique. Ainsi plusieurs projets seront mis à œuvre pour soutenir l'écosystème de l'innovation à travers la vulgarisation du « toolkit startups » au profit des Etats membres, et renforcer les capacités et le développement des compétences des acteurs de la zone dans le cadre de la mise à l’échelle de la Smart Africa Digital Academy (SADA).
Samira Njoya
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Le Rwanda a mis en place de nombreuses réformes ces dernières années en vue d’améliorer sa compétitivité économique. La fourniture de services de qualité et de services à la clientèle dans les secteurs public et privé est l’une des priorités de cette stratégie.
Le gouvernement rwandais va procéder à la numérisation de plus de 400 démarches administratives supplémentaires d’ici juin 2024 dans le cadre de la dématérialisation des services publics de l’Etat. La ministre des Technologies de l’information et de la communication et de l’Innovation, Paula Ingabire, l’a annoncé au cours d'une session sur le développement des TIC avec le Sénat le jeudi 1er juin.
Les nouvelles démarches administratives seront ajoutées aux 103 services déjà numérisés et disponibles sur le portail Irembo mis en place par le gouvernement à cet effet. Selon la ministre, la prochaine étape de la numérisation sera transformationnelle. Elle constituera à numériser tous les services restants, « ce qui permettra d’optimiser le temps, d’éliminer les coûts et les processus inutiles associés aux documents papier ou aux déplacements des citoyens vers les différents bureaux du gouvernement », a-t-elle déclaré.
Pour réaliser cet objectif, le Rwanda sera accompagné par un ensemble de partenaires dont l’Agence française de développement (AFD) qui a accordé en début d'année, un prêt de 37 millions d’euros au gouvernement du pays pour numériser les services publics et soutenir l’innovation.
Le #Rwanda a amorcé une transition #numérique de grande ampleur ces dernières années.
— Agence Française de #Développement (AFD) 🇫🇷 🇪🇺 (@AFD_France) January 9, 2023
Nous l'accompagnons dans la numérisation de ses #servicespublics et le soutien d’#innovations à fort potentiel.
En savoir plus 👉https://t.co/s9m3a5KNsO pic.twitter.com/lyMmMKWE2f
A en croire Israel Bimpe, le PDG d’Irembo, le lancement de la plateforme de services publics Irembo, en décembre 2015, a permis de traiter plus de 25 millions de demandes de services jusqu’ici. Ce qui a permis d'économiser plus de 100 millions d'heures de travail, tant pour les fonctionnaires que pour les résidents rwandais.
Le portail emploie 7 700 agents dans différentes régions du pays et plus de 1 500 fonctionnaires du gouvernement l'utilisent pour approuver et offrir les services nécessaires. Le gouvernement a ainsi pu collecter 300 milliards RWF (265 millions de dollars) pour divers services offerts par la plateforme.
Notons que cette nouvelle initiative entre dans le cadre d'un projet de 13 milliards de rwandais) débuté en mars de cette année par l’identification des services concernés. Le projet est une des priorités de la Stratégie nationale de transformation du Rwanda (2017-2024).
Samira Njoya
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Le gouvernement sénégalais ambitionne de matérialiser 700 procédures administratives d’ici 2025. Pour atteindre cet objectif ambitieux, il a confié la mission à la société Sénégal Numérique SA qui travaille avec des partenaires de choix spécialisés dans le domaine.
Sénégal Numérique SA (SENUM SA), la société publique en charge de la gestion des infrastructures numériques de l'Etat du Sénégal, et Elm, une société spécialisée dans les solutions numériques, ont signé le jeudi 1er juin un protocole d’accord à Marrakech au Maroc en marge du Gitex Africa.
L’accord signé entre les deux parties vise à accompagner SENUM SA dans l'utilisation de la technologie pour stimuler la croissance économique, améliorer les services publics, autonomiser les citoyens du Sénégal et par conséquent favoriser l'inclusion numérique.
Out of Elm’s role in providing expertise to support local companies in Senegal, and to develop business opportunitie, #Elm signed a MOU with the Digital Senegal Agency. #GITEXAfrica2023 pic.twitter.com/cpNio7g6kN
— عِلم (@elm) June 1, 2023
« Nous avons hâte de développer les services numériques en Afrique ; cela permettra d'ouvrir des opportunités d'expansion, de fournir des services et des solutions innovantes pour renforcer l'infrastructure numérique et répondre aux besoins des parties prenantes », a déclaré Majed bin Saad Al-Arifi (photo, à gauche), porte-parole et vice-président exécutif du département marketing à Elm.
Dans le cadre du partenariat, Elm créera des plateformes numériques avancées offrant une gamme variée de services de conseil. Les parties concernées, en vertu de l’accord, élaboreront des plans stratégiques à court et long terme pour exploiter les opportunités disponibles sur le marché. Elles définiront également les initiatives et les projets communs visant à renforcer leur coopération pendant la période spécifiée.
Cet accord s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par Sénégal numérique SA visant à multiplier les partenariats pour développer davantage la plateforme de services publics. Pour Elm, le protocole est une aubaine pour la réalisation de ses objectifs, notamment la création d’opportunités d'affaires en Afrique et l'élargissement de sa présence régionale et internationale.
Rappelons que depuis le début de l’année, SENUM SA a signé plusieurs partenariats, dont l'un avec le Comité national de promotion de l’eSport au Sénégal (CONAPES), un autre avec l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) et encore deux autres avec Transnumerik - Sénégal et Microsoft Africa Transformation Office.
Samira Njoya
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Le Maroc est en quête de nouveaux partenaires internationaux à travers lesquels il pourra créer davantage de valeur pour son économie. A l’occasion du Gitex Africa, le salon technologique organisé dans le pays, plusieurs partenariats ont été signés.
Le ministère marocain de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, l'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) et le cabinet français d'audit, de conseil et de fiscalité Mazars ont signé le vendredi 2 juin un mémorandum d'entente.
L'accord signé en marge du Gitex Africa est centré sur un projet d’investissement de 7,5 millions $ (76 millions de dirhams) visant à établir un centre d’expertise spécialisé dans la data analytics, la cybersécurité, l’audit IT, les partenariats public-privé, l’intelligence artificielle et la RSE (responsabilité sociale des entreprises).
« Cet investissement conforte non seulement la volonté de Mazars de contribuer au développement d’activités à forte valeur ajoutée, mais constitue aussi un levier important d’accélération de l’insertion des jeunes diplômés émanant des universités ou des écoles de commerce et d’ingénieurs », a déclaré Abdou Diop, Managing Partner de Mazars au Maroc.
La mise en œuvre du centre entre dans le cadre de la stratégie d’expansion mondiale du groupe Mazars. A ce jour, le groupe est présent dans plus de 95 pays et territoires.
Selon le communiqué de l’entreprise, le centre permettra d’employer plus de 200 personnes qualifiées d’ici 5 ans et renforcera ainsi l’écosystème du Buisness Process Outsourcing (BPO) au Maroc. L’objectif est de répondre aux besoins des bureaux de Mazars en particulier en Europe.
A en croire les responsables du groupe, le choix du Maroc s’explique par son large potentiel en matière de ressources humaines qualifiées, du climat favorable des affaires et des mécanismes proposés dans sa nouvelle charte d’investissement.
Samira Njoya
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La nouvelle loi permet aux investisseurs d’acquérir des actifs tels que les terrains et les concessions minières en utilisant des cryptomonnaies. Elle représente la suite logique de l’adoption du bitcoin comme monnaie légale et du lancement d’une cryptomonnaie nationale baptisée Sango coin.
En Centrafrique, l’Assemblée nationale a adopté par acclamation, lundi 29 mai, un projet de loi sur la « tokenisation » des ressources naturelles, qui permet aux investisseurs d’acquérir des actifs tels que les terrains et les concessions minières en utilisant des cryptomonnaies.
L’approbation de cette loi fait suite à l’adoption, en avril 2022, du bitcoin comme monnaie légale dans le pays, et au lancement d’une cryptomonnaie nationale baptisée Sango coin, quelques mois plus tard.
La nouvelle loi régissant la tokenisation des ressources naturelles « fixe le cadre de l’utilisation des monnaies virtuelles bitcoin et Sango dans le processus d’investissement, y compris par les ressortissants étrangers désireux d’investir dans les titres miniers, agraires, forestiers », précise ce texte adopté par le Parlement.
Le texte souligne également que les investisseurs qui achètent ces titres « ont le droit de transférer à l’étranger l’intégralité des bénéfices annuels qui leur reviennent après paiement des impôts, droits et autres obligations ».
« La loi vient compléter celle relative aux cryptomonnaies et faciliter, en la rendant plus fluide, la mobilisation des ressources financières au profit […] de l’Etat […] et des communautés locales », a expliqué Guy Samuel Nganatoua, président de la Commission économie et finances de l’Assemblée nationale.
Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, avait annoncé, en juillet 2022, que le Sango coin deviendrait « le catalyseur de la tokenisation des vastes ressources naturelles » du pays.
Les députés d’opposition membres de la commission mixte ont cependant boycotté la plénière consacrée à l’examen de la loi sur la tokenisation des ressources naturelles. Ils ont accusé le gouvernement « d’organiser le bradage des ressources naturelles à toute la pègre de la planète », alors que la priorité devrait être « d’améliorer les moyens de contrôle pour permettre une meilleure captation des ressources tirées de ces secteurs économiques ».
Pour rappel, la Cour constitutionnelle de la Centrafrique avait déclaré, en août 2022, « inconstitutionnel » l’achat de la citoyenneté, de la « e-résidence », de terrains et des ressources naturelles du pays au moyen de la cryptomonnaie Sango.
La présidente de cette Cour, qui a également invalidé les décrets présidentiels mettant en place un comité chargé de rédiger une nouvelle Constitution, a été cependant mise à la retraite en octobre 2022 par un arrêté du ministre de la Fonction publique.
Le Sango coin, dont le lancement a coïncidé avec l’effondrement du marché mondial des cryptomonnaies, n’a pas jusqu’ici suscité un grand engouement auprès des investisseurs. De plus, l’adoption de la finance numérique par ce pays déchiré depuis 2013 par une guerre civile a suscité de fortes appréhensions de la part de plusieurs institutions financières internationales et régionales, dont le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).
Par ailleurs, les détracteurs du projet le jugent « irréaliste » dans un pays où le taux de pénétration d’Internet est d’environ 11 %, et le taux d’électrification se limite à 14,3 %.
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Pour réussir l’inclusion numérique de sa population et sa transformation 4.0, l’Afrique a besoin de la collaboration de tous. Ce n’est qu’au travers d’actions concertées que le continent pourra surmonter les défis nationaux et régionaux qui plombent encore son développement.
L’Agence marocaine de développement du digital (ADD), une entité publique stratégique qui dirige l’agenda de transformation numérique du gouvernement marocain, et l’Alliance Smart Africa ont signé le jeudi 1er juin à Marrakech une convention de partenariat en marge du Gitex Africa, un grand événement technologique global du continent.
La convention de partenariat prévoit la coopération dans un certain nombre de domaines, notamment le développement des programmes d’administration numérique et d’encouragement des actions visant à assurer l’interopérabilité et l’interconnexion entre les pays membres de la Smart Africa, le renforcement des infrastructures numériques, le développement des compétences et du capital humain, la promotion de l’entreprenariat innovant, le renforcement de l’inclusion numérique en faveur des populations africaines et la promotion du développement des technologies émergentes.
Depuis sa création en 2014 jusqu’à ce jour, Alliance Smart Africa, qui regroupe actuellement 35 pays sur les 54 d'Afrique, s'est fixée plusieurs objectifs, notamment de mettre la transformation numérique au cœur du développement économique du continent, en faisant travailler le secteur privé et les Etats membres autour d’initiatives concrètes.
L’appui de l’ADD lui sera utile pour avancer dans ces différents projets. Rappelons que, le Royaume du Maroc a adhéré, en décembre 2019, au nom de l’ADD, à l’Alliance Smart Africa en vue de contribuer à la mise en œuvre des projets initiés par l’Alliance et de renforcer la collaboration en matière de développement du digital au profit des Etats membres.
Samira Njoya
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L’économie numérique reste un défi à relever en République centrafricaine. Des actions sont mises en œuvre par le gouvernement dans ce sens pour satisfaire les citoyens dans les cinq prochaines années.
Le ministère centrafricain de l'Economie numérique, des Postes et des Télécommunications a signé, le jeudi 1er juin, un protocole d’accord avec la société Elm, un fournisseur de solutions numériques de premier plan basé à Riyad en Arabie saoudite.
L’accord paraphé en marge du salon technologique Gitex Africa qui s’est tenu du 31 mai au 2 juin à Marrakech, au Maroc, vise à stimuler la transformation numérique en République centrafricaine (RCA) en dotant les ministères et les agences publiques d’une présence numérique.
With aims to develop innovative digital platforms and technologies, #Elm signed a MOU with the Ministry of Posts, Telecommunications, and Digital Economy in the Central African Republic.#GITEXAfrica2023 pic.twitter.com/80Sg5gxXAE
— عِلم (@elm) June 1, 2023
« Cette association aura un impact positif sur nos efforts visant à promouvoir l'infrastructure numérique, à favoriser le développement économique et l'entrepreneuriat, ainsi qu'à stimuler la transformation numérique en faisant progresser les secteurs de l'économie numérique », a déclaré Majid bin Saad Al-Arifi, porte-parole et vice-président du marketing chez Elm.
Dans le cadre du nouvel accord, Elm fournira ses services et son expertise en RCA pour répondre aux besoins des différentes entreprises dans le déploiement de plateformes numériques de pointe destinées aux institutions gouvernementales. L’entreprise fournira également des services de conseil, de Business Process Management (BPM) et de gestion de projet.
Par ailleurs Elm pourra collaborer avec d'autres organisations pour stimuler des initiatives et organiser des événements dans le but de sensibiliser le public à l'importance de l'adoption des technologies modernes et de la transformation numérique.
Le partenariat signé entre la RDC et Elm rentre dans le cadre du plan national stratégique « Centrafrique digital 2028 », élaboré l’année dernière et validé par les autorités du pays. Ce plan prévoit entre autres la numérisation des ministères et des services qu'ils offrent, la formation des collectivités sur la numérisation des données, la mise en œuvre d’une connexion stable dans les établissements scolaires et universitaires, mais aussi la numérisation totale de la monnaie.
Rappelons que la RCA a réceptionné en février les infrastructures du projet Dorsale à fibre optique d'Afrique centrale (CAB) qui fournit depuis lors une connexion Internet à haut débit dans l’ensemble du pays.
Samira Njoya
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Internet est aujourd’hui considéré par les Nations Unies comme un service de base, au même titre que l’électricité et l’eau potable. Le service qui a d’ailleurs démontré toute son importance lors de la crise de Covid-19 est cependant également perçu par les Etats comme un danger selon les contextes.
Dans l’après-midi du dimanche 4 juin, le gouvernement de la République du Sénégal a pris la décision de suspendre « temporairement » l’accès à l'Internet mobile. Selon le ministère de la Communications, des Télécommunications et de l’Economie numérique, cette restriction d’accès se fera « dans certaines plages horaires ». Il justifie la décision par « la diffusion de message haineux et subversifs dans un contexte de trouble à l’ordre de public dans certaines localités du territoire national ».
Depuis le jeudi 1er mai, plusieurs villes sénégalaises sont en proie à des émeutes. Des milliers de jeunes affrontent la police et la gendarmerie pour protester contre la condamnation à deux ans de prison ferme d’Ousmane Sonko, le président du parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef). Principal opposant au président Macky Sall, il est considéré par la jeunesse sénégalaise comme le favori pour l’élection présidentielle de février 2024.
Sa condamnation pour « corruption de la jeunesse », qui le rend inéligible, est perçue par ses sympathisants comme un complot pour l’empêcher de prétendre au poste de président de la République. Ousmane Sonko qui était accusé et poursuivit par la justice pour viol et menaces de mort contre Adji Sarr, une employée d’un salon de massage de Dakar, n’a finalement pas été condamné pour ces chefs d’accusation qui sont pourtant ceux qui l’ont amené devant la barre.
Les VPN caduques
Le blocage de l'Internet mobile par le gouvernement touche 17 227 783 abonnés, selon les dernières statistiques de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp). Soit 96,78 % des internautes du Sénégal, où le service est indispensable pour les taxis, les livreurs, les salons de coiffure, les restaurants, les boutiques en ligne de vêtements, etc.
Dans un communiqué, le Rassemblement des entreprises du secteur des TIC a appelé l’Etat à « la levée de toutes les restrictions à la liberté d’usage des plateformes numériques de messagerie instantanée comme garants des libertés économiques des citoyens sénégalais […] C’est des leviers de travail pour des milliers d’entrepreneurs individuels à la recherche de revenus pour leur survie ».
La coupure de l'Internet mobile survient deux jours après le blocage des réseaux sociaux dans le pays. Cette décision — qui visait à restreindre la publication de messages d’appel à la mobilisation et de vidéos d’affrontements dans plusieurs quartiers de Dakar, Ziguinchor et dans d’autres villes du pays — n’a pas vraiment obtenu l’effet escompté puisque les Sénégalais ont adopté diverses solutions de réseau privé virtuel (VPN). Ces logiciels contournent le blocage en masquant l’adresse IP des internautes du territoire soumis à la restriction d’accès.
Proton VPN, fournisseur de services de réseau privé virtuel développé par la société suisse Proton Technologies AG, a constaté vendredi 2 juin « une augmentation de 30 000 % des inscriptions » aux VPN dans le pays, au-dessus du niveau normal et « en constante augmentation ».
« Cela correspond à ce que nous avons pu voir lors de troubles ou de crises géopolitiques ces dernières années en Iran, en Turquie ou encore en Russie. Les chiffres que nous voyons sont comparables à ceux que nous avions constatés au Sénégal en mars 2021. Une censure similaire avait alors entraîné une augmentation de 20 000 % des inscriptions », a indiqué la société.
Muriel Edjo
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Le Maroc s’est fixé l’objectif de devenir un des acteurs majeurs du numérique en Afrique en 2025. Le gouvernement a donc lancé plusieurs stratégies pour accélérer le développement du secteur en partenariat avec des entreprises nationales et internationales.
En marge de la première édition du GITEX Africa, un grand salon de la technologie et des start-up d'Afrique qui s'est ouvert le mercredi 31 mai à Marrakech et s'achève ce vendredi 2 juin, Ghita Mezzour, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, a signé quatre conventions avec plusieurs institutions et ministères.
La première convention — avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’Innovation, la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et l’association Maroc numeric cluster — vise à mettre en œuvre la phase pilote du projet « JobInTech ». Ce projet a pour objectif de répondre aux besoins sans cesse croissants de l’économie nationale en matière de talents dans les métiers du digital ; il cible la formation de 15 000 jeunes à horizon 2026.
Mme @MezzourGhita a signé en marge de @GITEXAfrica une convention de partenariat avec le Ministère de l'enseignement supérieur ,@GroupeCDG , @MarocNumCluster
— Ministère Délégué auprès du CG chargé de la TN&RA (@Ministere_TNRA) June 1, 2023
✅former 15.000 jeunes à horizon 2026 pour répondre aux besoins en termes de talents dans les métiers du #Digital. pic.twitter.com/lR1JPyr9Bl
La deuxième convention vise à accompagner et renforcer les capacités des ressources humaines dans la protection des données à caractère personnel par la mise en œuvre du programme « DATA TIKA ». Elle a été paraphée par Mme Mezzour et le président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP).
En marge de @GITEXAfrica , une 2ème convention a été signée en partenariat avec la @CNDP_Maroc mettant en œuvre le programme « DATA TIKA », qui vise à accompagner et renforcer les capacités des ressources humaines en matière de la protection des données à caractère personnel. pic.twitter.com/Gq6uYsTTTp
— Ministère Délégué auprès du CG chargé de la TN&RA (@Ministere_TNRA) June 1, 2023
C’est avec le ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille que la troisième convention de partenariat a été signée. Elle permettra de mettre sur pied un projet de simplification et de digitalisation des parcours usagers avec pour objectif de contribuer à améliorer l’accessibilité et la qualité des prestations de services rendus aux personnes en situation de handicap.
La 3ème convention de partenariat a été signée avec le Ministère de la Solidarité, de l’Insertion Sociale et de la Famille , et vise à améliorer l’accessibilité et la qualité des prestations de services rendus aux personnes en situation d'handicap .@GITEXAfrica pic.twitter.com/zE4WuaulpH
— Ministère Délégué auprès du CG chargé de la TN&RA (@Ministere_TNRA) June 1, 2023
La dernière convention de partenariat a été signée avec l'Agence Bayt Mal Al Qods Acharif qui a pour mission de préserver le patrimoine culturel et historique de la ville sainte d’Al Qods et de soutenir les populations. La convention vise à soutenir les projets de transformation numérique et à moderniser la gestion de ladite agence.
La 4ème convention a été signée en partenariat avec le @financesmaroc et @BaytMalAlQuds.
— Ministère Délégué auprès du CG chargé de la TN&RA (@Ministere_TNRA) June 1, 2023
✅Accompagner l’Agence dans la digitalisation du centre culturel marocain à Al Qods , et le rattacher aux services déconcentrés de celle-ci@GITEXAfrica pic.twitter.com/sApy3479Wq
Il faut noter que Mme Mezzour a également signé plusieurs mémorandums d’entente avec plusieurs entreprises nationales et internationales toujours en marge du GITEX. Ces accords permettront de construire des infrastructures numériques et de créer des centaines d’emplois directs et indirects dans le pays d’ici 2 à 5 ans.
Samira Njoya
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Dans plusieurs pays à travers le monde, les réseaux sociaux ne sont plus considérés comme de simples outils de communication. Ils ont la capacité de devenir de puissantes armes de propagande. Cette crainte partagée par les autorités donne parfois lieu à des mesures extrêmes au nom de la sécurité.
Depuis la nuit du jeudi 1er juin, l’accès aux réseaux sociaux Facebook, Twitter, WhatsApp, Youtube est restreint à Dakar au Sénégal et dans plusieurs autres villes du pays. Dans l’après-midi, les populations rencontraient déjà quelques difficultés pour communiquer aisément sur ces plateformes. Certains consommateurs ont cru à des problèmes de qualité de service Internet des opérateurs télécoms. Mais il n’en est finalement rien. NetBlocks, une organisation de surveillance de la gouvernance d'Internet, a confirmé le blocage des réseaux sociaux sur son compte Twitter.
TIWTTER
Ce blocage intervient alors que des affrontements entre les forces de sécurité et des groupes de jeunes se multiplient dans plusieurs quartiers de Dakar, Ziguinchor, Mbour ou encore Kaolack depuis hier. Cette situation conflictuelle est survenue après l’annonce, dans la matinée de jeudi, de la condamnation d’Ousmane Sonko, le président du parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef), à deux ans de prison ferme pour « corruption de la jeunesse ». Cette peine le rend inéligible pour la présidentielle de février 2024. Il est à noter « qu’Ousmane Sonko était poursuivi depuis 2020 pour viols et menaces de mort à l’encontre d'Adji Sarr mais a été condamné pour d’autres faits ».
Le 8 mai dernier, son éligibilité pour la présidentielle avait déjà été mise à mal par une première condamnation à six mois de prison avec sursis pour diffamation contre le ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang.
Dans une communication, le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Abdoulaye Diome, a justifié les restrictions d’accès aux réseaux sociaux par la volonté d’empêcher « la diffusion de messages haineux et subversifs ». Le bureau national du Pastef, dans un communiqué publié jeudi dans l’après-midi, appelait « le peuple sénégalais » à « descendre dans la rue » et demandait aux « forces de l’ordre et à l’armée de se mettre de son côté ».
En bloquant l’accès aux réseaux sociaux, le gouvernement veut éviter toute mobilisation d’Ousmane Sonko qui a su utiliser ces outils tout au long de sa bataille judiciaire dans l'affaire Adji Sarr qu’il a toujours présentée comme un complot du gouvernement du président Macky Sall pour l’évincer de la course au pouvoir.
Facebook et Twitter ont plusieurs fois été mis à contribution pour relayer les manifestations et les actions de terrain menées par les nombreux jeunes acquis à la cause d’Ousmane Sonko qui est par ailleurs maire de Ziguinchor, la capitale de la Casamance. Ces vidéos ont parfois contribué à un effet d’embrasement dont les retombées ont été des décès de personnes et des destructions matérielles durant les manifestations.
Muriel Edjo
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Le gouvernement du Kenya multiplie les initiatives pour accélérer et concrétiser la transformation numérique du pays. Pour atteindre ses objectifs, l’exécutif compte sur le soutien des partenaires internationaux.
Le ministère kényan des TIC et de l'Economie numérique et le Korea Trade Centre, la branche commerciale du gouvernement coréen, ont signé, le lundi 29 mai à Nairobi, un protocole d’accord visant à établir un plan directeur de ville intelligente qui guidera au développement des cinq villes numériques sélectionnées par le président de la République William Ruto, à savoir Lamu, Dongo Kundu, Athi River, Sagana et Naivasha.
L’accord prévoit également la mise en place d'un système de mobilité intelligente englobant un réseau de transport intelligent qui utilisera des permis de conduire intelligents.
1/6 Today I had the pleasure of joining industry experts and thought leaders at the 'Investing in Smart Cities' session of the African Private Sector Dialogue on the African Continental Free Trade Area (AfCFTA). pic.twitter.com/6cXiBkdHHv
— Eng. John Kipchumba Tanui, MBS (@tanuijohn) May 29, 2023
Selon John Tanui, le secrétaire principal des TIC, le partenariat s’inscrit dans le cadre des stratégies mises sur pied par le gouvernement visant à créer un environnement propice à l'innovation et aux technologies émergentes. « Le gouvernement a créé un environnement favorable par le biais de divers cadres juridiques et réglementaires pour stimuler l'économie numérique du Kenya, tels que la politique nationale en matière de TIC, le schéma directeur de l'économie numérique et le plan directeur national en matière de TIC (2022-2032), entre autres interventions politiques », a déclaré John Tanui.
En effet, à son accession au pouvoir en septembre 2022, William Ruto a affiché son ambition de mettre la technologie numérique au service du développement socio-économique du Kenya. A cet effet, il a notamment prévu divers investissements ayant pour objectif de faire du pays une référence en matière de transformation numérique en Afrique d’ici 2027. Les investissements numériques porteurs de cette vision ont été estimés à 40 milliards de shillings (334 millions $).
Le projet de villes intelligentes devrait non seulement améliorer la qualité de vie des citoyens, mais constituer également un terrain fertile pour la croissance économique et la création d'emplois. Il permettra d’offrir des solutions au pays en réduisant les défis énergétiques par la mise en place, entre autres, de l'Internet des objets (IoT) pour renforcer les écosystèmes et améliorer les nouvelles technologies.
Samira Njoya
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A l’ère de l’économie numérique, les données précises sur les populations représentent un atout stratégique dans la planification des actions gouvernementales. Elles permettent d’agir avec efficacité avant, pendant ou après toute situation aux conséquences directs ou indirects sur la vie de millions d’individus.
En marge du GITEX Africa qui se tient à Marrakech du mercredi 31 mai au 2 juin 2023, le gouvernement du Togo a dévoilé ce jeudi 1er juin la signature d’un accord avec Atos et IDEMIA pour la construction du système national d’identification électronique. Atos, une entreprise française spécialisée dans la transformation numérique, et IDEMIA, une entreprise française de sécurité numérique, concevront, construiront, testeront et mettront en oeuvre à cet effet une solution biométrique basée sur la technologie de reconnaissance de l'iris, du visage et des empreintes digitales.
Alpha Barry, le directeur général d'Atos Afrique, affirme que « la solution biométrique d'identification électronique jouera un rôle crucial dans la transformation numérique et le développement national du Togo. Atos s'engage à fournir une solution fiable et sécurisée qui répond aux besoins du gouvernement et des citoyens ».
La solution numérique que développeront Atos et IDEMIA comprendra un portail citoyen, une application mobile, des solutions en cybersécurité, un système biométrique central, des kits d'enrôlement et un système de personnalisation pour les nouvelles cartes d'identité électroniques. Elle est clé en main intégrée de bout en bout et sera construite sur une infrastructure évolutive afin de répondre aux besoins actuels et futurs du Togo.
Les deux partenaires technologiques du gouvernement togolais soulignent que le projet mettra l'accent sur un engagement local et le transfert de compétences avec l’ouverture d’une filiale d’Atos au Togo pour assurer le transfert de connaissances et de compétences au personnel local afin de garantir une exploitation indépendante et efficace du système sur le long terme.
Le système national d'identification électronique viendra porter le projet national « e-ID Togo » dont l’objectif est d’attribuer à toute personne physique de nationalité togolaise ou résidant au Togo un numéro d’identification unique (NIU) sur la base de ses données démographiques et biométriques. Ces données ainsi que les NIU permettront ainsi de mettre en place une base de données centrale, sécurisée et fiable qui servira de référence pour la vérification de l’identité des bénéficiaires de services publics, privés ou sociaux.
Ce projet fait partie du programme d'identification unique en Afrique de l'Ouest pour l'intégration et l'inclusion régionale (WURI), doté d'un budget global de 500 millions de dollars financé par la Banque mondiale.
Adoni Quenum, Marrakech
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L’Egypte ambitionne de numériser l’ensemble des services administratifs et favoriser l’accès à Internet dans tout le pays. Pour réaliser ces objectifs, le gouvernement travaille avec plusieurs partenaires parmi lesquels la coopération allemande.
Le ministère des Communications et des Technologies de l'information (MCTI) a annoncé, le mercredi 31 mai, la signature d’un protocole de coopération avec l’Agence allemande pour la coopération internationale (GIZ) visant à mettre en œuvre la première phase du projet « Supporting e-Government and Innovation in the Public Administration (InnoPA) ».
Dans le cadre de cet accord, la GIZ soutiendra l'innovation dans la transformation numérique et la promotion de l'e-gouvernement en Egypte. L’accord inclut également la construction d'un laboratoire d'innovation dans le domaine des applications gouvernementales visant à établir un incubateur pour les entreprises émergentes, les petites et moyennes, qui souhaitent créer de nouvelles applications, afin de fournir des services gouvernementaux d'une manière accessible aux citoyens.
Selon le Amr Talaat, le ministre des Communications et des Technologies de l’information, la signature de ce protocole s’inscrit dans le cadre de la « stratégie numérique de l'Egypte et les efforts déployés pour promouvoir les transactions numériques dans tous les aspects de la vie, et pour parvenir à la transformation du gouvernement numérique participatif sans papier qui s'appuie sur une infrastructure solide et sécurisée ».
En effet ces dix dernières années, le gouvernement égyptien n’a cessé de conjuguer des efforts pour développer son administration. Grâce aux réformes et aux projets phares de la stratégie numérique, l’Egypte a fait un bond de 37 places entre 2003 et 2022 dans le classement mondial des Etats qui placent le numérique au cœur de leur gouvernance. L' Egypte est aujourd’hui le 6e pays africain fournissant des services publics en ligne, selon un sous-indicateur de l’indice onusien de développement de l’e-gouvernement (EGDI).
Selon Amr Talaat, cet accord constitue un nouveau bond en avant pour l'Egypte numérique et dans la coopération constructive entre les gouvernements allemand et égyptien.
Samira Njoya
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