L’intelligence artificielle (IA) offre à l’Afrique une opportunité unique d’accélérer sa transformation numérique et de dynamiser des secteurs clés. Bien exploitée, elle pourrait stimuler l’innovation, renforcer la compétitivité et générer des milliards de dollars pour l’économie africaine.
Smart Africa, une alliance regroupant 40 pays africains chargés de piloter l’agenda numérique du continent, a annoncé, le jeudi 3 avril, la création du Conseil africain de l’intelligence artificielle. Cette décision, prise lors de la 20ᵉ session du comité de pilotage de l’organisation à Kigali, vise à structurer le développement de l’IA en instaurant des cadres de gouvernance et en stimulant les investissements.
« Dans une décision historique, le comité de pilotage a approuvé en principe la création du Conseil Africain de l'Intelligence Artificielle, un organe dédié qui conduira la coordination continentale sur les piliers critiques de l'IA, y compris l’infrastructure informatique, la gestion des données, le développement des compétences, les applications industrielles et la gouvernance », indique le communiqué final de la réunion.
Ce conseil accompagnera les États africains en définissant des cadres communs pour l’IA, en facilitant les collaborations public-privé et en veillant à une adoption éthique et inclusive. Il devra également accélérer la mise en place d’infrastructures numériques et la formation de talents locaux, afin de maximiser les retombées économiques et sociales de cette technologie. À terme, l’IA pourrait transformer des secteurs clés tels que l’agriculture, la santé et l’éducation, où des solutions basées sur l’apprentissage automatique et le traitement des données commencent à émerger.
Cette initiative intervient alors que les pays africains cherchent à exploiter l’IA pour stimuler leur croissance. Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), l’IA pourrait ajouter jusqu’à 2900 milliards de dollars au PIB du continent d’ici 2030, soit une augmentation moyenne de 3 % par an. Cependant, le développement de l’IA en Afrique reste limité par un manque de coordination, des infrastructures insuffisantes et une réglementation encore émergente.
Le Conseil africain de l’IA ambitionne de combler ces lacunes en établissant un cadre commun pour attirer les investissements et favoriser des solutions adaptées aux réalités locales. Il devra aussi aider les pays à relever des défis majeurs tels que l’insuffisance des infrastructures de calcul, le déficit de compétences spécialisées et les questions éthiques liées à l’utilisation de l’IA.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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