Le gouvernement congolais veut accélérer l’inclusion financière en facilitant l’accès aux services financiers à toutes les couches de la population. Pour y parvenir, il mise sur les technologies numériques.
La République démocratique du Congo (RDC) veut numériser le secteur de la microfinance pour accélérer l’inclusion financière de la population. À cet effet, un contrat a été attribué le vendredi 14 février à un consortium composé de PAYCODE FINTECH Congo, BANKTECH Software Services et Hong-Kong Top Wise Communications.
Financée par le gouvernement et la Banque mondiale, l’initiative porte sur la fourniture de 10 000 terminaux de paiement électronique (TPE) aux institutions de microfinance (IMF) et aux coopératives d’épargne et de crédit (COOPEC). Cela permettra notamment à ces institutions de se connecter au système de paiement électronique national de la Banque centrale du Congo.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet Transforme, qui vise l’autonomisation des femmes entrepreneures et la mise à niveau des petites et moyennes entreprises (PME) pour la transformation économique et l’emploi. Selon la Stratégie nationale d’inclusion financière 2023-2028, le taux actuel d'inclusion financière en RDC était de 38,5 % à fin 2022. Le gouvernement congolais a pour objectif d'augmenter ce taux à 65 % d'ici 2028.
Les institutions de microfinance et les coopératives d’épargne et de crédit pourraient avoir à jouer un grand rôle dans l’atteinte de cet objectif. Fin 2022, la RDC comptait 78 COOPEC et 15 IMF. Ces deux types représentaient 86,1 % de l'ensemble des établissements de crédit en RDC à fin 2022 (108) et 32,4 % de l’ensemble des institutions financières (287). Par ailleurs, le portefeuille de crédit a enregistré une croissance de 21% en 2022 pour atteindre 283,5 millions $ contre 234,3 millions $ en 2021 et 168 millions $ en 2020. La mobilisation de l’épargne, quant à elle, est passée de 256,97 millions $ en 2020 à 333,76 millions $ en 2022, soit une croissance d’environ 30%.
Il convient de préciser que la capacité des institutions de microfinance et des coopératives d’épargne et de crédit à utiliser efficacement les terminaux distribués sera déterminante pour leur adoption. Par ailleurs, la Stratégie nationale d’inclusion financière souligne que leur couverture géographique reste inégale. Par exemple, les provinces de Kinshasa, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu concentrent à elles seules près de 70 % de ces institutions.
« En dépit de leur nombre plus important par rapport aux banques, les institutions de microfinance comptent moins de points d’exploitation (186) que les banques (445) et ne représentent qu’un faible pourcentage des actifs du secteur financier, soit environ 3 % », peut-on lire dans le document de la stratégie.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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