Les menaces cybercriminelles sont en croissance à travers le monde, selon plusieurs entreprises mondiales spécialisées dans la cybersécurité. Au-delà des attaques aux systèmes informatiques et d’informations, l’imprudence des utilisateurs du numérique profite également grandement aux cybercriminels.
À l’ère du numérique, les réseaux sociaux sont des espaces incontournables d’échange, mais aussi de risques. Une étude récente de Kaspersky révèle que la recherche de validation en ligne rend de nombreux utilisateurs vulnérables au harcèlement, aux arnaques et aux manipulations. Près de 45 % des millennials (regroupe les personnes nées entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990) affirment partager des événements majeurs de leur vie – promotions, déménagements, ruptures – sur leurs communautés en ligne avant même d’en informer leurs proches. C’est ce qui ressort d’une étude publiée par Kaspersky le 1er avril.
Selon l’étude, 55 % des personnes interrogées estiment quant à elles que les relations en personne restent plus authentiques, soulignant ainsi une dépendance aux interactions numériques. Cette exposition excessive aux plateformes numériques n’est pas sans conséquences. Plus de 70 % des millennials ne vérifient pas systématiquement l'identité de leurs interlocuteurs en ligne, et 64 % ont déjà interagi avec des individus mal intentionnés. De plus, 14 % admettent avoir utilisé un faux nom ou profil, illustrant une banalisation de l'anonymat en ligne.
« Il y a un besoin profond de validation sociale chez cette génération qui a grandi avec le numérique, mais la quête de reconnaissance en ligne peut brouiller les repères. Lorsqu’un post bien pensé génère un flot de réactions positives, il devient tentant de privilégier cette gratification immédiate au détriment d’échanges authentiques et profonds », analyse Ruth Guest, spécialiste des comportements numériques.
Une vulnérabilité accrue en Afrique
Si ces tendances sont observées à l'échelle mondiale, leur impact est encore plus marqué en Afrique. Le continent connaît une adoption massive des réseaux sociaux, portée par l’essor des smartphones, l’amélioration de la connectivité Internet et l’essor de la jeunesse. Selon une étude de Meltwater et We Are Social, en 2024, l’Afrique comptabilisait près de 276,2 millions d’utilisateurs sur les réseaux sociaux.
Le rapport de Kaspersky intervient dans un contexte où les cybermenaces en Afrique sont en forte augmentation. Selon INTERPOL, les escroqueries en ligne, l'usurpation d'identité et l'ingénierie sociale sont devenues des préoccupations majeures. Les cybercriminels exploitent les informations figurant sur les comptes personnels de médias sociaux pour mener des attaques par ingénierie sociale plus efficaces et accéder aux systèmes en vue de déployer des rançongiciels.
L’absence de sensibilisation et le manque de régulations adaptées dans plusieurs pays africains exposent davantage les internautes aux attaques cybercriminelles. INTERPOL signale notamment que les réseaux sociaux sont de plus en plus exploités pour des fraudes, des arnaques sentimentales et des campagnes de désinformation ciblant les populations vulnérables.
Vers une utilisation plus sécurisée des réseaux sociaux
Le rapport met en avant plusieurs recommandations pour réduire les risques liés à l’utilisation des réseaux sociaux. Il est essentiel de vérifier l’identité des interlocuteurs et de ne pas accepter de demandes d’amis ou d’interactions sans s’assurer de leur authenticité. La protection des informations personnelles passe par une limitation de la diffusion de données sensibles sur les plateformes publiques. L’adoption de mots de passe forts, avec des combinaisons complexes et uniques pour chaque compte, est également recommandée. Enfin, il est crucial de se méfier des liens et messages suspects envoyés par des inconnus, car ils peuvent être à l’origine de tentatives d’hameçonnage.
« La facilité avec laquelle nous échangeons en ligne nous fait parfois oublier les précautions essentielles. Vérifier les identités, limiter l’accès aux informations personnelles et apprendre à repérer les signaux d’alerte sont aujourd’hui des réflexes indispensables pour évoluer sereinement sur internet », souligne Marc Rivero, chercheur en cybersécurité chez Kaspersky.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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